‹ Traité d'hygièneChapitre 67 sur 191 · LES COURS D'EAU · texte numérisé non relu

LES COURS D'EAU

Les ruisseaux, rivières, fleuves subissent, au fur et à mesure de leur écoulement, une auto-épuration (action solaire, oxygénation) matériellement constatée : il est acquis que la lumière exerce une notable action destructive sur les bactéries, qui redoutent surtout les radiations bleues et violettes et, d'une façon générale, l'oxygène : le soleil et l'air sont donc de puissants bactéricides dans l'eau, comme sur le sol ; la concurrence vitale est aussi un facteur épurant; tout le monde sait, en effet, que la Seine, polluée par Paris, est déjà relativement purifiée à Conflans, plus encore à Mantes et surtout à Vernon (2). Mais la progression constante de cette auto-épuration est singulièrement contrariée par les contaminations, à chaque pas renouvelées, que drainent les petits comme les grands courants. Même dans les forêts, on ne peut considérer comme négligeables pour les ruisseaux la mauvaise influence des étangs plus ou moins stagnants, la décomposition des substances végétales, les ptomaïnes des cadavres d'animaux. Dans les plaines, le tout-à-1'égout naturel des villes, villages et usines a organisé de distance en distance l'infection des rivières et des fleuves, si bien qu'il ne faut faire fond sur l'auto-épuration que de la plus circonspecte manière.

(1) Slichter, Notions of underground watcrs, U. Soc. gcol. Surv. water supply papers, n° 67, Washington, 1902, p. 4i.

(2) L'Isar est épuré à 33 kilomètres aval de Munich, etc. — Voy. II. Ladit, L'eau potable, p. 68.

186 E.-A. MARTEL. — L'EAU. ETUDE HYDROLOGIQl'E.

Page 1