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ÉPOQUE EST OU OUEST FACE SUD FACE NORD

Solstice d'été (24 juin) 2 600 calories 1 904 calories 467 calories

Équinoxe (20 mars ou 20 sept. .. 1 534 — 3 375 — 0 —

Solstice d'hiver (21 décembre). . . 358 — 1 965 — 0 —

On voit donc que la face sud reçoit beaucoup plus de chaleur en hiver, au printemps et en automne que la face est ou ouest, mais sensiblement moins pendant la saison chaude, ce qui est précieux. L'orientation nord-sud présenterait donc des avantages thermiques, kout en tenant compte de cet inconvénient que la façade nord reste privée de rayons solaires pendant les trois quarts de l'année. On en serait quitte pour placer sur la façade nord les locaux où on séjourne peu.

Mais, d'un autre côté, au point de vue de l'éclairage, l'exposition nord est tout à fait défectueuse. L'orientation principale serait donc avantageusement dirigée dans une situation intermédiaire du nord-ouest au sud-est par exemple. L'orientation peut d'ailleurs être subordonnée aux destinations spéciales de certains locaux (salles d'écoles, laboratoires, ateliers de peinture, etc.), où il faut un éclairage constant, sans que les rayons solaires y pénètrent d'une façon prolongée.

844 L'HàBITATION

Dans les localités mal abritées il y a im grand intérêt à ne pas exposer l'une des façades principales aux vents froids et pluvieux.

Nous étudierons d'abord l'habitation privée au point de vue de l'hygiène, réservant pour le chapitre suivant ce qu'il conviendra d'ajouter à propos de l'habitation collective.

L'habitation privée doit être autant que possible isolée des habitations voisines par des cours ou des jardins qui permettent la libre circulation de l'air et l'insolation maxima des façades. Elle sera d'autant moins exposée aux souillures autochtones que le chiffre de ses habitants sera plus restreint. Il y aura donc avantage à ce qu'elle n'abrite qu'une seule famille.

Mais dans la plupart des grandes villes où le prix des terrains est si considérable qu'on en est réduit à construire tout en hauteur et à superposer les étages les uns au dessus des autres, ces conditions de salubrité ne sont plus observées. Les habitations privées sont placées côte à côte de chaque côté des rues ; elles s'élèvent assez pour permettre de construire un nombre plus ou moins considérable d'étages (6 à 7 à Paris jusqu'à 12 à 14 New- York); chaque étage divisé en appartements comprend le logement d'une ou de plusieurs familles.

Cet encombrement entraîne une accumulation de souillures qui constitue un des principaux dangers des villes et qui explique l'impérieuse nécessité d'assurer une évacuation hygiénique immédiate des matières usées. De plus la réunion de plusieurs groupes humains sous le même toit multiplie les occasions de contact et favorise par suite la dissémination des maladies transmissibles.

L'accumulation des individus dans un même logement en augmente l'insalubrité au point que le chiffre du pourcentage de la mortalité annuelle, lorsqu'on compte plus de trois habitants par chambre, est trois fois plus élevé que dans les cas où chaque chambre ne renferme qu'un habitant. Mais il faut aussi tenir compte de ce que les logements sont fatalement d'autant plus encombrés que leurs habitants sont plus pauvres, et que la misère est une cause de mortalité qu'on ne saurait négliger.

On voit que pour satisfaire aux exigences de l'hygiène il est nécessaire que l'air et la lumière puissent pénétrer largement et librement dans toutes les profondeurs de l'habitation . On arrive aisément à remplir ces conditions lorsque chaque maison est entourée de terrains libres. Mais dans les villes où les bâtiments sont accolés les uns aux autres et distants de ceux qui leur font face de la largeur d'une rue seulement, on est obligé de recourir à la réglementation pour que les constructions soient maintenues dans des hmites qui ne s'écartent pas trop de celles qui sont fixées par les principes de la salubrité. Pour permettre une insolation et une aération suffisantes, il serait à désirer que deux façades opposées, séparées par un espace libre, restassent toujours à une distance l'une de l'autre au moins égale à la hauteur de la construction la plus élevée ou, plus simplement, que la hauteur d'un bâiiment ne dépassât jamais la largeur de l'espace hbre qui s'étend devant sa façade. Mais, dans

