APERÇU SUR L'HISTOIRE NATURELLE DES MOUSTIQUES
Les Culicidœ (1) (en français, Moustiques ; en allemand, Stechmiicken, Schnaken; en anglais, Gnats;en espagnol, Mosquitos ; en italien, Zanzare) sont des Insectes de Tordre des Diptères (une paire d'ailes, la deuxième paire étant atrophiée), sous-ordre des Nématocères (antennes grêles et longues, comptant plus de trois segments).
Ils sont caractérisés essentiellement par la présence d'une trompe piquante et suceuse, l'existence de cinq tubes de Malpighi (au lieu de quatre comme chez la plupart des Diptères), et celle d'écaillés sur les nervures des ailes. Leur longueur varie de 3 à 15 millimètres.
Anatomie externe. — Le corps des Culicides comprend trois parties : la tête, le thorax et l'abdomen. La tête et le thorax sont unis par un cou très grêle; le thorax se continue directement par une large suture avec l'abdomen.
L'ornementation caractéristique des Culicides, constituée par les écailles, sert à la différenciation des genres et des espèces. Il convient donc de savoir que l'on distingue des écailles : 1° larges plates, en forme de bêche ou de tuile : 2° larges, développées asymétriquement 3° étroites et asymétriques; 4° étroites et piliformes; 5° étroites, recourbées; 6° fuselées; 7° rectilignes et fourchues; 8° longues et tordues; 9° piriformes (F. V. Theobald). Ces écailles recouvrent la tête, le thorax, l'abdomen, les pattes, le bord et les nervures des ailes. Elles sont disposées de façon à présenter la plus petite résistance au vol de l'Insecte (Eysell).
La tête porte les organes sensoriels : yeux composés, antennes de treize articles, plumeuses chez le mâle, non plumeuses chez la femelle (pas d'ocelles). Elle porte aussi une trompe vulnérante, qui se compose de sept stylets : un gros stylet charnu, inférieur, le labiam, qui est inerme, est creusé à sa face supérieure d'une gouttière par où passe le sang aspiré et où sont logées cinq lames cornées, destinées à percer, à couper, scier et déchirer la peau : les deux mandibules, les deux manilles, Yhypopharynx ou langue (à l'intérieur duquel passe, déplus, le conduit excréteur des glandes salivaires).
(1) Consulter : F. V. Theobald, A monograph of the Culiciche of the World, Londres, 1901-1907, 4 vol. et 1 atlas. — Giles, Gnats or Mosquitoes, 2e éd., Londres, 1902. — En. et Et. Sergent, Moustiques et maladies infectieuses, Paris, 1903. — C. W. Daniels, Studies in laboratory work, Londres, 1903. — J. W. W. Stephens et S. R. Christophers, Étude pratique du paludisme, trad. franc., Paris, 1906. — A. Eysell, Die Stechmiïcken, Leipzig, 1905. — R. Blanchard, Les Moustiques. Histoire naturelle et médicale, Paris, 1905. — - En. Sergent, Les insectes piqueurs et suceurs de sang, inoculateurs de maladies infectieuses, O. Doin, 1909.
INTRODUCTION A LÉTIOLOGIE. 17—261
La gouttière du labium est fermée à sa partie supérieure par une
CU LIGINE femelle posée
ANOPHÉLINE Jemelle posée
Tête deCulicùze mâle. T. de Cuticule femelle T.d'A/wpkelùie fe/neUc.
Fig. 153. — Gulicines et Anophélines.
lame piquante, le labre. Des maxilles se détachent deux appendices
inormes : les palpes maxillaires, organes sensoriels. Le nombre el la dimension de leurs arlicles jouent un rôle important dans la classificalion.
Le thorax, en forme de tronc de pyramide, est surtout formé par le mésothorax. Le prothorax n'est représenté que par deux mamelons, ou lobes plus ou moins saillants suivant les espèces, à la partie antérieure de la face dorsale. Le métathorax ou métanotum, triangulaire et bombé, est fort réduit. La suture entre le mésothorax et le métanolum est protégée par un mince rebord corné : le sculelhim. Le thorax porte une paire d'ailes membraneuses, à six nervures longitudinales, et une paire d'haltères ou balanciers, organe chitineux très court, en massue, représentant la deuxième paire d'ailes, atrophiée. Sur les flancs sont articulées trois paires de pattes à neuf articles, dont le dernier porte deux ongles qui peuvent être égaux ou inégaux, pluridentés, unidentés ou simples.
L'abdomen est formé de huit segments articulés entre eux ; il n'est pas muni d'appendices latéraux, mais porte à son extrémité les organes génitaux externes.
Anatomie interne. — Les muscles les plus importants sont ceux qui actionnent le mouvement des ailes ; ils occupent les parties latérales du thorax et s'insèrent sur l'exosquelette. Ensuite viennent les muscles des pattes, logés aussi dans le thorax. Les différents segments de l'abdomen sont unis par des groupes longitudinaux, ventraux et dorsaux, de faisceaux musculaires. Enfin le tube digestif, surtout l'organe aspirateur, est muni de muscles dont le jeu détermine la succion du sang.
Le système nerveux est bien développé.
L'appareil respiratoire est constitué uniquement par les trachées qui prennent leur origine à des stigmates s'ouvrant à la surface du thorax et de l'abdomen; le plus gros des stigmates est situé sur la partie antérieure de la face latérale du thorax. Les trachées se terminent en fins ramuscules dans les tissus de l'Insecte.
Gomme chez tous les Insectes, I'appareil circulatoire est rudimentaire.
Le tube digestif des Culicides est important à connaître. Au tube capillaire formé par la gouttière du labium, fermée en haut par le labre, fait suite le pharynx avec l'organe aspirateur. Cet organe, véritable pompe aspirante située à la partie postérieure de la tête, possède trois parois chitineuses, sur lesquelles s'insère toutun système de muscles qui en règlent l'écartement ou le rapprochement. En arrière, une courbure accentuée, au niveau d'un rétrécissement du tube, joue le rôle d'une valve.
Le pharynx est uni à l'intestin moyen, ou estomac, ^àv Y œsophage, à parois minces, non chitineuses, qui traverse le cou. Dans l'œsophage s'ouvrent trois diverticules, souvent dilatés par des
INTRODUCTION A L'IiTIOLOGIE.
gaz, et dont l'un au moins paraît servir de réservoir de nourriture.
On y trouve ordinairement de nombreuses Levures ou Bactéries.
La partie antérieure de l'estomac, ou homologue du proventricule, fait hernie dans l'estomac lui-même et constitue ainsi une nouvelle valve. \J estomac est composé de deux parties : Tune, antérieure, étroite, située dans le thorax, ne conserve pas le sang ; l'autre, postérieure, abdominale, se laisse dilater par le sang, dont le cours est arrêté par une valvule pylorique musculaire.
IS intestin postérieur, très court, présente plusieurs courbures, dont la principale est appelée courbure de Basili. Peu après son origine au pylore, il reçoit le contenu de cinq tubes de Malpighi. Dans sa
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