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J. Kianitzine, Wratch, 1898, n

emploie en Angleterre des appareils anlomatiques qui chargent les foyers, d'une façon conlinue, d'une quantité toujours égale de charbon très fragmenté-

On pourrait encore, dans le but d'obtenir une combustion aussi complète que possible el par suite peu de fumée, brûler du charbon réduit en poussière; mais il est dangereux de conserver cette poudre dans les magasins, où elle pourrait provoquer des explosions. La qualité du combustible a aussi son importance, car l'anthracite et le coke donnent beaucoup moins de fumée que la houille grasse. Enfin, il est indispensable que les cheminées soient construites suivant des proportions convenables ^ car on est obligé de charger de combustible les foyers trop petits, afin d'avoir la pression voulue, dès lors le charbon brûle mal et donne de la fumée.

Pour éviter autant que possible de soulever les poussières dans l'atmosphère il faut proscrire le balayage à sec des locaux et des rues, multiplier les lavages et les arrosages qui fixent les poussières sur le sol. L'épandage d'huile de pétrole sur les routes macadamisées est un moyen d'éviter la production de poussières qui est actuellement à l'étude.

La filtration des poussières de l'air à travers de l'ouate ou une étoffe à tissu plus ou moins serré n'a pas donné tous les résultats qu'on en espérait. Les pores du filtre sont très rapidement obstrués et il cesse bientôt d'être perméable.

Enfin on débarrasse l'air des microbes qui le souillent soit par un des multiples procédés de désinfection que nous avons déjà indiqués, soit plus simplement par une ventilation et une insolation suffisantes. Pour ce qui est de la ventilation, les expériences de Stern montrent qu'il faut qu'elle soit beaucoup plus énergique qu'il ne le semblerait à première vue, pour avoir un effet utile. La ventilation peut bien renouveler l'air d'un appartement en en chassant les poussières; mais pour arriver à ce dernier résultat, il faudrait d'abord soulever par des moyens appropriés toutes les poussières dormantes déposées sur le parquet, les meubles, les tentures et les parois, puis étabhr un courant d'air violent entre portes et fenêtres ouvertes.

Constitution géologique de la terre. — Suivant l'hypothèse de Laplace le soleil et tous les corps qui décrivent leur orbite autour de lui auraient formé d'abord une masse unique de gaz enflammée ou nébuleuse, animée d'un lent mouvement de rotation. Plus tard les éléments de cette masse se seraient condensés en vastes anneaux concentriques tournant autour du centre commun resté en ignition et formant le soleil, suivant le plan de l'équateur. Chacun de ces anneaux se serait fractionné, puis condensé en une seule masse pour produire une planète. La terre serait l'une de ces masses. Une seconde hypothèse, connue sous le nom de théorie du feu central, admet que la terre a passé peu à peu de l'état gazeux à l'état de lave fondue. Par un refroidissement progressif la surface de cette sphère liquide se serait solidifiée et aurait formé l'écorce terrestre, tandis que la partie centrale serait restée en ignition. Ce feu central n'est pas admis par tous les géologues; plusieurs d'entre

eux croient au contraire que le centre de la terre est un noyau solide entouré de matières en ignition, que recouvre, comme une mince enveloppe, Fécorce terrestre.

Toutes les explorations en profondeur de cette écorce ont permis de s'assurer qu'elle est formée de roches ou matériaux solides répondant à deux types : les roches massives ou ignées (formations plutoniennes) et les roches si ratifiées ou sédimentaires (formations neptuniennes).

Les premières sont dues au refroidissement des matières terrestres en fusion, par exemple le granit.

Les secondes dérivent de la fragmentation des premières sous Tinflaence de l'action des eaux, qui les entraînent et les déposent sous forme de sédiments, qui s'agglomèrent par le poids de leur masse, par exemple les quartz, les argiles, les calcaires, les graviers et les sables.

Tous les terrains sédimentaires témoignent de la présence dans le passé de lacs et de mers disparus. Parfois ils ont été soulevés par des actions volcaniques de façon à former des plateaux élevés (Causses) ou même les sommets des montagnes les plus hautes (Alpes, Himalaya).

Il n'entre pas dans le cadre de ce travail d'indiquer les divisions géologiques des terrains. Rappelons seulement que les terrains sédimentaires sont de beaucoup les plus habités, les roches massives, le granit entre autres, se trouvant dépourvues des éléments calcaires nécessaires à la culture.

