INFLUENCE DE LA PRESSION
La pression atmosphérique est un élément important dans la constitution des cUmats; la hauteur du baromètre ne dépend pas seulement de l'état de la couche d'air dans laquelle il est placé, elle représente la somme des pressions de toutes les couches superposées jusqu'aux limites de l'atmosphère. Dans une atmosphère mouvementée comme la nôtre, le baromètre, dit le maréchal Vaillant, est un dynanomètre ou un manomètre bien plus encore qu'une balance.
On a cm pendant longtemps que la hauteur moyenne du baromètre était la même sur toute la surface des mers. Le nombre des observations n'étant pas suffisant pour résoudre la question, on invoquait des considérations théoriques; les conditions d'équilibre de TOcéan aérien ne permettaient pas d'admettre l'inégalité des pressions aux diverses latitudes, on oubliait que cet équilibre prétendu n'existe nulle part. Depuis les travaux de Maury, les observations se sont multipliées à la surface des mers et des continents, et la pression moyenne a été déterminée dans un grand nombre de lieux.
Les résultats principaux auxquels on est parvenu sont les suivants, d'après Kaemtz; ce sont encore des moyennes, mais prises à diverses latitudes :
1° On peut admettre que la pression moyenne à la surface des mers considérées dans leur ensemble est de 761°''^, 35 :
2° A réquateur, elle n'est plus que de 758 millimètres, ou un peu au-dessus;
3° A partir de 10« de latitude nord, la pression augmente, et entre le 30' elle 40^ degré elle atteint son maximum ; elle s'y élève à 762 ou 764 millimètres ;
4° A partir de cette zone elle diminue, et vers le 50© degré elle n'est plus que de 760 millimètres; dans les contrées plus septentrionales, elle descend à 756 millimètres environ.
Les mouvements du baromètre sont d'une grande régularité entre les tropiques ;
d Pétersbourg.
4Berli
Paris.
Halle.
ds fmamssa s o nd Fig. — Variations mensuelles du baromètre à Halle, Paris, Berlin, Pétersbourg.
toujours très faibles, ils se reproduisent à peu près invariablement, chaque jour, aux mêmes heures; en dehors des tropiques et à mesure que l'on se rapproche des pôles, les phénomènes deviennent d'une irrégularité de plus en plus grande. Entre des époques très rapprochées, la pression subit des écarts considérables.
Le baromètre varie peu d'un mois à l'autre de l'année, dans les régions équatoriales des deux Océans, où le régime des vents est régulier et bien établi ; il n'en est plus de même sur les continents où des renversements ont souvent lieu dans la direction des courants d'air; dans l'Inde en particuher, à Benarès et à Calcutta, l'oscillation de la colonne mercurielle est d'environ 16 millimètres de juillet en janvier. Elle devient très irrégulière dans nos climats, comme l'indique la figure 112 pour Halle, Paris, Berlin, Pétersbourg.
D'une manière générale et en négligeant les fluctuations secondaires, on reconnaît que la pression atmosphérique totale exercée sur l'hémisphère nord, augmente en hiver et diminue en été. L'inverse a heu sur l'hémisphère austral où la même formule est applicable, mais où les saisons sont renversées. Cette variation de la hauteur moyenne de mercure dans les divers mois de l'année est le résultat naturel du balancement des températures sur les deux hémisphères et du transport de la masse gazeuse de l'un à l'autre, suivant les saisons.