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Formanek, Archîv fur Hygiène, XXXVIII

526 l'atmosphère, LE SOL ET L'EAU

qu'on place un animal sous une cloche où le renouvellement de l'oxygène est impossible, tant que la proportion d'oxygène de l'air confiné ne tombe pas au-dessous de 15 p. 100, la respiration reste normale; à 7,5 p. 100 les respirations sont très fréquentes; à 4,5 p. 100 la respiration est très difficile, et à 3 p. 100 l'asphyxie est imminente. En outre. Cl. Bernard a montré que, quand la viciation de l'air est graduelle, l'organisme acquiert une certaine tolérance et peut continuer à fonctionner dans un milieu qui tuerait immédiatement un autre animal subitement introduit. En faisant pénétrer sous une cloche, où un oiseau respire depuis deux ou trois heures, un second oiseau, ce dernier est pris subitement de convulsions et tombe foudroyé, tandis que le premier continue à vivre. Les résultats de l'expérimentation contribuent à éclairer les faits observés chez Thomme.

On admet généralement deux degrés dans les accidents produits par l'air confiné : à un premier degré, on observe simplement du malaise, de la céphalalgie, des vertiges; la respiration est gênée; il y a des nausées, parfois des syncopes. Ce sont là les signes d'une asphyxie commençante. A un degré plus avancé, on observe des sueurs abondantes, une soif vive, des douleurs thoraciques, de la dyspnée, parfois du délire et bientôt la mort. C'est du moins ainsi que les choses se passèrent dans un cas rapporté par Percy ^. C'est également ce qu'on observa dans plusieurs faits bien connus d'asphyxie.

Aux Indes, 146 prisonniers anglais, renfermés dans un lieu clos de 20 pieds carrés, succombèrent pour la plupart, après avoir présenté une soif vive, de la suffocation, un besoin d'air si pressant qu'ils se battirent pour s'approcher des soupiraux. Au bout de huit jours 23 seulement restaient vivants. Rappelons encore qu'après la bataille d'Austerlitz, 300 prisonniers autrichiens, ayant été enfermés dans une cave, 260 succombèrent d'asphyxie en peu de temps. Enfin dans le fait fameux des assises d'Oxford : juges, spectateurs, accusés, furent fra|3pés d'asphyxie mortelle.

Dans tous ces cas la mort survint par suite de la présence en trop grande quantité d'acide carbonique dans l'air, soit que cet acide carbonique agisse simplement en prenant la place de l'oxygène qui est indispensable à la respiration, soit que, comme on l'a soutenu, ce gaz, agissant en vertu d'une action toxique propre, influence d'une façon fâcheuse les cenlres nerveux : centres respirateurs, vaso-moteurs, centres d'arrêt du cœur.

Chez les individus qui vivent habituellement dans une atmosphère insuffisante, on observe des accidents d'un autre ordre que ceux que nous venons de signaler, et qui, pour n'être pas foudroyants, n'en sont pas moins redoutables. La santé de l'homme, comme celle des animaux, s'altère promptement dans un miheu insuffisamment aéré et des faits nombreux nous en fournissent la preuve.

La cavalerie française, avant 1836, subissait une mortahté énorme. D'après Rossignol les pertes annuelles s'élevaient à la proportion d"un cinquième environ (de 180 à 197 p. 1000). L'agrandissement des écuries réduisit celte énorme mortahté à 68 p. 1 000. Pendant la guerre d'Italie, en 1859, Moulin, vétérinaire en chef, garda 10 000 chevaux pendant plusieurs mois dans des campements ouverts. Il n'y eut chez ces animaux presque aucun cas de maladie.

1. Exemples remarquables d'asphyxie, m /oz«'«. c/e méd. de Corvisart, t. XX, p. 378, 1810.

On sait, au contraire, combien est déplorable la santé des vaches confinées dans des étables, où elles succombent presque toujours à la tuberculisation.

On ne sera donc pas étonné de voir la phthisie pulmonaire excercer ses ravages surtout chez les individus qui habitent des locaux trop étroits, chez les soldats casernés dans des locaux insuffisants, chez des ouvriers (|ui travaillent dans de petits ateliers, dans les classes pauvres, enfin, dont les habitations n'offrent qu'un espace très insuffisant.

