‹ Traité d'hygiène [electronic resource]Chapitre 13 sur 326 · Cf. André Lefèvre, Bull. Soc. cVAnthrop., 1895, p · texte numérisé non relu

Cf. André Lefèvre, Bull. Soc. cVAnthrop., 1895, p

2. Desmoulins définit les Celtes « une race d'hommes à la barbe et aux ctieveux épais, toujours bruns ou noirs, ainsi que les yeux; à la peau d'un blanc terne, sans presque d'incarnat aux joues, au nez joint au front par une légère dépression, au visage plus arrondi qu'ovale, aux membres et au corps si velus qu'un véritable pelage couvre souvent leur dos robuste et peu sensible aux intempéries de l'air. »

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la race germanique, lisses, non bouclés, sont presque blancs dans Tenfance et blonds ou rouges dans l'âge adulte; dépression naso-frontale considérable, yeux et iris gris clair, tandis que dans la race ibère les yeux grands, vifs, ont l'iris d'un brun foncé, et que dans la race germanique il est d'un bleu clair; face large et menton arrondi, tandis qu'il est ordinairement petit et étroit dans la race ibère, et que la face allongée se termine inférieurement par un menton assez long dans la race germanique septentrionale; teint frais et coloré, mais non pas basané comme chez les Ibères, ni d'une blancheur éclatante comme dans la race germanique; cou assez court; épaules larges et horizontalement placées ; poitrine large et développée ; courbes rachidiennes cervicale, dorsale et lombaire peu prononcées, tandis que, dans la race ibérienne, le cou est allongé, le thorax est bombé à sa partie antéro-supérieure, les épaules sont légèrement déclives, et les incurvations rachidiennes, très prononcées, donnent de la souplesse, de l'élégance à la démarche, tandis que, dans la race germanique, le cou est long, les épaules larges, le thorax développé surtout verticalement, aplati antérieurement, et les incurvations rachidiennes peu prononcées donnent à l'attitude une certaine raideur non dépourvue de noblesse ; membres forts et bien musclés, formes du tronc et des membres un peu courtes el trapues, tandis que, dans la race ibère, avec un certain développement musculaire, les formes sont sveltes et les extrémités fines, tandis que dans la race germanique l'ossature est grande et massive, les membres sont volumineux, le tronc est long et élancé, les extrémités sont fortes et grosses; taille peu élevée (de 1™,61 à 1"",63 chez l'homme, en moyenne), à peu près égale à celle des populations de race ibérienne, mais beaucoup plus petite que la taille très élevée des populations de race germanique; croissance lente, se prolongeant jusqu'à vingt-sept et vingt-huit ans, tandis que chez les populations de sang galatogermanique elle serait achevée à vingt-cinq ans (Ghampouillon) ; bonne constitution, peu d'infirmités. (Cf. Collignon, Bullet. Soc. d'anthrop., 1883, p. 463 et suiv.)

D'autres observations sont encore intéressantes au point de vue plus spécial de l'hygiène.

Sistach, Boudin, Bertillon et Lagneau ont remarqué que les habitants des départements de la Bretagne différaient de ceux de la Normandie par leur petite taille, par une mortahté beaucoup plus considérable, par une moindre proportion d'exemptés pour myopie, hernie et mauvaise denture. Selon Martin et Folley, les soldats originaires de la zone centrale de la France, c'est-à-dire de Tancienne Celtique, seraient ceux qui, dans l'armée d'Afrique, fourniraient, relativement à l'effectif, le moins de malades, mais qui, une fois atteints par les maladies, présenteraient la plus forte mortalité proportionnelle.

Mais, après avoir reproduit les traits principaux qui caractérisent la race celtique, une nouvelle question se présente.

