‹ Traité d'hygiène [electronic resource]Chapitre 170 sur 326 · LES MICROBES DE L'EAU · texte numérisé non relu

LES MICROBES DE L'EAU

Dès qu'une eau, quelque pure qu'elle soit, se trouve en contact avec l'air ou le sol, elle renferme des bactéries qu'elle leur emprunte. Parmi ces bactéries les unes sont simplement véhiculées par l'eau et ne s'y multiplient pas; les autres, trouvant dans ce liquide un milieu de culture favorable, y vivent et y colonisent. C'est cette dernière catégorie seule qui devrait représenter à proprement parler les bactéries de l'eau, c'est-à-dire les microbes qui trouvent dans le milieu hydrique des conditions de végétation et de reproduction assez favorables, pour en devenir les hôtes habituels. Mais il se trouve que dans la pratique les analyses bactériologiques des eaux ont été instituées surtout pour déterminer, d'une part, la quantité de germes, quels qu'ils soient, que ces eaux renferment; de l'autre, les espèces microbiennes qui, par leur nocivité propre ou par la signification de leur présence, peuvent dénoncer un danger pour la vie humaine. Or justement ces dernières bactéries ne se rencontrent que rarement dans l'eau, où elles ont toujours été introduites accidentellement et y trouvent des conditions peu favorables à leur existence. On devrait donc ne pas tenir compte dans ce chapitre des microbes dont la présence dans l'eau intéresse au plus haut point l'hygiéniste. Aussi est-on conduit à désigner sous le nom de bactéries de l'eau indifféremment toutes celles que ce liquide peut contenir habituellement ou accidentellement.

Richesse de la flore inicrobienne des eaux. — Il convient tout d'abord de bien établir que l'état actuel de la technique bactériologique ne permet pas de déterminer toutes les espèces microbiennes contenues dans un échantillon d'eau, mais seulement celles qui végètent convenablement sur les milieux nutritifs habituellement employés dans les laboratoires. Quelque insuffisant que soit ce mode d'investigation il permet de prendre une idée assez précise de la richesse comparative de la flore microbienne d'eaux de différentes provenances. La composition des eaux météoriques est celle de l'eau distillée; elles doivent donc à l'origine être pures de tout germe. Cependant, dans l'eau de pluie, en employant un milieu peu nutritif (bouillon de Liebig), Miquel a trouvé, en faisant la moyenne des résultats obtenus de 1883 à 1886, 4, 3

Sulfate ferreux ammoniacal

Acide sulfurique

Eau distillée

q. s. pour compléter. 1 000 c. c.

Page 1