‹ Traité d'hygiène (volume 5)Chapitre 80 sur 224 · II. — QUININISATION PRÉVENTIVE DES INDEMNES · texte numérisé non relu

II. — QUININISATION PRÉVENTIVE DES INDEMNES

On fait remonter l'usage du quinquina à titre préventif au comte de Bonneval, qui protégea par cette pratique sa troupe contre le paludisme au siège de Belgrade en 1717, tandis que les Allemands qui assiégeaient cette ville éprouvaient des pertes par cette maladie. Le quinquina puis la quinine absorbés préventivement furent

(1) Voy. A. Cblli, Manuale dell' Igienista, 190'., t. II, p, 276 ; les différents volumes des Atti d. Soc. p. c/li Studi d. Mal., Rome, et le Recueil des lois italiennes.

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employés depuis par un grand nombre de médecins, surtout par ceux de la marine et des colonies anglaises et françaises, avec des fortunes diverses. Il est acquis aujourd'hui, pour tous ceux qui ont conduit ces tentatives comme des expériences scientifiques, que la quinine préventive est efficace et ne présente aucun danger. Quand elle ne fait pas avorter complètement l'infection, du moins la rend-elle bénigne et brève.

Les avis sont partagés sur la question du mode d'administration de la quinine préventive.

Les petites doses journalières ( 20 à 40 centigrammes) sont employées avec succès dans les colonies anglaises et françaises et en Italie. Sézary donnait en Algérie depuis longtemps 25 centigrammes par jour aux personnes indemnes (1). Dans le môme pays, Cornebois donne de 15 à 20 centigrammes tous les jours, ou bien 35 centigrammes tous les deux ou trois jours (2). A. Celli et ses collaborateurs donnent en Italie 40 centigrammes journellement aux adultes et une dose moitié moindre aux enfants au-dessous de dix ans (3).

A. Plehn, au Cameroun, préfère des doses un peu plus fortes, données à intervalles un peu plus grands, mais ne dépassant pas cinq jours (kurrfristiges System) : 1 demi-gramme ou 1 gramme, suivant la tolérance du sujet et le danger couru, tous les cinq jours, ou mieux encore, ce qu'il appelle la prophylaxie redoublée [doppelle Prophylaxe), 1 demi-gramme ou 1 gramme deux jours de suite, les quatrième et cinquième jours, ou bien les cinquième et sixième jours (4).

Ziemann a réduit à quatre jours l'intervalle qui sépare les jours de traitement (5).

D'autre part, certainsauteurs, et surtout R. Koch (6), recommandent le traitement à plus longs intervalles, huit à dix jours (langfristiges System). Cette méthode, qui est adoptée dans certaines colonies allemandes, est en général reconnue insuffisante, et de plus fatigante par l'exagération des doses nécessaires (1 gramme à lsr,50). R.Koch donne aussi 1 gramme de quinine deux jours de suite, les huitième et neuvième jours.

Les médecins algériens, militaires et civils ont été des premiers, à la suite de Maillot, à donner la quinine préventivement, d'une façon bien méthodique.

(1) Sézary, Revue de thérap. médico-chirurgicale, 1892 ; Congrès de Besançon de VAssoc. pour l'avanc. des sciences, 1893; Sem. méd., 1893, p. 390.

(2) Cornebois, Prophylaxie de la malaria par la quinine. Thèse de Montpellier,

(3) A. Celli, Atti d. Soc. p. gli Studi d. Mal., t. I à X, 1900-1909.

(4) Arch. /'. Sch. und Tropenhygiene, t. I, p. 6, et t. X, p. 37.

(5) Ziemann, Deutsche med. Wochenschr., 1900, n° 47.

(6) Krueger, Arch. f. Sch. und Tropenhygiene, t. IX, n° 3, mars 1905, p. 107-110.

Mais c'est en Italie qu'à l'heure actuelle la quininisation préventive est surtout appliquée (1), avec les résultats favorables indiqués par le tableau suivant :

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