D'où viennent les Celtes? Ont-ils une origine et une histoire antérieures à celles que nous avons esquissées? Ont-ils occupé exclusivement les régions que nous avons décrites? Y sont-ils autochthones? L'opinion qui tend à prévaloir aujourd'hui est que les Celtes des anthropologistes étaient de même race que les Ligures — qui, comme eux, parlaient une langue indo-européenne (À. Maury, Deloche, d'Arbois de Jubainville, A. Lefèvre, F.-L. Pullé) — de même race aussi que les Brachycéphales néolithiques. Ceux-ci avaient précédé les Ligures en Occident, de même que les Ligures y précédèrent les Celtes. La race celto-ligure, qui très anciennement

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avait occupé les régions correspondant au centre ou au moins au sud-ouest de l'Allemagne actuelle baignée par le haut Danube et le Rhin, et aux pays du nordouest de l'Europe, comprend de nos jours la plus grande partie de la population de l'Armorique (Bas-Bretons et Bretons-Gallots), de la France centrale (Berri, Bourbonnais, Morvan), de l'Auvergne, de la Savoie, du Piémont, des Alpes rhétiques et noriques, de l'Allemagne méridionale, de la Croatie, de la Slavonie et de la Roumanie. On a pu remonter ainsi, de proche en proche, jusqu'au bas Danube, le cours de l'immigration celtique. Venue de l'est, très probablement d'Asie, la race celtoligure aurait suivi la vallée du Danube en se dirigeant vers le pays qui devait plus tard s'appeler la Gaule. Elle se trouva en contact, vers le début de son immigration, avec la race ibérique : elle la refoula certainement, occupa des régions que les Ibères occupaient déjà, et pénétra ceux-ci plus ou moins profondément. Plus tard, elle fut à son tour pressée sur sa hmite septentrionale par la troisième race indiquée par César (les Belges ou Gaulois proprement dits), race dont il sera parlé tout à l'heure.

L'importation du bronze en Occident est invoquée à titre d'argument par les partisans de l'origine asiatique des Celtes. « L'archéologie montre en effet que le premier bronze a été introduit en Gaule (Suisse et France) par les cols des Alpes, après avoir suivi la vallée du Danube et les plaines de Hongrie. Il y eut là un courant d'une très grande ampleur, qui se répandit presque partout, disséminant sur l'Europe centrale et occidentale les haches à bords droits, les poignards triangulaires, les faucilles à talon et à bouton, etc. Commercial, ce courant fut aussi un courant ethnique : il introduisit chez nous cette population brachycéphale, de même souche que les brachycéphales de la pierre polie, mais numériquement ])eaucoup plus puissante, qui est restée depuis lors le fond même de la nation française. » (G. Hervé, Ethnogénie des populations françaises.)

Cependant d'Omahus d'Halioy, Périer, Lagneau, mettant en doute l'origine asiatique des Celtes, dont ils ne retrouvaient en Orient aucun vestige, avaient considéré que la fabrication du bronze en Orient, son importation en Occident, ne peuvent établir une démonstration en faveur de cette origine. Et, de fait, si depuis Pictet on a généralement attribué aux Aryens primitifs la connaissance du bronze, la linguistique amène à penser qu'ils n'ont connu que le cuivre. D'autre part, il reste toujours une question très difficile à résoudre, celle du rattachement des Celto-Ligures européens à quelque ancien peuple asiatique, quoique la découverte dans les vallées reculées de l'Hindoukouch et du versant occidental du Pamir de populations aryennes de langue, européennes d'aspect et en majorité brachycéphales (Galtchas, Darwaziz), voisines au nord des populations touraniennes, soit certainement un premier pas dans cette voie.

Il y a là, en somme, un problème très complexe dont nous avons voulu rassembler les éléments sans en formuler la solution.

La plupart de nos populations du S.-O., qui occupent le pays au midi de la Garonne, semblent devoir être rattachées aux Ibères et Aquitains, aux cheveux noirs et aux yeux bruns. Ces peuples paraissent avoir parlé des langues voisines de Feuskara, encore actuellement en usage parmi les Basques des Pyrénées. Les habitants de la basse Navarre, du pays de Soute, dans le département des Basses-Pyrénées, ont élé regardés comme des descendants plus ou moins purs, pour la plupart

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fortement mélangés de sang celtique, de cette race ibérienne. Ils ont gardé longtemps, en France, leur fueros.

