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CIRCULATION MARITIME

La circulation maritime a une influence considérable sur la température de certaines parties du globe. Maury, dans sa géographie physique de la mer, a bien précisé la direction de ces courants; nous allons successivement les passer en revue.

Le grand courant équatorial porte sa température sur toutes les côtes de l'ouest. Dans l'Atlantique, depuis la côte d'Afrique jusqu'à la mer des Antilles, dans une étendue de 7 400 kilomètres, il s'avance avec la vitesse quotidienne de 55 kilomètres et une température de 25 à 30°; ce courant se bifurque au sud et au nord. Au sud, il produit le courant de Saint-Roch^ qui longe l'Amérique du Sud jusqu'au cap Horn, et un courant refoulé par les eaux froides qui longe la côte de Guinée.

L'autre branche, après avoir baigné les côtes de la mer des Antilles et du golfe du Mexique, donne naissance au Gulf-Stream, véritable fleuve d'eau chaude dans l'Océan, qui ressort par le détroit des Florides avec une vitesse de 10 kilomètres à l'heure, et un volume d'eau que l'on estime à près de 4 000 fois le volume des eaux de l'Amazone, pour se précipiter vers les mers arctiques.

Le Gulf-Stream aux eaux bleues s'avance en refoulant les eaux plus pâles de l'Océan et en diminuant de vitesse jusqu'au banc de Terre-Neuve; là, il obéit à la force qui le ramène vers les côtes de l'Est; il se bifurque : son bras gauche va, comme courant sous-marin, partie dans la mer de Baffm, partie entre l'Islande et la Norvège, réchauffer les mers du pôle; son bras droit touche aux côtes d'Irlande et d'Angleterre et revient sous le nom de courant de Rennel, parallèlement aux côtes de France et d'Espagne, se perdre vers la côte d'Afrique. La température à la surface atteint parfois 30°, et se trouve toujours de plusieurs degrés supérieure à la température des mers qu'il traverse, il réchauffe toutes les côtes septentrionales qu'il visite et leur apporte des graines arrachées au climat des Antilles.

Dans l'Océan Indien, dont la température atteint souvent 32*^, le courant équatorial se précipite vers le sud, où la mer est ouverte, pour former le grand courant de Mozambique qui va se heurter, avec les courant froids du pôle sud, à la région des tempêtes qui enveloppent le cap de Bonne-Espérance.

Vers le nord, le courant équatorial indien, après avoir réchauffé la mer Rouge, le golfe Persique et les mers du Bengale, va produire le courant de Malacca et celui des mers de Chine.

Dans l'Océan Pacifique, le courant équatorial abandonne les côtes occidentales de l'Amérique et se trouve remplacé au sud par le grand courant des eaux froides du pôle sud, qui, sous le nom de courant de Humboldt, vient baigner et rafraîchir toutes les côtes du Chili et du Pérou ; il est remplacé au nord par le courant d'eau froide qui, parti du détroit de Behring, se fait sentir jusqu'en Californie. Ces eaux

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fraîches, les premières surtout, marquent souvent 15», quand les eaux chaudes qu'elles repoussent s'élèvent à 27^.

Le courant équatorial, plus libre dans sa marche et plus large dans le Pacifique, s'avance lentement vers les côtes d'Asie; là, il contribue à former, à la hauteur d.u Japon, le courant noir, ainsi nommé de la couleur foncée de ses eaux, qoi relève de quelques degrés la température des côtes est du Japon et qui, accomplissant son grand mouvement de spirale, revient, en touchant les côtes du Mexique, se perdre vers l'Equateur.

L'Océan Pacifique, ne trouvant pas d'obstacle vers le sud, s'y déverse en une nappe immense, pendant que les eaux du pôle antarctique, ne rencontrant partout que des côtes peu étendues, s'avancent librement à leur rencontre jusqu'au tropique et souvent le dépassent.

Les eaux froides se composent de courants opposés et égaux qui forment des couches à différentes profondeurs de l'Océan et qui souvent apparaissent à la surface; c'est le courant dont nous avons déjà parlé, qui, parti du détroit de Behring, se bifurque pour arroser d'un côté les côtes de l'Amérique du Nord jusqu'en GaUfornie, de l'autre toutes les côtes de l'Asie orientale jusqu'au tropique du Cancer; c'est le grand courant arctique du Labrador et de Terre-Neuve, où il paraît se précipiter sous les eaux du Gulf-Stream ; son autre branche, longeant les côtes de l'Europe, va se perdre sur celles de l'Afrique,

Cette double circulation atmosphérique et maritime explique les inégalités de température que l'on observe à des mêmes latitudes sur les deux continents. Lorsque les habitants de la Grande-Bretagne fondèrent sur le littoral des États-Unis d'Amérique leur première colonie durable, les colons qui vinrent s'étabhr entre la Caroline du Sud et l'embouchure du fleuve Saint-Laurent, s'étonnèrent d'avoir traversé des hivers beaucoup plus froids que ceux de l'Italie, de la France et de l'Ecosse, pays placés cependant sous les mêmes latitudes.

En effet, Québec et Christiania sont situés à peu près sur la même ligne isotherme de 5°, et cependant Christiania est à 12^ plus au nord. L'avantage en faveur des côtes ouest d'Europe est encore beaucoup plus sensible pendant l'hiver. Ces différences, que Ton ne peut attribuer à la seule proximité des eaux, sont produites surtout, par les courants étabhs, à la surface des mers et dans l'atmosphère.

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