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III. RACES NÈGRES PURES OU REGARDÉES COMME TELLES

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à Tapparence extérieure, à la configuration du squelette, du crâne surtout, à la coloration de la peau, au langage^ aux aptitudes intellectuelles, à la perfectibilité, etc. Ces données sont connues de tout le monde, et il nous semble inutile de les rappeler ici; nous nous contentons de reproduire, dans les tableaux I, II et III cidessus, dont les éléments ont été empruntés à l'article /^aces de A. de Quatrefages (Dict. de Dechambre), la distribution ethnographique et géographique actuelle des différentes races humaines.

Une remarque générale et qui s'applique à tous ces tableaux, c'est que non seulement ces classifications sont loin d'être absolues et définitives, mais que, comme dans toute classification, les formes de transition y sont plus ou moins sacrifiées. « Sous l'influence combinée de la diversité des origines, de la disparité de la civilisation et d'innombrables mélanges, le genre humain s'est modelé en des types nombreux et divers, ici nettement tranchés, ailleurs reliés par des nuances tellement graduées qu'il n'y a pas de place pour une frontière. » (Hovelacque et Hervé, op. cit., p. 604). Un peu partout, mais en Asie surtout, il existe des races mixtes, où les trois éléments blanc, jaune et noir sont souvent mélangés d'une façon plus ou moins inextricable. Telle est la race japonaise, et surtout la race malaisienne, où les trois éléments essentiels ont été mêlés, fondus en toute proportion, croisés et recroisés entre eux, et avec des races dites métisses, si bien que Fanthropologiste

éprouve les plus grandes difficultés lorsqu'il tente d'apprécier les rapports de ces populations entre elles et avec les types fondamentaux. (De Quatrefages.)

Cet embarras est encore plus grand quand on aborde l'étude des races américaines, qui n'ont pas trouvé place dans les tableaux précédents; tout ce que l'on peut affirmer, c'est que ces races se rattachent plus ou moins intimement au type jaune, quoique quelques-unes d'entre elles présentent des attributs permettant de les rattacher en partie à une très ancienne race européenne, dont l'immigration remonterait, pense-t-on, aux premiers temps quaternaires. Il y a enfin de très vieilles populations américaines qui sont de peau tout à fait foncée (Californiens).

L'étude des races européennes nous intéresse particulièrement et c'est elle qui est la plus instructive, car elle dispose des documents les plus riches, tant paléontologiques qu'historiques, craniologiques et linguistiques ; on nous permettra à ce sujet l'exposé succinct des plus récentes découvertes. Nous ne sommes pas sans connaître aujourd'hui la configuration et la race probable des restes paléontologiques de notre Europe. D'après les vestiges que nous possédons (crânes de Brux, du Néanderthal, d'Eguisheim, de Spy, de Marcilly, etc.), l'homme contemporain du silex taillé et du mammouth avait un crâne encore simien par quelques caractères et se rapprochait, pour la configuration générale, des Australiens actuels les plus dégradés. Les populations lacustres et celles qui se servaient du silex poli présentent déjà des crânes mieux conformés, dont certains rappellent par leurs proportions et leurs formes celui des populations mongoloïdes actuelles; cette race se rapprochait probablement de la famille touranienne.

Pendant que l'Europe, avec sa population primitive, était encore en plein âge de pierre et ne s'élevait pas au delà du degré de culture que décèlent les stations et les sépultures néolithiques, le bassin méridional de la Méditerranée devenait le siège de la première véritable civilisation. Dans la vallée du Nil, une race blanche, les Couschites ou Khamites (Coptes actuels) fondèrent une société puissante, des villes opulentes; ils avaient une tradition, une écriture, des monuments, des institutions et des dynasties, alors que l'Europe ignorait encore l'usage des métaux. Une autre branche de la race blanche, la race sémitique, entra plus tard dans la civilisation, mais lui ht franchir une étape plus décisive. Ninive, Babylone égalèrent, mais ne purent dépasser les merveilles architecturales entassées dans la vallée du Nil; cependant les Phéniciens, en inventant l'écriture phonétique, enrichirent l'humanité d'un de ses plus puissants instruments de travail, et le rameau hébraïque de la famille sémitique, par ses aptitudes spéculatives, arriva à la notion de l'unité de la divinité et à un dogme religieux d'où le christianisme devait dériver directement.