Configuration extérieure du sol. — Le sol est le revêtement de la croûte solide du globe terrestre. Il n'intéresse l'hygiène que dans sa partie accessible à l'homme et pouvant avoir une influence sur sa santé.

La surface du sol n'est pas uniformément plane ; elle offre des reliefs (collines et montagnes) et des dépressions (plaines et vallées).

Ces inégalités de la surface du sol sont dues en grande partie à la façon dont la croûte terrestre s'est formée en se refroidissant; mais elles ont été entretenues ou modifiées à travers les âges par différents agents, qui en transforment incessamment la configuration.

En première ligne viennent les actions dynamiques des agents extérieurs. C'est la chaleur solaire qui détermine les vents par les déplacements des couches atmosphériques qu'elle produit; ceux-ci entraînent les sables du littoral et du désert et les amoncellent en formant des dunes. C'est à l'évaporation des eaux par le soleil que sont dues les pluies qui balaient la surface du sol et forment les eaux de ruissellement qui érodent les terrains qu'elles traversent ou en modifient la surface par des dépôts d'alluvions ou des éboulements. La mer, sous l'action périodique des marées et des vents venant du large, attaque à son tour les grèves ou les falaises. On a calculé que l'érosion marine fait reculer l'ensemble de toutes les côtes d'environ 3 mètres par siècle. L'usnre de la surface du sol par les eaux courantes est bien plus considérable, car elles entraînent annuellement dans l'océan plus de 10 kilomètres cubes de sédiments. On admet que si l'activité des agents extérieurs demeurait toujours ce qu'elle est aujourd'hui, cinq millions d'années suffiraient pour amener la disparition totale de la terre ferme (De Lapparent).

Les actions chimiques contribuent également aux modifications de la surface du sol. Les eaux de pluie oxydent les roches qu'elles arrosent, attaquent les calcaires

à la faveur de l'acide car])onique qu'elles contiennent. Les matières minérales ainsi dissoutes par les eaux météoriques et entraînées jusqu'à l'océan forment annuellement une masse évaluée à 5 kilomètres cubes, composée surtout de carbonates de chaux et de magnésie, mais aussi de silice et de sulfates de chaux, de soude et de potasse.

Les actions organiques collaborent pour leur part aux transformations de la surface du sol. La décomposition de végétaux inférieurs y forme des tourbières; le travail des polypiers coralligènes fait émerger de la surface des mers des récifs et même de véritables îlots.

Mais la croûte terrestre n'est pas seulement sans cesse remaniée par le travail des agents extérieurs, elle reste toujours sous l'influence des forces que développent dans sa profondeur les parties du globe encore en ignition (phénomènes volcaniques, tremblements de terre).

Si Ton étudie l'influence de la configuration extérieure du sol sur l'hygiène humaine, on constate que les hauteurs sont généralement saines. L'air y. est pur, le sous-sol est d'ordinaire formé par le roc et grâce à son imperméabihté et à sa pente facilite l'écoulement des eaux. Certaines maladies, le paludisme, la fièvre jaune par exemple, ne se voient plus à une certaine altitude ; celle-ci se montre favorable à la cure de quelques maladies, la tuberculose, l'anémie, la neurasthénie entre autres.

Les plaines, sans jouir des mêmes avantages, peuvent cependant être salubres à la condition que le drainage des eaux soit suffisant et que la couche imperméable ne soit pas trop voisine de la surface; sinon il se forme des nappes d'eau stagnantes et des marécages dont la présence nuit à la santé de l'homme et qui sont essentiel lement favorables à l'apparition des fièvres intermittentes.

Les vallées sont généralement bien drainées par un cours d'eau. Quand l'importance de celui-ci est suffisante pour donner un débit constant à la nappe souterraine et entraîner les impuretés qui sont déversées dans son cours, la vallée présente toutes les garanties de salubrité. La plupart des grandes villes sont construites dans des vallées, sur le bord des rivières et des fleuves qui leur servent de voies de communication.

Le fait que la surface du sol est revêtue ou non dé végétation présente une grande importance. Les petits végétaux en effet favorisent l'absorption du calorique dans le sol, assèchent sa surface et par conséquent ont une influence sanitaire très heureuse dans les terrains plats dont le sous-sol imperméable est assez voisin de la surface.

Les grands végétaux, les arbres et surtout leur groupement en forêts paraissent jouer une sorte de rôle de régulateur sur l'humidité du sol et abaissent la température moyenne annuelle de celui-ci. Sur les fortes pentes, dans les régions montagneuses, ils jouent un rôle protecteur important en retardant le ruissellement des eaux qui ne tarderait pas à entraîner la terre végétale. Ce phénomène de destruction du sol par les pluies a été observé chez nous dans certaines parties des Alpes et des Pyrénées, qui avaient été inconsidérément déboisées.

