VIBRION CHOLÉRIQUE (BACILLE DE KOCH
Le germe spécifique du choléra a été découvert et étudié principalement par R. Koch. Les épidémies de choléra se produisent et se propagent dans des conditions analogues à celles des épidémies de fièvre typhoïde; les facteurs principaux du contage sont les matières
<■ vO, si-
Fig. 42.
Spirilles du choléra, de selles riziformes, 1000/1.
Fig. 43. — Spirilles du choléra, de cul ture dans le bouillon, 1000/1.
fécales, et le vecteur du germe est très fréquemment l'eau de boisson. Bien des points restent encore obscurs dans l'histoire des épidémies cholériques.
Le bacille de Koch supporte difficilement la concurrence vitale : d'après Krauss, une eau qui renfermait 30 bacilles quelconques additionnés de 10000 germes cholériques, ne contenaitplus de germes cholériques après quarante-huit heures.
Le germe du choléra asiatique est doué d'un pléomorphisme remarquable ; ce qui explique la multiplicité des noms sous lesquels on le désigne (bacille virgule, vibrion, spirille, etc.). Ce bacille est
VIBRION CHOLÉRIQUE.
très mobile, tantôt droit, tantôt courbe, en l'orme de virgule, quelquefois circulaire (fig. 4*2 et 43). Il se colore bien mais ne prend pas le Gram. Il possède aux extrémités un ou deux cils (fig. 44). Il se multiplie par segmentation et ne donne pas de spores résistantes.
Il est aérobie et anaérobie; il se cultive facilement sur les milieux usuels, surtout entre 30° et 37°. 11 résiste bien au froid et meurt aux températures supérieures à 60°.
Les caractères les plus saillants des cultures sont les suivants : dans le bouillon, il cultive en surface; il n'altère pas le lait, tout en cultivant bien; il liquéfie la gélatine en formant une cupule dans les piqûres récentes ; sur plaque de gélatine, la colonie est liquéfiante et présente quelquefois au début un aspect assez Fig.
typique (perle de verre avec fines granulations au centre
ou avec des cercles concentriques granuleux et clairs) (fig pomme de terre à l'étuve, la culture est brun clair. Sur le sérum solidifié, il liquéfie et donne une teinte brune.
Metchnikoff indique comme milieu d'élection vaut : eau, 100 grammes ; peptone, 1 gramme ; sel marin, 1 gramme ; gélatine, 2 grammes. Dans ce milieu à 37°, les produits renfermant des bacilles cholériques donnent des cultures pures en surface, en huit heures.
La réaction connue sous le nom de « choiera roth », rouge du choléra, ou de Pœhl (qui la découvrit en 1886), n'est pas absolument caractéristique, puisqu'elle se produit également avec d'autres vibrions,
Spirilles du choléra, avec cils vibratilcs (Macé).
45). Sur
mélange sui-
Fig. 45. — Colonies de spirilles du choléra, en cultures sur plaques. A gauche (a), colonie après quarante huit heures, 90/1 ; en bas (c), colonie au troisième jour située au fond d'une e.vca vation delagelée, 10/1; adroite^/)), partie centrale d'une colonie au quatrième jour, 100/1 (d'après Van Tieghem).
dénommés « paracholériques » en
raison delà similitude de leurs aspects et caractères, et non à cause
de leur pouvoir pathogène. Cette réaction « rose violet » (1), qu'il ne
(1) Bleisch a indiqué que la réaction ne se produit qu'avec les peptones renfermant une quantité déterminée de nitrates.
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faul pas confondre avec la réaction de l'indol, se produit avec les cultures cholériques pures de deux à trois jours, dans une solution de peptone à 3 p. 100 ou dans le bouillon de panse, lorsqu'on ajoute 5 à 10 p. 100 d'acide sulfurique pur.
Le u phénomène de Pfeiffer » est encore une réaction insuffisamment caractéristique : elle consiste à observer l'agglutination des vibrions dans l'exsudat péritonéal d'animaux immunisés contre un germe, en leur inoculant dans le péritoine une culture de ce germe, par exemple, pour le choléra, une émulsion dans l'eau physiologique du raclage d'une culture sur gélose.
On peut également faire la réaction d'agglutination in vilro à l'aide d'un sérum anticholérique frais. Si le sérum est ancien, la réaction ne s'effectue plus in vitro, mais elle se produit encore dans le péritoine de l'animal.
L'absence de caractères absolument précis rend difficile la recherche du bacille cholérique, qui n'est peut-être pas tout à fait bien défini comme espèce.
Recherche dans l'eau. — On ajoute à plusieurs échantillons de 100 grammes de l'eau suspecte, 1 gramme de peptone, 1 gramme de sel marin, et 2 grammes de gélatine (milieu de Metchnikoff), et on laisse vingt heures à l'étuve à + 37°. Puis on ensemence la culture en surface sur des cristallisoirs de gélose bien préparés, sans liquide de ruissellement. On observe les colonies qui se forment, principalement celles qui présentent un aspect transparent et gris brunâtre. Les colonies à germes courbes sont transplantées en tubes de gélose et en peptone. On essaie la réaction du « choiera roth ».
L'expérimentation physiologique donne souvent de bons résultats. La colonie sur gélose est ensemencée en bouillon ordinaire, et on l'injecte à un cobaye, dans les conditions que nous avons indiquées précédemment (p. 250). L'animal présente de l'agitation, puis de la prostration et une hypothermie considérable débutant de une à trois heures après l'injection; puis apparaissent la paralysie du train postérieur, les mouvements convulsifs et fibrillaires : l'animal se refroidit de plus en plus et meurt de péritonite vibrionienne.