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XVII

226 ACHALME. — MALADIES SPÉCIFIQUES

Couleur générale brune; thorax portant de nombreux dessins sombres plus ou moins confus représentant des lignes longitudinales sombres et l des taches comprises entre elles. Pas de taches ' noires analogues à celles de l'espèce ci-dessus, . Bulbe de la base de la trompe jaune en entier. I Trompe plus longue, région intra-oculaire plus étroite De Togo au Mashonaland et de l'est à l'ouest de

l'Afrique Gl. fusca Walker.

/ Tarses de la troisième paire de pattes noirs en

n S entier vus par derrière 4

' I Tarses de la troisième paire de pattes non noirs en

v entier vus par derrière 7

. \ An tennes sombres 5

' ( Antennes claires 6

Les deux derniers tarses de la première paire de pattes noirs. Parfois la zone noire n'y forme qu'un mince anneau. Fémurs sombres. Troisième article antennaire variant du brun au noir cendré. Abdomen à couleur prédominante noire, portant des dessins médians longitudinaux bruns, plus ou moins allongés et de petites taches latérales triangulaires brunes ou grises.

Longueur : 8 à 9 1/2 mm.

Gambie, Sierra-Leone, Côte de l'Or, Assinie, Côte

de l'I voire, Bénin, Nigeria, Congo Gl. palpalis Rob. Desv.

Ressemble à Gl. palpalis R. D., bande frontale intraoculaire d'un jaunâtre clair ; dessins du thorax à petites taches peu visibles. Fémurs entière- I ment clairs.

\ Angola Var. Wellmani

I Ressemble à GL palpalis R. D. Tarses de la pre- E. Austen.

mière paire de pattes sans taches noires. Fémurs plus clairs.

Angola Var. Bocagei.

Plus petit que Gl. palpalis R. D. ; les deux derniers C. Franca.

tarses de la première paire de pattes parfois jaunes. Troisième article antennaire brun. Abdomen avec la bande médiane, le bord postérieur des segments et les taches triangulaires latérales très visibles.

Longueur : 7 à 8 mm.

\ Gambie, Chari, Tchad Gl. tachinoides.

Westw.

(?) Decorsei Brumpt.

Pattes semblables à celles de Gl. palpalis Rob. Desv. ; troisième article antennaire jaune ou jaune orangé. Abdomen brun portant des taches latérales noirâtres très indistinctes et un triangle étroit et pâle sur le deuxième segment. Ailes brunes.

Longueur : 8 à 9 mm.

Assinie, Côte de l'Ivoire Gl. pallicera Bigot.

Les deux~derniers articles des tarses antérieurs et médians à extrémité brun sombre ou noire nettement tranchés ; pas de zone estompée 8

7. { Les deux derniers articles des tarses antérieurs et médians à démarcation non nettement tranchée; il y a une zone intermédiaire plus ou moins estompée. Les tarses antérieurs et médians com-

MALADIE DU SOMMEIL. 1?— 227

plètemcnt jaunes ou tout ou plus avec les deux ! derniers articles des tarses antérieurs faiblement \ obscurcis de brun pâle à leur extrémité.

(Longueur : 8 à 10 mm.

Mashonaland, Afrique centrale anglaise.

Kilimandjaro, Afrique orientale anglaise, Ouganda, Witu, peut-être Zoulouland Gl. palmpes Austen.

Troisième article antennaire long et étroit, soie antennaire longue. Bande intra-oculaire sombre et très étroite. Taches abdominales ne laissant sur chaque segment qu'une étroite bordure claire. Hypopygium petit, sombre, très velu. Extrémité de l'abdomen portant latéralement de nombreux poils noirs, courts.

Longueur : 8 à 10 mm.

Guinée, Togo, Sierra-Leone Gl. longipalpis

Troisième article antennaire, plus court, beaucoup Wiedemann.

plus gros, soie antennaire courte. Bande intra-oculaire plus claire, plus large. Hypopygium grand, ovale, peu velu, de teinte claire. Extrémité de l'abdomen peu velue latéralement.

Longueur: 7mm,5 à 9mm,5.

Sierra-Leone, Côte de l'Or, Togo, Lac Nyassa, Afrique centrale, Angola Gl.morsitans

Westwood .

Étudions maintenant dans quelles conditions la mouche est susceptible de puiser le trypanosome et comment se comporte le parasite dans ce nouvel organisme.

Il est probable que la mouche s'infecte par la piqûre de l'homme malade, malgré la rareté relative de l'agent pathogène dans ce milieu. Les îlots de propagation de la maladie sont en faveur de cette origine exclusivement humaine. D'autre part, les travaux de Bruce, Nabarro, Greigh et Gray ont montré que, dans les régions infectées', les animaux sauvages ne présentaient dans leur sang que des trypanosomes totalement différents de Trypanosoma gambiense par leur morphologie et leur action pathogène. Néanmoins il est possible que, dans certains cas, les singes puissent servir à l'infection des tsetsés : car, d'après les auteurs précités, ils contractent facilement la maladie sous l'action de leurs piqûres.

Cette considération a une grande importance au point de vue de la prophylaxie de la maladie du sommeil ; car, du moment qu'en raison de leur agilité et de la résistance de leurs pupes, il est difficile de procéder à la destruction des tsetsés, il serait peut-être possible de les empêcher de s'infecter en protégeant les malades contre leurs piqûres.

Les auteurs ne sont pas d'accord sur l'évolution des trypanosomes chez les glossines. On a longtemps eu une tendance à admettre que le rôle propagateur de la tsetsé se réduisait à la simple condition de vecteur et qu'elle ne pouvait être considérée comme un second hôte. Les recherches de Koch sembleraient devoir orienter l'opinion dans un sens différent.

228 ACHALME. — MALADIES SPÉCIFIQUES.

I )éjà ( ira\ el Tulloch avaient constaté La multiplication du Trypanosoma gambiense dans le canal alimentaire des glossines. Koch va pins loin el admel qu'il s'agil là d'une reproduction sexuée. Suivant lui, les trypanosomes une fois parvenus dans l'estomac de la mouche y grossissent et évoluent suivant deux types : une forme femelle, trapue avec gros noyau arrondi, et une forme mâle très allongée. Plus tard, on observe des corps volumineux avec un seul centrosome, un seul flagelle et deux à huit noyaux. Koch admet que de la division de ces formes procèdent des individus jeunes avec un centrosome en avant du noyau (forme Herpelomonas). Sous cette forme, le parasite gagnerait la trompe et se transformerait en trypanosomes adultes, seuls capables de reproduire la maladie.

A l'appui de son opinion, Koch citece fait intéressantque, chez les glossines à jeun, on peut, par pression du bulbe de la trompe, faire sourdre une gouttelette de liquide dans laquelle on trouve des trypanosomes adultes ou non, sans mélange avec des globules rouges, et alors que dans l'intestin les trypanosomes sont rares ou absents.

D'après les observations de Koch sur Trypanosoma Brucei chez G. morsitans et sur T. gambiense chez G. palpalis, il serait possible de différencier morphologiquement les deux trypanosomes d'après le volume des formes sexuées et l'apparence ronde ou allongée du centrosome du type femelle.

