Glossina palpalis femelle (x
MALADIE DU SOMMEIL
dément eu pupe. Ces pontes se produisent tous les huit à dix jours, ce qui représente environ huit à dix pontes pendant la vie de chaque femelle, soit trois mois environ.
La larve s'enfonce de 5 à 6 centimètres dans le sable, rhumus, les crevasses. On peut la Irouver également sur les arbres jusqu'à une hauteur de 3,u,50 (Zupitza), dans l'écorce, la mousse, la gaine des feuilles. Bientôt elle se transforme en une pupe de couleur noirâtre. La durée de la nymphose est de trente-trois jours à 25°. Une température inférieure, agissant d'une manière discontinue, ne retarde pas réclusion, mais les mouches naissent anormales : les pupes ne résistent pas à une température de 35°. Ces résultats se rapprochent
Fig. 130. — Stades successifs de Trypanosoma noclux, à l'état de parasite des globules rouges de la chevêche durant le jour, à l'état de trypanosome libre dans le sang durant la nuit (d'après Schaudinn).
assez de ceux de Stuhlmann, qui admet que la température optima pour Téclosion des pupes est de 23-26°, avec un minimum de 10-12° et un maximum de 36-37° (humidité 66-83 p. 100).
Cette étude a une grande importance prophylactique ; car la pupe est la phase de révolution de la mouche où l'insecte peut être le plus facilement atteint. Si, par un débroussaillement méthodique, on expose aux rayons solaires le sol des gîtes à tsetsés, l'élévation de la température est suffisante pour amener la mort des pupes. Aussi cette pratique est-elle la première que l'on doive préconiser autour des foyers de trypanosomiase.
Les tsetsés se rencontrent au voisinage de l'eau, dans les régions basses, humides et chaudes. Les fourrés de palétuviers, les forêts de mimosas, la brousse épaisse leur conviennentparticulièrement. On ne les trouve jamais dans les grandes plaines découvertes.
Dans les points favorables à leur pullulement, elles forment parfois de véritables essaims, élisant domicile dans des espaces assez restreints, connus sous le nom de flybelts, qui sont connus et soigneusement évités des guides.
Roubaud a^bien étudié la répartition des gîtes de glossines. lia vu
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que, dans les régions où Le gros gibier esi abondant, les gîtes peuvent s'étendre à toute la longueur des rives du coins d'eau, alors que, lorsqu'il es! plus rare, les gîtes sont localises aux points de passage des animaux. Dans les régions dépourvues de gibier, les gîtes se formenl exclusivement au voisinage de l'homme.
Les gîtes sont permanents au voisinage des cours d'eau constants, ou temporaires lorsqu'ils siègent le long des ruisseaux tarissant plus ou moins complètement en saison sèche. Les gîtes temporaires sont alimentés par les gîtes permanents par suite du déplacement des
tsetsés le long des cours d'eau.
Les glossines se déplacent en effet avec assez de facilité. Elles peuvent exécuter des vols de 300 mètres (Zupilza). Dans ces migrations, on trouve surtout des mâles ou de jeunes femelles (7 mâles pour une femelle), alors que les pupes donnent une quantité presque égale de mâles et de femelles [1,5 mâle pour une femelle (Zupitza)].
Les tsetsés, animaux se nour- Fig. 131.— Trypanosomes dans le sang, rissant principalement du sang
des mammifères (hippopotames) ou des oiseaux (pintades, hérons), se rencontrent surtout en grand nombre dans les contrées giboyeuses. Ce point a une grande importance au point de vue de la pathogénie de certaines trypanosomiases animales. Car un certain nombre de trypanosomes pathogènes pour les animaux domestiques semblent vivre en parasites inofl'ensifs dans le sang de certains mammifères sauvages, qui servent ainsi de réservoirs de virus. Le sang des reptiles peut également servir de nourriture aux tsetsés, mais seulement en l'absence d'animaux à sang chaud (Kleine). Koch, Feldmann, etc., ont montré la relation étroite qui unit dans certains points les glossines et les crocodiles. Là où ces derniers font défaut, un grand lézard, un varan probablement, que Feldmann désigne sous le nom local de kenge, peut servir à l'alimentation des tsetsés. Zupitza prétend même qu'elles sucent parfois le sang des serpents ou même de certains poissons (Periophlhalmus . L'odorat et la vue sont très développés chez les glossines; elles se précipitent de loin sur leur victime à la manière des taons. Elles doivent leur nom de Isehé au bruil particulier de leur vol. Elles attaquent en général les animaux dans les régions les moins bien défendues, par exemple l'homme dans le dos entre les épaules. Pour piquer, elles se placent dans une position presque verticale, analogue à celle de Y Anophèles, la tète en bas, l'abdomen en l'air. Elles se
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.gavent en vingt à trente secondes, en produisant au début un bruit particulier lié à un frémissement des ailes. Puis, alourdies par leur repas au point de ne pouvoir reprendre leur vol, elles tombent par terre ou se posent sur un buisson pour digérer. Stuhlmann a observé en effet que chaque repas de sang d'une glossine correspond à 125-270 p. 100 de son poids.
Les tsetsés sont des animaux diurnes, à l'exception de la Glossina fasca, qui piquent môme la nuit (Austen, Koch) ; elles ne volent guère que pendant le jour et semblent également craindre le froid et l'obscurité. Pendant la chaleur, les glosâmes sont très agiles et difficiles à capturer.
Le matin et le soir sont les moments les plus favorables à leur chasse. Cette particularité est connue des indigènes, qui choisissent les nuits les plus obscures pour faire voyager leur bétail.
Fiff. 132.
Les glossines, à l'in-
Dill'érents aspects du Trypanosoma gambiense.
n, noyau ; c, centrosome ; îrun, membrane ondulante ; fl, flagelle (d'après Laveran).
verse des autres mus-
cidés, éprouvent une réelle répulsion pour l'odeur des excréments,
•qui ont été employés comme préservatifs contre leurs piqûres.
Le trypanosome de la maladie du sommeil semble surtout avoir comme vecteur la Glossina palpalis, espèce très répandue et dont le vaste habitat coïncide assez bien avec Faire plus petite où a été constatée l'existence de la maladie du sommeil. Même en admettant, ce qui semble au moins douteux, que les autres tsetsés ne participent pas à cette propagation, les possibilités de diffusion de la maladie du sommeil restent encore fort grandes.
Nos lecteurs nous seront reconnaissants de reproduire ici le tableau dichotomique suivant dû à M. Surcouf, chef des travaux de zoologie au laboratoire colonial.
Espèces de grande taille. Envergure des ailes écar-
\ tées supérieure ou égale à 25 mm
j Espèces de taille moyenne ou petite. Envergure des
' ailes écartées inférieure à 25 mm
7 Couleur générale jaunâtre clair; thorax portant quatre taches arrondies petites et sombres dispo- V sées en rectangle symétriquement à la scissure ) transverse. Bulbe jaune, situé à la base de la trompe, \ terminé par une zone noire nettement tranchée... I Trompe courte, région intraoculaire large.
Afrique orientale, Somalis, pays Galla, Ouganda, \ Soudan oriental Gi
Traité n'HYGiÈrsE.
LONGIPENNIS Corti.