La culture par la division incessante du sol qu'assure la charrue favorise l'absorption du calorique et les échanges gazeux dans le sol, et règle les fermentations qui sont nécessaires à la végétation en ramenant les germes à l'air. Le fait d'exposer régulièrement, à intervalles assez rapprochés, les microbes qui ont pénétré dans la profondeur de la terre, à l'influence destructive de l'oxygène de l'atmo-

sphère et de la lumière solaire et aussi aux attaques des bactéries nitrifiantes fait du sol cultivé le grand épurateur des déchets organiques des agglomérations humaines.

Température, aération, humidité du sol. — La température du sol est réglée surtout par la chaleur solaire et par la chaleur centrale de la terre, mais aussi par la chaleur développée par des phénomènes physiques, comme la condensation de la vapeur d'eau, ou par des phénomènes chimiques, comme les oxydations. On sait qu'elle s'accroît d'environ un degré par 30 mètres à mesure qu'on pénètre dans la profondeur. Ce phénomène a été vérifié dans les mines et dans des forages expérimentaux. Mais l'accroissement de température ne devient réguhèrement progressif qu'à partir d'un point suffisamment éloigné de la surface pour qu'il ne soit plus influencé par la température extérieure.

L'échauffement de la surface du sol peut varier beaucoup et très rapidement. Il dépend de l'intensité de l'irradiation solaire, de l'exposition et de l'incUnaison du terrain, de la longueur des jours. La température de la surface peut atteindre et dépasser 50^ On l'a vue arriver à 70° aux Indes, tandis que le thermomètre mis à deux pieds au-dessus du sol ne marquait que 40°. Cette différence s'explique par ce fait que le sol est meilleur conducteur que l'air. A mesure qu'on s'éloigne de la surface les écarts de la température deviennent beaucoup moindres et diminuent progressivement dans la profondeur.

h' aération, Vhumidité du sol dépendent delà pénétration de celui-ci par l'air ov: l'eau. Cette pénétration est plus ou moins aisée suivant le degré de porosité et de perméabilité du terrain, qui détermine ce que le sol peut contenir (porosité) ou laisser passer (perméabilité) d'éléments étrangers à sa constitution.

La porosité d'un sol n'est pas nécessairement en rapport avec sa nature. Si les roches massives ne sont pas poreuses, les terrains formés de fragments de ces roches (sables siliceux, graviers provenant du granit ou du porphyre) peuvent l'être beaucoup, à la condition que les éléments en restent divisés et ne soient pas réunis entre eux par un ciment compact. De vastes marécages s'étendent en Bretagne sur des terrains formés de débris granitiques. C'est donc le mode d'union des éléments du sol qui commande son degré de porosité. D'une façon générale les terrains stratifiés sont très poreux.

La perméabilité du sol implique sa porosité, mais est loin de se trouver en rapport proportionnel avec elle. Si les pores sont nombreux, les voies de pénétration sont d'autant plus étendues et incurvées et les éléments étrangers n'y progressent que plus difficilement. La perméabilité d'un terrain s'accroît proportionnellement à la grosseur des grains des éléments qui le composent. Elle diminue quand le sol est humide, parce que ses pores se trouvent ainsi oblitérés en partie. Pour la même raison les terrains gelés sont encore moins perméables, car la congélation dilate l'eau du sol d'un dixième de son volume. C'est grâce à sa porosité que le sol peut absorber et condenser les gaz de l'atmosphère; cette absorption lui permet d'emprunter à l'air extérieur l'oxygène nécessaire à la décomposition des matières organiques qui l'encombrent. Elle confère aussi au sol la faculté de modifier la composition des gaz qui le traversent ; c'est ainsi que la terre sèche en absorbant les gaz fétides devient un bon désodorisant; on a tenté d'utiliser cette propriété dans la pratique (voir p. .^36).