Devant de telles précisions, il semblerait que le doute ne soit pas possible : néanmoins Minchin croit que les trypanosomes de la trompe des glossines n'ont rien à voir avec le trypanosome humain : il a pu néanmoins constater que, dans le tube digestif de la mouche, les trypanosomes se développaient pendant quarante-huit heures suivant deux types probablement sexués, mais il admet que ces formes ont presque complètement disparu après soixante-douze heures, sans qu'on puisse les retrouver dans la trompe. Toutes les expériences ayant pour but de mettre en évidence l'existence d'une périodicité dans le pouvoir infectant des glossines ont échoué. Néammoins, Minchin admet que, comme vecteur, la tsetsé jouit de qualités spéciales: car le parasite se conserve soixante-douze heures dans son estomac, alors qu'il disparaît en vingt-quatre heures du canal digestif des stomoxes.

L'opinion de Nowy est encore plus catégorique, et il pense que toutes les formes décrites par Koch comme résultant de l'évolution du Trypanosoma gambiense et Brucei chez les glossines n'ont rien à faire avec ces flagellés. Il les compare aux trypanosomes inoffensifs des moustiques.

Contrairement à l'opinion de la plupart des auteurs, Minchin considère la G. palpalis comme inapte aux développement de T. gambiense. Le rôle de cette mouche serait purement mécanique : mais ce développement pourrait avoir lieu chez G. fusca et

MALADIE DU SOMMEIL. 17—229

G. lachinoides, chez lesquelles Koch aurait retrouvé T. gambiense, douze jours après un repas infectant.

Ces conclusions ne sont pas d'accord avec les observations de Roubaud, qui a constaté directement la fixation puis la multiplication des trypanosomes dans la trompe des tsetsés. Il a observé une véritable culture dans le liquide salivaire, avec formation de corps en rosace avec flagelles au centre. Ce fait d'une importance de premier ordre a été établi par cet observateur consciencieux en faisant piquer par des G. palpalis des animaux infectés avec des trypanosomes pathogènes variés [gambiense, congolense, Brucei, Cazalboui). D'après lui, les trypanosomes de culture qui persistent pendant cinq et demi à six jours pour T. gambiense sont les seuls agents possibles d'infection vingt-quatre heures après le repas infectant. Le pouvoir de culture dans la trompe serait une propriété spécifique des tsetsés et expliquerait leur rôle de choix dans la transmission à distance des trypanosomiases. Fi^ 133' ' Mouchc tsetsé"

^ , , ,,. „ ,. Position pendant la piqûre (d après Roubaud).

Quant a 1 infection embryonnaire des larves pondues par les tsetsés infectées, invoquée par Sambon, elle n'est admise par aucun autre auteur.

Cette question de la persistance et de la culture des trypanosomes chez les tsetsés est de la plus haute importance pratique.

Il est en effet très utile de savoir si la tsetsé peut être ou non regardée comme un second hôte du trypanosome, car, dans ces conditions, le danger de diffusion de la maladie du sommeil serait augmenté dans de considérables proportions.

Une importance toute particulière au point de vue épidémiologique doit être accordée aux cas chaque jour plus nombreux d'observations de foyers de trypanosomiase se formant autour d'un malade dans des régions dépourvues de tsetsés. Koch, Kudicke, qui ont d'abord observé ces cas chez les femmes des malades, ont admis la transmission par les rapports sexuels par analogie avec le mode de la dourine, trypanosomiase des équidés. Les membres de la mission française de la maladie du sommeil, Martin, Lebœuf, Roubaud, ne s'associent pas à cette conclusion d'une manière exclusive. Se basant sur leurs observations, celles de Millous, de Gravot, de Couvy, ils admettent la possibilité de la transmission par d'autres insectes piqueurs. Il se passerait là un fait analogue à celui signalé par Bouflard à propos de la souma (maladie du bétail), due au Trgpanosoma Cazalboui, dont l'hôte habituel est une glossine, à la présence de laquelle seraient dus les foyers endémiques,

230 ACHALME. - MALADIES SPÉCIFIQUES.

alors que, dans les troupeaux infectés, la transmission d'animal .» animal semble se faire plus fréquemment par les stomoxes ou les taons. Les expériences de Fullehorn et Mayer d'une part, celles de J. Martin, Lebœuf et Roubaud d'autre part permettent d'incriminer spécialement les moustiques {Stegomya el Mansonia), dont le rôle individuel est certainement inférieur à celui des glossines, mais qui, en raison de leur nombre, peuvent constituer un élément non négligeable de contagion.

Quant à l'infection par les voies digestives, malgré les expériences de Yakimoff et Scheffer, elle semble pratiquement négligeable.

CONDITIONS INDIVIDUELLES. — L'Age et le sexe n'ont pas d'influence marquée; les jeunes enfants présentent la môme réceptivité que les adultes.

La maladie est surtout commune chez les nègres de condition inférieure, se livrant habituellement aux travaux des champs. Néanmoins, la race blanche n'a aucune immunité contre cette affection, contrairement à l'opinion longtemps répandue. Il est probable que Livingstone a succombé à la trypanosomiase humaine (Sander), et, depuis les travaux de Dutton et Todd, Manson, Broden, Brumpt, Dupont, etc., on ne compte plus le nombre des blancs ayant contracté cette affection pendant un séjour en Gambie ou au Congo. La mort de Tulloch, victime de la maladie du sommeil au cours de ses études sur cette affection, est une triste confirmation de cette absence d'immunité. Patrick Manson attire l'attention sur la proportion relativement considérable de femmes européennes atteintes. Il attribue ce fait à l'insuffisance de protection des jambes par leur costume et préconise pour elles l'emploi d'un vêtement analogue au pantalon masculin.

Les saisons semblent n'exercer aucune influence sur la maladie, mais le fait est difficile à observer en raison de la longue période d'incubation. Toutes les autres notions étiologiques invoquées avant la découverte du parasite (alimentation par la manioc ou par le poisson) n'ont aucune importance.

Les migrations provoquées par les guerres ou les famines semblent avoir joué un grand rôle dans la dissémination de l'infection. Il est à craindre que. la possibilité des déplacements augmentant avec la pacification des diverses régions de l'Afrique tropicale ouverte à la civilisation, l'extension de la maladie ne suive une marche progressive, ainsi qu'on le constate dans ces dernières années, et ne vienne compromettre l'œuvre colonisatrice de l'Europe, si les recherches scientifiques n'amènent pas la découverte d'un moyen susceptible d'enrayer la marche du fléau, ainsi que les dernières recherches sur l'effet curatif de l'atoxyl permettent de l'espérer.

PROPHYLAXIE. — La prophylaxie de la maladie du sommeil comprend plusieurs points importants que l'on peut résumer ainsi :

MALADIE DU SOMMEIL

1° la lutte contre l'agent vecteur; 2° la protection contre les malades considérés comme réservoirs de virus ; 3° la protection individuelle contre la contagion.