Cependant c'étaient les plus jeunes des races blanches dans l'ordre de la civihsatîon, les races européennes (que les langues parlées par elles ont fait appeler aryennes), qu'attendaient les destinées les plus hautes. Elles étaient encore de simples tribus de pasteurs et d'agriculteurs ignorant les métaux, alors qu'au bord du Nil et de l'Euphrate s'élevaient déjà des sociétés puissantes. Mais déjà ces races possédaient les principaux attributs qui devaient leur assurer la suprématie et le premier rang dans la famille humaine. « C'est aux Aryens que l'Europe de nos jours se rattache directement. Elle leur doit ses mœurs, ses tendances, ses idiomes; elle tient d'eux la hardiesse et la flexibilité, la vigueur et la grâce, la fécondité

ETHNOLOGIE DE LA FRANGE

d'invention et l'idéalisme tempéré par un juste sentiment du réel, qui caractérisent son génie. » (Littré.)

Par des migrations successives et en suivant différents courants, les langues aryennes se sont répandues dans l'Europe. Le grec, le latin, les idiomes celtiques, germaniques et slaves forment les rameaux de cette souche privilégiée, qui, partie, suivant certains, des plateaux de l'Imaiis, devait conquérir le monde.

Les langues aryennes, répandues aujourd'hui dans le monde entier, et auxquelles se rattachent en Asie le zend, le sanscrit ainsi que les idiomes qui en découlent, sont, comme disent les linguistes, des langues flexionnelles^ se prêtant particulièrement à traduire toutes les nuances et toutes les délicatesses de la pensée. Les langues sémitiques, plus raides, plus immuables, moins flexibles, étaient d'avance condamnées à une diffusion moindre. Quant aux langues agglutinantes des races noires et d'une partie des races touraniennes et jaunes, elles répondent évidemment à un développement moins avancé de l'esprit humain.

C'est donc aux races blanches et aux langues aryennes qu'appartient la suprématie définitive; mieux douées que les autres, elles sortent victorieuses de la lutte pour l'existence. Le Nouveau Monde leur appartient tout entier; l'Australie, le haut Orient, l'Afrique elle-même, sont serrés de près et envahis de toutes parts. L'issue est facile à prévoir et ne saurait être douteuse. Mais la lutte n'a fait que se déplacer; c'est entre les différents rameaux de la famille européenne que le combat sévère pour Texistence ou pour la prépondérance (car, au point de vue historique, c'est tout un) s'accuse de plus en plus; et l'avenir seul décidera lequel de ces rameaux, latin, germanique ou slave, est le plus vigoureusement trempé pour le combat et saura s'assurer la victoire.

Ainsi envisagée dans sa lente et pénible évolution, l'histoire de l'homme est pleine d'enseignements ; elle nous montre la loi nécessaire, inéluctable du progrès, de la lutte et de la perfectibihté ; elle nous apprend que si certaines races, après avoir brillé d'un vif éclat, déclinent, s'effacent et finissent par disparaître, c'est qu'elles n'ont pas su, par le travail et l'exercice incessant, maintenir la suprématie primitivement acquise. Pour l'hygiéniste en particulier, ce tableau est instructif; il y puise une conviction nouvelle de la nécessité d'exercer et de développer toutes les facultés humaines, de fortifier les corps et d'aiguiser les intelligences. La prospérité des individus et celle des sociétés sont à ce prix.

ETHNOLOGIE DE LA FRANCE

Il nous faut maintenant quitter le terrain des considérations générales pour serrer la question de plus près et pour étudier sur un espace plus étroit les questions ethnologiques, dont nous n'avons envisagé jusqu'à présent que les côtés les plus élevés. Et s'il faut, sous ce rapport, donner la préférence à un pays sur les autres, notre choix ne saurait être douteux : c'est en France que nous écrivons, c'est sur la terre de France que nous voulons puiser les éléments de cette étude plus détaillée

12 DE l'homme considéré EN GÉNÉRAL

et qui jusqu'à présent n'avait jamais été abordée, à ce point de vue, par aucun des auteurs qui ont écrit sur l'iiygiène.

Nous voulons examiner, sous le rapport de V hygiène privée et publique, la composition ethnogénique de la population française, indiquer les caractères physiques, les aptitudes diverses, les conditions vitales de chacune de ses races considérées séparément, réunir dans un tableau d'ensemble le résultat de toutes ces analyses et formuler enfin les conclusions pratiques qui en découlent, soit au point de vue de la législation, soit au point de vue de l'administration, soit au point de vue médical.

Depuis quelques années seulement cette science a été traitée avec précision en France, où elle a été, en quelque sorte, créée par la Société d'anthropologie \ et déjà l'hygiène lui est redevable de considérations importantes.