Les Basques, et surtout leurs femmes, qui souvent mieux que les hommes conservent leurs caractères ethniques, se font remarquer par leurs grands yeux, vifs et expressifs, souvent bruns, leurs cheveux fréquemment noirs, leur front et leur nez droits, sans dépression naso-frontale, leur bouche et leur menton finement dessinés, leurs dents extrêmement petites, par leur visage ovale, un peu étroit inférieu rement, aux traits fins, réguliers, d'une grande pureté, par leur système musculaire bien développé, bien que leur stature soit moyenne, par leurs mains et leurs pieds

petits et bien modelés, le cinquième doigt étant presque aussi long que le quatrième, enfin par la belle conformation du cou et des épaules, par suite de la voussure antéro-supérieure du thorax et des courbures rachidiennes alternatives, fortement prononcées dans les régions cervicale et dorsale, comme dans les régions lombaire et sacrée, courbures rachidiennes qui donnent une grande souplesse aux mouvements, une extrême agiUté, une grande aptitude aux exercices d'adresse, une belle prestance, une certaine distinction à l'homme, beaucoup de grâce et une véritable élégance à la femme.

Ces divers caractères, donnés par G. Lagneau, sont basés sur les recherches de A. de Quatrefages, Elisée Reclus, Duchenne de Boulogne, ArgelHès, Magitot, etc.

Disons ici que, d'après les recherches récentes de Gollignon (Mém. Soc. d'anthrop., 1895), le type basque véritable serait sans analogie avec celui d'aucune autre race connue, soit préhistorique, soit moderne, et sans aucun rapport notamment avec celui de la petite race dolicho-brune à laquelle appartenaient les Aquitains et les Ibères. Ce type spécial — dolichocéphale, mais avec un élargissement susauriculaire qui le range numériquement parmi les sous-brachycéphales ; à la face allongée, extrêmement étroite inférieurement et sans prognathisme; au nez étroit, droit ou convexe; aux cheveux et aux yeux généralement foncés; de taille un peu supérieure à la moyenne (1°',66)'; aux épaules très larges, très droites; aux hanches très minces ; avec le thorax en tronc de cône et les courbures du rachis très accentuées — représenterait en France, à l'état pur, plus de 40 p. 100 de la population de langue basque. Moins pur en Espagne, il s'y serait largement croisé avec le type ibère.

Quant à la race dont faisaient partie les Aquitains de César, elle s'est étendue, non seulement sur le sud-ouest de la Gaule (fig. 15), mais sur presque toute la péninsule ibérique, sur la Corse, la Sardaigne, la Sicile. C'est la race ibérique^ ou pour mieux dire méditerranéenne occidentale^ dont l'aire géographique n'est d'ailleurs pas délimitée par l'énumération qui précède. Très dolichocéphale (avec cette forme de dolichocéphahe que caractérise la très forte saiUie postérieure de l'occipital cérébral, dohchocéphalie à chignon)^ très brune d'yeux, de cheveux.

Fig. 15.

Français du Midi (département du Gard).

[Coll. de C École d'anthrop.]

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de teint, et petite de taille (l'^,62 en moyenne), la race ibérique a aujourd'hui ses représentants les plus purs parmi les populations des districts intérieurs et montagneux de la Sardaigne méridionale. Sur le littoral de la Gaule méditerranéenne, les Ibères s'avançaient des Pyrénées au Rhône, où ils étaient en lutte avec les Ligures. Les Catalans français seraient des descendants métissés de ces anciens Ibères; ils ont la taille moyenne, les cheveux foncés, le crâne mésaticéphale (indice sur le vivant : 78,2), le visage ovale.

Il résultait des recherches statistiques faites jadis par Boudin et Broca sur la proportion relative des exemptions du service militaire pour défaut de taille, et de celles de Boudin sur la proportion relative des recrues de haute taille (1°',732, taille des cuirassiers), que, dans la plupart de nos départements du Midi situés au nord des Pyrénées, entre ces montagnes et la Garonne, la population virile était d'une taille moyenne. îl est plus exact de dire qu'elle est de taille un peu au-dessous de la moyenne, d'après les relevés globaux de R. Golhgnon.

Ad. Bertillon a signalé une mortahté proportionnelle considérable chez les enfants de un à cinq ans dans nos départements du Midi, surtout dans la partie occupée par les Ligures, et moindre dans la région habitée par les Aquitains.