1° Il serait illusoire de vouloir détruire les tsetsés en anéantissant le gros gibier qui sert à leur alimentation. Le dépeuplement dans ce sens se poursuit d'une manière assez intense et présente d'autres inconvénients, ainsi que certaines nations telles que l'Angleterre, l'Allemagne l'ont reconnu et consacré par des règlements de chasse. Tout au plus pourrait-on chercher à poursuivre la destruction des crocodiles, dont la présence est doublement nuisible. R. Koch a

Fig. 134. — Carte de répartition de la maladie du sommeil.

tout spécialement insisté sur l'emploi de l'arsenic et sur la capture des œufs pour la destruction de ces sauriens. Les glossines adultes sont difficiles à atteindre. Néanmoins on pourra chercher à propager les animaux pouvant s'attaquer aux tsetsés, soit à l'état adulte, comme certains oiseaux tels que le Drongo (famille des dicruridés), le rhinopomastes (bee eater), l'hirondelle, le traquet, certains gallinacés de l'Inde (Gallus varius) (Minchin), soit à l'état de pupes comme les musaraignes. La mise en œuvre des autres ennemis des tsetsés signalés par Bouvier et Giard : moisissures ou insectes insectivores [braconides, ichneumonides, orthoptères, hyménoptères (bembex) ou diptères chasseurs (asilides)] semble encore plus difficile.

Maidonado, de l'île du Prince, a imaginé pour la destruction de l'adulte une méthode qui semble lui avoir donné de bons résultats. Ayant remarqué que les glossines piquent les travailleurs principalement dans la région dorsale, il eut l'idée de faire revêtira ces derniers un vêtement noir enduit de glu à sa surface extérieure. Parce procédé,

232 ACHALME. — MALADIES SPECIFIQUES.

plus de 100000 mouches auraient été capturées en un an dans une seule plantation.

L'utilisation de certaines substances capables d'éloigner les glossines, telles que la fumée, les excréments, les plantes odoriférantes, ne peut être considérée que comme un palliatif. Néanmoins on peut étudier Futilité de la culture autour des villages du lemon grass (citronnelle) dont la distillation donne une essence assez recherchée. L'eucalyptus peut également rendre des services, d'après Swynnerton, dans les régions où les termites lui permettent de se développer.

Mais c'est principalement à l'état de pupes que l'on peut atteindre les glossines. Après avoir soigneusement reconnu les gîtes permanents ou temporaires des tsetsés, on devra débroussailler le bord des rivières sur un espace de 100 à 200 mètres de largeur, au voisinage des agglomérations. C'est dans ces espaces découverts que les indigènes devront s'approvisionner d'eau et éviter, sous peine d'amende, les parties boisées des cours d'eau. On pourra même forer des puits dans les villages pour diminuer encore les chances d'infection au bord de l'eau. En même temps, on comblera autant que possible toutes les mares et l'on drainera les marigots de manière à diminuer la surface des eaux stagnantes. Les villages infectés, où cette pratique ne pourra être mise en œuvre, seront déplacés, éloignés des cours d'eau et placés sur des collines. Enfin, dans les villages où la pêche est le principal approvisionnement, on cherchera à développer la culture et l'élevage, de manière à remplacer le poisson dont la capture expose sans cesse l'indigène au contact avec les glossines.

2° Des examens seront fréquemment pratiqués chez tous les indigènes appelés par leurs fonctions à des déplacements de grande amplitude. On évitera autant que possible d'envoyer les miliciens, courriers, porteurs, d'une région infectée dans une région saine. La déclaration de la maladie sera rendue obligatoire.

Les malades reconnus seront isolés dans des camps construits dans les régions dépourvues de glossines. Pour plus de sûreté, les cases de ces camps seront pourvues de grillages métalliques; néanmoins, d'après Thiroux, lorsque l'on peut installer les camps de ségrégation dans les régions où la propagation par la tsetsé n'est pas à craindre,, cette dernière mesure semble inutile. Pour éviter la dissémination sur le parcours des malades, ceux-ci recevront des doses d'atoxyl, d'arsénophénylglycine ou d'émétique d'aniline (Laveran et Thiroux) suffisantes pour faire disparaître les trypanosomes du sang pendant la durée du voyage.

Le point délicat de cette partie de la prophylaxie de la maladie du sommeil est le diagnostic précoce de la maladie. L'examen des ganglions, préconisé par Dutton et Todd et consacré par un règlement administratif de l'État indépendant du Congo, ne donne, d'après Martin et Lebœuf, que des résultats relatifs et ne peut être considéré

MALADIE DU SOMMEIL. 1 *— 23

que comme une présomption importante venant s'ajouter aux autres symptômes cliniques. Il est hors de doute que l'observation directe du parasite constitue un élément de certitude autrement satisfaisant. Martin et Lebœuf sont arrivés à cette constatation dans plus de 96 p. 100 des cas examinés. Ces auteurs conseillent de procéder d'abord à l'examen direct du sang; en deuxième lieu, à l'examen de la lymphe obtenue par ponction des ganglions superficiels, ensuite à la centrifugation du sang citrate, enfin, si tous ces examens sont négatifs, à la ponction lombaire.

On aurait pu espérer que la réaction de la déviation du complément pourrait rendre des services pour ce diagnostic. Les recherches de Manteuffel, Hartoch etYakinoff, Levaditiet Yamamouchi ont montré que l'on ne pouvait accorder aucune confiance, du moins pour le moment, à ce procédé, en ce qui concerne la trypanosomiase humaine.

3° Dans les régions infectées, la prophylaxie individuelle consistera à se préserver contre les piqûres des tsetsés en parcourant de préférence la nuit les points signalés comme gîtes des glossines, en se préservant les parties découvertes à laide de gants et de moustiquaires de tête, enfin en aménageant les habitations et les bateaux à vapeur de manière à éviter l'introduction des insectes piqueurs, tsetsés le jour, moustiques la nuit, à l'aide de grillages métalliques. Il a été reconnu par Mesnil et Bremont que l'on ne pouvait accorder aucune valeur aux injections préventives d'atoxyl. Martin et Ringenbach donnent la préférence à l'arsénophénylglycine.

En résumé, maintenant que, grâce à la permanence du Sleeping Sickness Bureau et aux missions anglaises (Low et Castellani, Forde et Dutton, Bruce, Nabarro et Greig, Hodges, Fraser, Minchin); françaises (Martin, Lebœuf, Roubaud, Thiroux), allemandes (R. Koch, Beck, Kleine, Feldman) : belge (Broden); espagnole (Pittaluga), portugaise (Corréa Mendès), on peut considérer comme élucidés lesprincipaux points d'étiologie, de pathogénie et de répartition de la maladie du sommeil, il semble que le moment d'entrer dans une voiede lutte raisonnée contre sa propagation soit arrivé pour les pouvoirs publics. La Société de pathologie exotique a émis récemment des vœux que nous venons de résumer plus haut ; mais à l'étranger l'intervention gouvernementale s'est d'ores et déjà manifestée. Le Congo belge, en 1909, a pris des mesures sévères au point de vue de la pénétration des indigènes sur son territoire, et dès 1908, l'Allemagne et l'Angleterre ont conclu des accords pour établir une collaboration étroite entre les autorités médicales et les fonctionnaires des deux puissances pour réglementer les diverses mesures en vue de combattre le fléau et assurer l'application des règlements élaborés de concert.

Il serait à souhaiter que la France, aussi intéressée que les puissances précitées, ne restât pas en dehors de ces accords.

234 ACHALMK. — MALADIES SPECIFIQUES.

FILARIOSES.

