‹ Traité d'hygièneChapitre 108 sur 191 · NIGER · texte numérisé non relu

NIGER

— OCHRACEUS.

M.I7GOR MUCEBO.

— RACEMOSUS.

— stolomfer. Pénicillium glaucum.

Dans les eaux exposées au contact de l'air on peut rencontrer une multitude de substances étrangères, soit en suspension, soit à la surface, soit dans les dépôts : ce sont par exemple des corps minéraux communs, terre, silice, calcaire, argile, oxyde de fer, etc., des débris végétaux et animaux de toutes sortes.

On trouve enfin dans ces eaux, en dehors des bactéries, un grand nombre d'organismes vivants, la plupart microscopiques, qui constituent une faune et une flore infiniment complexes; nous ne pouvons étudier ici en détail ces organismes, dont beaucoup sont inoffensifs ou n'ont pas grande importance au point de vue de l'hygiène : il est d'ailleurs facile de les éliminer par la filtration.

Parmi les êtres vivants de l'eau, ceux qui doivent attirer plus particulièrement l'attention sont les parasites intestinaux, à l'état d'œufs, de larves, d'embryons, pour lesquels l'eau constitue un véhicule et un milieu de transition où s'effectuent leurs métamorphoses ; transportés par l'eau dans l'organisme humain, ces parasites s'y développent et amènent des accidents souvent redoutables. — Les observations de Metchnikoff, Guiart (1) et d'autres savants indiquent que, outre les désordres que cause leur développement propre, les helminthes par les lésions qu'ils produisent sur la muqueuse intestinale peuvent devenir les agents inoculateurs de bactéries pathogènes et être ainsi la cause indirecte de diverses maladies infectieuses.

La présence de ces organismes dans les eaux contaminées s'explique facilement : par exemple les œufs de certains nématodes pondus par le ver adulte logé dans l'intestin sont rejetés au dehors avec les matières fécales et dispersés; les œufs dépassant rarement 50 p., il est facile de concevoir comment ils peuvent être entraînés dans les eaux superficielles et même dans les eaux profondes, par les fissures du sol.

Beaucoup de ces organismes, avant de parvenir dans le corps humain, subissent des transformations compliquées, dont nous citerons plus loin quelques exemples.

Les parasites intestinaux pondent en général beaucoup d'œufs doués d'unegrande résistance vis-à-vis des agents naturels de destruction. — Certains infusoires, flagellés, coccidies, amibes, capables de s'acclimater dans le corps humain, présentent également une grande résistance à la lumière et aux variations de température.

En dehors des organismes nocifs pour l'homme, il en est d'autres

(1) Comptes rendus Ac. Se, mars 1901. — Bull, des Se. pharmacol., 1904.

non dangereux, mais dont la prolifération excessive occasionne sou vent des altérations importantes des eaux et les rendent impotables, ou peuvent mêmeobstruerles canalisations, empêcher le fonctionnement des filtres, etc.

On voit en résumé que l'examen micrographique des eaux, beaucoup moins important sans doute que l'étude bactériologique, ne doit pas être négligé.

Examen micrographique. — On laisse déposer l'eau dans une éprouvette conique, ou on en centrifuge une certaine quantité, et avec le dépôt on fait un grand nombre de préparations que Ton examine sous des grossissements moyens. Il est bonde répéter l'examen après avoir abandonné l'eau pendant quelques jours à + 20 degrés environ.

Dans l'ensemble des matières qui constituent le dépôt, il faut savoir distinguer d'abord les nombreux débris sans intérêt, tels que : fibres végétales (coton, chanvre, lin) ou animales (cheveux, poils, laine , soie, etc.), les cellules végétales (grains de pollen, spores de champignons) très répandues, les cellules animales relativement rares.

Les parasites se présentent généralement sous la forme de larves ou d'œufs qui ne prennent pas les matières colorantes.

On constate la vitalité, et notamment la contractilité des œufs, sur des préparations extemporanées dans une goutte d'eau sans addition de produits étrangers : on peut ensuite fixer les éléments à l'aide de formol en solution à 10 p. 1000, ou avec les vapeurs d'acide osmique provenant d'une solution aqueuse à 1 p. 100. On détermine les dimensions au microscope. On observe les formes, la couleur, la structure, etc.

Voici des renseignements très sommaires sur les principaux parasites que l'on rencontre dans les eaux(l).