Lorsque l'air a pénétré le sol et que par suite d'une rupture d'équilibre de la près-

sion il se trouve rejeté dans l'atmosphère, sa composition se trouve sensiblement modifiée; c'est qu'il s'est chargé de différents gaz (acide carbonique, ammoniaque, hydrogène sulfuré, hydrogènes carbonés) qui témoignent de l'oxydation, c'est-à-dire de la destruction des matières organiques. C'est surtout la proportion d'acide carbonique qui se trouve alors augmentée dans l'air du sol ; elle est en rapport avec l'oxygène consommé par les décompositions organiques. Aussi Pettenkofer a-t-il pu dire que la proportion d'acide carbonique de l'air du sol est en rapport direct avec l'insalubrité de ce dernier. Cette proposition se trouve généralement justifiée dans la réaUté, à la condition de ne pas la prendre rigoureusement à la lettre. On voit en effet que la perméabilité du terrain, sa pente, son exposition, sa température habituelle, la nature de la culture qui le recouvre, ont sur l'acide carbonique de l'air qu'il contient une influence indépendante du degré de souillure, mais évidemment due aux conditions plus ou moins favorables où se trouvent placés les microorganismes du sol qui règlent les oxydations se produisant dans son sein. L'air du sol contient encore de l'ammoniaque surtout dans les terrains riches en humus; des nitrites et des nitrates plus particulièrement dans les graviers.

C'est encore la porosité du sol qui y permet la pénétration de l'eau. Mais la capacité du sol à contenir de l'eau est très variable suivant la structure du terrain et sa nature chimique et géologique. L'eau étant retenue dans le sol par action capillaire, plus les grains du terrain sont fins, plus minces sont les espaces capillaires qui les séparent et en constituent les pores, et plus grande sera la quantité d'eau conservée par ce mécanisme.

Quant à l'action de la constitution minéralogique et chimique du sol, elle s'exerce de la façon suivante :

Un sol sableux renferme 45,4 d'eau pour 100 voL

— gypseux — 52,4 —

— calcaire — 54,9 —

— argileux — 60,1 —

— tourbeux — 63,1 —

L'humus — 70,3 —

Si la capacité pour l'eau de l'humus est si élevée, c'est à cause de sa teneur en matières organiques; celles-ci, en effet, se prêtent essentiellement à l'imbibition.

La perméabilité du sol pour l'eau implique sa porosité. Mais l'eau traverse d'autant moins aisément les couches de terrain que la capacité de celles-ci à retenir l'eau est plus marquée.

La perméabihté du sol est donc d'autant moindre que les pores en sont plus petits et les grains plus fins. Sous l'influence de l'imbibition l'argile devient rapidement imperméable, tandis que le sable possède une perméabilité indéfinie.

C'est la perméabihté du sol qui règle l'ahmentation des nappes d'eau souterraine; c'est elle aussi qui favorise la pénétration plus ou moins profonde des souillures de surface. Mais, inversement, si les couches traversées présentent une épaisseur suffisante ce sont les obstacles à cette perméabilité qui i)ermettent dans une certaine mesure aux eaux de surface les plus souillées de s'épurer avant d'atteindre la première nappe.

544 l'atmosphère, LE SOL ET L^EAU

Souillures du sol. — Les souillures du sol sont dues aux matières usées qui sont constamment répandues à sa surface du fait de la vie organique (déjections animales, matières organiques en décomposition, débris végétaux, eaux sales, etc.). Ces souillures ne pénètrent guère à l'état solide que lorsqu'elles sont entraînées par un liquide qui les tient en suspension. En revanche, si elles sont en dissolution, elles acquièrent leur maximum de pénétration. La pénétration des germes, quelle que soit leur ténuité, sera certainement toujours plus lente et plus malaisée que celle des matières dissoutes.

Or les expériences d'Hofmann ont démontré combien les matières dissoutes mettent de temps pour pénétrer dans le sol. En versant sur un terrain de Leipzig une quantité d'eau salée égale au volume d'eau de pluie tombé en un an, il a pu se convaincre qu'il fallait un an et demi à deux ans pour que cette eau pénétrât jusqu'à 3 mètres de profondeur. Encore ne tenait-il pas compte dans cette expérience du retard qui aurait été en réalité la conséquence de l'évaporation, celle-ci absorbant un tiers au moins des eaux de pluie, ce qui aurait prolongé la pénétration des eaux à cette profondeur d'au moins six à dix mois. On voit donc par là les difficultés que les microorganismes rencontrent pour s'enfoncer profondément dans la terre.

La surface du sol est le lieu d'origine et de conservation de la majorité des espèces^ microbiennes connues. On constate que les boues des rues contiennent, d'après Manfredi et Uffelmann, des centaines de millions et même des milliards de microorganismes par gramme, chiffres égaux ou même supérieurs à ceux que donnent les excréments, tandis que, suivant les analyses de Miquel, les poussières atmosphériques de Paris ne donneraient que 750 000 à 2 100 000 germes.