On donne le nom de fîlarioses aux affections dues au développement dans l'organisme de vers nématodes du genre filaire. Néanmoins ce terme, lorsqu'il est employé au singulier, désigne plus spécialement cet état particulier dans lequel des embryons de fîlaires circulent en plus ou moins grande abondance dans le sang. Or les formes jeunes de certaines espèces ne passent jamais dans le torrent circulatoire; il en résulte une division fondamentale des maladies à fîlaires en deux groupes. Dans le premier, c'est le ver adulte, dont la présence domine la scène symptomatique. Dans le second, l'attention -est principalement attirée par les phénomènes accompagnant la présence des embryons dans le sang.

CARACTÈRES GÉNÉRAUX DU GENRE « F IL ARIA ». — Les fîlaires sont de longs vers grêles d'une grosseur uniforme sur presque toute leur longueur. Leur extrémité antérieure arrondie présente une ouverture buccale petite suivie d'un tube œsophagien étroit. A l'inverse des autres filaridés (Iehthyonema,Spiroptera), la bouche est souvent dépourvue de lèvres et de papilles buccales.

Les mâles, sensiblement plus petits que les femelles, ont une extrémité postérieure incurvée ou spiralée, souvent pourvue d'excroissances membraneuses latérales. La vulve de la femelle s'ouvre dans le voisinage de la bouche.

Les fîlaires possèdent toujours quatre paires de papilles préanales, auxquelles peuvent se joindre, en nombre variable, des papilles post-anales, qui varient d'aspect et de dimensions.

Un des points les plus intéressants de l'histoire des fîlaires est leur évolution en dehors de l'organisme, évolution dont la connaissance peut seule permettre une prophylaxie rationnelle.

Il semble, en effet, que le cycle évolutif de la plupart, sinon de la totalité des espèces de fîlaires, comprend obligatoirement le séjour dans deux hôtes différents, dont l'un, chez lequel le parasite atteint sa maturité complète et donne naissance à des embryons, est dit hôte définitif. L'autre animal hôte, chez lequel l'évolution n'aboutit pas à la période de fécondation et qui joue principalement un rôle actif dans la propagation de l'espèce, est dit hôte intermédiaire ou secondaire.

Ces études ont reçu une vive impulsion à la suite des découvertes de Fedschenko et de Manson sur les hôtes intermédiaires des filaria medinensis et Bancrofti. Actuellement, on connaît l'évolution complète de huit espèces de fîlaires, ayant leur hôte définitif parmi les vertébrés, et il est intéressant de remarquer que les hôtes intermédiaires appartiennent à des espèces invertébrées très éloignées les unes des autres, ce qui élargit le cercle des recherches.

Ces espèces sont les suivantes :

fassenden Uebersicht bezùglich ihrer Darstellung und der allgemein wichtigen Punkte vereinigt. Die Bakteriotropine und Opsonine haben besondere Berùcksichtigung in eincm Abschnitt gefundcn, und ebenso die auCerordentlich umfangreichen Arbeiten ùber die Anaphylaxie und Allergie.

Aus Bd. VII, Schilling, Pirosomen.

Da die Zahl der in der Praxis bewàhrten Serumpràparate zugenommen hat, und die Methoden ihrer Prùfung stark erweitert sind, so sind ein Kapitel ùber die Serumtherapie und ùber die Wertbestimmung der Immunsera eingefùgt. Die Lipoide und Kolloide in ihrer Beziehung zur Immunitàtslehre sind nicht nur bei den

Aus Bd. VII, Schilling, Pirosomen.

verschiedenen Immunitâtskapiteln, namentlich bei der Scrumdiagnostik eingehend berùcksichtigt, sondern zusammenfasscnd in eincm bcsonderen Kapitel besprochen. Auch die EHRLlCHsche Seitenkettentheorie und die physikalisch-chemisch en Theorien der Immunitàt sind noch ausfùhrlicher und eingehender behandelt als in der ersten Auflage. Es war ùberhaupt das Bestreben der Herausgeber, zusammenfassende Uebersichten ùber die Immunitâtserscheinungen zu g-eben, ohne dafi damit die Besprechung- der speziellen Immunitât bei einzelnen Krankheiten erùbrigt wùrde. Die Einzelheiten der Immunisierungsvorgànge, besonders die Methodik und Technik sind bei den einzelnen Krankheitserregern besprochen, wâhrend man die ail-

gemein wichtigen Immunitàtstatsachen in diesen zusammenfassenden Darstellungen findet. Weitgehend ist die durch Eiirlichs Arbeiten zu wissenschaftlichem Leben gelangte experimentelle, spezifische Chemotherapie berùcksichtigt worden. Auch die Lehre von den Geschwiilsten hat in diesem Werke Aufnahme gefunden. Die Abhandlungen, welche sich mit einzelnen Krankheitserregern befassen, sind nicht sehr vermehrt worden, denn es sind nur wenige neue Krankheitserreger seit dem Abschlufî der letzten Auflage und seit dem Erscheinen der Ergànzungsbânde entdeckt worden. Es sind aber namentlich fur die Tropenàrzte eine Anzahl tierischer Infektionskrankheiten aufgenommen worden, so

Aus Bd. VIII, Fiilleborn, Die Filarien des Menschen.

Filaria-Krankheiten, Bilharziosis, Echinokokken und Serumdiagnostik derselben, Anchylostomiasis, Trichinosis; die zu grofîer Bedeutung gelangte Chemotherapie, sowie die Serumdiagnostik der Syphilis, die Immunitàt und Chemotherapie der Piroplasmen- und Spirochàtenkrankheiten sind dem weitgehendsten Interesse fur die Praxis und Théorie entsprechend gewiirdigt. Besondere Kapitel sind gewidmet der Sporotrichose, einer Pilzerkrankung, die erst neuerdings die Aufmerksamkeit auf sich gelenkt hat, sowie dem Trachom, ferner den sogen. filtrierbaren Infektionserregern, zu denen auch das Virus der Poliomyelitis acuta, die in einem besonderen Kapitel besprochen ist, gehort. Bei der Tuberkulose ist noch der Kaltblutertuberkulose sowie den sàurefesten saprophytischen Bakterien ein Platz zugewiesen. Neue Aufnahme gefunden haben ferner die Pocken sowie ein Kapitel uber die Flora der normalen Mund-, Nasen- und Rachenhohle und die Bedeutung der Darmbakterien beim gesunden Menschen.

FILARIOSES. 17—235

Filaria medinensis : hôte définitif, homme; intermédiaire, Cyclops (Fedschenko et Manson) :

Filaria Bancrofti : hôte définitif, homme ; intermédiaire, certains culicides (Manson);

Filaria immitis : hôte définitif, chien; intermédiaire, culicides (Noé et Grassi) ;

Filaria recondita : hôte définitif, chien ; intermédiaires, Pulex serraticeps, Pulex irritons (Grassi et Sonsino); Anophèles, Stegomya (Fûlleborn);

Filaria Grassii : hôte définitif, chien; intermédiaire, Rhipicephalus sanguineus siculas (Noé);

Filaria labiata papillosa : hôte définitif, bovidés ; intermédiaires, Slomoxis, Chrysops (Noé) :

Filaria perslans : hôte définitif, homme ; intermédiaire, tique (?) (Feldmann) ;

Filaria cijpseli : hôte définitif, martinet africain : intermédiaire, pou (Leiolhiné) (Dutton).

Filaire de Médine.

On distingue, sous le nom de draconculose ou dracontiase, la maladie causée par la présence de cette espèce de filaire dans le tissu cellulaire sous-cutané.

