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ANCIENS INFECTÉS

Dans l'état actuel de la science, nous ne connaissons pas d'autre source d'infection pour les Anophélines que les hommes anciennement infectés. Si nous diminuons de manière sensible leur nombre, nous diminuons les chances d'infection des Anophélines.

Traitement quinique curatif. — La quinine, remède spécifique du paludisme, est la principale arme de l'hygiéniste dans cette cure du réservoir de virus. La quinine agit directement sur le Ptasmodium, envers qui elle se conduit comme un poison. Après A. Chevalier (1), le chimiste Binz (2) montra, en 1867, quelle produit une véritable lysis du protoplasme et du noyau des Infusoires (3). Ce sont surtout lesjeunes formes annulaires qui sont détruites. La quinine n'empêche pas la segmentation. Comme l'ont montré Marchiafava et Bignami, l'accès suivant la prise de quinine peut être tout aussi grave, bien que les parasites soient extrêmement rares.

La recherche systématique des parasites dans le sang des anciens infectés montre que très souvent le traitement quinique, qui n'empêche pas le retour des accès, fait au moins disparaître les Plasmodium du sang périphérique. Au point de vue de l'intérêt général, cette disparition constitue justement le point principal.

Nous n'entrerons pas ici dans les détails du traitement quinique : il convient cependant de rappeler que du quinquina, écorce des Cinchonas, Pelletier et Caventou ont extrait en 1820 la quinine, et que c'est surtout le médecin militaire Maillot (4) qui enseigna l'emploi de cet alcaloïde.

Il faut user de fortes doses (de 1 gramme à l*r,50) pour couper les accès, administrer le médicament aussi tôt que possible après le premier accès, et ensuite, d'une façon continue, les jours où Ton prévoit une rechute, quelques heures avant qu'éclate l'accès. Il est bon de donner les fortes doses par fractions (5), soit 1 gramme en cinq fois 20 centigrammes, à deux heures de distance.

(1) A. Chevalier, L'étudiant micrographe, Paris, 1865.

(2) Binz, Arch. de Max. Schultze, 1867; Berlin, klin. Wochenschr., 1891, n° 43, p. 1015; Deutsche med. Wochenschr., 1894, n° 6, p. 122.

(8) Pour l'action sur le Plasmodium du paludisme, voy. A. Laverai*, Du paludisme et de son hématozoaire, p. 185.

(4) Voy. le recueil des Œuvres de Maillot, publié (à l'exception du Traité des fièvres) par le Comité d'études médicales de l'Algérie, à l'instigation de P. Trolard, L'œuvre de F.-C. Maillot, ancien président du Conseil de santé des armées, Alger, 1893.

(5) Nocht, Ueber Quinintherapie bei Malaria. Verhandlung. d. deutsch. Kolonial-Kongress, 1905, p. 214.

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