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INFLUENCE DE LA PRESSION

L'oscillation diurne de la température en chaque lieu produit une oscillation correspondante dans la hauteur de la colonne mercurielle ; c'est encore à l'Équateur et dans les régions voisines que le phénomène acquiert le plus d'ampleur et de régularité.

D'une manière générale, le baromètre baisse lentement depuis dix heures du matin jusqu'à trois ou cinq heures du soir, suivant les saisons.

Après avoir atteint un premier minimum, il remonte jusque vers neuf heures ou onze heures du soir, où il atteint un premier maximum ; il baisse de nouveau, et l'on observe un second minimum vers quatre heures du matin, et un second maximum vers dix heures. Très prononcées vers l'Equateur, ces oscillations le deviennent beaucoup moins à nos latitudes. Les heures de maximum et de minimum appelées heures tro'piques varient avec la saison, la latitude et la hauteur.

Les oscillations régulières du baromètre vont en décroissant de l'Equateur vers les pôles; l'inverse a lieu pour les variations accidentelles; presque nulles dans les régions équatoriales, sauf les cas exceptionnels de grande perturbation, elles sont au contraire très considérables dans les hautes latitudes.

Une baisse anormale du baromètre sous l'Equateur est menaçante quand elle atteint quelques miUimètres, elle passerait ordinairement inaperçue dans nos climats. Dans les grandes tempêtes, le baromètre peut descendre ou remonter de 25 ou 30 milUmètres, en un petit nombre de jours, sous toutes les latitudes; quelques chiffres donneront une idée des variations du baromètre aux diverses latitudes.

L'amplitude moyenne des oscillations barométriques mensuelles est :

A Batavia 2,7 millimètres.

A Rome 10,2 —

A Paris 17,2 —

A Bruxelles 18,9 —

A Pétersbourg 20 —

A Nairn, dans le Labrador 24,4 —

A latitude égale, cette ampUtude est moindre dans l'intérieur des continents que dans le voisinage des côtes, elle diminue rapidement à mesure qu'on s'élève dans l'atmosphère et c'est surtout dans les couches inférieures de l'air que les oscillations se manifestent.

La diminution exagérée de la pression atmosphérique exerce sur l'organisme humain une influence funeste. C'est aux effets de cette diminution de pression que l'on doit rapporter ce qui se passe dans les ascensions de montagnes, dans lesquelles on s'élève à des hauteurs où la pression barométrique descend à 50, 40 et 30 centimètres.

Un fait constant a été signalé dans la plupart de ces ascensions à grande hauteur : l'existence de sensations particuHères, d'accidents constituant ce que l'on appelle le mal des montagnes (fatigue extrême, céphalalgie, nausées, vomissements, syncopes). L'explication du mal des montagnes a été cherchée dans une fatigue considérable produite par l'ascension même; mais comment expliquer qu'un repos de quelques instants fasse disparaître ces symptômes, les forces musculaires ne pouvant être récupérées aussi rapidement? L'interprétation de Gavaret s'appuie sur des bases réellement scientifiques. Gavarret, calculant le travail effectué par un homme

qui gravit une montagne, travail qu'il évalue à 150 000 kilogrammèlres pour une ascension de 2000 mètres, cherche la quantité de carbone qui a dû être brûlée dans l'organisme pour produire ce travail, et il trouve que cette combustion donne naissance par heure à un excès de 65 litres d'acide carbonique. Ce serait, d'après Gavarret, à l'exhalaison incomplète de ce gaz, qui se trouverait alors dans le sang en quantité plus grande qu'à l'état normal, qu'il faudrait attribuer les symptôme observés. Le repos, en permettant le dégagement de cet excès de gaz carbonique, sans production d'une nouvelle quantité, ramènerait le sang à l'état normal et supprimerait la gêne, les nausées, etc. ; on a aussi attribué (Le Roy de Méricourt) les effets que nous relatons au froid extrême qui fut observé dans certaines ascensions; mais il résulte de diverses expériences, faites à la Sorbonne par Bert, que la diminution de pression seule produit les mêmes accidents.

Sivel et Crocé-Spinelli, les mêmes qui ont succombé dans la terrible catastrophe du Zénith, ont ressenti les premiers symptômes du mal des montagnes, étant au repos, soumis à une température de -f- 13^, dans une cloche de la Sorbonne : ils éprouvèrent ces mêmes effets dans une ascension qu'ils exécutèrentle 22 mars 1874, alors que la pression fut réduite à 30 centimètres, comme elle l'avait été dans la cloche. Enfin, sans que rien fût modifié dans la température, ni dans la quantité d'acide carbonique exhalé dans l'un et l'autre cas, la respiration d'un air suroxygéné fit disparaître les sensations douloureuses.

Il semble donc étabh que le mal des montagnes a pour cause principale la diminution de la masse d'oxygène dans le sang, état provenant de la diminution de pression effective de ce gaz dans l'air ambiant. D'autres circonstances extérieures, telles que le froid, la sécheresse de l'air, la réverbération par la neige des rayons solaires, les émanations gazeuses résultant de l'action de ces rayons, peuvent ajouter leur intluence à celle de la désoxygénation.

Ce n'est pas la première fois que la désoxygénation du sang est signalée comme la cause, ou, tout au moins, comme l'une des causes principales du mal des montagnes. Lombard (de Genève), Ch. Marlins et Jourdanet, en 1861, avaient insisté sur cette concomitance de la diminution de la quantité d'oxygène avec la production du mal des montagnes. Mais cette idée a été principalement soutenue par Jourdanet, qui l'a étayée sur de longues observations recueilhes au Mexique. Le point de départ de ses travaux se trouve dans cette idée : qu'une diminution notable de la pression atmosphérique amène un changement dans la composition des gaz qui existent dans le sang; que, particuhèrement, l'oxygène se trouvant en moindre quantité, les combustions qui ont lieu dans l'organisme sont moins vives et que les fonctions vitales s'en trouvent affaiblies dans toutes leurs manifestations. Il se produit une anémie, mais une anémie d'une espèce particulière que l'auteur désigne sous le nom d'anoxyhémie.

Jourdanet distingue les climats d'altitude des climats de montagnes; il désigne sous le nom de climats d'altitude « ceux qu'une élévation suffisante, combinée avec la distance de l'Équateur, caractérise par les signes certains de l'altération respiratoire comme conséquence de la diminution de densité de l'air ambiant ». Les chmats d'altitude, dans les régions équatoriales, dépassent 2 000 mètres d'élévation. Il donne, comme limite des accidents anoxyhémiques, la demi-distance entre le niveau de la mer et la hauteur où commencent les neiges éternelles ; cette limite

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