‹ Traité d'hygièneChapitre 158 sur 191 · Ozoneur Marmier et Abraham · texte numérisé non relu

Ozoneur Marmier et Abraham

est d'une efficacité incontestable el

à celle de tous les procédés de stéri-

susceplibles d'être appliqués à d(

« 4° On compte environ un germe appartenait à celle espèce par 15 centimètres cubes d'eau traitée avec une concentration d'ozone égale à 6 milligrammes; le nombre des germes de B. subtilis revivifiantes par la culture en bouillon s'abaisse à moins de 1 p. 25 centimètres cubes d'eau traitée.

« Il importe d'observer que le B. subtilis (microbe du foin) est tout a fait inoffensif pour l'homme et pour les animaux; et d'ailleurs, les germes de ce microbe résistent à la plupart des moyens de destruction, tels que le chauffage à la vapeur sous pression à 110°. Il n'est donc pas utile d'exiger sa disparition complète des eaux destinées à la consommation, et nous considérons comme très suffisante la stérilisation obtenue par l'air ozonisé, dans les conditions où se placent Marinier et Abraham.

« Lozonisation de l'eau n'apporte dans celle-ci aucun élément étranger préjudiciable à la santé des personnes destinées à en faire usage. Au contraire, par suite de la non-augmentation de la teneur en nitrates, et de la diminution considérable de la teneur en matières organiques, les eaux soumises au traitement par l'ozone sont moins sujettes aux pollutions ultérieures et sont, par suite, beaucoup moins altérables. Enfin l'ozone n'étant autre chose qu'un état moléculaire particulier de l'oxygène, l'emploi de ce corps présente l'avantage d'aérer énergiquement l'eau et de la rendre plus saine et plus agréable pour la consommation, sans lui enlever aucun de ses éléments minéraux utiles.

« 5° En ce qui concerne la ville de Lille..., etc. » (1).

Procédé de la Société française de l'ozone. Système Otto (-2). — Le système Otto, dans les conditions où nous avons eu l'occasion d'étudier son fonctionnement, comprend d'abord une dynamo produisant un courant alternatif à 500 périodes et à 110 volts environ. D'après l'inventeur, cette haute fréquence aurait pour effet d'augmenter le rendement en ozone, ce rendement étant, dans de certaines limites, proportionnel au nombre de périodes du courant alternatif employé pour actionner l'ozoneur; de plus, on évite ainsi l'emploi des déflagrateurs et des capacités additionnelles que l'on utilise généralement avec les courants à petite fréquence.

Le courant, par l'intermédiaire d'un transformateur à haute tension,, est transformé dans le circuit secondaire à une tension de 15 000 à 20 000 volts. — L'un des pôles du secondaire est à la terre.

Le générateur d'ozone est formé de deux glaces carrées de 5 milli-

Rietsch et Gavai d, à Marseille, à l'aide d'un appareil qui était une réduction de l'appareil Marinier et Abraham. Les auteurs concluent à l'efficacité absolue de l'ozone pour la destruction du bacille typbique {Marseille-médicnl. n" 15, 190 i).

(1) Le procédé Marmier et Abraham est actuellement en cours d'application pour la stérilisation des eaux do la Loire à Gosne.

(2) Voy. Ogiku et Bojean, liée, des tra.tr. du Comité cOns. d'hyg. publ . 1905, et Ann. d'hyg. — Otto, Conférence à la Sorbonne, Paris, 1897.

mètres d'épaisseur, séparées par un intervalle de 1 millimètre. Les électrodes en étain appliquées sur ces glaces sont reliées, Tune à la terre, l'autre à l'un des pôles du transformateur. L'électrode à la terre est refroidie par un courant d'eau relié à la terre par la canalisation elle-même.