G. Lagneau a insisté sur la fréquence relative de la myopie dans la plupart des départements situés au sud du Tarn et de la Garonne, région peuplée en partie d'Aquitains de race ibérique. Il paraît établi, d'après Martin et Folley, que les individus de race ibérique doivent être préférés pour la colonisation de l'Algérie, ces individus présentant dans ce pays une faible mortalité. Rouis et Laveran ont fait remarquer que les abcès du foie étaient deux fois moins fréquents en Algérie chez les Français du Midi que chez ceux du Nord ; la prospérité des colonies hispanoaméricaines vient encore établir l'aptitude à l'acclimatement de la race ibérique dans les pays chauds. Cette observation parait même être applicable aux climats froids, puisque, en 1812, Larrey a constaté en Russie une plus grande mortalité chez les individus des contrées septentrionales que chez ceux des contrées méridionales.

L'origine africaine ou libyquede la race ibérique paraît probable à quelques ethnologues. (G. Sergi.) D'autres voient dans les Ibères les descendants des hommes de Laugerie, de Cro-Magnon, de Baumes-Chaudes, c'est-à-dire des dernières populations quaternaires et des populations néolithiques indigènes du sud-ouest de l'Europe. (Verneau, Hovelacque et Hervé, Collignon.) Enfin on a considéré aussi les Ibères comme de provenance atlantique, c'est-à-dire ayant eu pour point de départ cette Atlantide qui, submergée depuis, paraît avoir été située à l'ouest des Colonnes d'Hercule et de l'Europe actuelle, s'il est vrai qu'elle ait existé. Les habitants de ce continent disparu. Atlantes ou Atarantes, mentionnés par Hérodote, Biodore de Sicile, Pomponius Mêla, Platon, auraient, environ 9000 ans avant Solon (c'est-à-dire 9600 avant Jésus-Christ), étendu leur domination en deçà du détroit, sur la Libye jusqu'à l'Egypte et sur l'Europe jusqu'à la ïyrrhénie, c'est-à-dire dans toute cette partie sud-ouest de l'Europe qui semble en effet avoir été surtout peuplée par la race ibérique.

Les Galates^ qui constituent la troisième race importante ayant servi à former la population française, présentent les caractères anthropologiques suivants :

Crâne dolichocéphale, volumineux, à diamètre antéro-postérieur considérable, au diamètre transversal peu considérable; coronal large, droit, non globuleux, un peu

PROUST, TRAITÉ d'hYGIÈNE. 2

DE l'homme considéré EN GÉNÉRAL

fuyant supérieurement ; occipital saillant postérieurement, horizontal inférieurement; arcades zygomatiques peu écartées; face haute, longue, souvent prognathe dans sa partie alvéolo-sous-nasale ; orbite basse ; os malaires peu saillants ; maxillaire supérieur haut; mâchoire inférieure haute, large, massive; os des membres longs et volumineux; humérus à fosse olécranienne non perforée; fémur gros, long, peu courbé dans le sens antéro-postérieur ; cheveux d'un blond blanc dans l'enfance, jaunes ou roux à l'âge adulte, à section ovale réguhère; yeux bleus, au regard franc, quelquefois dur et farouche ; teint remarquablement blanc, frais et vermeil ; nez long,

étroit, saillant, courbé au niveau de l'extrémité des os carrés, la pointe descendant plus bas que les ailes assez relevées ; visage ovale, allongé; épaules larges; poitrine large et haute, mais peu saillante antérieurement, peu profonde antéro-postérieurement ; courbes rachidiennes peu prononcées; corps élancé; membres longs, volumineux; poignets gros; mains fortes ; pieds grands ; stature élevée ; force considérable; courage impétueux; démarche raide, fière, altière.

La distinction ethnique des Galates, raXaxai, et des Celtes, avait déjà été remarquée par Diodore de Sicile. « On doit, dit-il, faire cette distinction : le nom de Celtes appartient aux peuples qui habitent au-dessus de Marseille dans l'intérieur des terres, celui de Gaulois ou de Galates aux peuples qui sont établis au delà de la Celtique, soit dans les contrées inchnées vers le Midi ou vers l'Océan, soit sur les monts Hercyniens, enlin qui occupent tout ce vaste espace jusqu'à la Scythie. » Cette distinction est encore faite au iv^ siècle après Jésus-Christ par Julien l'Apostat, qui, dans ses récits, séparait les Celtes des Galates et la Celtique de la Gaule.