SYNONYMIE. — Vena medinensis (Velsch, 1674), Dracunculus Persarum (Kampfer, 1694), Gordius medinensis (Linné, 1769), Filaria dracunculus (Bremser, 1819), Filaria œlhiopica (Valenciennes, 1856), Dracunculus medinensis (Cobbold, 1864). Vulgairement : dragonneau, ver de Guinée.

DESCRIPTION. — Nous ne possédons jusqu'ici de données précises que sur la femelle delà Filaria medinensis. C'est la plus grande espèce de filaire connue, bien que les longueurs de plusieurs mètres qui ont été rapportées semblent empreintes d'exagération. Ewart, qui a soigneusement mesuré quarante spécimens, admet une longueur moyenne de 75 centimètres, le ver le plus long ayant atteint 1 mètre et le plus court 32 centimètres. Cette longueur contraste néanmoins avec son diamètre relativement restreint, 0mm,5 à 2 millimètres, et la fragilité qui en résulte ne contribue pas peu à en rendre l'extraction des plus difficile.

La couleur de la Filaria medinensis varie du blanc laiteux au blanc jaunâtre; son extrémité antérieure, légèrement arrondie, se termine par une pièce dite écusson céphalique, épaississement cuticulaire de forme ovoïde, présentant sur ses bords six papilles équidistantes, dont •quatre grandes et deux petites, et percé au centre d'une bouche bilabiée de forme triangulaire. L'extrémité postérieure est terminée par une pointe aiguë, longue d'environ 1 millimètre. Le tube digestif,

ACHALME.

MALADIES SPÉCIFIQU1 S.

comprimé el rejeté sur le côté par l'utérus, a été bien étudié par Fedschenko. Normalement développé chez les jeunes individus, il s'atrophie chez l'adulte et est réduit à un court pharynx, un œsophage et une poche crecale n'aboutissant pas à un anus.

La vulve et le vagin disparaissent également chez la femelle adulte, et la cavité du corps est uniquement occupée par un long utérus toujours rempli de jeunes larves de filaires, ce qui explique les accidents douloureux auxquels donne lieu sa rupture dans les tissus.

La disparition de cet utérus est telle que les embryons qui y sont contenus ne peuvent en sortir que par une solution de continuité. Manson a étudié avec détails la manière dont le ver de Guinée met ses embryons en liberté. « Sous l'influence d'un filet d'eau froide au voisinage de la plaie, vous verrez un demi-pouce ou plus de la tête du ver faire saillie, puis un tube délicat et transparent être lentement pro-

Fig. 135. — Filaire de Médine enroulée Fig. 136. — Pilaire de Médine. Extrémité autour d'un bâton (d'après Fed- antérieure vue par la lace latérale

schenko). (d'après Leuckart).

jeté par la bouche jusqu'à atteindre 0m,02 à 0m,03 de longueur; son. diamètre est d'environ 0m,001. Il devient soudain laiteux, changement qui provient du liquide embryonnaire, qui est, de par derrière, poussé dans la tête. Lorsque le tube est trop fortement tendu, il éclate soudain et s'affaisse. C'est alors que le liquide laiteux se répand sur la plaie. Les embryons sont libérés. Le stimulant provoque la contraction du revêtement musculo-cutané [du ver, et c'est ce revêtement qui, faisant office d'utérus contractile, force à travers la bouche de l'animal le tube utérin et son contenu. » D'après Leiper, ce prolapsus n'a pas lieu à travers l'orifice buccal, mais par une ouverture située juste en dehors de l'anneau circum-oral] des papilles et quiest peut-être la vulve.

Quant au maie, on en est réduit aux hypothèses ; il semble qu'ili

FILARIOSES. i*— 237

ait été aperçu par H. Charles, Owen. Les recherches de Neumann sur une filaire très voisine (Filaria Dahomensis) semblent indiquer que la durée de la vie chez ce sexe est très courte et à peu près limitée à l'acte de l'accouplement. Polak rapporte qu'en Perse on distinguerait un petit ver qui serait le mâle et un grand qui serait la femelle.

Il paraît néanmoins probable (Fedschenko, Blanchard, Bartet) que la fécondation n'a pas lieu dans les tissus, que seules les femelles fécondées dans l'intestin en traversent la paroi, et que les mâles et les femelles non fécondées sont rejetés avec les fèces.

L'embryon du ver de Guinée mesure environ 1 millimètre de longueur (500 à 1200 [a) sur 15 [J. à 25 \x de largeur. La partie antérieure, •composée des trois cinquièmes environ de la longueur totale, est plus volumineuse et affecte la forme d'un cylindre légèrement aplati: la partie postérieure se présente sous la forme d'une queue très effilée. Le tube digestif est facilement reconnu et, après quelques dilatations, aboutit à un anus en forme de fente, situé entre deux papilles arrondies.

Vers la racine de la queue, on remarque deux organes glandulaires particuliers placés en face l'un de l'autre. La cuticule de l'embryon est très épaisse et visiblement striée transversalement.

Lorsqu'il est mis en liberté, l'embryon, d'abord enroulé, se déroule •et nage en projetant sa queue de côté et d'autre comme un fouet et «n rémuant son corps à la manière d'un têtard. Ces mouvements sont intermittents, courts et séparés par des pauses.

Les embryons de filaire de Médine sont assez résistants aux conditions extérieures. Ils gardent leur vitalité pendant six jours dans l'eau pure et pendant deux ou trois semaines dans l'eau saumâtre ou la terre humide. Patrick Manson rapporte même que, lentement desséchés, ils ne meurent pas et peuvent être ressuscites par l'immersion dans un peu d'eau.

CONDITIONS DE PROPAGATION DE LA FILAIRE DE MÉ- DINE. — Le corps de la femelle étant dépourvu de tout orifice de ponte, les embryons ne peuvent être mis en liberté que par la destruction de celle-ci. Aussi est-il intéressant de rechercher si d'autres animaux que l'homme peuvent servir au parasite d'hôte définitif et servir ainsi à la propagation de l'espèce. Mais, malgré les recherches à ce sujet et les faits publiés de dragonneaux observés chez le bœuf, le cheval, le chien, le guépard, le chacal, le chat sauvage, on ne saurait affirmer que la preuve scientifique de l'identité des espèces observées avec la filaire de Médine soit irréfutablement faite, et il n'est pas impossible que certains des parasites décrits chez ces animaux comme étant le ver de Guinée appartiennent à des espèces tout a fait différentes. Cependant les observations de Smith, Clotbey, Piot, Cazalbou, les expériences de Leiper semblent bien mettre hors de doute cette possibilité.

Fedschenko, dans de belles recherches, a montré que des embryons

238 ACHALME. - MALADIES SPÉCIFIQUES.

de Glaire de Médine placés dans un verre de montre, à côté d'un Cyclops quadricornis, pénétraient dans la cavité centrale de ce petit crustacé, où on peut les voir animés de mouvements et déployant une activité considérable. Après une douzaine de jours de séjour chez leur nouvel hôte, qui ne semble pas le moins du monde incommodé par celle Infection, le parasite subit une première mue, amenant un changement de forme et une réduction de taille. La cuticule perd sa

Fig.

