Y ABDOMEN
Courbure deficcsiU Ovaire non mût
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Fig. 154. — Coupe sagittale d'un Moustique en train de piquer.
dernière portion, il contient six renflements, auxquels on donne le nom de papilles anales. L'anus s'ouvre au-dessus du conduit génital.
Les appendices du tube digestif sont : les glandes salivaires et les tubes de Malpighi (organes d'excrétion rénale).
Les gtandes salivaires, au nombre de deux, sont situées dans la partie antérieure du thorax et comprennent chacune trois acini tubulaires, dont l'un est dissemblable, histologïquement, des deux autres, chez les Anophélines; sa sécrétion est claire, colloïdale, tandis que celle des deux autres est granuleuse.
Les cinq tubes de Malpighi, longs et grêles, sont formés de grandes cellules imbriquées, très granuleuses.
Les organes génitaux de la femelle comprennent : les ovaires, au nombre de deux, situés dans la partie postérieure de l'abdomen, continués par les oviductes qui s'ouvrent au-dessus de l'anus. Le
spermathèque est un sac chitineux, qui, chez la femelle fécondée, contient des spermatozoïdes.
Métamorphoses. — Œufs. — Les œufs de Moustiques mesurent en moyenne 0mm,6 à 0mm,8 de longueur sur 0mm,15 de largeur à leur plus grand diamètre. Ils sont allongés, un peu renflés à une extrémité. Dans certains genres (Culicines), ils sont agminés au moment de la ponte, en radeaux ou nacelles. Dans d'autres genres (Anophélines), ils sont pondus séparés et sont alors munis de chambres à air qui les font flotter. Les œufs d' Anophélines pondus isolés se rassemblent, par suite du mouvement des eaux, et forment des dessins géomé-
Fig. 155. — Œuf de Culex.
Radeau d'œufs de Culex.
Fig. 157. — CEuf d'Anophèles.
Fig. 158. — Disposition des œufs d'Ano pheles à la surface de l'eau.
triques. Chaque ponte compte deux cents à trois cents œufs et se fait à la surface des eaux tranquilles, aux premières heures de la matinée.
Les œufs éclosent après deux ou cinq jours.
Larves. — Elles sont complètement apodes, vivent dans l'eau.
Leur corps est composé, comme celui des adultes, de trois parties peu distinctes : la tête, le thorax et l'abdomen. Le corps est couvert de soies, surtout à sa partie terminale. Dans certains genres de Moustiques (Culicines), le dernier segment abdominal porte un siphon respiratoire fait d'une seule pièce de chitine et de forme variable suivant les genres. Il contient l'origine des deux principales trachées du corps. Les larves de Moustiques, munies de ce siphon, peuvent respirer à la surface de l'eau tout en restant immergées, l'extrémité seule du siphon affleurant à la surface. Au contraire, d'autres larves de Moustiques (Anophélines) n'ont pas de siphon respiratoire : leurs trachées s'ouvrent directement au niveau du segment ; le corps tout entier de ces larves est donc à fleur d'eau quand elles viennent respirer l'air atmosphérique. De plus, un nombre, variable suivant les espèces, des segments abdominaux des larves dAnophélines, est muni, de chaque côté, de bouquets de soies en palme qui font office de parachutes et font flotter le corps à la surface de l'eau.
INTRODUCTION A L'ÉTIOLOGIE. 19—265
Les larves, qui mesurent environ 1 millimètre à leur naissance, atteignent et dépassent, au bout de quinze jours à trois semaines, après plusieurs mues, 10 millimètres. Elles se transforment alors en nymphes.
Nymphes. — Elles ont une forme entièrement différente : elles ont l'aspect général d'un point d'interrogation : masse globuleuse qui comprend la tête et le thorax, petite queue plus ou moins recourbée autour de cette masse, et qui est l'abdomen à huit segments. Elles ont une paire de siphons respiratoires au niveau de la partie antérieure du thorax. L'abdomen est terminé par des palettes minces.
Les nymphes ne se nourrissent pas, et, au bout de quatre à sept jours, elles donnent issue aux Insectes adultes. La nymphe reste immobile à la surface de l'eau; son abdomen se relève horizontalement en arrière ; la chitine se fend sur la partie dorsale du thorax, exposée à l'air, et l'imago en sort, le dos en premier lieu, puis la tête et ses appendices, enfin les ailes qui sont pliées et les pattes enroulées sur elles-mêmes. L'Insecte adulte, posé sur l'eau, après un court moment de repos qui permet à ses ailes de se défriper et de sécher, prend son vol.
Classification. — On distingue chez les Culicides trois sousfamilles, dont on tend même à faire trois familles distinctes :
I. Corethrinœ. — Pas de trompe, respiration des larves aquatique et non aérienne, nymphes rectilignes et non recourbées, quatre tubes de Malpighi au lieu de cinq.