L'atmosphère peut être viciée : 1*^ par des éléments gazeux; 2^ par des éléments solides (famées ou poussières).

1° Éléments gazeux. — A l'air libre, l'acide carbonique, l'oxyde de carbone, l'hydrogène carboné, et d'autres substances analogues, sont ré})andus dans l'atmosphère par les volcans, par les usines, par les égouts et parla respiration de l'homme et des animaux. Des substances, plus directement irritantes, sont fournies soit parles usines de produits chimiques S soit par des causes naturelles de plusieurs espèces : tels sont l'acide sulfureux, l'acide sulfurique, le sulfhydrate d'ammoniaque, le sulfure de carbone, l'acide chlorhydrique, les vapeurs nitreuses, l'ammoniaque et ses divers composés, l'hydrogène phosphoré; enfin, des vapeurs organiques, plus ou moins fétides, dont la composition est extrêmement variable. Il nous suffira d'avoir signalé ces causes d'infection de l'air ; nous en avons déjà parlé avec assez de détails pour ne pas y revenir ici.

Indépendamment des causes que nous venons d'énumérer, il en est d'autres qui méritent de fixer notre attention.

Dans le voisinage des marais, l'air renferme toujours un excès d'acide carbonique (0,6 à 0,8 p. 1000). On y trouve aussi une grande quantité de vapeur d'eau, de l'hydrogène sulfuré, de l'hydrogène carboné, de l'hydrogène phosphoré et de l'ammoniaque. Il paraîtrait que, lorsqu'il existe une végétation aquatique puissante, on trouve quelquefois un excès d'oxygène dans l'air recueiUi immédiatement à la surface de l'eau. Certains observateurs ont prétendu que l'air des marais ne donne pas la réaction de l'ozone, mais nous ne possédons que des documents contradictoires à cet égard. Il est incontestable qu'une quantité considérable de matière organique se trouve ici répandue dans l'atmosphère. Vauquelin en a, le premier, signalé l'existence en 1810.

L'air des villes est vicié par une multitude de causes diverses, qui ont pour résultat général de diminuer la quantité d'oxygène et d'augmenter la quantité d'acide carbonique. Dans les villes bien construites, ces modifications sont à peine perceptibles, mais dans celles qui laissent à désirer sous ce rap})orl (Madrid, Munich

1. Les fabriques d'ammoniaque déversent dans l'almosplière du sulfhydrate d'ammoniaque et de l'hydrogène sulfuré et arsénié; les fabriques de soude, de l'acide chlorhydrique; les fabriques de vernis et les fonderies de suif, des acides gras volatils: les usines de caoutchouc vulcanisé, du sulfure de carbone; d'autres usines, de l'acide phosphorique, de l'hydrogène arsénié ou du chlore.

Glasgow par exemple), la quantité d'acide carbonique peut s'élever à 15 p. 10 000, tandis que le chiffre l'oxygène diminue en proportion. On trouve aussi, dans l'atmosphère des grandes villes, de l'ammoniaque et des matières organiques en quantité très variable.

On comprend, dès lors, l'immense importance des vents régnant dans une localité, au point de vue de la salubrité de l'atmosphère. Partout où l'air d'une ville est battu et renouvelé, il sera plus favorable à la santé que dans les endroits où l'atmosphère est stagnante.

Il est important de remarquer que le voisinages des cadavres développe, dans l'air des cités, une quantité considérable d'acide carbonique, ainsi que de l'ammoniaque et des émanations quelquefois très fétides. D'après Ramon de Luna, l'air recueiUi dans les cimetières, à la surface du sol, contiendrait de 0,7 à 0,9 p. 1000 d'acide carbonique et une quantité très appréciable de matières organiques. Il est donc évident que les cimetières placés au milieu d'une cité i)opuleuse ont une influence délétère sur la santé.

Nous allons maintenant nous occuper des substances gazeuses qui peuvent altérer la composition de l'air dans certains espaces clos, tels que les fosses d'aisances, les égouts, les caveaux funéraires, etc.

