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EXAMEN BACTÉRIOLOGIQUE DES EAUX

L'état de la science bactériologique appliquée à l'examen des eaux est loin de nous permettre de mettre en évidence tous les germes que celles-ci renferment.

Les germes relevés dans les numérations sont ceux qui sont susceptibles de cultiver dans des milieux de culture artificiels, conventionnels, et qui s'éloignent beaucoup, par leur composition, leur température, etc., du milieu naturel dans lequel les microorganismes des eaux vivent normalement.

Le nombre des microbes ainsi trouvés est sans doute extrêmement faible par rapport au chiffre réel. Par exemple, dans ces nombres nous ne comptons pas un seul de ces germes qui effectuent les plus importantes réactions naturelles, c'est-à-dire ceux de la fermentation nitreuse et nitrique, qui doivent être si répandus dans les eaux. Nous renvoyons le lecteur à l'article sur le Sol, pour juger des conditions délicates et multiples auxquelles il faut recourir pour isoler seulement, sans pouvoir les dénombrer, deux espèces de ces germes (2). De même, on ne parvient qu'avec peine à mettre en évidence quelques-uns des germes anaérobies des eaux, sans pouvoir en faire le dénombrement. Enfin nous sommes également très limités dans nos procédés d'investigations pour la recherche des germes pathogènes même les mieux connus.

Quelque imparfaits que soient les procédés d'examen bactériologique que nous allons exposer, en y joignant les données d'ordre chimique, ils sont néanmoins presque toujours suffisants pour permettre de formuler une opinion exacte sur la qualité d'une eau au point de vue de l'hygiène; nous indiquerons ici la méthode suivie au laboratoire du Comité consultatif d'Hygiène publique de France, et nous donnerons ensuite quelques détails sur les principaux autres procédés d'examen bactériologique.

Rappelons ici qu'on a cherché plus d'une fois à unifier les méthodes d'analyse. Ces tentatives ont jusqu'ici donné de médiocres

(1) Hewrich, Mon. f. Ch., t. XXVI, p. 349-372, t> avril 1005.

(2) Ed. Bonjean, Le sol, p. 65.

PRELEVEMENT DES ECHANTILLONS. «—231

résultats : en ce qui concerne la bactériologie clos eaux, il ne semble pas utile, au moins pour le moment, de chercher à imposer à tous les analystes des procédés uniformes, quant à la préparation des milieux, la numération des espèces, leur spécification. Pour les milieux de culture, par exemple, on peut dire que plus on a de milieux variés à sa disposition, plus on fait d'ensemencements, mieux on parvient à isoler les germes et à les spécifier; il arrive souvent qu'on caractérise un germe pathogène sur un milieu qui paraissait impropre à sa culture, alors que l'emploi de milieux plus favorables en apparence est resté infructueux.

METHODE GÉNÉRALE DU LABORATOIRE DU COMITÉ CONSULTATIF D'HYGIÈNE DE FRANCE (G. Pouchet et Ed. Bonjean).

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