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PRÉLÈVEMENT DES ÉCHANTILLONS

Précautions générales. — Les prélèvements des échantillons d'eaux destinés à l'analyse doivent être faits avec des précautions minutieuses, particulièrement nécessaires pour les échantillons qui serviront à l'examen bactériologique.

Ces précautions varieront nécessairement selon les conditions où se trouvent les eaux à prélever. La connaissance des lieux permettra de juger l'opportunité de telle ou telle mesure spéciale. Sans donc formuler de règles précises, nous dirons d'une façon générale qu'il faut avoir soin de :

Faire garantir, plusieurs jours avant les prélèvements, l'eau à prélever contre toute contamination accidentelle ou volontaire (lavage de linges, abreuvage des animaux, dépôts ou projections d'immondices ou matières fécales, etc.) ;

Assurer le renouvellement de l'eau, soit par écoulement naturel, soit par épuisement à l'aide de pompes ;

Eviter, plusieurs jours d'avance, toute introduction ou manipulation d'objets ou de matériaux dans l'eau qui doit être prélevée (échelles, seaux, planches, etc.) ;

S'il s'agit d'un puits, d'un puits instantané, d'un forage, pomper le plus longtemps possible plusieurs jours avant et jusqu'au moment du prélèvement, afin d'éliminer l'eau qui a pu être en contact avec les murs nouvellement maçonnés, les tuyaux d'aspiration et les matériaux de toutes sortes utilisés pour l'aménagement du puits: S'il s'agit d'une canalisation, faire écouler une quantité d'eau suffisante pour ne pas prélever celle qui a séjourné dans les tuyaux. S'il s'agit d'eaux superficielles, lacs, cours d'eau, bassins, réservoirs, tranchées, etc., éviter de recueillir les eaux de la surface ou du fond, qui peuvent entraîner des corps étrangers, matières organiques,

feuilles, poussières atmosphériques ; éviter également de mettre en suspension les dépôts dli fond ou des bords.

Il est impossible de préciser toutes les conditions qui peuvent se présenter : l'opérateur est le seul juge des dispositions les plus favorables à prendre pour la bonne exécution de ces prélèvements.

Prélèvements des échantillons destinés à l'examen bactériologique. — On effectue ensuite les prises des échantillons en se conformant aux conditions suivantes : on commence par les prélèvements des échantillons destinés à l'examen bactériologique en évitant les contaminations accidentelles, même les plus insignifiantes.

Certaines difficultés pratiques peuvent se présenter, suivant que l'eau est facilement ou difficilement accessible, suivant qu'on peut la recueillir directement dans des récipients stérilisés ou qu'on est obligé d'employer un vase intermédiaire, lequel doit aussi toujours être stérilisé. Dans ce cas, les flacons stérilisés de 150 grammes dont nous parlerons plus loin peuvent rendre de grands services.

Lorsque l'eau est difficilement accessible, ou lorsqu'il faut effectuer les prises à certaines profondeurs, on fixe les flacons dans une « masse à prélèvement » : celle que nous employons se compose d'une masse de plomb rivée dans une armature métallique mobile permettant l'échange des flacons : on peut flamber le système à l'alcool ou à l'aide de la lampe à souder. Lorsque Feau est à une distance inaccessible avec le bras même armé d'une longue pince, on descend le flacon stérilisé bouché d'ouate et fixé dans l'appareil, à l'aide d'une chaîne ou de fil en cuivre qu'on flambe tout en le déroulant.

Lorsque la nappe est éloignée, on maintient le fil à la distance nécessaire à l'aide d'une fourche. Dans cette armature on peut également disposer des ballons dont le col a été étiré en pointe fine et où l'on a fait le vide en y chauffant un peu d'eau à l'ébullition; en laissant glisser sur le fil un petit anneau de fer ou de plomb, lorsque le ballon, a atteint la profondeur voulue, on détermine la rupture de la pointe et le remplissage du ballon.

On se sert plus simplement et avantageusement des flacons stérilisés, lorsqu'il s'agit de prélever l'eau au robinet d'une canalisation ou à un écoulement quelconque. Dans ce cas il faut avoir le soin de flamber le robinet ou l'extrémité du tuyau d'écoulement avant de procéder à la prise des échantillons.

Dans tous les cas, on retire avec soin les flacons en évitant d'entraîner el d'y faire tomber de la terre, des fragments végétaux, des poussières, etc.. On flambe le goulot et le bouchon, puis on prélève dans ces flacons l'eau destinée au remplissage des tubes stérilisés, en chauffant fortement la pointe de ces tubes et en les plongeant rapidement dans l'eau, ce qui amène la rupture de feffilure et leur remplissage partiel.

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11 est de beaucoup préférable d'effectuer sur place les ensemencements directs dans les boîtes de gélatine, comme il est dit plus loin. Dans les cas assez fréquents où cette opération est irréalisable, on est obligé de prélever et d'expédier les échantillons au laboratoire dans des conditions telles que les résultats des analyses présentent une exactitude suffisante.

Nous prélevons donc les échantillons dans des tubes et dans des flacons stérilisés. Les tubes ont l'avantage d'être résistants et de donner une fermeture hermétique et présentant plus de garantie que celle des flacons.

