‹ Traité d'hygièneChapitre 47 sur 191 · SI · texte numérisé non relu

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Fig. 17. — Contamination par un abîme.

Besançon et y colportaient la fièvre typhoïde chaque fois que cette maladie se manifestait dans la région forl malsaine de Nancray I : en

(I)Thoinot, Rapport à V Académie de médecine. 1894. — Voy. aussi E. Fourmeh, Spelunca, I90î, n° 40.

1897, j'ai moi-même prouvé que les habitants de Sauve (Gard), croyant capter une source, ont pris tout simplement et consomment l'eau de leur propre égout (1); en août 1901, l'incendie de la fabrique d'absinthe Pernod à Pontarlier démontra la correspondance entre les pertes du Doubsà Arçon et la résurgence nue des plus puissantes de Franee) de la Loue (:2). Dans le Jura (railleurs, c'est la règle

Fig. 18. — Résurgence de Bournilk

absolue que toutes les résurgences sont contaminées par les bêtes mortes et les purins ou vidanges des points d'absorption (3).

D'autres exemples pourraient être fournis des dangers que ce! état de choses l'ait courir à la santé publique, car c'esl par centaines que, pour la France seule, on compte les résurgences, ou fausses sources, ou sources vauclusiennes (il n'importe comment on les appelle) qui servent à l'alimentation, et par milliers (pie Ton énumérerail les perles visibles et les abîmes qui risquent de les contaminer.

Pour ne parler (pie des fontaines les plus célèbres par l'abondance et l'apparente pureté de leurs eaux, c'esl au fond d'immenses cavernes et de dangereux gouffres, pour la plupart ignorés à l'heure actuelle, que s'alimentent Vaucluse par les avens du Venions, Fontaine-rÉvèque (par les abîmes des plateaux du Var), la Foux de Grasse (par les embuts des Alpes-Maritimes), Sassenage, Goule- Noire, Bournillon (fig. 18), le Cholet, les G illardes (par les scialeiset

(1) C. H. Ac. Se, 19 novembre 1897.

(2) C. R. Ac. Se, 19 août et 2 décembre

(3) Voy. Fourmeii. Spelunc», passim.

E.-A. MARTEL

L'EAU. ÉTUDE UYDROLOGIQUE

les chouruns du Dauphiné . le Lison, la Loue, le Dessoubre, la Seille par les emposieux du Jura , la Douix de Châtillon-sur-Seinc par les pertes de la Côte-d'Or), la Tourne de Bourg-Saint-Andéol (par les avens de l'Ardèche . la Sorgues de Saint-Affrique, les Foux de la \ is el du Tarn par les avens du Larzac el (\c± Grands-Causses . Salles-la- Source (parles Tindouls de l'Aveyron), les Chartreux deCahorset l'Ouysse de Rocamadour (par les ignés du Querc} . la Touvre de la Charente par les fosses de la Braconne el iespertes de la Tatdoire .

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Fig. 19. — La Touvre (Charente).

le Lunain (par les perles de Lorrez-le-Bocage . l'Avre, la Rille, elc. (par les bétoires de Normandie), etc. (fig. 19 et 20).

Les gouffres n'onl pas besoin d'être largement ouverts ni même d'être pénétrables à l'homme pour rire dangereux; les simples points d'absorption où l'on peul à peine enfoncer un bâton, ou trouver le véritable troii de fuite des eaux sonl toul aussi périlleux; il a été établi, à Ja fin de l'automne l(.M>L que la situation sanitaire de la région de l'Avre aux impénétrables bétoires) s'esl trouvée compromise par les grandes manœuvres des troupes : des cas de fièvre typhoïde se sonl manifestés parmi les soldais, donl les déjections ont souillé la région voisine des sources et, à la suite de grandes pluies, le sen ice de Ja surveillance médicale a dû mettre l'A vre en décharge le 8 décembre 1904, pour ne pas envoyer la fièvre typhoïde à Pari-. Même mesure a dû être prise pour la Dhuis l . Quant à la mesure

(1) Voy. séance du 16 décembre 1901 du Conseil d'hygiène de la Seine.

préconisée par Babinet el d'autres personnes, qui consisterait à boucher les bétoires et perles, l'expérience dans l'Eure) a prouvé qu'alors il s'enforme d'autres dans le voisinage.

Les faits suivants montreront, parmi les centaines d'autres que je pourrais citer, comment le danger es! en somme universel.

Dans le Vercors (Drôme), le ruisseau qui sort de la grotte du Brudoux a élé capté pour alimenter la maison forestière de Lente; or le Brudoux souterrain tire son origine des infiltrations qu'absorbent

Fig\ 20. — Aven clc lou Cervi (Yaucluse).

les pots el les scialets du plateau de Fondurle, où de nombreux troupeaux répandenl leurs fumiers pendant la saison du pacage.

Non loin de là, à Vassieux, le scialet de la Cèpe renferme, à (>5 mètres sous terre, un vaste bassin d'eau, encombré par les carcasses d'animaux que le propriétaire y laisse jeter moyennant rétribution; il est probable que, à 3 kilomètres seulement au sud-est, la source de la Vernaison est en relation plus ou moins directe avec le jus de cadavres de ce bassin.

Dans tous les abîmes explorés des plateaux de Vaucluse, des monceaux d'ossements sont, délavés par les pluies infiltrées, que colligent les canaux encore ignorés de la fontaine de \'aucluse.

La ville du Vigan (Gard) est alimentée par la fontaine d'/s/s, réapparition du ruisseau de Coildoulous, dont le cours esl souillé en ninoul par les villages de la vallée d Arpli\ cl d'Aulas.

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