Au voisinage de la surface la flore microbiennne reste encore extraordinairement riche. Voici comme exemple quelques chiffres obtenus :

Par gramme (Miquel)

Par cent, cube (Frânkel).

Par gramme (Kramer) . . .

— (Adametz) . .

— (Maggiora)..

Par cent, cube (Reimers)

10 000 000 de microbes.

200 000 à 500 000 microbes.

650 000 microbes.

Koch a indiqué le premier en 1881 combien les microorganismes diminuent rapidement dans le sol à mesure qu'on pénètre dans la profondeur. Les recherches de G. Frankel ont montré qu'à partir d'un mètre de distance de la surface la diminution des germes progresse si rapidement que la terre devient stérile entre 3 et 5 mètres de profondeur.

Le même auteur en essayant de déterminer la nature des microbes du sol y a surtout trouvé des bacilles, particuUèrement le bacille du foin et le bacillus ramosus.

Les couches superficielles contiennent- peu de microcoques et de blastomycètes, mais surtout des bacilles liquéfiant la gélatine.

Quant aux microbes pathogènes, qui doivent cependant être très répandus à la surface du sol, ils ne paraissent pas, sauf dans quelques circonstances spéciales, trouver dans la terre des conditions favorables à leur végétation. Nous- renvoyons à ce que nous avons déjà dit sur ce sujet à propos de l'étiologie de chacune des mala-

(lies infectieuses. Il convient de rappeler cependant que les observations épidémiologiques assignent à la survie de ces microbes dans le sol des limites beaucoup plus étendues que celles ({ui ont été déterminées par les expériences de laboratoire. De plus, certaines espèces, comme le bacille de l'œdème malin et celui du tétanos, vivent dans la terre à l'état sapropbytique.

Les recberches de C. Frankel, malgré leur intérêt, présentaient une lacune considérable. Elles n'avaient pu mettre en évidence l'existence d'agents vivants, capables de produire, par transformation des matières organiques, des nitrates assimilables et de les réduire; de réaliser, par conséquent, suivant l'expression de Soyka, l'assainissement spontané du sol. La présence de ces agents nitrificateurs dans la terre était cependant depuis longtemps soupçonnée. Dès 1868 Frankland avait constaté que les eaux d'égout, renfermant beaucoup d'azote organique et d'ammoniaque, mais aucune trace de nitrites ni de nitrates, ressortaient, après filtration sur les champs d'irrigation où elles avaient été épandues, avec une proportion de ces deux derniers sels bien supérieure à celle que le sol aurait pu leur fournir. Schlfpsing montra dans la suite que cette nitrification de l'ammoniaque fait défaut si on fait fdtrer une solution ammoniacale à travers un mélange de craie et de sable calciné mais qu'il suffit d'ajouter une très petite quantité d'humus contenant nécessairement des germes vivants pour voir apparaître des nitrates. En 1877 le même auteur, en collaboration avec Mûntz, arrivait à cette conclusion que si on laisse filtrer de l'eau d'égout à travers du sable quartzeux dépouillé de toute matière organique par la calcification, la nitrification de l'azote peut être arrêtée à volonté en faisant passer à travers le sable des vapeurs de chloroforme. Se basant sur ce que Miintz avait démontré, que le chloroforme |)aralyse l'action de tous les organismes-ferments, ces auteurs conclurent à l'introduction dans le sable par cette eau d'égout de germes vivants capables d'oxyder les matières organiques. Ces expériences confirmées et complétées par Warington, Hehner, WoUny, Fodor, Soyka, Uffelmann, etc., recurent une sanction définitive grâce à la découverte d'un ferment nitrique du sol le mtrobacte7\ faite par Winogradsky (1890). Les recherches ultérieures de ce savant l'amenèrent à admettre l'existence de plusieurs autres organismes nitrificateurs et même d'un ferment distinct, le ?i?iroso?no??a,9, produisant des nitrites et préparant le travail aux nitrobactéries qui élaborent les nitrates. Bien que la diversité de ces organismes n'ait pas été admise dans la suite par Warington, il ne résulte pas moins des recherches de cet auteur que la succession de la fermentation nitrique à la fermentation nitreuse reste un phénomène constant. D'ailleurs les travaux tout récents d'Orneliansky confirment l'existence du processus de la nitrification tel que Ta décrit Winogradsky.