137. — Embryons contenus dans la cavité'générale du Cyclops (d'après Fedschenko).

striation ; la queue disparaît, et la forme générale devient régulièrement cylindrique. Après trente-cinq jours, d'après Fedschenko, un mois d'après Leiper, soixante à soixante-dix jours d'après MansonT les embryons, qui ont augmenté constamment de volume, se sont transformés , en une larve avec extrémité postérieure trilobée. Il semble que la métamorphose n'aille pas plus loin chez le Cyclops. L'analogie entre ces transformations et celles des embryons de Filaria Dancrofti observées par Manson chez les moustiques, ainsi

FILARIOSES.

que celles des ichthyonemas des poissons chez les copépodes (zur Strassen), porte à admettre qu'une partie de révolution cyclique de Filaria medinensis a lieu chez le Cyclops. Mais on ne sait encore de manière certaine si cette phase est nécessaire ni si le passage chez le Cyclops doit obligatoirement précéder la réinfection de l'homme. Aussi les conditions de cette dernière sont-elles encore un peu obscures. En tout cas, il n'existe aucun cas permettant de croire à lapossibilitéd'une contagion immédiate.

Il semble acquis que Teau est le véhicule constant du parasite, et Ton tend à admettre, avec Fedschenko, que la voie de pénétration la plus fréquente est le tube digestif. Voici quelle serait, d'après l'auteur russe, la succession des phénomènes. Les Cyclops infectés sont ingérés en même temps que l'eau potable. Leur digestion met en liberté les larves dans l'estomac d'après Leiper, qui a signalé l'influence exercée parles milieux acides sur ces embryons; là aurait lieu l'accouplement; le mâle serait ensuite évacué et la femelle perforerait la paroi intestinale pour aller se loger dans le tissu sous-cutané. Sa localisation plus fréquente aux membres inférieurs serait due, d'après Manson, à une sorte de géotropisme ou d'instinct du parasite qui le pousserait à émigrer vers les parties du corps les plus exposées, dans les pays tropicaux, à venir au contact des flaques d'eau, milieu où vit le Cyclops, hôte intermédiaire.

Cette théorie séduisante contient, on le voit, une part considérable d'hypothèse; aussi n'estelle pas admise sans réserve, au moins comme condition unique d'infection. Ainsi Carter admettait que les embryons de dragonneau évoluent dans l'eau et se transforment librement en un petit nématode, qu'il appelle Urolabes

palustris, et qui, ingéré avec l'eau, pénétrerait du tube digestif dans les tissus. Mais le peu de ressemblance entre YUrolabes et l'embryon de filaire constitue une objection sérieuse à cette hypothèse, aujourd'hui à peu près universellement abandonnée.

Il est certain que quelques faits s'expliqueraient mieux dans l'hypothèse de la pénétration des embryons à travers la peau. Par exemple : la localisation plus fréquente aux membres inférieurs, constamment découverts chez les gens de couleur ; la fréquence plus grande chez les nègres que chez les Européens, bien que les uns et les autres se servent de la même eau potable ; enfin certains cas particuliers,.

Fig. 138. — Embryon de filaire de Médine grossi 500 fois (d'après Cobbold).

ACHALME. — MALADIES SPÉCIFIQUES.

comme celui des porteurs d'eau de l'Inde, qui chargent leurs outres sur leur dos et chez lesquels le dragonneau se localise très fréquemment dans cette région. Il est vrai que Ton peut objecter, d'une part, les plus grandes précautions prises par les Européens pour leur alimentation en eau potable et, d'autre part, l'opinion de Morehad, qui nie formellement l'exactitude même du fait des porteurs indiens.

Quant à la pénétration à travers la peau, certains auteurs, tels que Léger, attribuent un rôle important, par analogie sans doute, aux piqûres de moustiques: mais il semble plus en rapport avec les faits d'admettre une pénétration directe par les orifices sudoripares ou pilo-sébacés. Les dernières recherches sur la fréquence de cette voie

Fig. 139. — Larve de filaire (d'après Fedschenko).

d'entrée dans l'infection par l'ankylostome duodénal (Looss, Schaudinn, Calmette et Breton, Hermann, Boycott, etc.), par l'anguillule intestinale (Magocchi), rendent cette hypothèse très vraisemblable. Si la pénétration cutanée est admise, on doit se demander à quelle période d'évolution de la filaire elle devient possible. Il est en effet peu probable que les embryons, tels qu'ils sortent de l'organisme, soient capables de pénétrer sous cette forme dans les orifices glandulaires; car, dans ce cas, les réinfections chez les porteurs de filaires seraient très fréquentes, ce qui est contraire à la réalité des faits. Il est donc probable, de toutes manières, qu'une évolution a lieu hors de l'organisme, probablement dans un hôte intermédiaire. Le Ci/clops est-il le seul animal susceptible de jouer ce rôle et les filaires mises en liberté après leur séjour chez ce copépode sont-elles susceptibles de pénétrer directement dans la peau ? L'état de la question ne permet pas encore de répondre, et de nouvelles recherches sont encore nécessaires. Manson considère en effet comme possible que l'embryon ait plusieurs transformations à subir avant de vivre chez l'homme.

FILARIOSES. 17—241

En somme, après avoir lu très attentivement le travail impartial de Bartet, partisan convaincu et exclusif de la théorie de l'infection parles voies digestives, on a l'impression très nette que cette dernière est hors de doute et que la théorie cutanée ne saurait être exclusive. Mais, quant à la possibilité de l'introduction du ver de Guinée parla peau, il existe encore quelques doutes, et, étant donnée la longueur de l'incubation de la maladie, on conçoit combien la question est difficile à résoudre catégoriquement.

Peut-être la possibilité d'infecter des animaux avec la filaire de Médine serait-elle d'un grand secours à l'expérimentation pour élucider ces intéressants problèmes de pathogénie. Leiper est entré dans cette voie et a réussi à infecter des singes en les nourrissant avec des bananes contenant des cyclopes infectés.

DISTRIBUTION GÉOGRAPHIQUE. — Le domaine géographique du dragonneau s'étend sur plusieurs points de la région tropicale de l'ancien et du nouveau continent.

En Afrique, il est surtout fréquent dans la région occidentale de la partie nord de la zone intertropicale. La région la plus septentrionale où la draconculose ait été signalée est Tougourt, à l'extrême-sud de la province de Constantine. On l'observe également chez les Touareg du Sahara et en Mauritanie.

La région du Niger est la plus éprouvée. Le ver de Médine est très commun dans le Haut-Soudan, le Sénégal, le Fouta-Djallon, le Dahomey, la Côte d'Ivoire, la Côte de l'Or, le Bensin, le Cameroun, les environs du lac Tchad et les bords du Chari. Il est plutôt rare à Konakry, exceptionnel en Casamance.

La limite sud de son domaine semble être le Congo et même le Gabon, où il est exceptionnel.

Le centre d'action du dragonneau dans la partie orientale de l'Afrique orientale de l'Afrique se trouve au Soudan égyptien, d'où il s'étend un peu en Basse-Egypte, en Erythrée, au Somaliland, dans l'Afrique orientale anglaise et dans la partie nord-est de l'État indépendant du Congo.

Il n'existe à l'état endémique ni au Mozambique, ni à Madagascar.

Sur le continent asiatique, on l'observe en Arabie (principalement à Médine), en Perse, dans le Turkestan et le Boukhara. On le rencontre également dans certaines parties de l'Inde (Dekan, Seinde, etc.). On ne le trouve plus à l'est du Gange ni dans l'archipel Malais.