Cysticercus cellulosse (Rudolphï) ou cyslicerque de la ladrerie. — Le cestode adulte est le Tœnia solium (fig. 48 et 49), a pour hôte intermédiaire l'homme ou le porc, et comme hôte définitif l'homme.

(1) Pour une étude plus détaillée des organismes vivant dans les eaux, on consultera avec fruit les ouvrages suivants :

Cohn, Ueber lebendige Organismen in Trinkwasser, 1853. — Mhy, Mikr. Wasscr Analyse, 1898. — Kolkwitz et Marsson, Grundsiitze fur die biologische Eintheilung des Wasser nach seiner Flora und Fauna, 1902-1903. — Whipplb, Microscopie de l'eau* — Clark, Hemoval of color. organisms and odor from watei\ Journal of tfie Ncw-Emjland Waterworks Association, mars 1903. — 11. Blanchard, Les animaux parasites introduits par l'eau dans l'organisme. liev. dChyg. et de police sanitaire, XII, p. 828-870 et 923-969, 1890. — Jousseai mb, Sur quelques parasite» producteurs de maladies introduits dans l'organisme par l'eau. Thèse Fac. de méd. Paris, 1901. — Moniez, Traité de parasitotogie, 1896.— Debauvb et Imbeaux, Distributions d'eaux. Paris, 190 j.

Traité d'hygiène. Ilt — 19

La coquille de et mèsuranl 31

'œuf est subphérique, présentant des stries radiaires à 36 ix de diamètre. L'embryon a généralement 20 p. de long.

Echinococcus polymor-

I» li ii s (Dies) = Echiiiocoque = Hydaiide. — Le cestode adulte est le Tœnia echinococcus (vod Siebold) (fig. 50); a comme hôte intermédiaire l'homme, souvent le mouton, le porc, et comme hÔ te définitif le chien. La coquille de

l'œuf est

o val aire

légèrement

granuleuseà la surface et mesure

30 à 35 jx sur 25 à 27 [t.

Cysticercus bovis (Cobbold). — Le cestode adulte est le Tœnia saginata (Goze) ; a comme hôte intermédiaire le bœuf, et comme hôte définitif l'homme.

La coquille de l'œuf est ovale avec des stries radiaires et mesure 36 à 39 fi. sur 28 à 35 j* : l'épaisseur est de 5,7 à 6,4 jx. Les dimensions de l'embryon sont de 28 à 32 ji.de long sur 23 à 26 ji.de large. liotriocephalus Alansoni (Cobbold, 1883). — La forme adulte est encore inconnue et on en ignore les métamorphoses et les migrations ; signalé par R.

Blanchard comme transmis à l'état d'œuf par l'eau de boisson.

Botriocephalus latus (Bremser, 1819). — L'ovule avec valvule

mesure 57 à 78 ja sur 44 à 59 [i., donne un embryon cilié, ayant pour hôte un poisson (brochet, anguille, perche, truite, lotte) : la larve (plérocercoïde) (Braum) de 8 à 39 millimètres de long esl absorbée avec le poisson par l'homme, le chien et le chat.

Ascaris lumbricoïdes (nématode). — Les œufs des lombrics (fig. 51), si fréquents dans l'intestin de l'homme et du porc, présentent

Tœnia soliui

:ig. 49. — Grand et petit crochets du Tsenin

.sol i il m.

deux enveloppes : lune extérieure mamelonnée et d'aspect mûriforme, l'autre interne, lisse et résistante ; ees œufs, boursouflés, de couleur jaune brunâtre, mesurent 59 à 104 u., sur 40 à 58 u,; ils sont quelquefois circulaires (59 u. sur 53 jx) : ils se segmentent dans Peau ou la vase et donnent un embryon de 250 à 300 ^ qui devient adulte chez l'homme ou le porc. Guiart a démontré le rôle pathogènede Y Ascaris lumbricoïdes qui, se fixant sur la muqueuse intestinale, y produit des lésions par lesquelles les germes pathogènes peuvent pénétrer dans l'organisme et produire des entérites variées : cet auteur a relevé une coïncidence parfois frappante entre la fièvre typhoïde et la présence de l'ascaris dans l'intestin. Ascaris canis ou rmjstax (fig. 52). — Œufs sphériques de 70 p; provenant de l'intestin du chien, du chat, plus rarement de l'homme.