La nappe d'effluves produite entre les deux glaces est traversée de la périphérie au centre par un courant d'air aspiré dans une trompe à eau, dénommée « émulseur » et alimentée par l'eau à stériliser. Un tampon de coton filtre l'air ozone qui se dirige vers l'appareil de stérilisation. Celui-ci est formé d'un récipient cylindrique de 3 mètres de haut, sur 0m,15 de diamètre, et rempli intérieurement de galets ronds de 28 millimètres de diamètre permettant le ruissellement de l'eau et réalisant un contact intime et prolongé de l'eau et de l'ozone.

Des joints hydrauliques protègent l'intérieur de la colonne contre les souillures extérieures, régularisent la pression et maintiennent la totalité de l'air ozone dont l'excès ne peut s'échapper qu'avec Feau elle-même.

Le dosage de l'ozone se fait par la réaction de Bunsen, dans les conditions que nous indiquons plus loin (p. 435). Il a été vérifié que l'appareil peut donner jusqu'à 30 milligrammes d'ozone par litre d'air.

Dans les essais auxquels nous avons pris part, on a opéré successivement sur Peau de l'A vre et sur l'eau de Seine; les prélèvements ont été faits à la sortie de l'émulseur et à la sortie de la colonne. Les concentrations en ozone ont varié de 2 à 22 milligrammes par litre.

En sortant de l'émulseur ou de la colonne, l'eau traitée dégage Une forte odeur d'ozone : elle donne directement la réaction bleue avec l'iodure de potassium et l'amidon. Cette réaction persiste quelques heures lorsque l'eau est immédiatement recueillie et conservée dans des flacons bouchés à l'émeri. Elle persiste beaucoup plus longtemps dans l'eau de l'Avre que dans l'eau de la Seine, en raison de la plus grande quantité de matière organique contenue dans celle-ci.

Au libre contact de l'air, l'ozone disparaît rapidement : la réaction bleue n'a plus lieu après quelques minutes.

Nous rappellerons (1) que l'eau chargée d'air ozone comme celle sortant de l'émulseur ou de la colonne acquiert pendant quelques secondes une luminosité violette, qui s'accentue par agitation. L'eau distillée pure ne donnerait pas de luminosité même avec de fortes concentrations d'ozone (2). Otto attribue ce phénomène à la présence des matières organiques.

Voici le résumé de deux de nos expériences :

fl) Otto, C. R. de V Académie des sciences, 1896, t. CXXIII, p. 1005.

(2) Otto, Recherches sur Fozone, Thèse Faculté des sciences, 1897, p. 63.

Expérience I. — Eau de VAvre.

Débit de l'eau = 396 litres à l'heure.

Débit de l'air ozone = 285 litres à l'heure.

Forte concentration = 15 milligrammes d'ozone par litre.

Faible concentration = 3m&>',5.

Résultats. — Pas de variations appréciables au point de vue chimique.

Au point de vue bactériologique, il y a 675 germes dans l'eau brute; moins de 1 dans leau traitée par l'ozone (par centimètre cube) {B. sublilis).

B. coli et bactéries putrides avant traitement; il n'y en a plus dans l'eau traitée (sur 100 centimètres cubes).

Expérience II, — Eau de Seine.

Débit de l'eau = 386 litres à l'heure.

Débit de l'air ozone = 285 litres à l'heure.

Forte concentration = 15 milligrammes d'ozone par litre.

Résultats. — Pas de variations chimiques appréciables.

Bactériologie. — H y a 2 080 germes dans l'eau brute, moins de 1 par centimètre cube après traitement par l'ozone {B. mesentericus).

B. coli et bactéries putrides avant traitement; on n'en retrouve plus après traitement, dans 100 centimètres cubes.

Au point de vue chimique, les modifications ne sont pas importantes, et nous pensons que celles qui ont été signalées pour d'autres procédés analogues, notamment en ce qui concerne la diminution notable des matières organiques, ont été un peu exagérées, ou, en tout cas, doivent être attribuées à d'autres causes qu'à Faction de l'ozone. La matière organique des eaux est généralement assez stable, celle qui persiste a déjà résisté à l'action oxydante de l'air, et ce n'est pas la quantité relativement petite d'ozone, agissant quelques secondes à la température ordinaire, qui peut brûler une grande partie de cette matière organique. Les résultats de nos déterminations chimiques confirment cette manière de voir. — Néanmoins, par son apport de traces d'oxygène l'ozone donne plutôt des modifications chimiques favorables.