Ainsi, il a été remarqué que la population de la péninsule armoricaine ne comptait que peu de myopes et de phtisiques : ils sont en assez grand nombre dans l'ancienne Provence. Tandis que la scrofule est très fréquente dans les six départements du Rhône, de la Loire, de la Haute-Loire, du Cantal, de la Lozère et de l'Aveyron, elle se rencontre à peine chez les habitants du littoral méditerranéen. Il est acquis que les Lorrains sont particuhèrement sujets aux affections calculeuses. On a constaté aussi des inégalités considérables de mortalité dans des provinces voisines entre elles, mais dont les habitants émanent de races différentes. Ad, Berlillon, se basant sur des calculs d'une période de dix ans, trouve que la vie moyenne atteint trente ans en Bretagne et cinquante en Normandie; la fécondité relative présente aussi de grandes variations selon l'origine ethnique des habitants des localités observées. Les peuples Scandinaves et germains, qui colonisèrent en grand nombre notre pays, paraissent s'être fait remarquer par leur aptitude génératrice.

Peu de pays sont arrivés au caractère d'unité et d'homogénéité que présente aujourd'hui la France. Et cependant la nation française est issue des germes les plus divers. Parmi ces éléments ethniques multiples qui, isolément d'abord, réunis plus tard, ont concouru à constituer notre pays, tous les auteurs (César, Strabon, Pline, Pomponius Mêla, Ammien Marcellin) sont d'accord pour distinguer surtout, dans les habitants des Gaules, trois races distinctes, ayant une origine, une langue, des lois et des institutions différentes : la race celtique (Broca) ou cello-ligure, qui s'étendait de la Garonne à la Seine et à la Marne, et de l'Océan aux Alpes; les Aquitains ou Ibères, fixés entre les Pyrénées et la Garonne, et les Belges ou Galates, occupant la région comprise entre la Seine, la Marne et l'Escaut. Pour retrouver aujourd'hui les caractères anthropologiques de ces races et le type ethnique auquel elles semblent appartenir, nous avons à consulter tour à tour les éléments que nous fournissent les débris d'ossements humains, les documents historiques, enfin l'observation directe des populations actuelles.

Nous nous occuperons d'abord de la race celtique, ou mieux celto-hgure, qui a été dans notre pays la race principale au point de vue du nombre et de l'influence ethnique ; car elle constitue depuis l'âge du bronze la charpente, en

1. La Société d'anthropologie a été fondée en 1859; tout le monde sait la part décisive prise par Paul Broca à sa création et à son développement.

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quelque sorte, de l'organisme national, et c'est elle qui a imposé son type anthropologique à la plus grande partie de nos populations. Parmi les ossements humains recueilhs dans les contrées occupées par les Celtes, la majorité appartient aux crânes brachycéphales et sous-brachycéphales : d'où Vindice cép/ialique moyen de 83 (sur le vivant) des populations françaises actuelles.

L'histoire est féconde en documents utiles ; elle ne renferme cependant pas les éléments d'une démonstration absolue, le nom de Celte étant synonyme de Gaulois pour la plupart des auteurs anciens, qui confondent ainsi les Celtes et les Galates K

Cependant nous voyons les Celtes occupant l'Europe centrale et occidentale. Éphore les place au delà des pays connus vers l'Occident ; Hérodote nous apprend qu'ils habitent au delà des Colonnes d'Hercule, c'est-à-dire par delà le détroit de Gilbraltar, que traversaient les navires phéniciens se rendant dans le N.-O. de l'Europe; les Celtes paraissent avoir longtemps maintenu leur autonomie nationale entre la Seine, la Garonne, l'océan Atlantique et les Alpes, pays que les auteurs anciens depuis César s'accordent à désigner plus particulièrement sous le nom de Celtique. Pline emploie la même dénomination, et César remarque que les habitants de cette région, nommés Galli par les Romains, s'appelaient Celtes dans leur propre langue.

Enfin, et par-dessus tout, l'observation directe de la population actuelle et de ses caractères,

rapprochée des descriptions anciennes et des types ethniques auxquels elle semble se conformer, nous aide à reconstituer le type anthropologique de la race celtique. Desmoulins, Bory de Saint-Vincent et William Edwards ont fait connaître, les premiers, les caractères principaux du type celte ^.

G. Lagneau donne aux Celtes ou Celto-Ligures (fig. 14) les caractères anthropologiques suivants, qu'il oppose à ceux des G alato- Germains et des Ibères :

Crâne globuleux, brachycéphale ou sous-brachycépliale, à région antérieure large et saillante, tandis que le crâne ibère présente une prédominance occipitale, et que le crâne germanique septentrional est dolichocéphale, allongé d'arrière en avant; capacité crânienne généralement considérable (Auvergnats, 1598 ce. ; Bas-Bretons, 1564 ce. dans le sexe masculin) ; cheveux lisses, plats, non bouclés, châtain clair dans l'enfance, bruns ou d'un châtain plus ou moins foncé dans l'âge adulte, tandis que les cheveux de la race ibère sont généralement plus ou moins raides, frisés et bouclés, de couleur foncée dès l'enfance, noirs à l'âge adulte, et que les cheveux de

Fig. 14. — Français du Centre, type celtique (Morvandeau).

[Coll. de V École d'anthrop.]

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