Oxyurus verinicularis (nématode) (fig. 53.) - Œuf ovale de 50à 6 1 u. sur 20 à 33 ^ ; face un peu apla tic; l'embryon se dessine souvent dans l'œuf: provient de l'intestin de l'homme et surtout des enfants

Trichocephalus trichiurus, ou hominis, ou dispar (nématode). -*■ OEuf ovoïde de 51 à 61 [/.sur 2 1 à 26 (x en forme de citron , coloration jaune brunâtre :

aux deux pôles, dépression surmontée d'une suréléva- I ion pâle : provient des matières fécales de l'homme.

FiH'. 50.

Tœnia

échina coccus.

Fier. 5

l. - CEufd' Ascaris lum- Fig.52. - Ascaris mystax. Fig. 53. — Oxyurus

a, mâle;/), femelle; c, d, expansions aliformes de l'extrémité antérieure, vues

de face et de profil.

verinicularis, a, grandeur naturelle; />. grossi.

Slrongi/lus apri.

(inalostomum siamense.

Penlaslomum denticutalum (linguatule), larve de Lingualuln rhi~ naris.

Porocephalus constrictas .

Tous les parasites ci-dessus peuvent être transmis par l'eau à l'état d'œufs.

Les parasites suivants sont transmis à l'état larvaire :

Fasciola hepatica ou Disloma hepaticum (douve du foie). — OEui ovoïde avec opercule de 130 à 140 jx environ sur 70 à 90 jx de large; les vers ont de 15 à 33 millimètres de long sur 4 à 13 de large. La larve a pour habitat la Limnrea truncata.

Dicrocœlium lanceatuui (Melhis). Disloma lanceolatum. — OEui' ovoïde de 40 à 45 jx sur 30 jx. Provient surtout du mouton (bile). Les vers ont 40 à 45 millimètres de long sur 30 millimètres de large.

Opistorckis sinensis (Cohbold). Distomum sinense (Chine , Tonkin). — Produit des lésions du foie. OEufs de 20 à 36 jx sur 15 à 20 |x. Vers de 8 à 20 millimètres sur 3,5 à 4.

Opistorchis Burki, Disloma Rathonisi (Inde, Chine). — A pour habitat l'intestin grêle; détermine des troubles dysentériques. OEufs de 125 à 150 jx sur 85 jx. Vers de 40 à 70 millimètres sur 17 à 20.

Distoma heterophyes ou mesogronimus (Siebold) (Egypte . — A pour habitat l'intestin grêle. OEufs sphériques de 16 jx de diamètre. Vers de 1 à 5 millimètres de long sur 0,5 à 0,7.

Ainphistomum hominis (Lewis et Mac Connel) (Indes). — A pour habitat le gros intestin; œufs de 150 jx sur 72 [x. Vers de 5 à 8 millimètres sur 3 à 4.

Parmi les évolutions de ces distomes, celles de Fasciola hepatica et de Dicrocœlium lancealum sont assez bien connues : le ver adulte pond des œufs dans le corps de l'homme ou des animaux ; ces œufs sont entraînés avec la bile, le sang, les matières fécales ou traversent les parois des capillaires ou des muqueuses, tombent sur le sol d'où ils peuvent être entraînés par l'eau. Après un séjour variable dans l'eau, l'œuf donne naissance à un embryon cilié qui va se loger dans un mollusque où il continue sa mutation en transformant l'embryon cilié ou Miracidium en sporocyste, produisant par bourgeonnement un grand nombre de générations de Rédies, vivant libres dans le corps du mollusque. Les dernières générations de rédies se transforment en Cercaires, animalcules pourvus d'une longue queue natatoire. Les eercaires abandonnent le mollusque et nagent en allant se poser ou s'enkystera la surface de plantes aquatiques ou de pierres submergées. En pénétrant avec l'eau dans l'organisme humain, la cercaire perd son appendice caudal et se transforme en une jeune douve. Les œufs proviennent surtout des matières fécales de l'homme et du mouton.