L'air des fosses d'aisances, et surtout des fosses fermées, qui ne reçoivent presque rien que des excréments solides et liquides, est extrêmement impur. Michel Lévy cite un cas dans lequel la composition centésimale de l'air était la suivante :

Oxygène 2

Azote 94

Acide carbonique 4

On trouve, en général, dans cette atmosphère, une quantité plus ou moins considérable d'hydrogène sulfuré, de sulfhydrate d'ammoniaque et d'hydrogène carboné, ainsi qu'une énorme quantité de matières organiques fétides. Dans l'une des expériences d'Angus Smith, 62 pieds cubes de Fair d'une fosse d'aisances ont réduit autant de permanganate de potasse que 176 000 pieds cubes de l'air extérieur. Il ne faut point se faire illusion sur le danger que présente un semblable état de choses pour les habitants d'une maison ou d'une ville. Il est démontré que les gaz d'une fosse d'aisances peuvent traverser les murs qui les entourent et se frayer un passage soit à l'extérieur, soit, ce qui est plus grave encore, à l'intérieur des maisons.

Dans les égouts, les produits de la décomposition sont extrêmement variables, en raison même de l'immense diversité des matières qui y sont versées. En général, les gaz qu'on y rencontre sont les mêmes que dans les fosses d'aisances, mais dans des proportions différentes. L'acide carbonique et l'azote prédominent, et, lorsque la ventilation est imparfaite, on y constate de l'hydrogène carboné; de temps en temps de l'hydrogène sulfuré et du sulfhydrate d'ammoniaque se dégagent; enfin les matières organiques qui flottent dans l'air paraissent se rapprocher par leur composition chimique des ammoniaques composées. Dans les égouts où la ventilation laisse à désirer, on rencontre souvent des quantités considérables de gaz des marais, surtout lorsqu'on a fait usage de l'acide pliénique comme désinfectant. En 1866,

les égoutiers de Londres ont quelquefois mis le feu aux égouts lorsqu'ils y descendaient avec des chandelles allumées.

Lorsqu'un égout est obturé, le défaut d'air fait naturellement diminuer l'oxygène; lorsque, au contraire, la ventilation est bonne, la quantité d'oxygène est presque égale à celle de l'air atmosphéri({ue. Parent-Duchâtelet, dans un égout de Paris, a trouvé 3 p. 100 d'hydrogène sulfuré, et seulement 13,79 d'oxygène dans l'air. Ce fait est absolument exceptionnel. Aujourd'hui, dans les égouts bien aérés de Paris et de Londres, la composition de l'atmosphère est presque normale.

Au reste le meilleur réactif à cet égard est la santé des ouvriers qui travaillent dans ces conduits souterrains. En thèse générale, la santé de ces hommes ne laisse pas beaucoup à désirer; la profession qu'ils exercent ne passe pas parmi eux pour être insalubre, et, à l'exception de l'ophtalmie et de quelques affections rhumatismales, ils ne paraissent pas souffrir de l'atmosphère qu'ils respirent. Il faut cependant étabUr en principe que certains ouvriers, dès le début, sont incapables de travailler dans les égouts, et se voient obligés de quitter le métier. Ceux qui résistent à cette période de probation, si l'on peut ainsi parler, continuent indéfiniment leur travail sans en éprouver d'inconvénient notable. Il est bien évident d'ailleurs qu'une bonne ventilation est une condition indispensable pour que le métier puisse être exercé sans danger.

Lorsque les émanations d'un égout ou d'une fosse d'aisances pénètrent dans une maison habitée, les conséquences peuvent être bien autrement fâcheuses. On voit se développer alors les affections diarrhéiques, la dysenterie et peut-être la fièvre typhoïde. Dans un cas fort remarquable, à Clapham, faubourg de Londres, on vit éclater une épidémie à la suite du curage d'une fosse d'aisances. Vingt-trois enfants furent pris de vomissements, de diarrhée, de céphalalgie, de prostration générale et d'accidents convulsifs; deux d'entre eux moururent dans les vingt-quatre heures. On sait aussi que les ouvriers qui nettoient un égout fermé depuis quelque temps sont exposés à des phénomènes d'empoisonnement plus ou moins caractérisé. Herbert Barker a fait quelques expériences sur les animaux pour apprécier les effets de l'air des égouts. Trois chiens furent enfermés dans une boîte mise en communication avec l'air des fosses d'aisances. Ils furent pris tous les trois de fièvre, de diarrhée et de vomissement; une souris, placée dans les mêmes conditions, mourut au bout de cinq jours.