Les nitrobactéries, dont le rôle est limité à la transformation de l'azote, ne suffisent pas à la destruction de la matière organique qui est due presque entièrement aux saprophytes et aux bactéries de la putréfaction. Ceux-ci préparent le travail de nitrification en transformant l'azote de la matière organique en ammoniaque et en sels ammoniacaux.

Il faut enfin signaler un autre groupe de microorganismes dont l'action réductrice consiste à faire repasser les nitrates à l'état de protoxyde d'azote et d'azote. Dehérain et Maquenne ont démontré, par des expériences analogues à celles de Schlœsing et de Miintz, que ces transformations ne peuvent s'opérer en dehors de

PROUST, TRAITÉ i/hYGIÈNE. ^5

la présence d'un ferment dénitrifiant, le bacillus amylobacter de Van Tieghem. Son rôle, qui aboutit aussi en fin de compte à la décomposition des matières organiques, ne paraît devoir s'exercer utilement que dans les terrains que l'oxygène ne peut guère pénétrer. Des nouvelles recherches semblent démontrer que d'autres organismes possèdent également ce pouvoir dénitrifiant.

Pour résumer ce qui précède nous exposerons la façon dont on peut concevoir, suivant Duclaux, les transformations que subit la matière organique dans le sol sous l'influence de l'action microbienne. Dans les couches les plus superficielles les saprophites transforment l'azote de la matière organique en ammoniaque ou en sels ammoniacaux. Cette ammoniaque n'est assimilable que pour quelques végétaux supérieurs. La plupart des plantes exigent des nitrates, provenant de la transformation de l'ammoniaque par les microbes nitrificateurs qui se rencontrent dans les couches plus profondes du sol. L'action de ces derniers ferments est donc subordonnée à celle des microbes des couches plus superficielles.

Ajoutons en terminânt que si les microorganismes jouent un rôle capital dans l'épuration par oxydation des souillures qui traversent le sol, ce rôle protecteur ne leur est pas exclusivement dévolu. Les expériences de Falk et de Soyka ont démontré que le sol fixe une partie des matières organiques qui le traversent, soit par fixation aux parois des pores, soit par suite de combinaisons chimiques résultant du contact des bases des matières organiques avec les siUcates doubles du sol.

Protection et assainissement du sol. — C'est contre les souillures qui peuvent contaminer le sol, matières organiques ou germes nocifs, qu'il importe de protéger les surfaces où l'homme se fixe. Il est à remarquer que l'importance de ces souillures est particulièrement en rapport avec l'intensité de la vie animale et que c'est justement sur les points où les hommes se trouvent agglomérés en plus grand nombre que la contamination du sol augmente proportionnellement à la quantité des matières usées qui sont déposées à sa surface.

Le séjour de Thomme est une menace constante pour le sol sur lequel il se fixe. De là une série de règles fondamentales sur lesquelles nous reviendrons à propos de l'hygiène des agglomérations humaines et dont la mise en pratique tend toujours vers le but de détruire les matières usées avant qu'elles aient souillé la terre ou de les dériver au loin, sans qu'elles puissent pénétrer le sol des territoires habités qu'elles traversent. Nous verrons plus loin également comment la protection des eaux potables est subordonnée à cette protection du sol.

Quant à l'assainissement du sol, lorsqu'il est infecté, il est assez difficile à réaliser directement. Les tentatives de désinfection du sol des villes, comme celle que Fodor a essayée à Budapesth en répandant du chlore gazeux dans le sous-sol à l'aide de conduites de fer, n'ont pas donné de résultat pratique.

La désinfection ne peut être appliquée qu'à des surfaces limitées pour être efficace; on peut la pratiquer dans certaines habitations, dans les écuries, dans les étables et l'utiliser pour désinfecter les fosses, les puisards, les puits ou les boues qui résultent du curage des fossés, des canaux ou des cours d'eau. Nous avons déjà vu en étudiant les substances antiseptiques usitées (voir p. 488) que les acides phénique et sulfurique impurs du commerce, le sulfate de fer, la chaux vive sont les désinfectants les plus employés en pareil cas.

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En dehors de ces moyens limités, l'industrie humaine ne reste pas complètement désarmée vis-à-vis de Tinfection du sol. Le drainage et la culture en assurent Taéralion et en détruisent l'humidité en excès. On sait l'importance de l'assèchement des eaux stagnantes dans les pays où sévit la malaria.

Enfin il faut aussi compter sur l'assainissement spontané du sol par le travail des microorganismes, principalement des bactéries nitrifiantes qui détruisent sans relâche les matières organiques qui s'accumulent à la surface.

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