Schistosomum bsematobium. liilhar/ia haematobia,

(Bilharz, 1852). — Ce parasite se propage par les eaux de boisson; c'est un distome unisexué pouvant exister chez l'homme, notamment dans les vaisseaux veineux. La femelle, plus longue et plus mince que le mâle, vient se loger dans le cylindre que forme celui-ci par l'enroulement de ses bords ; elle est fécondée, puis elle émigré vers les racines rectales et vésicales où elle dépose ses œufs. L'œuf énorme, mesurant environ 150 pu sur 60 u., a une coquille et un éperon (23 jx) pointu à -B

une extrémité; à l'aide de cet éperon, l'œuf perfore et traverse la muqueuse de la vessie et du rectum et passe dans les urines qu'il rend hématuriques et où on peut aisément le reconnaître ; on le rencontre aussi dans les fèces; l'œuf est ainsi rejeté sur le sol avec les excréta. Il donne naissance à un embryon cilié qui trouve dans l'eau un terrain favorable. On ignore encore le véritable mode ultérieur d'infection ; néanmoins le rôle vecteur do l'eau, d'après Belelli, est bien démontré.

Ankylostoma rïuodcnalis (fig

duodenale, IJncinaria

54). -^ OEufs brillants, blanchâtres, elliptiques, de 52 à 69 u. sur 32 à 47 (x ; coque mince nacrée, résistante et transparente ; on distingue quelquefois les éléments

Fig. 54. — Ankylostoma duodenale mâle.

A, de grandeur naturelle ; B, le même grossi ; ,?, extrémité céphalique ; b, extrémité caudale; G,

de 1 embryon : 1 œuf se développe dans 1 eau extrémité caudale fortevaseuse ou la terre humide en été, et donne ment grossie pour montrer un embryon de 200 u. sur 14 u, s allongeant la disposition de la bourse ^ k u i • i e' "es rayons qui la soujusqu à 600 u. et passant à 1 état larvaire dans tiennent.

lequel il demeure jusqu'à une nouvelle incorporation dans l'organisme humain. La larve donne alors naissance à l'ankylostome, mesurant de 6 à 20 millimètres de long et produisant Y anémie des mineurs par saignée de la muqueuse de l'intestin grêle. L'ankylostome ne peut vivre dans l'eau salée qui est un des meilleurs larvicides. Au point de vue de la pénétration des larves dans l'organisme, Loos et Schaudinn ont démontré qu'elle peut s'effectuer par la peau.

Anguillula intestinalis (Bavay). Slrongijlo'ides inlestinalis. — Anguillula stercoralis.

Le cycle de pénétration est le suivant: Le ver, 12 millimètres sur 40 environ, contenu dans l'intestin, pond des œufs de 55 p. sur 39, qui, se développant au dehors, donnent naissance à des Anguillula stercoralis mâles (600 jx) et femelles (750 à 1000 [/). Ceux-ci fournissent de nouveaux œufs qui se transforment jusqu'à l'état larvaire; la larve

.1. OGIEB ET ED. lîON.lïï.AN.

L'EAU. MÏCROflUAPTm:.

(250 à 550 [x) peut exister dans l'eau et être introduite dans l'organisme, où elle se transforme en Anguillula inlestinalis femelle; il n'y a pas de représentant mule.

Filaria medincnsis. Filaire de Mèdine ; dragonneau (fîg. 55). — La larve de ce parasite n'est pas libre dans l'eau: le stade larvaire s'accomplit dans le corps des Copépodes du genre Cyclops. R. Blanchard admet avec d'autres savants que c'est en absorbant ces petits crustacés que l'homme s'infecte et nullement, comme

on l'a cru longtemps, en marchant pieds nus dans l'eau.

La Filaria medinensis est vivipare et donne naissance à des embryons : ceux qui sont expulsés forment des cylindres un peu aplatis se terminant en queue effilée, mesurant environ 700 [x sur 25 \k. L'accouplement des filaires aurait lieu dans l'intestin et les femelles seules pénètrent dans les organes en formant des abcès souscutanés. Le ver adulte a l'aspect d'une corde à violon pouvant mesurer jusqu'à 80 centimètres de long.

VA

AUTRES ORGANISMES DES EAUX

Fig. 55. — Filaire de Médino.

1, Filaire femelle, grand, nat. ; 2, embryon pris dans le sang; 3, larve prise dans le cousin; 4, larve prise dans l'eau.

Amœba dysenterise :

Amœba coli (Lœsch) (fig. 56).