l'habitation 845

les grandes villes surtout, il a fallu compter avec certaines nécessités. C'est pour cela que le récent modèle de règlement sanitaire municipal en France admet que la hauteur des maisons mesurée sur le point milieu de la façade entre le niveau du trottoir ou le revers du pavé au pied de cette façade et la ligne de faîte de rimmeuble, n'excédera pas les dimensions suivantes en rapport avec la largeur réglementaire de la voie :

Voies de moins de 12 mètres : hauteur de 6 mètres augmentée d'une dimension égale à la largeur de la voie; Voies de 12 à lo mètres : hauteur de 19 mètres; Voies de 16 mètres et au-dessus : hauteur de 20 mètres.

Pour le calcul de la cote de hauteur, toute fraction de mètre de largeur de la voie sera comptée pour un mètre.

Ces dimensions réglementaires ne sont imposées que pour la façade donnant sur la rue, nous verrons en parlant des cours et des courettes qu'il n'est plus tenu aucun compte des exigences de l'hygiène pour les autres façades.

Passons maintenant en revue rapidement, pour y revenir ensuite avec plus de détail, les principes d'hygiène qui doivent présider à la construction, à l'aération, au chauffage, à l'éclairage de l'habitation privée, à son alimentation en eau, à l'évacuation de ses matières usées, à son ameublement.

Au point de vue théorique les matériaux à employer dans la construction devraient être solides et légers, réfractaires à l'humidité, mauvais conducteurs du calorique et inattaquables aux divers agents extérieurs ou intérieurs qui peuvent exercer sur eux une action destructive. Mais dans la pratique on est souvent forcé de se contenter de ceux que la nature du sol a mis à notre portée et d'ailleurs la destination des bâtiments impose souvent au constructeur un choix plus ou moins hmité.

Pour ce qui est de l'aération il faut que l'air contenu dans une pièce suffise aux besoins de ses habitants, sans être renouvelé, pendant la plus longue période de séjour qu'ils pourront y faire. Or, il est admis qu'une pièce, habitée par un adulte, doit renfermer de 25 à 60 mètres cubes d'air par tête; dans ces conditions qui sont loin d'être remplies dans les quartiers populeux, ces chambres pourront être habitées sans inconvénient.

On sait qu'un adulte absorbe de 20 à 25 litres d'oxygène par heure et qu'il exhale dans le même espace de temps de 15 à 20 litres d'acide carbonique. Ainsi donc, au bout de 8 heures, un adulte confiné dans une chambre de 30 mètres cubes de capacité aura fourni environ 200 htres d'acide carbonique à une atmosphère de 30 000 htres. L'air de cette chambre contieiidra alors environ 7 millièmes d'acide carbonique. L'air expiré par les poumons en contient environ 7 fois plus (40 à 50 p. 1000). On éprouve déjà un sentiment de malaise dans une atmosphère qui contient de 7 à 8 millièmes d'acide carbonique. Il faut donc éviter de dépasser ce chiffre, et le meilleur moyen d'y parvenir, c'est de recourir à la ventilation que nous étudions plus loin.

Il ne suffit pas de respirer, il faut encore lutter contre la température extérieure. Le problème se présente dans des conditions absolument inverses dans les pays chauds et dans les pays froids. Ici, l'on recherche, là, on évite la chaleur. Les habitations mauresques du nord de l'Afrique, dépourvues de fenêtres donnant accès aux rayons du soleil ont des cours intérieures rafraîchies par des fontaines, sur les-

quelles s'ouvrent toutes les pièces de la maison ; c'est là un type de ce qui convient aux pays chauds, et l'on doit regretter qu'en Algérie l'architecture européenne, moins appropriée au climat, se soit substituée à Tarchitecture indigène.

