‹ Traité d'hygiène [electronic resource]Chapitre 172 sur 326 · I II · texte numérisé non relu

I II

Après qu'on eut pompé la minutes 458 germes 578 par c. c

— plusieurs licures. 140 — 179 —

Plus tard 68 — 73 —

Rubner a montré que la vase du fond des puits constitue par elle-même une cause de souillure de l'eau. Voici les chiffres que lui ont donnés ses analyses :

20 août (avant agitation du fond),

— àl Iieure (après agitation).,

27 août

21 septembre

1 620 germes par c. c.

Il a donc fallu plusieurs semaines, après cette souillure, pour que l'eau reprît sa teneur normale en bactéries.

La signification du nombre des microbes constaté dans une eau est très variable uivant l'origine même de cette eau, tant que cette analyse quantitative n'est pas complétée par une analyse qualitative. Pour les eaux superficielles, exposées à tant de causes de souillures, il n'y a pas grande conclusion à en tirer. Lorsqu'il s'agit des

1. Les bétoires sont des points poreux du lit d'un ruisseau par lesquels les eaux tombent dans les nappes profondes sans filtration. Les mardelles sont des cavernes souterraines qui conduisent directement les eaux superficielles dans ces mêmes nappes.

580 l'atmosphère, LE SOL ET L'EAU

nappes souterraines, la présence d'un nombre élevé de microbes indique une insufiisance de la filtralion naturelle des terrains qui les recouvrent ou un défaut de protection aux points où elles sont amenées au jour.

La numération des microbes contenus dans une eau préalablement soumise à une épuration artificielle donne d'utiles indications sur le degré d'efficacité du procédé employé.

Elle rend surtout des services de la plus haute importance pour le contrôle de la filtration de grandes masses d'eau ; les hygiénistes allemands ont particulièrement insisté sur ce point.

Nature des microbes de Veau. — La détermination des microbes isolés dans l'eau a conduit à en trouver une très grande variété dans ce milieu. Au point de vue de l'hygiène, il faut considérer s'ils sont non pathogènes ou pathogènes pour l'homme.

Les microbes non pathogènes qu'on rencontre dans l'eau appartiennent à cette catégorie de micro-organismes qui ne sont pas nocifs par eux-mêmes. Il n'est cependant pis sans intérêt d'étabhr leur détermination, la présence de quelques espèces ayant une signification particulière ^ C'est ainsi que les microbes non pathogènes qui liquéfient la gélatine et sont par là même faciles à reconnaître, sont généralement des agents de la putréfaction, des saprophytes. On admet que la présence du bacler'ium coli commune dans une eau est le plus souvent en rapport avec une souillure de ce hquide par les matières fécales. De même le bacillus urese de Miquel dénoncerait une souillure par l'urine. Enfin il faudrait tenir pour suspectes les eaux contenant ces variétés de vibrions, très voisines du bacille du choléra, qui ont été isolés à plusieurs reprises.

Les microbes pathogènes trouvés dans l'eau peuvent être pour la plupart accidentellement entraînés dans les eaux. Mais en général ils y trouvent des conditions défavorables à leur persistance et à leur multiplication. Ceux dont l'accès dans les eaux potables est surtout dangereux sont les micro-organismes, qui infectent habituellement l'économie par les voies digestives. Ils sont d'ailleurs rejetés avec les matières fécales des malades qui s'infiltrent si souvent dans les eaux potables.

Bien avant que la nature microbienne de ces maladies eût été soupçonnée, leur transmission fréquente par l'eau potable avait été établie par des constatations épidémiologiques incontestables. Nous renvoyons à ce que nous avons déjà dit à ce propos pour la fièvre typhoïde (p. 194-197), la dysenterie (p. 210) et le choléra (p. 391-402).

Nous avons vu (p. 194 et 195) quelle avait été, dans les expériences de laboratoire, la durée de la survie du bacille typhique dans l'eau distillée, l'eau stérilisée et l'eau naturelle. En somme, dans l'eau naturelle, il n'a généralement pas été retrouvé au delà d'un mois.

Le bacille du choléra i)araît encore moins résistant. Si dans l'eau stérilisée il a pu être encore isolé après 15 jours à 1 mois (Nicati et Rietsch, Straus et Dubarry)' et même plusieurs mois (Wollfhiigel et Riedel), dans l'eau naturelle le Kommabacille avait disparu en 24 heures à 10° (Kraus, eau de Mangfall), en 2 jours à 16-22°

1. A titre de curiosité nous indiquons les recherclies de Certes et Garrigou, de Kaiiinsl<y et Teich, de M"*" Tsiklinslcy, qui ont isolé dans les eaux thermales des microbes therillophiles, ne se développant pas à 37" et au-dessous, mais se multipliant surtout à 60° et môme à 70°.

(Wolffhûgel et Riedel, eau de la Sprée) ; en 5 à 10 jours à 16-20o (Hueppe, eau des puits de Wiesbadeo); eu 6 jours à lO*', 2 jours à 2ii% 1 jour à 33" (Fliigge, eau de fleuve). Pfeiffer seul dit Tavoir retrouvé après sept mois.

Ces mêmes espèces pathogènes se montrent très résistantes à la congélation et persistent longtemps dans la glace; d où la possibilité d'épidémies dues à Temploi de glace à rafraîchir malpropre. Ce fait a été surtout démontré pour le bacille typhique par Chantemesse et Widal ainsi que par Prudden. Ce dernier auteur a observé qu'une eau qui contenait une quantité irmombrable de bacilles typhiques avant la congélation, en contenait 1 019 403 après que la congélation eut duré 11 jours, 24 276 après qu'elle eut duré un peu plus de 2 mois, enfin 7 348 après qu'elle eut duré 103 jours.

Le tableau suivant, emprunté à Bonjean, donne le répertoire des micro-organismes rencontrés dans l'eau, en signalant spécialement les espèces dangereuses ou suspectes.

IIÉPERTOIIIE DES MICROOKGANISMES RENCONTRÉS DANS LES EAUX (ÉD. BONJEAN)

H- espèces dangereuses; * espèces suspectes, susceptibles de former des associations dangereuses; c. i, espèces insuffisamment caractérisées.

/. Chromogènes liquéfiantes.

Coccus aurantiacus liqiiefaciens.

— flavus desidens.

— flavus liquefaciens.

— fuscus.

— lateus liquefaciens.

— prodigiosus *.

Staphylococ. pyogenes aurëus -|-.

— citreus +.

Sarcina aurantiaca.

— rosea.

Coccus agilis c. i.

— cremoides c. i.

— ochroleucus c. i.

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