— La nature parasitaire de certaines dysenteries, surtout des pays chauds, a été établie par Lœsch en 1875 (1), par Koch, Kartulis, Councilmann et Lafleur, Schaudinn, Vincent (2), Dopter (3). L'amibe est mobile, ronde, ovoïde ou piriforme et mesure de 25 à 35 [j.; elle est pathogène pour l'homme, et, parmi les animaux, pour le chat qui constitue le réactif de ce protozoaire. On remarque souvent dans les Amibes des globules sanguins, des débris cellulaires, des bactéries. Lesage (4)

(1) Loesch, Massenhafte Entvvickelung von Amreben in Dickdarin. Virchows Arch., 1875, LXV, p. 196.

(2) Vincent, Presse médicale, 23 décembre 1903.

(3) Dofteh, Presse médicale, 5 novembre 1904.

(4) Lesage, G\ R. de VAcad. des Sciences, 26 décembre 1904.

AUTRES ORGANISMES DES EAUX

est arrivé à cultiver VAmœb a hisiolytica cl a confirmé après Schaudinn les caractères de cette espèce qui est différente de YEntamœba colimitis, lequel est pathogène pour l'homme seul.

Amocba intestinalis vulgaris. — Elle n'est pathogène ni pour l'homme ni pour les animaux; elle est de pins grandes dimensions que l'amibe de la dysenterie.

Balantidium coli (Malmsten, 1857). — Ce protozoaire vit dans l'intestin du porc, dont les déjections peuvent être emportées par l'eau. L'infusoire, dont la vie parait très courte, s'enkyste; absorbé par l'homme, il détermine d s troubles digestifs variés.

Ralantidium niinutuiii de Jacoby et Schaudinn (1).

— Il présente un kyste ovale, noyau sphérique et une vacuole contractile.

Nyclothems faba. — Egalement signalé et décrit par Schaudinn, est un parasite de l'intestin de l'homme : c'est un infusoire cilié voisin du précédent, en forme de haricot.

Ces deux infusoires possèdent un macroriucleus de forme arrondie, situé vers le centre, un micronucleus

qui lui est accolé, et une grosse vacuole contractile, située à l'extrémité postérieure du corps, au voisinage de l'anus.

Rappelons encore les accidents que peuvent provoquer les Gordius qui pénètrent, avec les eaux, jusque dans l'estomac et l'intestin ; les Hirudinées,notammcntLz'/??/*a//sm/o//caqiu sefîxe, surlesmuqueuses du pharynx et des fosses nasales des individus qui boivent dans les mares où elle a coutume de vivre.

Fi*. 56.

La faune banale des eaux comporte un nombre incalculable de représentants que nous ne pouvons passer en revue. Ces espèces se rencontrent dans les boues-, dans les eaux séjournant au contact de l'air. Leur présence est généralement due à une cause banale à laquelle il est souvent facile de remédier.

Le bassin naturel d'une source même très pure est toujours le réceptacle d'une infinité d'organismes, nlgues, infusoires, etc., de corps étrangers de toutes sortes apportés par les animaux domestiques, par les oiseaux qui viennent boire à cette source, par les pous-

(1) Jacoby et Schauiunn, CeutrulbliUl fur Bakteriolngier.XXV, p. UH

sièresque transporte le vent, etc. Un captage soigneusement exécuté, une fîltration même grossière suffi! pour éliminer ces causes de contamination accidentelle. 11 sérail évidemment ridicule d'interdire l'usage d'une eau de source sons le seul prétexte qu'on aurait trouvé dans le bassin où jaillit celle eau, par exemple, quelques cyclops on des larves de moustiques.

La présence de certains organismes végétaux ou animaux dans les eaux est — bien à tort — considérée comme une preuve de la bonne ou mauvaise qualité de ces eaux. C'est ainsi que Ton envisage souvent comme nécessairement salubres des eaux où vivent des écrevisses, des larves d'éphémères ou des mollusques tels quePhysa, Limnœa ovata ou stagnalis, Planorbis marginatus. Inversement on attribue une signification mauvaise à la présence d'organismes tels que Cypris, Cyclops, Gammarus, Lynceus, Cyclas cornea, Beggialoa alba. Des préjugés analogues ont trait à la flore des eaux : c'est une opinion généralement répandue que le cresson ne vit que dans les eaux pures : il est pourtant facile de vérifier que beaucoup de cressonnières très florissantes reçoivent des eaux résiduaires contenant des purins ou des matières fécales.