Ces Galates, qui ont avec les Belges de César les rapports ethniques les plus intimes, ne semblent être que les Cimmériens les plus occidentaux et que les premiers émigrants vers l'Occident des populations cimmériennes. Ces Cimmériens, d'après Hérodote, Strabon, Pline, habitaient autrefois auprès du Pont-Euxin (mer Noire), près de la Méotide (mer d'Azov).

En résumé, la race germanique septentrionale (Lagneau) ou kimrique (Broca) comprenait les Germains, les Cimbres et les Belges, les blonds Gaulois, les Galates, qui ont successivement occupé les pays maritimes baignés par la Baltique, la mer du Nord et la Manche, et ont envahi en diverses migrations notre pays, poussés par leur humeur belliqueuse. De ces peuples de race germanique descendent les populations blondes de haute stature assez nombreuses dans le nord-est de la France (fig. 16).

D'après les documents statistiques recueilhs par Dévot, Sistach et Boudm, et les recherches ethnologiques de Broca, nos départements du Nord-Est correspondant à l'ancienne Gaule Belgique présentent très peu d'exemptés pour défaut de taille,

Fig. 16. — Française du Nord (Seine-Inférieure).

[ Coll. de l'École d'anthrop.']

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beaucoup moins que dans les départements du Centre et de la Bretagne. Il faut remarquer que la croissance, assez rapide dans la race germanique, y serait terminée à vingt-cinq ans (Gould, Ghampouillon). En Autriche, Liharzik a également constaté Faccroissemenl progressif de la taille jusqu'à vingt-cinq ans.

En Alsace, la puberté est tardive ; il en est de même dans toute la race germanique. D'après les documents statistiques relatifs à l'âge moyen, lors de la première menstruation, de 1941 jeunes filles blondes observées par Louis Mayer, de Berlin, de 137 filles de Gœttingue observées par Osiander, de 3840 filles de Copenhague observées par Bawn et Leog, de 1249 Alsaciennes observées par Stolz et Lévy, cet âge moyen de la puberté féminine devrait être approximativement d'au moins seize ans. Cette particularité explique pourquoi en Saxe la loi ne permet pas le mariage des filles avant dix-huit ans et celui des hommes avant vingt et un.

Il résulte des observations de Martin et Folley que les Français de nos départements septentrionaux présentent en Algérie une mortalité plus considérable que les Français des départements méridionaux, la plupart d'origine ibérique. Ad. Bertillon a également insisté sur la grande mortalité et la minime natalité des immigrés allemands dans notre colonie d'Afrique: tandis que 1000 vivants Fig. n. — Ariésicnne.

d'origine espagnole présenteraient 46 [^«^^- ^^^'^^^^ d'anthrop.]

naissances pour 30 décès, 1000 vivants d'origine allemande ne donneraient que 31 naissances pour 56 décès. Rouis et Laveran ont montré qu'en Algérie les Français du Nord étaient deux fois plus prédisposés que ceux du Midi aux abcès du foie; et M. de Sémallé a établi que nos soldats des départements du Nord-Est étaient beaucoup plus sujets aux accidents cérébraux déterminés par l'insolation que ceux des autres départements.

Si l'on tient compte de ces faits, dit G. Lagneau, si l'on se rappelle que, dans les Indes, les Anglais, en partie de race germanique, présentent une mortalité considérable, et ne parviennent pas à se reproduire au delà de deux générations, selon Boudin, Wise, Bernard Davis, Broca, on est amené à reconnaître avec John Beddoe que, de nos jours, comme au temps de Tacite et de Tite-Live, les descendants des Germains et des Gaulois sont gravement éprouvés par les grandes chaleurs, et, par suite, sont peu aptes à s'acclimater dans les pays chauds.

Les trois races que nous venons de passer en revue ont été les trois races fondamentales de la population française; mais on se ferait une idée incomplète de l'ethnogénie de la France, si l'on considérait qu'elles seules ont constitué notre

nation. Un grand nombre de peuples ont aidé à la former et doivent, à des titres divers, être examinés à ce point de vue.

Du xm*" au siècle avant J.-C, les Phéniciens ont établi des comptoirs sur les côtes de la Méditerranée. Nimes leur doit sa fondation.