Dans les pays froids, au contraire, il faut se chauffer, et c'est à quoi l'on parvient par mille moyens divers. Le plus efficace de tous les systèmes est celui qu'on adopte en Russie ; les murs doubles, renfermant entre eux un espace dans lequel on fait du feu. Mais dans l'Europe occidentale on a recours à des moyens moins absolus. Nous étudierons plus loin les divers procédés de chauffage applicables à nos climats. Bornons-nous à faire observer qu'il y a une sorte d'antagonisme entre ces deux indications à remplir, la ventilation et le chauffage des bâtiments. Voilà pourquoi, dans les habitations de la classe ouvrière, tout étant subordonnée à la crainte du froid, l'atmosphère est si souvent viciée.

Il est évident que l'éclairage est encore une cause d'altération de l'air, non seulement par la consommation d'oxygène qu'il nécessite, mais aussi par les gaz qui résultent de la combustion et qu'il déverse dans l'atmosphère. « Une bougie consumant 10 grammes d'acide stéarique par heure, dit Gautier, ou bien 10 grammes d'huile qui brûlent dans une lampe, produisent, dans ce laps de temps, environ 15 litres d'acide carbonique, et dépensent 100 litres d'air à 15°. C'est à peu près la consommation d'oxygène d'un homme ordinaire. A Paris, un bec d'éclairage brûle de 130 à 150 litres de gaz par heure et enlève à l'air 190 à 220 htres d'oxygène. Il correspond par conséquent à la consommation de 9 à 10 adultes. »

Nous avons déjà étudié dans tous ses détails l'adduction et la distribution des eaux potables. Lorsque l'habitation est desservie par un service public d'eaux, elle est ahmentée par une colonne montante, qui est branchée sur la canalisation générale et d'où partent des conduites destinées aux services des cuisines, des cabinets de toilette, des bains et des water-closets. Lorsque chaque étage de l'habitation renferme des groupes distincts, il faut autant que possible que l'eau soit distribuée à chacun d'eux. Nous n'aurons plus à revenir sur la question des eaux dans l'habitation; nous renvoyons au chapitre que nous lui avons déjà consacré.

Toutes les souillures de l'habitation seront collectées et emportées au loin. Les ordures ménagères, les produits de balayage seront recueiUis dans des boîtes métalliques spéciales pour être ultérieurement détruits. Les eaux pluviales s'écoulent au dehors par des dalles et des conduites métalliques. Les eaux ménagères sont recueillies dans des éviers et des vidoirs, puis entraînées au loin à travers des conduites d'évacuation. Il en est de même des produits d'excrétions humaines, soit qu'ils soient provisoirement emmagasinés in situ dans des fosses fixes ou mobiles pour être enlevés par la suite, soit qu'ils soient directement entraînés dans des égouts d'évacuation.

Quant au mobiUer il sera établi de façon à être facilement nettoyé et à ne pas emmagasiner les souillures

Lorsqu'on se propose de construire une habitation, il faut d'abord en établir les fondations sur lesquelles on place les caves et les sous-sols. A mesure que la construction s'élève, on dispose les pièces d'habitation proprement dites, entre lesquelles se trouvent les corridors, qui en rendent l'accès facile. Des ouvertures ménagées dans les murs reçoivent les portes et les fenêtres; un ou plusieurs escaliers desservent les différents étages. Quelques pièces (cuisines, buanderie, salle de bain, cabinets d'aisance) à cause de leur destination spéciale nécessitent un aménagement particulier. A la partie la plus élevée de l'habitation se trouvent les combles, immédiatement surmontés par la toiture qui protège toute la construction. Parfois il est nécessaire de ménager des cours entre diverses parties du bâtiment pour augmenter l'éclairage et l'aération. Enfin dans certains cas des écuries forment une dépendance de l'habitation.

