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ALIMENTATION EN EAU DES AGGLOMÉRATIONS HUMAINES

couche imperméable, doit ïeiiseigner à la fois sur le niveau de Feau et sur le niveau du toit de cette couche. Les forages (artésiens ou non), les sondages ou les données fournies par l'exploitation des mines révèlent les niveaux d'eaux profonds et donnent sur eux des renseignements plus ou moins complets, mais toujours très importants (d'autant qu'ils sont plus rares).

« 3° L'exécution de galeries de recherche, de forage et de sondages nouveaux, placés en des points convenablement choisis pour procurer des renseignements qui manquent totalement ou compléter et préciser ceux qu'on possède déjà (fig. 77). »

Il faut encore tenir compte, pour la détermination des nappes souterraines, des caractères chimiques de leurs eaux. On peut ainsi distinguer par exemple les eaux de deux nappes voisines, qui ont un degré hydrotimétrique sensiblement différent.

Quantité d' eau nécessaire. — Il importe de pouvoir évaluer assez exactement quels sont les besoins de l'agglomération qu'on se propose d'alimenter en eau. On déterminera ensuite si les ressources quantitatives des eaux dont on dispose sont suffisantes.

Il est évident que la quantité d'eau indispensable pour l'usage journalier ne peut pas être appréciée avec une rigueur mathématique. L'eau, en effet, n'est pas seulement nécessaire comme boisson, mais elle sert à divers usages, et joue un rôle capital au point de vue de la propreté, dont on ne saurait exagérer l'importance en hygiène. S'il existe quelque incertitude à l'égard du chiffre qu'il convient d'établir, on doit certainement interpréter ce doute dans le sens le plus libéral. Dans les grandes villes, et plus encore dans les campagnes, la partie pauvre de la population ne se sert guère d'eau que pour boire. Des habitudes de malpropreté héréditaires, qui se transmettent de génération en génération, réduisent notablement la quantité d'eau nécessaire à chaque famille. Mais il importe, au point de vue hygiénique, de réagir le plus possible contre ces tendances fâcheuses. On doit largement interpréter les données de l'expérience à cet égard, et, pour nous servir du mot si juste de Foucher de Gareil : « Il faut qu'il y ait trop d'eau pour qu'on en ait assez ».

Les progrès que réahsent les villes au point de vue de l'arrosage des rues et des places, de l'aménagement des égouts et de la propreté générale tendent évidemment à augmenter de jour en jour la quantité d'eau dont elles font usage. Il convient d'ailleurs d'évaluer séparément les quantités nécessaires pour la boisson et celles qui sont indispensables pour le lavage. Si la région est pauvre en eaux dont la pureté soit assurée, on pourra employer celles-ci exclusivement comme eau potable et recourir à une double distribution en amenant pour les besoins du lavage des eaux offrant moins de garanties. On estime généralement que pour les centres importants, les villes ayant plus de 50 000 habitants, il faut distribuer quotidiennement 250 htres par tête, soit 50 litres d'eau de boisson et 200 litres d'eau de lavage. Cette quantité peut être abaissée à 150 et même 100 litres par jour et par habitant pour les localités moindres. La proportion entre la quantité d'eau de boisson et celle d'eau de lavage est loin d'être invariable. Une ville industrielle, évacuant ses matières usées par le « tout à l'égout » , aura besoin d'une proportion d'eau de lavage beaucoup plus forte qu'une autre ville placée dans des conditions différentes.

Le climat, la saison rnodilient les exigences de la population. Dans les pays chauds, la quantité requise est certainement beaucoup plus grande que dans les pays tempérés ou froids, d'autant plus qu'une partie de cette eau sert uniquement à rafraîchir

l'atmosphère. On a calculé en Allemagne que la consommation diurne pendant la saison chaude dépasse une fois et demie la consommation quotidienne moyenne de toute l'année.

Il faudra encore tenir compte, dans Févacuation de la quantité d'eau nécessaire, de l'augmentation probable de la population, qu'elle soit brusque et passagère (population flottante des villes d'eaux et des stations balnéaires) ou qu'elle soit progressive et durable (villes industrielles et commerciales).

Il n'est pas sans intérêt de tenir compte pour les agglomérations rurales de la ration d'eau nécessaire pour les animaux domestiques. En Angleterre le War Office estime la ration des chevaux de cavalerie à 8 gallons (36 litres) et celle des chevaux d'artillerie à 10 gallons (45 litres) K

Un bœuf consomme chaque jour de 27 à 35 litres, un mouton ou un porc de 2 à 5 litres.

Lorsqu'il s'agit de déterminer si le volume constant des eaux qu'on destine à une agglomération est en rapport avec les besoins de celle-ci, les difficultés d'appréciation sont très variables. S'il s'agit de sources, on pourra en général évaluer assez facilement leur débit moyen en pratiquant des jaugeages répétés à des périodes de l'année et en des saisons différentes. Mais lorsque c'est une nappe souterraine tout entière dont il faut connaître les ressources, le problème est beaucoup plus complexe. On n'arrivera le plus souvent qu'à des évaluations approximatives en tenant compte de la multiplicité et de l'abondance des sources qu'elle fournit, de la hauteur d'eau des puits qu'elle alimente, de la quantité d'eau de puits qui s'infiltre annuellement dans le sol qui la recouvre.

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