Du x° au vi*' siècle avant J.-C, les marins hellènes de Rbodes se sont substitués aux Phéniciens et ont fondé Rhodanusia, à l'embouchure du fleuve qui leur doit son nom et le conserve encore ; les Phocéens ont fondé Marseille. Les habitants de certaines villes où se fixèrent des Grecs phocéens semblent encore révéler leur origine hellénique par la régularité de leurs traits. Arles, Tarascon, Beaucaire, Saint-Remi, Orgon, offrent en effet un type particulier (fig. 17), remarquable par la pureté des lignes du visage et du corps, et par la noblesse sans égale du geste. A Arles, on retrouvait naguère encore à l'état de pureté non seulement le type grec, mais les types romain et sarrasin, et de nos jours les Artésiennes que Ton distingue sous le nom de Hauturenques, de Placenques et de Roquettières, paraissent offrir des caractères différentiels assez prononcés. Au lieu de la noble stature, de la régularité de traits que présentent les premières, les femm.es du faubourg de la Roquette, aux yeux pétillants, aux formes gracieuses, se font remarquer par leur air riant et espiègle.

L'influence anthropologique des Romains est plus difficile à apprécier, tant à cause de la diversité de leurs éléments ethniques (Pélasges, Sicules, Étrusques, Ligures, Grecs, Volsques, Ombriens), qu'à cause de la très minime importance de leurs colonies.

Les Vandales, les Alains et les Suêves ne firent guère que traverser la France pour se jeter sur l'Espagne. Cependant quelques colonies durent se fixer dans les Gaules; il est certain que les Alains occupèrent les campagnes désertes des environs de Valence qui avoisinent le Rhône. On n'en retrouve plus trace, non plus que de ceux qu'on suppose s'être établis, au v'' siècle, à l'embouchure de la Sèvre-Niortaise.

Aujourd'hui encore, sur nos côtes de l'Ouest et du Nord, les habitants de certaines localités se distinguent par des mœurs, des professions ou des caractères ethniques différents de la population qui les entoure ; tels sont : dans le département de la Charente, certains individus étiolés et très roux, la plupart potiers de terre ou d'étain; dans celui de la Loire-Inférieure, les grands et vigoureux paludiers des marais salants de Guérande, de Batz et de Saillé; et dans le Finistère, les marinsjardiniers de Roscoff; les paysans à la haute stature, à la figure longue, au teint basané, aux cheveux d'un blond brûlé, aux yeux d'un bleu foncé, qui habitent la presqu'île de Pontusval et de Plouneour-Trez ; enfin, les insulaires de Batz et d'Ouessant qui, faisant partie d'un département où le nombre de conscrits exemptés pour défaut de taille est très considérable, présentent néanmoins le minimum d'exemptions. (Broca.)

Dans l'antiquité, les Carthaginois ont établi sur diverses côtes, surtout dans l'île de Corse, des colonies de Libyens, de Gélules et de Numides, qui avaient plus d'un rapport ethnique avec quelques-unes de celles auxquelles on donna plus tard le nom de Sarrasins. Les Sarrasins^ en effet, ou Maures d'Espagne, étaient un peuple composé non seulement d'Arabes musulmans, mais aussi de Berbères idolâtres auxquels s'étaient joints quelques Juifs. Aubusson, dans le département de la Creuse, et plusieurs autres localités, ont été peuplés en partie de Sarrasins.

ETHNOLOGIE DE LA FRANGE

(Cf. L. Bertholoii, La Colonisation arabe en France. — Bull. Soc. d'anihr. de Lyon, 1886, pages 73-H7).

Le peuple Juif est très inégalement dispersé dans nos départements ; tandis que ' dans les départements du Lot et de la Mayenne il n'y en a pas un seul, les Juifs sont nombreux dans ceux de la Seine, de la Gironde, des Bouclies-du-Rhône, dans Fancienne Lorraine et surtout dans lancienne Alsace. Le département du Bas-Rhin en comptait 20935. Ils se font généralement remarquer par la couleur noire de leur chevelure, de leur barbe, de leurs longs cils, de leurs sourcils épais, saillants et bien arqués; par leurs yeux foncés, grands et vifs; par leur teint mat et par leur nez fortement aquilin et étroit à sa base, les os carrés étant excavés supérieurement et arqués inférieurement. Cependant on observe dans nos provinces de TEst de nombreux Israélites, blonds et roux, qui offrent des caractères anthropologiques tout différents. On les désigne généralement sous le nom de Juifs allemands. Ce type semble résulter du croisement des races germaine et slave avec les anciens Juifs ; d'autres ne paraissent être que des restes de ces races germaine et slave ayant adopté le judaïsme vers le ix*' siècle. Il n'y a pas de blonds parmi les Juifs du Midi, dits aussi Juifs portugais. Toutefois il y avait déjà des blonds parmi les Juifs de l'ancienne Judée et la tradition représente Jésus-Christ sous les traits d'un homme blond. Les Juifs algériens fournissent une mortalité relative inférieure non seulement à celle des Européens, mais encore à celle des Arabes et des Maures. En Allemagne, on a remarqué également que la population juive s'accroît beaucoup, et que cet accroissement ne dépend pas de la supériorité du chiffre des naissances, mais du peu de mortalité.