En Amérique, le dragonneau semble avoir été assez fréquent au moment de la traite des nègres ; mais, depuis son abolition, on observe une décroissance marquée. Il a presque disparu des Antilles, mais est resté endémique à Curaçao, Demerari, Surinam et principalement dans quelques points du Brésil (province de Bahia. Feira de Santa Anna). D'après Bartet, ce dernier centre serait actuellement seul en activité.

Traité d'hygiène. XVII. — 16

ACHALME. — MALADIES SPÉCIFIQUES.

PROPHYLAXIE. — Pour se mettre à l'abri de L'infection par la

Blaire de Médine, il est prudent, dans les régions infectées, de ne boire que de l'eau bouillie ou filtrée et de se garantir les pieds et les jambes, surtout lorsque Ton doit traverser des flaques d'eau stagnante.

Espèces rares ou mal connues.

« Fil aria volvulus ». — Décrite par Leuckart et Labadie-

Lagrave, c'est une petite espèce dont la femelle mesure 6 ou 7 centimètre* et le mâle 3 centimètres environ.

On la rencontre sur la Côte de l'Or et au Dahomey. Brumpt Ta observée fréquemment chez les pêcheurs de l'Ouellé et de Tltimbiri. Elle siège dans les lymphatiques, qu'elle enflamme, et forme ainsi sous la peau de petites nodosités de la grosseur d'une noisette, que Ton peut énucléer sans danger, et dans lesquelles on trouve les parasites mâles et femelles enlacés les uns aux autres.

« Filarîa hominis oris » , « Filaria labialis » . — Ce sont deux espèces mal connues, décrites la première par Leydy, la seconde par Parre, chacune selon un unique spécimen. La filaire de Leydy (14 centimètres) est peut-être un mâle de filaire de Médine ; la seconde, longue de 3 centimètres, présentait une bouche à quatre papilles et provenait d'une pustule de la face interne de la lèvre supérieure. « Filaria lymphatica » . — C'est un ver long de 26 millimètres environ, de couleur brunâtre, tacheté de blanc, pointu à une extrémité, épaissi et arrondi à l'extrémité postérieure, munie de deux spicules. Il en existe trois observations (Treutler, Zahnet Brera), dans lesquelles on l'a rencontré dans des ganglions bronchiques hypertrophiés.

« Filaria trachealis » . — Ranicy et Bristowe ont décrit sous ce nom des embryons de nématodes qu'ils ont trouvés à la surface de la trachée et du larynx. Il s'agit probablement de la forme embryonnaire du Strongylus apri, assez fréquent à Pétat adulte chez le porc et le sanglier, et dont Yortsits a rapporté une observation chez l'homme.

Fig. 140. — Embryons de filaire de Médine grossis 500 fois (d'après Bastien).

FILARIOSES.

« Filaria conjonctivae ». — Espèce longue de 15 à 20 centimètres, à tête sans papille, à cuticule striée et dépourvue de bosselure. Elle a été rencontrée en Sicile dans une tumeur de la conjonctive bulbaire. D'après Grassi, elle doit être identifiée avec Filaria inermis, parasite de l'âne et du cheval, dont Dubini et Babès ont rapporté chacun une observation. 11 est probable également que le parasite décrit sous le nom de Filaria oculi humani (Nordmann), Filaria lentis (Diestng), et qui a été rencontré dans le cristallin ou le corps vitré, n'est qu'une forme jeune de cette espèce.

« Filaria restiforoiis ». — Espèce mal connue, décrite d'après un spécimen de 66 centimètres rendu par l'urètre d'un homme, en Virginie.

« Filaria immilis » . — Bowlby a rapporté deux observations douteuses de l'existence chez l'homme de ce parasite, très commun chez le chien.

Filaria loa.

Filaria diurna.

La Filaria loa est à cheval sur le premier et le deuxième groupe. En effet, comme nous le verrons plus loin, après l'avoir considérée comme un parasite localisé au tissu conjonctif, on tend à admettre maintenant qu'elle constitue la forme adulte de la filaire sanguine, connue sous le nom de Filaria diurna.

SYNONYMIE. — Filaria loa (Guyot, 1778), Filaria oculi (van Beneden, 1859), Dracunculus oculi Diesing (1860), Dracunculus loa Cobbold (1864).

DESCRIPTION. - C'est un ver fort grêle, de 3() à 10 millimètres de longueur (exceptionnellement 70 millimètres). Le mâle

est un peu plus petit que la femelle, avec laquelle il s'accouple dans les espaces du tissu conjonctif lâche. L'extrémité antérieure est arrondie, la postérieure pointue. La bouche est proéminente, obtuse, sans armature, l'intestin droit et complet. L'utérus de la femelle contient des embryons enroulés d'une longueur de 200 tx environ.

La queue du mâle est visiblement incurvée et pourvue, de chaque côté de l'anus, de cinq papilles et de deux spiculcs inégaux et assez courts.

Fig. 141. — Filaria loa (d'après Blanchard).

A, région moyenne du corps ; B, partie postérieure du mâle.

244 ACHALME. - MALADIES SPÉCIFIQUES.

Le parasite progresse en rampant dans le tissu conjonctif, ne donnanl lieu qu'à des démangeaisons et des œdèmes transitoires. Néanmmoins les accidents sont parfois plus circonscrits, et Habersohn attribue à la Filaria loa la maladie connue sous le nom de tumeur du Calabar, ainsi que l'avaient pressenti Tbompstone et P. Manson. Cette opinion a été récemment confirmée par Prout. Mais c'est surtout lorsque la Filaria loa pénètre dans le tissu sousconjonctival qu'elle manifeste sa présence par du larmoiement et un gonflement parfois considérable : c'est pour cela que la Filaria loa est aussi connue sous le nom de filaire de l'œil.

Manson, ayant trouvé des microfilaires diurnes dans le sang d'un malade porteur d'une Filaria /o«, a émis l'hypothèse que ce parasite était la forme adulte de la microfilaire diurne. Cette assertion a été vérifiée par Brumpt (1892), puis par Wurtz et Penel (1905), Billet, Livon et Pinaud (1906), qui trouvèrent des Filaria loa dans les tissus à l'autopsie de malades ayant présenté pendant la vie des microfilaires diurnes.

On a opposé à ces faits les observations nombreuses de malades présentant des loas dans l'œil ou le tissu conjonctif sans présence d'embryons dans le sang. Mais les cas positifs ne sauraient être annihilés par les faits négatifs, car il peut dans ces derniers s'agir ou de mâles ou de femelles non fécondées, ou encore d'adultes en nombre insuffisant pour peupler le sang d'embryons en quantité assez grande pour que la découverte en soit possible.

Ces embryons, qu'on les observe dans le sang ou dans l'utérus de l'adulte, sont à peu près complètement identiques aux microfilaire^ nocturnes que nous décrivons plus loin. Leurs dimensions et leur gaine sont semblables, et seule l'heure de leur présence dans le sang permet de les différencier.