Alessi a montré combien les animaux s'infectaient aisément par le bacille typhique, lorsque leur cage restait placée au-dessus d'une bouche d'égout.

Les caveaux funéraires renferment une atmosphère extrêmement viciée et qui contient de fortes proportions d'acide carbonique , de carbonate d'ammoniaque, d'azote, d'hydrogène sulfuré, de sulfhydrate d'ammoniaque et de matières organiques. Waller Lewis a constaté que le gaz qui s'échappe d'un caveau qu'on vient d'ouvrir éteint les bougies allumées. Il paraît démontré que les principes morbides de certaines affections peuvent s'y conserver pendant longtemps, et l'on cite des cas où l'ouverture d'une tombe a donné lieu à l'explosion d'une épidémie.

Parmi les impuretés gazeuses qui souillent l'air des villes, quelques-unes répandent des odeurs méphitiques qui peuvent s'étendre jusqu'à 6 et même 14 kilomètres et plus de leurs points de production. Ces odeurs proviennent de matières organiques en putréfaction et dérivent de deux sources : 1*^ des causes intérieures

PROUST, TRAITÉ d'hYGIÈNE.

530 l'atmosphère, LE SOL ET L'EAU

(égouts, fosses d'aisances, stagnation des eaux des cliaussées et des canivanx) ; 2° des causes extérieures provenant de dépotoirs, de mégisseries et d'un certains nombre d'usines, particulièrement des fabriques de superphospliates (Le Roy des Barres, Adam).

Il nous reste à parler maintenant des gaz qui sont lancés dans l'air par la combustion. Ces émanations se répandent quelquefois dans Talmosphère (usines, fabriques, cheminées), d'autres fois elles séjournent dans l'intérieur des appartements. Nous nous contenterons de signaler les produits développés par les principaux combustibles qui sont en usage.

Le charbon de terre produit de la poussière de carbone en suspension, dans la proportion d'environ 1 p. 100 de son- poids, de l'acide carbonique, de l'oxyde de carbone en quantité d'autant plus grande que la combustion est moins complète, de l'eau, enfin de l'ammoniaque et des produits sulfurés (acide sulfureux, acide sulfurique, hydrogène sulfuré, sulfure de carbone, sulfhydrate d'ammoniaque). La quantité de soufre que renferme la houille est extrêmement variable (de 0,5 à 7 p. 100). Le bois produit une grande quantité d'acide carbonique et d'oxyde de carbone, ainsi que de l'eau, mais ne donne point de composé sulfuré. Le charbon de bois fournit par la combustion les mêmes éléments, sauf l'eau, mais la quantité d'acide carbonique est naturellement beaucoup plus considérable, le charbon étant réduit à l'état de carbone presque pur.

Le gaz d'éclairage, dont l'usage est tellement répandu, a le grand inconvénient de laisser dégager dans l'air d'un appartement les produits qui résultent de sa combustion, ce qui n'a pas lieu pour la plupart des autres substances qu'on brûle dans des cheminées ou des poêles, et dont la fumée doit s'échapper à l'extérieur, du moins en théorie. On sait que le gaz lui-même, avant d'être brûlé, est absolument irrespirable, et renferme une forte proportion de gaz toxiques K Nous empruntons à Parkes le tableau suivant, qui indique la composition moyenne du gaz ordinaire :

Hydrogène de 40 à 45 1/2 p. 100

Gaz des marais (tiydrogènc carboné) de 35 à 40 —

Oxyde de carbone de 3 à 6,6 —

Gaz oléfiant (éttiylène) de 3 à 4 —

Acétylène de 2 à 3 —

Hydrogène sulfuré de 0,3 à 1 —

Azote de 2 à 2 1/2 —

Acide carbonique de 3 à 3,75 —

Acide sulfureux , ammoniaque, sulfhydrate d'ammoniaque, sulfure de carbone. Ensemble de 0,5 à 1 —