Certaines espèces cependant ne vivent que dans des milieux de composition déterminée: leur constatation n'est donc pas sans intérêt. Ainsi les Leptothrix et les Cladothrix dénotent généralement la présence du fer, les Beggiatoées indiquent des matières sulfurées; les Leptomiiis lactues, les Saccharomyces dénoncent souvent des eaux contenant des résidus de sucreries ou d'amidonneries. Les déductions de cet ordre ont leur importance; mais elles doivent être confirmées par l'examen chimique et bactériologique, ou par l'enquête sur place.

Les espèces que l'on rencontre le plus souvent dans les analyses d'eaux sont les suivantes : Cypris (ostracode); Cyclops ; Gammarus ; Asellus aquaticus; Macrobiosus (ours aquatique) ; Melosira, Navicula, Peridinium, Cœlospherum, Clathrocystis, Anabœma, Spyrogira, Protococcus, Tabellaria, etc. Nous ne parlons pas ici des moisissures, levures, cladothrix, crenothrix, etc., que l'on retrouve, dans presque toutes les eaux, par les méthodes usuelles de l'examen bactériologique.

Au point de vue de l'hygiène seule, la présence de ces divers organismes (en dehors des parasites intestinaux) n'a généralement pas une très grande importance, et il est facile de les éliminer par une fîltration même assez grossière.

Quelquefois cependant, comme nous l'avons dit plus haut, la pullulation excessive de certains êtres vivants est la cause degraves désordres dans les distributions d'eau. Parmi les algues qui peuvent ainsi proliférer avec une extraordinaire intensité, on citera les Crenothrix, Cladothrix, Leptothrix, Spongilla fliwialilis, Selenosporium aqusediulum, qui forme des masses gélatineuses adhérentes surtout aux parois de bois; Leplomitis lactues, et un grand nombre d'autres algues et diatomées.

AUTRES ORGANISMES DES EAUX. «—297

Les propriétés organoleptiques des eaux sont souvent modifiées par le développement excessif de certains organismes. Les principales espèces signalées sous ce rapport sont : Characées (Chara, Nivella, Tolypella) qui développent une odeur fétide; Aslerionella formosa, ôdéur de géranium ou de poisson ; Cyclotella, Tabellaria, Cryptomonas, Mallomonas, odeurs aromatiques; Gyanophycées (A nabœma, Aphanizomenon, Kioularia, Clathrocystis, Cœlospherium), et Diatomées (Synedra, Melosira), odeur herbacée ; Chlorophycées (Volvox, Eudorina, Paudorina, Dictyosp/iœrum), odeur de poisson; Protozoaires : Uroglena, odeur d'huile de foie de morue ; Synura, odeur de concombre : Dinobryon,Bursaria, Peridinium, Glenodinium. L'odeur de moisi paraît surtout imputable au Pénicillium glaucum, à YAspergillus niger, aux Mucor mucedo et racemosus (1).

(1) Quelques-uns de ces organismes ont été étudiés au point de vue chimique. Par des épuisements à l'éther, l'éther de pétrole, la benzine, on a pu en isoler des huiles essentielles. Whipple et Jackson ont trouvé dans l' Aslerionella les corps suivants :

Silice 49,48

Fer (Fe20^1 2,32

Chaux 1,45

Magnésie . 1,26

Potasse 1 ,22

Oxyde de manganèse . . 0,84

Acide phosphorique 0,67

— sulfurique" 0,38

Matière organique 42,48

Les 42,48 p. 100 de matière organique, qui représentent surtout l'huile essentielle, contenaient :

Carbone 18,78

Hydrogène .. 4,20

Azote 2,20

Soufre 0,61

Oxygène 16,69

Des huiles essentielles ont été aussi extraites de VUroglena, par Calkins, de YAnabœma, par Jackson et Ellins.

G. Pouchet et Bonjean ont examiné des concrétions et masses de plankton qui avaient obstrué les petites canalisations et les compteurs d'une distribution d'eau importante.

Ces dépôts étaient formés d'une multitude d'algues et de diatomées variées, dont l'analyse a donné les résultats suivants :

h,au

Matière organiqu»

Silice (SiOa)

Fer (Fc203)

Chaux (CaO)

Magnésie (MgO). .

DEPOTS DANS LES

conduites u ncien nés.

traces.

tr. faible.

conduites

, , comp eurs.

nouvelles.

traces.

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DEPOTS

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