Pour les deux autres sous-familles, les caractères distinctifs sont moins considérables et sont surtout visibles chez la femelle.
II. Anophelinœ. — Palpes maxillaires aussi longs que la trompe chez la femelle. Corps rectiligne ; tête, thorax dans le prolongement de l'abdomen. OEufs pondus isolés et munis de chambres à air. Larves sans siphon respiratoire, affleurant par suite à la surface de l'eau pendant l'acte de la respiration.
III. Culicinœ. — Palpes maxillaires beaucoup plus courts que la trompe chez la femelle. Corps bossu, axe de la tête et du thorax formant un angle avec celui de l'abdomen.
OEufs pondus généralement en nacelles. Larves avec siphon respiratoire, ce qui leur permet de rester immergées pendant l'acte de la respiration.
La sous-famille des A nop helinse est la seule qui soit connue jusqu'à ce jour comme fournissant des espèces capables d'être infectées parle Plasmodium humain.
Elle a été démembrée par F. V. Theobald en dix-huit genres :
1° Anophèles Meigen; 2° Myzomyia Blanchard; 3° Cycloleppteron Theobald; 4° Feltinella Theob. ; 5° Stethomyia Theob.; 6° Pyrelophorus Bl. ; 7° Myssorhynchella Theob.; 8° Arribalzagia Theob.; 9° Myzorhynchus Bl.; 10° Chrystia Theob.; 11° Lopho-
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scelomyia Theob.; 12° Myssorhynchus Bl.j 13° Cellia Theob; I I ■■ Veocellia Theob. : 15° Aldrichia Theob. ; 16° Kerteszia Theob. : 17° Bironella Theob.; 18" Chagasia Cruz.
Les caractères distinctifs des genres sont fournis par la présence ou l'absence, la disposition, la forme des écailles sur la tôle, le thorax, L'abdomen, les nervures des ailes, ainsi qu<> par la disposition des soies chez les larves et certaines particularités des œufs.
Biologie. — La nourriture des Moustiques varie suivant leur stade et leur sexe. Les mâles ne sucent jamais le sang (à part de rares exceptions); ils aspirent le suc des fleurs et des fruits. Les femelles ont besoin d'avoir digéré du sang- pour pouvoir mener leurs œufs à maturité et pondre. Les larves sont à la fois herbivores et carnivores (1) ; elles sont souvent cannibales.
La succion du sang comprend : 1° l'introduction des six stylets vulnérants de la trompe dans la peau ; ils sont guidés par le labium, qui, inerme, se replie sur lui-même et appuie son extrémité sur la peau comme le doigt du. chirurgien qui fait une ponction; 2° l'excrétion du contenu des glandes salivaires et aussi des diverticules de l'œsophage dans la plaie. La salive paraît empêcher la coagulation du sang. Le contenu des diverticules de l'œsophage serait seul irritant, d'après Schaudinn (2), à cause des enzymes des levures qu'il contient : 3° le sang monte dans le tube formé par les stylets de la trompe, en partie par capillarité, surtout par le jeu de la pompe aspirante pharyngienne que les muscles dilatent par leur contraction et laissent se refermer par leur relâchement ; 4° grâce aux mouvements d'aspiration rythmés exécutés par les parois abdominales et aux différentes valves signalées plus haut, le sang passe successivement du pharynx dans l'œsophage et son diverticule, puis dans la partie postérieure de l'estomac, où il séjourne plusieurs jours avant que la digestion soit complète. La femelle peut recommencer à piquer environ une semaine plus tard, et les succions peuvent se succéder ainsi plusieurs fois de suite.
Les Moustiques adultes sont des animaux essentiellement nocturnes : ils commencent à voltiger un peu avant le coucher du soleil et piquent jusqu'au matin. Un certain nombre, surtout les Culicines (Stegomyia) piquent volontiers aussi en plein jour : peutêtre s'agit-il alors surtout de Moustiques fraîchement éclos et tourmentés par le besoin de nourriture. La piqûre des Anophélines est moins douloureuse que celle des autres Moustiques en général. Le jour, les Insectes adultes se réfugient dans les lieux obscurs, dans les hangars, les écuries, les arbres. Les abris des Anophélines adultes
(1) Kerschbaumer considère les larves cTAnophélines comme plutôt carnivores, et celles de Culicines comme plutôt herbivores : mares à Zooplankton = Anopheles- Wusser, mares à Phytoplankton = Culex-Wusser (Malaria, Vienne, 1901).
(2) Schaudinx, Arheilen a. d. kais. Gesandtieilsamle. t. XX, l'asc. 3, 190 i.