‹ Traité d'hygiène [electronic resource]Chapitre 157 sur 326 · MAXIMUM · texte numérisé non relu

MAXIMUM

MOYEN NK

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Cellules dans la prison militaire d'Aldershot. . .

— dans la prison militaire de Gosport

— dans la prison civile de Peutonville

non indiqué

Nous avons vu plus haut (|ue la pi()i)orli()n de l'acide carboni(]ue dans l air })eul atteindre des chiffres beaucoup plus élevés dans des locaux où séjournenl de nombreuses personnes pendant plusieurs heures (théâtres, écoles) el arriver à 8 ou 9 ]). 1000.

D'ailleurs l'acide carbonique n'est i)as le seul élément (pie dégage la respiration, ainsi que la transpiration cutanée. Un aduUe bien portant fournit par ces deux émonctoires, dans les vingt-quatre heures, une (piantité d'eau (|u'on i)eut évalue!?' de 750 àl 400 grammes. La transpiration dégage des élémenis volatils (ammoniaque, acides gras, substances odorantes) ; le tube digestif laisse échapper des gaz, notamment de l'hydrogène sulfuré.

Les analyses d'Hermans ont démontré l'absence de matière organique dans l'air expiré; les exi)ériences de Straus et Dubreuilh ont bien prouvé sa slérililé au point

COMPOSITION DE L'ATR 525

de vue microbien; mais on supposait depuis longtemps que les phénomènes de la respiration peuvent dégager une substance volatile, qui en s'accumulant dans un espace clos peut devenir un véritable poison dont la présence expliquerait les accidents dus à l'air confiné. Les travaux de Brown-Séquard et d'Arsonval (1887) ont paru donner une sanction scientifique à cette ingénieuse hypothèse. D après eux Pair expiré contiendrait un alcaloïde volatil, V anthropoloxine ou zootoxine, que Ton peut recueillir en condensant les vapeurs pulmonaires et avec lequel ils arrivaient à tuer le lapin. De plus ces savants ont réaUsé l'expérience suivante : une série de cages contenant des lapins sont disposées à la suite les unes des autres, et reliées entre elles par un tube, de telle sorte que l'animal de la dernière cage ne respire que de l'air qui a servi successivement à tous les lapins des cages précédentes ; on a eu soin de neutraliser l'acide carbonique de cet air confiné. Dans ces conditions le lapin de la dernière cage succombe au bout de quarante-huit heures. Si, au contraire, l'air vicié qu'il respire a préalablement passé au contact d'une solution d'acide sulfurique, l'animal survit. D'après Brown-Séquard et d'Arsonval, dans le second cas, l'acide sulfurique aurait fixé l'alcaloïde que contient l'air confiné et aurait ainsi détruit son pouvoir nocif.

Sauf Merkel, tous les auteurs qui ont repris ces expériences sont arrivés à des résultats opposés. D'après Rauer, l'air de la dernière cage contiendrait une proportion d'acide carbonique beaucoup plus forte que celle qu'admettaient BroAvn-Séquard et d'Arsonval. Tandis que ces derniers fixaient sa proportion à 2 ou 3 p. 100, elle serait en réahté de 15,5 p. 100 et suffirait à expliquer la mort des animaux.

Récemment Formanek ^ a renouvelé cette expérience et s'est assuré que la solution d'acide sulfurique débarrasse bien l'air confiné d'une substance toxique. Le résidu d'évaporation de cette solution sulfurique, l'acide étant préalablement neutra- Hsé, est en effet devenu toxique, comme le prouve l'injection aux animaux. Mais J'analyse révèle que cette substance toxique est de l'ammoniaque et non un alcaloïde, comme le supposaient Brown-Séquard et d'Arsonval. Dans de nouvelles expériences, où il a pu faire disparaître les causes de production d'ammoniaque (urines, matières fécales), Formanek a constaté que la solution sulfurique ne retenait plus de base après contact avec Tair vicié et ne se montrait plus toxique pour les animaux auxquels on l'injectait. Il en conclut que dans les expériences de Brown-Séquard et d'Arsonval, la toxicité de l'air parvenant dans la dernière cage provenait de l'ammoniaque fournie par les excréta et non de l'air expiré lui-même. D'après Formanek, les accidents imputables à l'air confiné seraient dus à des facteurs multiples, parmi lesquels l'acide carbonique et l'ammoniaque en excès joueraient un rôle important, mais non exclusif.

Les conséquences du séjour dans l'air confiné sont variables. Il faut ici distinguer deux cas : 1° l'air peut être subitement vicié, par suite de l'accumulation fortuite d'un grand nombre d'individus dans un espace trop étroit : les accidents sont alors immédiats; 2° au contraire, l'air confiné peut agir lentement sur l'organisme, le détériorer, le prédisposer aux affections chroniques, chez les individus qui, vivant dans de mauvaises conditions hygiéniques, respirent habituellement un air impur.

Dans le premier cas, voici ce qu'on observe : L'expérimentation a appris que lors-

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