On rencontre en France, dans nos provinces du Midi, près de Nimes et de Perpignan, un certain nombre de Bohémiens, appelés aussi Gitanos, Zingares, qui paraissent venir de l'Inde où ils auraient constitué une tribu de parias vivant sur les rives de rindus ; ils sont assez nombreux dans l'arrondissement de Mauléon (Basses-Pyrénées).

Je n'insiste pas sur le rôle ethnographique des Anglais, des Espagnols, des Italiens. Quant aux Vaudois, aux Andorrans, aux Cagots, ils ont trop peu d'importance pour nous arrêter plus longtemps.

Il est impossible de terminer un article sur l'elhnogénie de la France sans parler du peuple qui a donné son nom au pays que nous habitons.

Les Francs n'étaient pas un peuple unique, ni même une confédération de plusieurs tribus, mais un mélange d'anciens peuples dissous [Sicambres, Saliens, Bructères, Tenctcres, Usipètes, etc.). Ils présentaient les caractères ordinaires des races germaniques. Cependant, pour plus de précision, nous rappellerons ces caractères qui ont été établis par l'exploration de divers tombeaux de l'époque mérovingienne.

Les Francs présentaient une tête allongée, sous-dolichocéphale, avec un indice de largeur de 76 en moyenne (Broca), la face longue et ovale, les cheveux blonds, généralement une haute stature. En Austrasie les Francs se fixèrent en plus grand nombre : aussi le type germanique y est-il plus prédominant qu'en Neustrie. Cependant les Francs, relativement peu nombreux, ont exercé une immense influence par le fait même de la conquête, ils ont constitué par leurs descendants une fraction considérable de l'aristocratie mihtaire au moyen âge, et leur type se retrouve chez un grand nombre de familles et même chez beaucoup de Français qui

22 DE l'homme CONSIDÉRÉ EN GÉNÉRAL

sont loin de porter un nom historique et qui n'élèvent aucune prétention à la noblesse de race.

Nous ajouterons un mot sur quelques populations autrefois étrangères à la France, mais qui lui sont attachées depuis longtemps.

La Corse renferme une population tt-ès ancienne, à peine modifiée par les colonies étrangères qui se sont implantées sur le littoral, et dont les caractères ethnologiques paraissent se rattacher aux races ligure et ibérique.

V Algérie^ qui fait aujourd'hui partie intégrante de la France, contient un grand nombre de races diverses : les unes récemment implantées par la colonisation, les autres en possession du sol depuis de longs siècles. Nous n'énumérerons ici que les races que l'on peut dire autochtliones ou du moins antérieures à la conquête de 1830. La race la plus ancienne est représentée par les Berbères comprenant les Gétules^ les Numides^ les Maures^ etc. : c'est la population dont les descendants, comme Tétaient autrefois leurs ancêtres, sont sédentaires. Les Arabes^ au contraire, immigrés surtout au moment de la conquête sarrasine, se font remarquer encore aujourd'hui par leur vie nomade. Enfin nous citerons les Nègres (de diverses provenances), quelques Turcs et les Coulouglis^ c'est-à-dire les descendants des Turcs et des femmes indigènes. Aujourd'hui encore la population se divise en Kabyles^ qui représentent la population berbère, et en Arabes d'origine sarrasine. Les Maures et les Juifs constituent surtout la population des villes. Les Européens habitant notre <;olonie sont principalement des Français, des Espagnols et des Maltais.

Quant aux autres colonies, l'étude de leur population nous entraînerait fort au delà des limites que nous nous sommes imposées.

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