‹ Traité d'hygièneChapitre 96 sur 191 · BACILLE DU CHARBON (BACILLUS ANTHRACIS, BACTÉRIDIE CHARBONNEUSE · texte numérisé non relu

BACILLE DU CHARBON (BACILLUS ANTHRACIS, BACTÉRIDIE CHARBONNEUSE

Le B. du charbon, découvert par Da vaine et Rayer, étudié par Pasteur, Koch, Roux, Chamberlain!, est un germe aérobie, cultivant, sur tous les milieux usuels, de 16 à 43° et surtout de 30 à 35°. Sa morphologie et ses cultures sont assez typiques.

Le germe se présente généralement sous la forme bacillaire en longs et gros bâtonnets, souvent disposés en filaments très longs, non ramifiés, quelquefois enchevêtrés. On constate souvent la présence de spores dans les éléments ou en dehors (fig. 40). Les bacilles se colorent facilement, et prennent le Gïam. Les spores ne se colorent pas.

En bouillon ou en solution de peptone, le charbon donne des flocons ténus, nuageux qui flottent Fig. 40. — Formation des spores chez le Bacillus dans le liquide et se dis- anthracis (Macéj.

socient difficilement.

Sur gélatine, il liquéfie ; la piqûre a une apparence arborescente : la colonie a l'aspect de filaments enchevêtrés et onduleux au sein dune masse demi-fluide.

Sur gélose, sur pomme de terre, il donne une culture abondante un peu sèche et comme vitrifiée.

Dans le lait, il coagule lentement et ;^?j redissout à la longue la caséine. v$

L'expérimentation physiologique sur le *;• ..: cobaye donne les résultats suivants : injec- • ?-: fée dans le péritoine, la culture détermine Fig. la mort en vingt-quatre ou quarante-huit heures, rarement plus. On constate généralement une hyperthermie au début, à laquelle succède une hypothermie graduelle. Douze heures après l'injection, on peut percevoir par la palpation un empâtement œdémateux dans la région inoculée. A l'autopsie, on voit un œdème gélaliniforme caractéristique plus ou moins abondant ; la rate est

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1. — Sang de cobaye mort du charbon (obj. apoclir. 1,30. — Ocul. : 4 Zeiss

(Macé).

tuméfiée ; on observe de la congestion du foie, de Ehyperémie du rein et du poumon. Il y a souvent un épanchement de sérosité intrapéritonéale sans lésion intestinale apparente.

L'examen microscopique direct du sang du cœur, de la surface du foie, de la pulpe de la rate montre une grande quantité de bacilles charbonneux faciles à reconnaître (fîg. 41).

La présence du charbon dans les eaux est donc révélée par l'expérimentation physiologique sur le cobaye, qui est le réactif par excellence de ce germe. On peut cependant aussi le voir apparaître sur les milieux de culture usuels. Rappelons que l'homme peut contracter le charbon par les voies digestives, par l'ingestion d'aliments contenant des bactéridies ou des spores charbonneuses. Ce mode de contagion, le seul qui nous intéresse au point de vue de l'eau potable, est sans doute très rare.

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