Pendant la combustion, l'hydrogène pur et l'hydrogène carboné sont presque entièrement détruits. Il se dégage de l'azote, de l'eau, de l'acide carbonique et de l'oxyde de carbone, avec un peu d'acide sulfureux et d'ammoniaque. Or, ces produits lancés dans l'atmosphère d'un appartement, d'un atelier ou d'un bâtiment pubhc, ont une influence délétère sur la santé. Dans un alelier de Paris, où 400 ouvriers travaillaient à la lumière de 400 becs de gaz, la santé des hommes était déplorable. Le général Morin, en modifiant les conditions de la ventilation, diminua des deux tiers le nombre des malades.

1. Voir, sur certaines causes d'intoxication par le gaz d'éclairage, une communication, de M. Layet, à la Société de médecine publique, Revue d'Hygiène, 1880, n" 2.

On sait que beaucoup de personnes qui travaillent au gaz éprouvent assez promptement de la céphalalgie et de la dyi)snée; ce sont là, sans aucun doute, des symptômes légers d'empoisonnement. La bronchite, si fréquente chez les ouvriers qui travaillent au gaz, est assez souvent attribuée aux refroidissements qu'ils prennent en passant d'une chambre chaude dans l'air extérieur, mais il est pi-obable que l'irritation directe produite par les substances délétères que nous venons d'énumérer n'est pas étrangère à la production de ces accidents inflammatoires.

La combustion de l'huile dans une bonne lampe Garcel ne produit guère (jue de l'acide carbonique; c'est seulement quand la lampe file qu'il se développe de l'acroléine et de la fumée charbonneuse. Au point de vue hygiénique l'éclairage électrique est infiniment supérieur, puisqu'il ne s'accompagne d'aucun dégagement gazeux.

D'après A. Gautier la viciation de l'air de Paris par les gaz de combustion se traduit par une teneur double en carbone et un excès de plus d'un tiers d'hydrogène comparativement aux proportions de ces gaz observées dans l'air de la campagne. L'oxyde de carbone de l'atmosphère de Paris ne dépasse pas en moyenne un demivolume pour 1 milhon de volumes d'air, alors même que les conditions sont les plus mauvaises, c'est-à-dire que le temps est calme et que la combustion est au maximum. Il n'est pas démontré néanmoins que cette minime proportion d'oxyde de carbone doive être considérée comme inoffensive, si l'on s'en rapporte aux travaux de Gréhant, de Saint-Martin, deDesgrez et Nicloux, sur l'action toxique de ce gaz aux plus faibles doses.

.2° Éléments solides. — Les impuretés de l'air qui se présentent sous la forme solide pourraient toutes être comprises sous la dénomination de poussières. Nous ferons cependant une distinction pour une variété de poussières, les fumées, que leur mode de production et leurs inconvénients classent à part.

Les fumées sont des poussières dérivant de la combustion; celle-ci, qu'elle se produise dans un foyer domestique ou industriel ^ déverse dans l'atmosphère des particules de charbon et des cendres entraînées avec de la vapeur d'eau. Ces fumées, lorsqu'elles infestent l'air, y condensent l'humidité et contribuent pour la plus grande part à la persistance des brouillards qui enveloppent certaines villes. Londres par exemple.

11 en résulte des inconvénients multiples : dépôts de résidus noirs sur les maisons, les habitants et les vêtements; refroidissement du cHmat par la condensation des vapeurs atmosphériques; diminution de l'insolation et par suite de l'activité de la nutrition chez les habitants d'une part, de la destruction microbienne de l'autre, les rayons bleus, violets et ultra-violets étant particuUèrement bactéricides (Ramsay). D'après les travaux de Gautier ^ en dehors des gaz produits par la combustion, les fumées contiennent comme éléments solides des parties goudronneuses, des hydrocarbures, des charbons très divisés, etc., et des substances minérales (sulfates, phosphates, carbonates, siHcates terreux et alcalins, silice libre, etc.). Ces produits déposent sur Paris une couche de matières solides qui représente annuellement un poids de 160 000 kilogr. Les analyses de Gautier démontrent que 100 grammes de

1. A Paris, d'après Gautier, 80 p. 100 des fumées sont produits par les foyers domestiques.

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