LA PLUIE
nales à d'autres populations moins bien protégées par leurs maladies antérieures » (Armand Gautier). Sur quoi des pessimistes ont prétendu qu'on est d'autant plus disposé à la fièvre typhoïde qu'on est plus habitué aux eaux pures ! Ce n'est pas iei qu'on peut discuter si ceci est vérité ou paradoxe.
Eau bouillie. — Comme moyen extrême, beaucoup d'hygiénistes préconisent l'emploi de l'eau bouillie : c'est l'expédient auquel la ville de Paris renvoie ses habitants, en cas <V accidents à ses captages de sources ; il est compliqué : la stérilisation absolue ne s'obtient qu'à 110-120°; il est vrai qu'une ébullition de cinq minutes suffit à tuer le bacille typhique (qui ne peut supporter plus de 56°), le bacille cholérique (52°), le bacille du charbon (54°), et celui de la diphtérie (60°) ; et l'eau bouillie n'est pas exempte de critique : on la dit indigeste, faute d'aération, et si on l'aère et rafraîchit à nouveau, on risque de réintroduire des germes. La question, fort controversée, a été complètement exposée ailleurs (1).
Au contraire, la congélation de l'eau s'est trouvée inefficace, contrairement à l'idée de Rochard et Bodet : Miquel a prouvé que les bactéries pathogènes engourdies ne se réveillent que plus nocives en retrouvant la température normale. Il en existe d'ailleurs dans la glace : des mers glacées de l'Atlantique, le Dr Charcot vient de rapporter plusieurs centaines d'espèces de microbes.