La destination des pièces se fait suivant certaines règles. Autant que possible les chambres à coucher seront placées au dessus du rez-de-chaussée et au dessous des combles, pour éviter l'humidité des premiers, la fraîcheur ou la chaleur excessive des seconds; on leur donnera de préférence, ainsi qu'aux pièces où on se tient le plus longtemps, les expositions les plus chaudes et les plus ensoleillées, le midi ou l'est, au moins dans les cUmats froids et tempérés. Les pièces où on ne séjourne pas continuellement (salle à manger, cabinets d'aisance, salle de bains, cage d'escaliers, cuisines) seront sans inconvénient exposées au nord. Certaines dépendances où se dégagent des odeurs désagréables : la buanderie, les écuries, les cabinets, devront autant que possible être séparées de l'habitation. On pourrait faire de même pour la cuisine à la condition de la relier à l'habitation par un passage couvert. Après avoir ainsi sommairement indiqué les différentes parties de l'habitation il nous faut examiner chacune d'elles en détail.

Nous avons déjà indiqué sur quels terrains il convenait de construire et comment on devait assécher au moyen de drainages certains sols retenant l'humidité, les terrains argileux par exemple.

On sait que les travaux de terrassement nécessaires pour étabhr les fondations peuvent amener au jour, dans les terrains souillés, des germes nocifs et que certaines maladies infectieuses (paludisme, fièvre typhoïde, ictères) se sont fréquemment montrés à la suite de ces travaux. Pour prévenir ces dangers des règlements de police imposent dans le département de la Seine les désinfections nécessaires à la surface des terrains souillés de démolition ou de construction.

Toute démolition doit être précédée du nettoyage des locaux. Les fosses, les puits, les puisards et les égouts seront nettoyés, puis désinfectés avec une solution de sulfate de fer à 5 p. 100, et un lait de chaux. Les débris et les ordures seront incinérés; les matériaux suspects non combustibles seront avant leur enlèvement saupoudrés de sulfate de fer et arrosés de chaux vive. Les terres des fouilles, qui précèdent l'étabhssement des fondations, devraient être saupoudrées des mêmes substances, pendant les interruptions de travail, à raison de 100 grammes de sulfate de fer et de 200 grammes de chaux par mètre carré.

l'habitation

Il conviendra d'isoler dn sol toute la surface recouverte par Thabitation au moyen d'un lit de béton recouvert d'un revêtement de ciment ou d'asphalte. S'il ne doit pas y avoir de caves, on séparera l'habitation du sol par un espace vide (soubassement) aéré par des soupiraux, ou mieux comblé par une couche de gravier, cailloux ou autres matériaux peu hygroscopiques.

Quant aux fondations proprement dites elles sont constituées par des assises de maçonnerie destinées à supporter tout le poids de la construction. Il est

Fig. 121. — Fondation ordinaire (d'après Nussbaum). Fig. 1-2-2. — Fondation avec drainage spécial — A, couche d'asphalte; — B, béton; — G, granit (d'après Emmerich). — D, drains en poterie; hourdé à la chaux hydraulique; — L, couche de — G, gravier; — P, pierrailles, laine de scories.

tion doivent être le moins perméables possible à l'humidité. On les choisira très compacts (granit, grès compact, briques très cuites) et on les réunira à la chaux hydraulique ou au ciment. Un revêtement de ciment isolera le mur du sol.

Les figures 121 et 122 montrent les dispositions préconisées par Nussbaum et Emmerich pour préserver de l'humidité la maçonnerie des fondations.