1° Tubes. — On choisit un tube de verre de 6 à 8 millimètres de diamètre intérieur et de 2 à 2,5 millimètres d'épaisseur et on l'étiré en fragments de 20 centimètres de longueur, en prenant soin de donnera l'effilure de chaque extrémité une longueur de quelques centimètres et de la faire assez épaisse.

On ferme à la lampe une des effilures près du tube; l'autre, qui doit avoir environ 5 centimètres de long, restant ouverte ; on place le tube dans une gouttière en toile métallique ou en clinquant ayant la même longueur que ce tube, et on chauffe au rouge sombre, sur toute la longueur, à l'aide d'une grille à gaz ou de charbons incandescents; on ferme ensuite l'extrémité de l'effilure laissée ouverte. On a ainsi un récipient partiellement vide d'air, en raison de la dilatation du gaz à la température à laquelle le tube a été porté ; il est de plus absolument stérilisé.

Ce tube est enroulé d'une bande de papier maintenue à l'aide de deux ficelles fines : on stérilise tout le système dans le four à flamber ou l'autoclave.

Au moment de prélever l'échantillon, on déroule l'enveloppe de papier près de la pointe effilée, sur laquelle on trace un léger trait avec un couteau à verre. On déchire l'enveloppe de papier en en laissant une longueur suffisante pour tenir le tube, sans toucher la surface du verre : on le plonge dans l'eau à analyser à quelques centimètres au-dessous du niveau, après en avoir flambé la pointe. L'effilure est brisée à l'aide d'une longue pince flambée : l'eau se précipite dans le tube et occupe le vide partiel qui est d'environ 5 centimètres cubes : on retire le tube et on ferme l'effilure ouverte en la chauffant progressivement jusqu'à soudure du verre sur lui-même. Lorsque la soudure est complètement refroidie, on agite vivement le tube afin de s'assurer (pic la fermeture est bien hermétique.

Pour ces opérations de flambage, fusion du verre, etc., la petite lampe éolipyle est d'un usage pratique.

2° Flacons. — Nous employons des fioles en verre blanc, de 150 cenl imètres cubes de capacité, bouchées à l'émeri. Ces fioles, dont le goulot est garni d'ouate et dont les bouchons enveloppés sont attachés au

goulot, sont stérilisées au four à flamber pendant deux heures à 150 degrés. Le tout est enveloppé de papier et le système est de nouveau stérilisé plus légèrement.

Au besoin, ou peut stériliser les fioles sur place au moyen de l'acide sulfurique. A cet efl'et on y introduit l'acide sulfurique à 66° Baume et Ton a soin de bien mettre chaque point de la surface intérieure de la fiole en contact avec l'acide et de l'y laisser séjourner quelque temps, pour être parfaitement sûr de la destruction complète de tout germe : 20 à 25 centimètres cubes d'acide sulfurique du commerce sont largement suffisants pour une fiole de la contenance indiquée. — Après quelques minutes, on vide la fiole et on la rince au moins une dizaine de fois avec l'eau à prélever, en ayant soin de ne mêler aucune trace d'acide à l'eau qui devra être recueillie définitivement.

On remplit presque complètement la fiole avec l'eau à analyser, et on la bouche après avoir flambé le bouchon à l'émeri. Lorsque l'on doit plonger le flacon dans l'eau pour le remplir, il importe de ne pas le toucher directement avec la main : on se sert d'une longue pince à extrémité arrondie, de façon à serrer le goulot et à maintenir solidement la fiole le plus profondément possible sous l'eau. Bien entendu, on flambera la pince avant chaque opération.

Le bouchon sera forcé dans le goulot et fixé au moyen d'une peau ou papier-parchemin ficelé autour du goulot; à la rigueur, le bouchon pourra être plongé après la fermeture, jusqu'à la naissance du goulot, dans de la cire ou de la paraffine fondue.

On prélève trois flacons et trois tubes pour chaque échantillon d'eau.

Les tubes et les flacons sont ensuite soigneusement étiquetés ou repérés ; les trois tubes enroulés de papier sont introduits dans un mince étui en fer-blanc; de même chaque flacon est mis dans un étui ; les étuis sont placés dans une caisse, au milieu de fragments de glace (environ 10 kilos), mêlés de sciure de bois. On se servira avantageusement de glacières à doubles parois, l'intervalle des parois étant rempli d'une substance isolante (sciure de bois, balle d'avoine) ; ces précautions permettent d'envoyer à de grandes distances des échantillons d'eau qui peuvent alors être soumis à l'analyse bactériologique dans des conditions presque semblables à celles que pourrait réaliser l'ensemencement sur place. Dans tous les cas, l'envoi devra se faire par grande vitesse et dans le plus bref délai après la prise d'échantillons.

11 est plus commode et plus prudent d'effectuer la préparation des récipients stérilisés dans les laboratoires où se font les analyses. Ce matériel s'expédie facilement.

ENSEMENCEMENTS SUR PLACE. — Il est toujours préférable d'effectuer les ensemencements sur place. Cette façon d'opérer est la

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