INFLUENCE DE L'ALTITUDE
A mesure que le sol s'élève au-dessus du niveau des mers, la température décroît rapidement. Les glaces perpétuelles se rencontrent même sous les zones torrides; mais, tandis qu'on les trouve à une hauteur de 720 mètres au-dessus du niveau de la mer, en Norvège, sous une latitude de 71° nord, dans les Alpes et les Pyrénées elles ne descendent pas au-dessous de 2 700 mètres, et sont à 4 800 mètres à Quito, sous l'Equateur.
De Saussure passa dix-sept jours au col du Géant (3 428 mètres), tandis que Ton observait simultanément le thermomètre à Chamounix (1 044 mètres) et à Genève (407 mètres). Cette série d'expériences a permis de constater d'assez grandes variations dans la décroissance de la température d'un jour et même d'une heure à
l'autre. La hauteur moyenne correspondant à une , différence de 1°, dans les températures simultanées, a été trouvée de 142 mètres à cinq heures du soir et de 210 à quatre heures du matin. La rapidité de cette décroissance n'a pas été constante, quoiqu'elle reste comprise entre des limites à peu près semblables aux diverses latitudes. L'heure, la saison, l'état du ciel, la direction des vents, l'abondance de la vapeur d'eau sont autant d'éléments qui, sans cesse variables, produisent de nombreuses oscillations.
Les mêmes effets s'observent dans les ascensions. Gay-Lussac, en 1804, ressentit, à une hauteur de 7 000 mètres, un froid de près de 10°. Dans la cour de l'Observatoire, le thermomètre marquait 28°; l'abaissement de la température se trouvait donc de 38°. En 1850, Barrai et Bixio éprouvèrent, à une hauteur de 7 000 mètres environ, une température inférieure à celle de 39*^ au-dessous de zéro.
Ainsi donc, la décroissance de la température, en raison de l'élévation, n'est pas constamment régulière; on trouve presque toujours dans l'atmosphère, jusqu'à une hauteur de 5 à 6 kilomètres, des couches d'air relativement chaudes, dont l'épaisseur varie de 300 à 3 000 mètres, et dont l'excès de température peut aller de 1 à 10°.