En général, entre les assises de fondation, le terrain est creusé pour l'étabHssement des caves. Ces locaux placés entre l'habitation proprement dite et le sol interposent une couche d'air entre celui-ci et les pièces habitées et contribuent ainsi à la salubrité de la maison. La situation des caves les met à l'abri des variations de température de l'extérieur; aussi sont-elles utiUsées généralement comme magasins de réserve, tout spécialement pour les boissons fermentées. Il est nécessaire qu'elles soient aérées par des ouvertures communiquant avec l'air extérieur. L'air des caves est fréquemment chargé d'humidité à cause des condensations d'eau qui se font à la surface de leurs parois généralement plus froides que l'air venu du dehors. Aussi ne doit-on jamais permettre le séjour prolongé et à

plus forte raison l'habitation de nuit dans ces locaux, ainsi que la libre communication d'une cave avec une pièce destinée à l'habitation de nuit.

Les sous-sols ne sont en réahté que des caves dont la partie supérieure s'élève au dessus de la surface du sol. On peut établir ainsi des ouvertures d'aération et d'éclairage plus étendues et diminuer l'humidité froide du local. Mais les inconvénients signalés à propos des caves n'en subsistent pas moins et les sous-sols, qui peuvent être utiUsés comme cuisines, lingeries ou chambres à bains ne sauraient convenir à l'habitation de nuit. La hauteur du sous-sol ne doit pas être inférieure à 2 m. 60.

On peut amender sensiblement les conditions d'aération d'un sous-sol en creusant autour de lui un large fossé (area) dont le fond est au même niveau que le soussol. Le fond et la paroi de Y area, reçoivent un revêtement de ciment (fig. 123).

Les pièces de l'habitation, dans lesquelles on séjourne habituellement, doivent

Fig. 123. — Sous-sol amélioré par une area. — A, area; — B, béton; — C, asphalte; — R, revêtement de ciment.

avoir une capacité minima de 25 mètres cubes. Elles devront être largement éclairées ou aérées par une ou plusieurs fenêtres suivant des règles que nous indiquerons plus loin.

Ces conditions d'éclairage deviendraient tout à fait insuffisantes si la profondeur des pièces était trop grande et ne restait pas proportionnelle à leur hauteur. Il serait à désirer que la profondeur de chaque pièce ne dépassât pas le double de leur hauteur.

Le nouveau projet de règlement sanitaire municipal en France indique les hauteurs suivantes minima pour les pièces habitées; 2 m. 80 pour le rez-de-chaussée et l'étage situé immédiatement au dessus; 2 m. 60 pour les autres étages.

En réahté une chambre ne devrait jamais avoir moins de 3 mètres de hauteur; l'air vicié, remontant toujours vers les couches supérieures, doit être maintenu aussi loin que possible de l'orifice des voies aériennes. Lorsque la hauteur des pièces dépasse 4 m. 50 leur chauffage devient difficile à réahser.

On supprimera dans les chambres tous les réduits où la lumière ne pénètre pas et les alcôves qui soustraient le lit à l'aération et à l'insolation et laissent ceux qui y couchent dans une atmosphère confinée.

Chaque fois que l'importance de l'habitation le permet on réservera une chambre àe malade, disposée dans le haut de la maison de façon à être aisément isolée, vaste, bien aérée et exposée de manière à recevoir une insolation prolongée,

PROUST, TRAITÉ d' HYGIÈNE. 54

850 l'habitation

Les murs sont percés d'un certain nombre d'orifices dont les uns de niveau à leur extrémité inférieure avec le plancher forment les portes et font communiquer les pièces entre elles, ou avec les corridors ou avec l'extérieur; tandis que les autres, s'arrêtant à une certaine hauteur du plancher et donnant à l'extérieur, forment les fenêtres et laissent pénétrer la lumière et l'air. F. Putzeys réclame que la surface totale des fenêtres soit égale au moins au sixième de la superficie du plancher. D'après le projet de règlement municipal en France, l'ensemble des fenêtres d'une pièce de 25 mètres cubes de capacité doit couvrir une surface d'au moins 2 mètres carrés. Les baies comprendront 1 mètre carré en plus chaque fois que la capacité de la pièce sera augmentée de 30 mètres cubes. Les dimensions de l'ensemble des fenêtres pourront être réduites à l'"^,5, par 20 mètres cubes de capacité de la pièce si celle-ci est à l'étage le plus élevé.

