‹ Traité d'hygiène (volume 5)Chapitre 87 sur 224 · CONSIDÉRATIONS FINALES · texte numérisé non relu

CONSIDÉRATIONS FINALES

Dans tout notre exposé, nous avons considéré le paludisme comme une maladie de l'Homme et du Moustique. Cette conception suppose une épidémiologie univoque de l'infection plasmodiale.

Pouvons-nous affirmer que le cycle évolutif parcouru par l'Hémosporidie est toujours lié à ces deux hôtes: Homme-Moustique-Homme, et qu'aucune phase n'est possible dans le milieu extérieur ?

Évidemment non : ce que l'on appelle la doctrine anophélienne repose sur la preuve d'un mode de propagation du paludisme ; elle suffit à expliquer tous les cas bien observés jusqu'ici. Il ne s'ensuit pas qu'elle exclue la découverte d'un autre mode de propagation. Elle n'ambitionne pas de remonter à l'origine des espèces et de montrer comment un Protozoaire est arrivé à mener une double vie d'entéricole chez un Invertébré et de sanguicole chez un Vertébré. Elle coordonne simplement des faits d'observation et d'expérience qui concordent entre eux, pour montrer que le paludisme éclate lorsque existent : le réservoir de virus, les gîtes à Anophélines, certaines conditions météorologiques (température élevée soutenue) et des sujets sensibles.

Faut-il ajouter qu'une démonstration favorable à la doctrine anophélienne et à la loi de Grassi résulte de ce fait que, dans les campagnes antipaludiques instituées jusque l'heure actuelle, la lutte contre les Moustiques suffit à diminuer le paludisme?

Il ne s'ensuit pas que tous les problèmes relatifs au paludisme soient élucidés. Parmi les questions qui ont besoin d'être étudiées, nous citerons :

Celle de l'unité ou de la pluralité des espèces de Plasmodium ;

Leurs rapports respectifs avec les différentes saisons et les différentes espèces d'Anophélines ;

Les rapports entre le nombre absolu des Anopliélines aux différentes saisons et la courbe de l'épidémie et entre le nombre des Anophélines infectés aux différentes saisons et cette courbe ;

La détermination des espèces d'Anophélines susceptibles de propager le paludisme ;

L'étude de leurs mœurs ;

Celle des cas printaniers;

Celle du recul du paludisme dans les contrées où les Anophélines subsistent ;

La question de la variabilité de la virulence du paludisme en un même lieu ;

Le retour cyclique des séries d'années fiévreuses et d'années non fiévreuses se succédant sans causes évidentes.

FIÈVRE BILIEUSE HÉMOGLOBINURIQUE

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