CONDITIONS DE PROPAGATION. — On ne connaît pas l'hôte intermédiaire de la Filaria loa. Annett, Dutton et Elliot ont échoué dans leurs tentatives d'infection de moustiques avec la Filaria diurna. On peut admettre, étant donnée l'heure de sa périodicité, que la propagation a lieu par un insecte diurne. Manson attire principalement l'attention sur certains diptères connus sous le nom de Mangrove flies (mouches de palétuvier), qui volent et piquent pendant la chaleur du jour. D'après Blanchard, ces Mangrove flies appartiendraient probablement aux genres Tabanus ou Glossina.

DISTRIBUTION GÉOGRAPHIQUE. La Filaria loa et la

Filaria diurna ont une distribution géographique identique, et ce n'est pas là la moindre raison plaidant en faveur de leur filiation. Elles s'observent toutes deux chez les nègres de la côte occidentale d'Afrique, et leur domaine est limité à l'Angola, au Congo français et au Congo belge. Quelques cas ont été signalés en Guinée, ainsi que dans le Bas-Niger, la Sierra-Leone et le Cameroun.

FILARIOSES.

La longévité du parasite a permis d'observer desFilaria loa en Amérique (Antilles, Guyane, Saint-Domingue), chez des nègres importés d'Afrique depuis plusieurs années. Mais la maladie ne s'y est jamais propagée, probablement par suite de l'absence de l'hôte intermédiaire.

« Filaria Bancrofti ». — Filaires du sang et de la lymphe

(Cobbold, 1877).

SYNONYMIE. — Trichina cijstica (Salisbury, 1868), Filaria sanguinis hominis (Lewis, 1872), Filaria dermathemica (da SilvaAranjo,

Fig. 142. — Filaria sanquinis hominis (d'après Magalhaes et Manson).

1, mâle; 2, femelle de grandeur naturelle; 1*, extrémité postérieure du mâle; 3, embryon pris dans le sang; 4, larve prise dans le cousin; 5, larve prise dans l'eau.

1875), F. Wachereri (da Silva Lima, 1875), Filaria sanguinis hominis nocturna (Manson, 1891).

DESCRIPTION. — Les vers adultes, maies et femelles, se trouvent ensemble dans le système lymphatique (vaisseaux plus ou moins di la tés,

ACHALME. — MALADIES SPÉCIFIQUES.

canal thoracique el ganglions), où ils forment des amas el amènenl ainsi une perturbation mécanique dans la circulation de la lymphe. Ces! cette obstruction soil purement mécanique, soit secondairement inflammatoire, qui cause tous les accidents de la filariose, en augmentant la pression en amont de l'obstacle dans les vaisseaux lymphatiques et les espaces conjonctifs. La présence des embryons bien développés dans le sang semble en effet inoffensive.

La filaire femelle est plus grande que le mâle et mesure environ 85 à 150 millimètres de longueur sur 0mu,,7 environ de largeur.

La tête, terminée par une bouche circulaire simple, est légèrement renflée en massue et reliée au corps par un cou aminci. La queue est obtuse à son extrémité et présente une petite dépression bordée de deux petites lèvres.

L'anus ventral s'ouvre au sommet dune papille bilobée. La vulve s'ouvre à •2mm,5 de l'extrémité antérieure et est suivie de deux tubes utérins, occupant la plus grande partie du corps et remplis d'oeufs à divers degrés de développement.

La F. Bancrofti est en effet vivipare et exceptionnellement ovipare. Les œufs mesurent 38 (x sur 15 p..

La filaire mâle ne dépasse guère 80 millimètres de longueur sur 0mm,4 de large. Le corps est régulièrement cylindrique, sans trace de cou, et s'amincit progressivement vers la queue. Cette dernière présente toujours un brusque enroulement en vrille à un ou deux tours de spire. La bouche est semblable à celle de la femelle; mais les parois de l'œsophage sont plus épaisses. L'anus s'ouvre dans un cloaque ventral, qui livre passage à deux spicules inégaux, et en avant et en arrière duquel on observe quatre paires de papilles.

Fig\ 143. — Forme adulte de la Vilnrla Bancrofti.

a, extrémité caudale du mâle ; h, extrémité céphalique; c, extrémité caudale de la femelle.

FILARIOSES.

L'existence des papilles post-anales est néanmoins mise en doute par Manson. Le tube génital est simple.

Pour obtenir de bonnes préparations d'embryons de filaire dans le sang, on recommande le procédé suivant. On étale une couche assez épaisse de sang de la manière ordinaire, puis, après dessiccation, on dissout rapidement l'hémoglobine à l'aide de l'eau distillée ou de

Fur. l.

Métamorphose de la filaire chez le moustique.

l'acide acétique à 1 p. 100. On fixe ensuite par l'alcool pendant une heure, et l'on colore à l'hématéine alunée, suivie ou non de double coloration à l'éosine. Si l'on veut observer les détails de structure, il vaut mieux fixer directement à l'alcool et colorer à l'hématéine ou l'hématoxyline de Heidenhain sans double coloration.

La longueur de l'embryon de filaire est de 300 jx environ à l'état frais et de 180 ja environ sur les préparations colorées; la largeur de 7 à 8 pi représente à peu près le diamètre d'un globule rouge. Le Corps est renfermé dans une gaine, sorte de sac excessivement délicat flexible et homogène, dans lequel il se meut en avant et en arrière. La le te est enveloppée d'une sorte de prépuce très délicat, présentant six dentelures, qui tantôt la découvre et tantôt la recouvre d'un

ACHALME. — MALADIES SPÉCIFIQUES.

mouvement continuel. Lorsque la tête se projette en avant, on aperçoit à son sommet une petite pointe extrêmement ténne, qui se rétracte aussitôt.

La queue se termine en pointe, et le rétrécissement graduel qui la l'orme occupe le cinquième de la longueur totale.

Sur les préparations colorées, on observe, d'après Stephens et

Christophers :

1° Une brisure transversale irrégulière au vingt et un centième de la longueur;

"2° Une tache en V toujours présente au trente-centième de la longueur;

3° Une aire de dimensions variables, avec cellules peu serrées, au soixante-trois centième de la longueur. Cette aire est constante et correspond à l'amas central que Ton voit sur les préparations fraîches ;

4° Une tache irrégulière, parfois ovale, au quatre-vingt centième de la longueur ;

5° Une petite tache claire centrale qui peut se montrer au quatrevingt-onze centième de la longueur.

Ces taches, d'après Manson, représentent probablement des organes en voie de développement. Si l'embryon est placé rapidement sous le microscope à l'état frais, on constate d'abord un vif mouvement de progression (Annett et Dutton); puis, l'extrémité antérieure de la gaine semblant adhérer au verre, les mouvements de l'embryon, bien que fort actifs, ne le font plus progresser.

Un des caractères les plus importants des embryons de Filaria nocturna est la périodicité de leur présence dans le sang périphérique.

On les y observe très rarement pendant le jour et toujours en quantité extrêmement minime; mais, à partir de cinq ou six heures du soir, leur nombre croît progressivement jusque vers minuit, heure à laquelle il n'est pas rare de trouver dans une goutte de sang cinq à six cents microfilaires. A partir de minuit, elles deviennent progressivement de plus en plus raies, pour disparaître complètement vers huit ou neuf heures du matin. Une observation plus précise a montré que la raison d'être de cette périodicité n'était pas la

Fig. 145. — Anatomie de la Filaria nocturna.

a, a, gaine ; h, viscère central c, tache en V : d, tache caudale.

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