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MÉTHODES DIVERSES D'EXAMEN BACTÉRIOLOGIQUE DES EAUX

Procédé de Miqucl. — Les premières méthodes de numération des germes dans les eaux sont dues à Miquel, qui, depuis 1880, a établi au laboratoire de Montsouris le service de l'analyse bactériologique des eaux, et don les travaux ont été féconds en résultats intéressants.

Les échantillons sont simplement prélevés dans de petites fioles stériles et fermées au liège llambé. Dans le procédé de numération de Miquel, on commence par déterminer approximativement le nombre de germes en ensemençant des tubes de bouillon avec l'eau elle-même, ou avec des dilutions de cette eau au 1/100°, au l/1000e,au 1/10 000°. On place les tubes à l'étuve à 30°. Après vingt-quatre heures, on compte le nombre de tubes qui ont cultivé. Avec cette première donnée, on fait de nouvelles cultures sur un grand nombre de tubes, opérant cette fois sur des dilutions telles qu'il n'y ait à peu près qu'un seul germe dans chaque tube ; le résultat sera atteint si la moitié environ des tubes reste stérile. D'après le nombre de tubes qui ont cultivé et la dilution, on calcule facilement le nombre des germes.

Cette méthode présente des difficultés matérielles qui la rendent peu pratique et, comme exactitude, elle a peu d'avantages sur les procédés d'examen en milieux solides. Un certain nombre de germes très fréquents dans les eaux ne cultivent pas ou cultivent mal dans ces conditions (/>. fluorescens liquéfiant, B. fluorescens putridus, etc.); la spécification est privée d'emblée de plusieurs données utiles.

Actuellement, Miquel et Gambieront adopté un procédé mixte, dont voici le résumé. A l'aide de pipettes de 1 centimètre cube graduées

en dixièmes, on l'ail des dilutjons de L'eau à analyser dans de L'eau stérile; on ensemence de l'eau telle quelle ou de l'eau convenablement diluée, dans 10 centimètres cubes de gélatine contenue dans des fioles coniques (fioles Gayon) ayant une base de 5 centimètres: on laisse quinze jours à la chambre-éluvc à 20°. Pour de bonnes numérations, il no faut guère avoir plus <lc cinq germes par fiole.

Miquel et Cambier oui publié un tableau basé sur F observation de plus de 00 000 plaques de gélatine, dans lequel ils douueul La proportion des colonies écloses sur ce milieu, jour par jour, depuis l'ensemencement jusqu'au quinzième jour. Eu multipliant par Le coefficient de la colonne de droite le chiffre de colonies p. 1000 écloses après un nombre de jours donné, on aurait le chiffre total.

Durée d

'incubation

Colonies écloses p. 1000

Coefficient.

jour

Ouel que soit l'intérêt de ces observations, on doit dire que l'application des coefficients à des périodes d'incubation inférieures à dix jours, — comme on le fait dans certains laboratoires, — conduirai! à de graves erreurs. Autant que possible, ainsi que nous lavons dit, il ne faut pas limiter le temps après lequel les numérations doivent èlre faites.

Autres procédés. — Ohlmûller ensemence la gélatine fluidifiée avec l'eau, diluée ou non diluée, et la coule sur des plaques de verre blanc disposées sur un appareil horizontal. Ohlmûller emploie au^si les boites de Pétri.

Esmarch se sert de gros tubes bouchés dans Lesquels il introduit la gélatine fondue et ensemencée avec la quantité d'eau voulue : les tubes, fermés par un tampon d'ouate el unecoilïecn caoutchouc, sont plongés dans un bain d'eau glacée où on les fait tourner autour de Leuraxe en les tenant presque horizontalement. La gélatine se solidifie ainsi sur lc^parois. On les conserve dans la position horizontale. Les colonies qui se développent peuvent èlre dénombrées exactement à l'aide d'un compteur spécial d'Esmar.ch. Dansée mode de culture, il n'es! pas très facile d'atteindre les colonies, el la Liquéfaction de la gélat iue est fort gênante.

BACTERIES PUTRIDES OU FÉCALOÏDES. «-257

Voici les procédés recommandés en Allemagne par Lceffler pour la numération et pour d'autres recherches spéciales.

On ensemence des échantillons d'eau sur plaques de Pétri, d'après le procédé de Fischer. On introduit d'abord l'eau: 0CC,1, 0cc/2 ou 0CC,3 à tcc,5, si elle est relativement pure; dans le cas contraire, ensemencemenl de 1 centimètre cube avec 10 centimètres cubes de milieu, transport de 1 centimètre cube du mélange sur une nouvelle plaque avecl) centimètres cubes de milieu. Température : 20° à 21°. Dans le cas où il s'agit de vérifier l'efficacité des procédés de purification (filtres, ozone, etc.), la numération est faite après deux jours; pour rechercher le nombre de germes dans un cas quelconque, on attend jusqu'au quatrième jour. — Les milieux employés sont: la gélaline-bouillon-peptone salée, décrite par Lceffler et préparée selon la formule de l'Office impérial de santé, ou celle de Timpe, ou la gélatineextrait de viande-peptone à 1,5 p. 1000 de soude, ou un mélange en parties égales de : gélatine-extrait de viande-peptone à 10 p. 100 et d'albumose-agar de Hesseà 1,5 p. 100. — Pour la recherche spéciale du bacille du choléra dans les eaux, Lceffler recommande le procédé d'enrichissement des eaux en germes cholériques au moyen de peptone et de sel marin. — Pour la recherche de B. typhique et des microorganismes qui causent la dysenterie, il estime qu'aucun procédé ne peut encore être recommandé. — Pour la recherche de B. du charbon et du tétanos, il filtre un ou deux litres d'eau sur une bougie et inocule les résidus A des cobayes et à des souris.

Malvoz utilise la méthode classique de Koch, c'est-à-dire les plaques de gélatine nutritive alcalinisée, pour la numération, et la méthode de Drigalski Gonradi et de Chantemesse pour la recherche du bacille typhique. Pour apprécier la pullulation du colibacille dans l'eau, Malvoz ensemence une dizaine de tubes contenant 10 centimètres cubes de bouillon ordinaire phéniqué à 0,7. p. lOOOavec 1 centimètre cube d'eau pour chaque tube ; les cultures sont laissées un jour à 40°. D'après cet auteur, une pellicule fragile à la surface du liquide et une odeur fécaloïde permettent presque à coup sur d'affirmer que l'eau renferme du B. coli en abondance.

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