Les corridors assurent la communication des pièces entre elles et avec V escalier qui permet d'accéder à tous les étages de la maison. Corridors et escahers peuvent être comparés à un vaste appareil ventilateur destiné à assainir la maison tout entière (Putzeys). Ils doivent donc êtres larges et spacieux, généreusement éclairés et aérés.

Dans les cuisines l'air est surchauffé par les fourneaux, la cuisson des aliments répand des vapeurs, dont l'odeur est désagréable. Il vaudrait donc mieux que les cuisines ne soient pas placées en sous-sol et qu'elles soient bien isolées de la cage de l'escalier. Il est préférable qu'elles soient au rez-de-chaussée, en annexe, comme nous l'avons déjà indiqué. Elles seront vastes, bien aérées; des ventilateurs, et une hotte, aboutissant à un tuyau de fumée et placée au-dessus des fourneaux, assureront l'évacuation de l'air chaud et des mauvaises odeurs.

Les cabinets d'aisance doivent autant que possible être isolés du reste de l'habitation, soit qu'on les construise en annexe, ce qui n'est pas toujours commode, soit qu'on les établisse dans une tourelle se détachant du corps de logis et en restant séparé par un vestibule spécial. Ils devront être largement éclairés et ventilés.

Les toits sont recouverts de matériaux imperméables et présentent une inclinaison destinée à faciliter le rapide écoulement des eaux. Cette inclinaison doit être particulièrement marquée dans les pays où la neige est fréquente et persiste longtemps.

Les cours ou les jardins devraient avoir une étendue proportionnée à la hauteur des façades qu'ils ont pour but d'éclairer et d'aérer. Mais, dans les grandes villes, souvent les cours situées entre les bâtiments présentent des dimensions tellement restreintes par rapport à l'élévation des constructions qui les entourent que le soleil y pénètre bien rarement. Le projet de règlement sanitaire municipal demande un minimum de 30 mètres cubes pour les cours sur lesquelles prennent jour et air des pièces pouvant servir à l'habitation soit de jour, soit de nuit.

Les vues directes prises dans l'axe de chaque baie de ces pièces, donnant sur des cours, ne seront pas inférieures à 4 mètres. Ces dimensions paraissent bien peu satisfaisantes si l'on songe que le bâtiment peut avoir 20 mètres d'élévation.

Plus insalubres encore sont les courettes, véritables puits, pour lesquels on exige une surface de 15 mètres carrés au moins, lorsque des pièces, ne pouvant pas, il est vrai, servir à l'habitation \ y prennent jour et air!

1. Le projet de règlement municipal en France admet qu'au dernier étage des bâti-

Les écuries auront leur porte et leurs baies aussi éloignées que possible de l'habitation. Le pavé en sera imperméable pour empêcher les infiltrations du purin. La capacité de Tespace réseF¥é-à--ehaque animal doit être de 50 mètres cubes; si donc l'écurie a 3™,50 de haut, on affectera 14™^80 à chaque cheval. L'aération doit être assurée par de nombreux orifices pour l'air. En aucun cas il n'est admissible qu'un domestique soit logé dans l'écurie elle-même ou dans uue annexe en communication ouverte avec elle.

Le fumier doit être éloigné des murs et déposé dans une fosse étanche, à parois en maçonnerie bien cimentée.

Matériaux de construction. — Les matériaux employés pour la construction seront choisis de façon à assurer la salubrité de l'habitation. Ils doivent être perméables à l'air, afin de se débarrasser aisément de l'humidité qui les a pénétrés, et mettre l'intérieur de l'habitation à l'abri des écarts de la température extérieure, en un mot « assurer un climat uniforme à l'habitation » (Putzeys). Les matériaux qui sont employés aux travaux de maçonnerie doivent surtout remphr ces conditions, car ce sont eux qui servent à édifier les murs formant les parois de l'habitation. On peut dire d'une façon générale que ces matériaux sont d'autant plus perméables à l'air et à l'eau qu'ils sont plus poreux. Les pierres meulières, les calcaires légers, les briques peu cuites sont les matériaux les plus poreux. En même temps, du fait même de leur porosité, ils se laissent traverser très lentement par la chaleur, mais conservent bien la température acquise, à cause de l'air même qu'ils renferment et qui est mauvais conducteur du calorique.

