VERRUGA DU PÉROU (MALADIE DE CARRION
La verruga est une maladie infectieuse, se caractérisant par des symptômes généraux, auxquels succède une éruption de tumeurs spéciales, très vasculaires, qui se disséminent dans la peau, les muqueuses et les viscères.
AGENT PATHOGÈNE. — La verruga péruvienne semble due à Faction d'un bacille acidophile, très analogue à celui de la lèpre. Découvert par Izquierdo, il a été retrouvé sur des coupes par Letulle, puis par Nicolle. Il est un peu plus grand que le bacille de la tuberculose ; mais on ne sait rien de sa culture ou de son inoculation aux animaux. D'après Patrick Manson, la verruga peut être contractée spontanément par les animaux domestiques : il semblerait donc que cette lacune pourrait facilement être comblée.
Plus récemment Burton puis Biffî ont décrit dans la fièvre de Carrion un bacille présentant tous les caractères d'un bacille paratyphique B, mais font quelques restrictions en ce qui concerne le rôle de ce microbe dans la maladie cutanée, verruga, dont ils n'admettent pas comme prouvée la parenté avec la fièvre de Carrion.
DISTRIBUTION GÉOGRAPHIQUE. -- Peu de maladies présentent une aire de diffusion plus circonscrite que celle de la verruga. On l'observe exclusivement dans quelques quebradas, vallées étroites situées sur le versant occidental des Andes péruviennes, à une altitude variant de 700 à 2 000 mètres. Parmi ces défilés, la vallée de l'Oroya, parcourue par le chemin de fer qui traverse les Andes, se fait remarquer par la fréquence et la gravité delà maladie, qui, dans ses formes les plus diverses, prend le nom de fièvre de rOroya.
CONDITIONS INDIVIDUELLES. — La verruga est facilement inoculable. Le l'ail est établi par l'héroïque expérience de Carrion, qui mourut victime de la science, trente-neuf jours après s'être fait inoculer la maladie. Aucune race n'est épargnée ; les indigènes, les
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nègres, les Européens paient à l'affection un égal tribut. Néanmoins un état de débilitation préalable rend l'organisme plus vulnérable.
Le mode de propagation de la verruga est encore inconnu. On admet généralement que l'agent pathogène réside dans la terre humide, sur le bord des rivières, et se transmet par l'eau de boisson. Néanmoins certains faits viennent à rencontre de cette opinion; Beaumanoir cite en effet le cas d'un voyageur, atteint de verruga après un séjour d'une demi-heure dans une région infectée sans y avoir bu ni mangé. Dubreuilh pense que la verruga est transmise parles moustiques, et nous croyons que cette assertion doit être prise en sérieuse considération. On ne note jamais de contagion d'homme à homme, mais il est reconnu que les animaux commensaux de l'homme (gallinacés, solipèdes, chiens, porcs, bœufs, lamas) sont susceptibles de contracter la verruga : il peut y avoir là un élément de diffusion qu'il serait bon de ne pas négliger.
RHINOSCLEROME.
Le rhinosclérome est une maladie chronique caractérisée par l'épaississement et l'induration de la peau et de la muqueuse du nez.
AGENT PATHOGÈNE. — Le microbe du rhinosclérome a été pour la première fois décrit par Frisch, en 1882. Il a fait ensuite l'objet des travaux de Pelizzari, Barduzzi, Gornil et Alvarez, Paltauf et Eiselberg, Rona. C'est un bacille présentant des dimensions très variables. Tantôt presque rond et d'un diamètre de 0 p., 6 à 0 jx, 8, il peut atteindre une longueur de 7 (x; mais le plus souvent sa longueur est de 2 [x, 5 à 3 p. Il prend bien les matières colorantes, mais se décolore partiellement par la méthode de Gram. Dans tous les milieux, sauf sur bouillon, il se montre entouré d'une capsule très nette et que l'on peut rendre encore plus apparente par double coloration.
Ses cultures, sur gélatine ou sur agar, offrent de grandes ressemblances avec celles du bacille de Friedlânder, avec lequel on a voulu l'identifier. Néanmoins Paltauf a indiqué un certain nombre de caractères biologiques qui permettent de différencier les deux microorganismes. En effet, le bacille de Frisch ne se développe pas sur les milieux légèrement acides (pomme de terre), ne fait pas fermenter les sucres, ne coagule pas le lait. Le bacille de Friedlânder présente au contraire des propriétés inverses. Enfin les inoculations aux animaux du bacille du rhinosclérome sont restées inoffensives, alors que les souris sont presque toujours tuées par l'inoculation du bacille de Friedlânder.
Les propriétés spécifiques du bacille de Frisch ne sont pas admises par Ions les auteurs; Perkins, dans un travail récent, le considère
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comme un ageol d'infection secondaire, ei Jacquet, dans un cas, n'ayant obtenu que «les cultures <l<' staphylocoques el de streptocoques, considère le rhinosclérome comme une lésion pouvant être produite par divers raicroorganismes oasicoles.
DISTRIBUTION GÉOGRAPHIQUE. Le phinosclén esl
une maladie de l'Amérique centrale. Elle atteint le maximum de fréquence dans l'étal de Costa-Rica. On l'a néanmoins rencontrée en Hongrie el dans le sud de la Russie.
CONDITIONS INDIVIDUELLES. — On sail peu de chose sur les causes occasionnelles du rhinosclérome. Alvarez, ayanl trouvé sur l'indigo un microbe très analogue au bacille de Frisch, conclul au rôle important de cette plante dans la diffusion de la maladie : maison hypothèse semble un peu hâtive.