Les modifications organoleptiques sont également dans un sens favorable.

Il a été constaté que 1 mètre cube de l'eau de Seine distribuée dans Paris est rendue stérile par le contact de 719 litres d'air ozone renfermant 3mgl, 5 d'ozone par litre, soit 2&r,5 18 d'ozone par mètre cube d'eau. Certaines expériences semblent indiquer qu'on pourrait obtenir de bons résultats, pour l'eau de l'Avre, avec des quantités encore moindres d'ozone. — L'émulseur réalise à lui seul une grande partie de la stérilisation. Otto attribue l'efficacité de cet appareil à la pression et au contact intime que l'eau et l'air ozone subissent dans les parties étroites des ajutages.

Les germes qui résistent, sont, comme dans tous les appareils analogues, des microbes sporulés très résistants, tels que leB. sublilis, le B. mesentericus. Le colibacille, les bactéries putrides ont été régu-

lièrement détruits; on n'a pas trouvé de germes pathogènes ou

suspects dans l'eau traitée.

Des expériences spéciales ont montré que les germes sont bien tués, que l'eau stérilisée reste stérile même après plusieurs jours. — Il ne subsiste dans l'eau traitée aucune matière antiseptique; ensemencée avec de petites quantités d'eau ordinaire, une heure, quarante-huit heures, huit jours après Le traitement, l'eau se monlre propre au développement des bactéries.

En résumé, le procédé Otto, tel que nous l'avons vu fonctionner, a donné des résultats heureux.

Les expériences ci-dessus ont porté, comme on Ta dit plus haulr sur un ozoneur à diélectriques : ces appareils paraissent présenter une certaine fragilité, les glaces risquant d'être brisées sous l'influence des courants à très haute tension, utilisés pour la production de l'ozone.

Dans les appareils sans diélectriques l'inconvénient à redouter est la production d'étincelles et d'arcs par suite des variations de la force électromotrice. — Otto est l'inventeur d'appareils sans diélectriques, ou ozoneurs rotatifs à électrodes mobiles, dans lesquels il s'est proposé d'éteindre les arcs et d'interrompre les courts circuits aussitôt qu'ils se produisent. Le principe de ces appareils est le suivant : considérons deux éléments respectivement en relation avec les deux pôles d'une source à haut potentiel et séparés par une distance telle que l'effluve ne puisse jaillir : si on les rapproche l'un de l'autre, la décharge se produira ; si on augmente graduellement la distance la décharge s'éteindra ; et si un arc s'était formé accidentellement pendant la production de l'effluve, cet arc serait coupé. Divers dispositifs permettent de réaliser ces conditions. — L'ozoneur rotatif Otto est constitué par une cuve cylindrique en fonte, horizontale, évidée à sa partie inférieure ; à l'intérieur de la cuve, sur un axe entraîné par une poulie isolante sont fixés un grand nombre de disques en tôle d'acier à bords tranchants. Ces disques sont en partie évidés ; ils sont légèrement décalés l'un par rapporta l'autre ; les évidements se présentent ainsi sous la forme d'une large rainure hélicoïdale. Les extrémités de la cuve sont fermées par des glaces. L'arbre est relié à un des fils d'un transformateur à haute tension. La distance entre les bords des disques et la surface interne de la cuve est généralement de 30 millimètres. Cette distance est convenable pour l'emploi des courants de 25000 volts. L'air à ozoner traverse tout l'appareil. Le courant électrique étant lancé, et l'axe tournant à grande vitesse, des effluves jaillissent entre les bords des disques et la surface interne du cylindre. La partie évidée du disque reste inactive. Si une étincelle ou un arc viennent à se produire, la rupture se fera presque aussitôt au moment où l'évidemenl passera devant la partie ajourée du cylindre. Tout danger se trouve ainsi immédiatement écarté.

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