ANALYSE CHIMIQUE DES EAUX
Nous exposerons dans ce chapitre les procédés applicables à l'analyse chimique des eaux potables ; l'interprétation des résultats sera étudiée ultérieurement.
Prélèvement des échantillons destinés à l'analyse chimique. — Le prélèvement des échantillons d'eau destinés à l'analyse chimique doit être fait avec certaines précautions.
On se servira de bouteilles de verre, de préférence bouchées à l'émeri, ou tout au moins fermées avec des bouchons de liège neufs et de bonne qualité. Les bouteilles de grès doivent être rejetées, comme pouvant modifier la dureté de l'eau, et comme étant d'un nettoyage plus difficile. Les bouteilles de verre seront nettoyées avec de facide sulfurique étendu d'eau, puis avec une solution de permanganate acidulée par facide sulfurique, puis enfin bien rincées à f eau. Un nouveau rinçage sera fait, sur le lieu du prélèvement, avec f eau qui doit être recueillie.
Un volume de trois litres est suffisant pour une analyse sommaire. Une analyse complète exige une dizaine de litres.
Les diverses précautions à prendre ont à peine besoin d'être rappelées. Si l'on puise dans une rivière, dans un puits, on notera si le prélèvement est fait à la surface ou à une certaine profondeur : des appareils spéciaux (Voy. p. 299) permettent de récolter l'eau à des hauteurs variables. Dans le cas d'une eau de rivière, on remplira les flacons après les avoir immergés à quelques centimètres audessous de la surface. On évitera de faire le prélèvement trop près des rives, de remuer la vase, etc.
Si l'on puise à un robinet, à une pompe, à une borne-fontaine, on aura soin de faire écouler une certaine quantité d'eau, avant le prélèvement, de manière à évacuer l'eau qui a séjourné dans les conduites.
Pour l'étude de feau distribuée dans une ville, il sera souvent intéressant d'opérer sur plusieurs échantillons, pris par exemple avant l'arrivée au réservoir, à la sortie du réservoir, à des points divers de la canalisation plus ou moins éloignés du réservoir.
Le prélèvement des eaux de source nécessite diverses précautions pour lesquelles on ne peut pas donner de règles générales : les difficultés viennent souvent de ce que, feau n'étant pas encore captée, il est malaisé de la recueillir sans entraîner dans les flacons des débris végétaux ou des matières minérales. Très fréquemment l'eau prélevée pour l'analyse se trouve être moins pure que celle qui sera fournie ultérieurement par le captage (Voy. à ce sujet les observations relatives aux prélèvements destinés à f examen bactériologique, p. 232).