‹ Traité d'hygiène [electronic resource]Chapitre 177 sur 326 · IV. — Moisissures · texte numérisé non relu

IV. — Moisissures

Aspergillus glaucus.

— flavus.

— niger.

— ochraceus.

— albus.

Mucor miicedo.

— racemosus.

— stolonifer.

Pénicillium glaucum.

Étudions maintenant les différents facteurs qui peuvent être favorables ou nuisibles à la vitalité des microbes de l'eau.

Lorsqu'on abandonne un échantillon d'eau dans un flacon stérilisé pendant quelques jours on s'aperçoit que le nombre des bactéries s'y accroît d'abord dans des proportions considérables. Léone a le premier fait cette observation à Munich : une même eau qui ne contenait que 5 germes par c. c. au moment de la prise en contenait plus de 10 000 le second jour ; plus de 60 000 le troisième ; plus de 300 000 le quatrième et enfin 500 000 le cinquième jour. Ces faits ont été vérifiés depuis par Meade Bolton et Herœus. On voit donc l'intérêt qu'il y a à pratiquer les analyses bactériologiques immédiatement après le prélèvement.

Si, comme l'a fait Cramer, on poursuit cette expérience plus loin on voit que l'accroissement des microbes ne progresse plus au bout de quelques jours et que leur nombre s'abaisse aussi rapidement qu'il s'est multiplié. Il y a plus : si l'eau est conservée pendant des années le chiffre de sa fiore microbienne devient inférieur à celui qui avait été constaté lors du prélèvement et peut même tomber à zéro (Miquel).

Les expériences de Percy-Frankland, de Meade Bolton, de Kriiger, de Miquel montrent encore que la multiplication des germes dans l'eau conservée est d'autant plus considérable que ceux-ci étaient plus rares lors du prélèvement. Duclaux explique ce fait en comparant l'eau très pure à un terrain vierge, à un milieu non vacciné, tout préparé pour l'envahissement des germes, dès que les circonstances deviennent favorables. Au contraire une eau déjà fortement envahie par les microbes serait comme vaccinée et ne permettrait plus la multiplication intense des bactéries qui l'habitent. De fait Miquel a montré que la chaleur avait en pareil cas une influence analogue à celle qu'elle possède vis-à-vis de certaines toxines et de certaines substances vaccinales. Une eau, dans laquelle ne s'était pas montrée de multiplication microbienne dans les premiers jours, devient après ébuUition un très bon milieu de culture pour les mêmes microbes, comme si la chaleur avait détruit des substances s'opposant au développement bactérien.

Il faut compter aussi avec l'influence de l'oxygène de l'eau. Wolfhugel et Riedel,

5S4 l'atmosphère, LE SOL ET L'EAU

Porc} -Frankiand ont nolé la multiplication microbienne bien plus grande qui se fait dans des flacons fermés par des tampons d'ouate et par suite bien aérés, comparalivement à ce qui se passe dans des flacons coiffés de bouchons de caoutchouc qui s'opposent à la pénétration de l'oxygène.

Les substances minérales contenues dans l'eau favorisent singulièrement le développement de certains microbes. Trenkmann a démontré que l'addition de sels de soude à de l'eau naturelle en fait un bon milifeu de culture pour le bacille cholérique.

Enfin les bactéries possèdent des facultés d'adaptation au milieu dans lequel elles se trouvent, qui ont été mises en lumière par Haffkine pour le bacille typhique.

A côté de ces conditions favorables, les microorganismes rencontrent dans l'eau de nombreux obstacles à leur multiplication : c'est d'abord l'acide carbonique dont l'action est défavorable aux microbes de l'eau qui sont le plus souvent des aérobies; c'est la température même des eaux naturelles qui est généralement bien au-dessous du degré nécessaire aux conditions de reproduction des microbes; c'est une véritable action bactéricide de l'eau, qui disparaît sous l'influence de la chaleur à 115% comme l'ont montré les expériences de Hanjdn pour les eaux du Gange et de la Jumma dans l'Inde; c'est enfin la concurrence vitale, qui permet aux espèces bactériennes les plus robustes de détruire les plus faibles afin d'accaparer les éléments nutritifs de l'eau. Kraus a vu les bacilles de la fièvre typhoïde et du choléra placés dans l'eau en concurrence avec les microbes habituels de ce miheu, disparaître rapidement, alors même qu'au moment de l'ensemencement ils étaient les plus nombreux ^

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