REGIME DE L'HUMIDITE
La couleur du sol joue un rôle important : les terres noires, foncées, rouges, absorbent plus de chaleur que les terres claires. Cette observation est mise en pratique dans certaines régions où Ton répand des terres noires pour faciliter la fonte de la neige ou hâter la végétation.
La disposition du sol permettant la réception directe ou oblique des rayons solaires présente une notable influence sur la température.
D'après Schlœsing fils, réchauffement produit par la combustion des matières organiques serait insignifiant.
2° RÉGIME DE L'HUMIDITÉ. — Les eaux atmosphériques en tombant sur le sol subissent le contact des produits existante la surface de la terre, puis arrivent au support géologique, c'est-à-dire au terrain.
Une partie de ces eaux est restituée directement à l'atmosphère, évaporée soit par le sol, soit en majeure partie par les plantes (1), une autre partie est retenue par les végétaux pour leur nutrition, la troisième partie tend à se rendre aux thalwegs, en suivant les lignes de plus grande pente sous forme de ruissellement, enfin la dernière partie, celle qui nous intéresse particulièrement, tend à s'infiltrer dans le sol.
Cette eau d'infiltration, avec les corps qu'elle véhicule, est soumise à deux influences : la gravité, qui est la conséquence de l'attraction de la masse terrestre et qui tend à entraîner l'eau vers le centre de la terre, et la capillarité, qui est le résultat de l'attraction intramoléculaire exercée par les molécules matérielles du terrain, c'est-à-dire l'attraction par les grains solides qui tend généralement à faire pénétrer l'eau dans les vides souterrains et qui quelquefois agit dans un sens absolument opposé, en attirant l'eau souterraine vers la surface lorsque les terrains sont séchés par les phénomènes atmosphériques (chaleur, vent). L'intensité que présente ce phénomène de la capillarité est inversement proportionnelle à la cinquième puissance du
diamètre des vides r— et l'on comprendra facilement son influence au
milieu des masses souterraines poreuses imprégnées d'eau. Lorsqu'il y a une grande masse d'eau pour une petite surface attractive, par exemple lorsque les vides sont grands, la gravité est plus grande que la capillarité : le liquide descend. Si au contraire les vides sont très fins, la capillarité retient ou fait môme remonter l'eau comme dans les tissus spongieux, à l'exemple d'un tube capillaire que l'on met en contact avec l'eau : l'eau monte dans ce tube jusqu'à une certaine hauteur (hauteur capillaire) déterminée par la tension superficielle du liquide ; le poids de la colonne d'eau ainsi soulevée représente l'effort total de la membrane qui la supporte. Ce phénomène est régi
(1) En une heure, au soleil, une feuille verte évapore son poids d'eau.
par la loi de Jurin : la hauteur de la colonne soulevée dans un tube
capillaire osl en raison inverse du diamètre du tube. Nous savons que de même luhe, relire de l'eau, peut soutenir une colonne de liquide double de la hauteur capillaire.
Hauteurs d'eau soulevée par la eapillarilé en différents terrains :
Graviers 0
Sables rugueux moyens 0.30
Terres sables argileuses 0,60
Marnes i ,50
Les terres grasses, tourbes, donnent des chiffres supérieurs.
C'est en 'raison de ces phénomènes que tous les terrains sont imprégnés d'une quantité d'eau très variable, et c'est sous leur influence que l'eau s'introduit dans le sol, y circule tant qu'elle rencontre des vides ou des pressions plus faibles au-dessous d'elle. D'après Daubrée, le volume d'eau incorporé dans toute la terre est égal au volume d'eau de la surface, et, en tenant compte des eaux superficielles totales (océans, lacs, cours d'eau) et des eaux souterraines, notre sphéroïde aurait environ cinq parties d'eau pour une de terre.
Le rôle de l'eau dans le sol est considérable : sans eau, il n'y a pas de vie végétale ou animale possible.
Suivant la résistance que les terrains présentent à leur pénétration par l'eau, on les classe en sols imperméables et mis perméables. Les sols imperméables comprennent notamment les roches cristallophyliennes, éruptives, granitiques, cristallines, les dépôts détritiques argileux ; les sols perméables sont représentés par les dépôts détritiques arénacés et organiques, les sables, grès, graviers, galets, blocs erratiques, moraines, glacières, laves, basaltes, trachytes, ponces, conglomérats poreux, tufs, scories, enfin les calcaires.
Il résulte des faits précédents que le nombre des cours d'eaux superficiels est en rapport avec le degré de perméabilité des terrains sur lesquels se produisent les précipitations atmosphériques.
Plus un terrain est perméable, moins il y a de cours d'eau superficiels et plus de cours d'eau souterrains : le contraire ayant lieu pour les roches imperméables.
Voici quelques chiffres très intéressants déterminés par Belgrand, d'après ses études sur le bassin de la Seine :
Proportion des cours d'eau superficiels par rapport à la perméabilité des terrains :
Terrains imperméables.
Un cours d'eau par :
Granit 3,3 kilom. carres.
Lias 3,3 —
Crétacé inférieur 2,1 —
Argile à meulière de Brie 4,5 —
Marnes kimméridgiennes 5,3 —