D'autre part, les matériaux poreux absorbent l'eau très aisément, mais ils s'en débarrassent d'autant plus vite que leurs pores sont plus grands. L'assèchement est donc plus rapide pour les meulières que pour les briques, pour les briques que pour les calcaires.

Les grès, les granits, les schistes, les briques très cuites sont peu poreux, très bons conducteurs de la chaleur, très peu perméables à l'eau, qu'ils retiennent longtemps; le mortier ordinaire de chaux et de sable qui réunit en général les matériaux de la maçonnerie présente une grande porosité ; le plâtre, très mauvais conducteur de la chaleur, est très hygroscopique. Quant au ciment, il est imperméable à l'air et à l'eau, mais conduit bien la chaleur.

La perméabiUté à l'air des matériaux de construction était considérée par Pettenkofer comme très favorable à l'aération de l'habitation. Mais, depuis, les expériences de Lang, de Recknagel, de Hudelo et de Somasco ont démontré que le volume d'air qui passe à travers les murailles, représente un quotient insignifiant au point de vue du renouvellement de l'air à l'intérieur de la maison.

Trélat, qui admet les résultats obtenus par ces expérimentateurs, a cependant toujours insisté sur la nécessité de conserver aux murs leur perméabilité, pensant qu'il existe là une condition indispensable de la destruction des souillures qui pénètrent dans les matériaux de construction. Cette opinion n'est généralement pas admise par les hygiénistes.

ments, les pièces servant à l'habitation de jour et de nuit peuvent exceptionnellement prendre jour et air sur des courettes.

Flûgge a calculé qu'un mur construit en briques réunies par du mortier contient en moyenne de 130 à 230 litres d'eau par mètre cube de maçonnerie, lorsqu'il vient d'être terminé. Cette énorme quantité d'eau ne peut s'évaporer sans surcharger d'humidité l'atmosphère de l'habitation. On comprend par là le danger qu'il y a à essuyer les plâtres d'une maison, cette atmosphère humide prédisposant tout particulièrement au rhumatisme. Pour hâter l'assèchement des maçonneries, il faut entreprendre les constructions au début de la belle saison, de façon à ce que les chaleurs de l'été débarrassent naturellement les murailles de leur excès d'humidité. On n'appliquera à la surface des murs aucun enduit ou revêtement, avant qu'ils soient suffisamment secs.

Le chauffage artiticiel et la ventilation d'une habitation neuve hâtent l'assèchement de la maçonnerie, mais souvent aux dépens de la solidité du mortier qui devient mou et friable.

Nous avons déjà indiqué les propriétés thermiques des matériaux employés à la construction des murailles et nous savons que les substances les plus poreuses sont celles qui protègent le mieux l'intérieur de l'habitation contre les écarts de la température extérieure. Mais ces matériaux doivent être réunis sous une certaine épaisseur, car la conductibiUté à la chaleur d'un mur est en raison inverse de son épaisseur. De là une élévation sensible des frais de construction. Aussi a-t-on songé à tourner la difficulté en élevant des murs doubles, très minces, séparés par une couche d'air. Dans la pratique les résultats obtenus n'ont pas été satisfaisants. Ces espaces maintenus libres entre les deux murailles devenaient le siège de condensations qui entretenaient l'humidité de la maçonnerie; restant inaccessibles aux nettoyages, ils formaient des réceptacles de poussières et de souillures de toutes sortes.

Nussbaum a proposé récemment de combler ces espaces libres au moyen de substances peu hygroscopiques et mauvaises conductrices de la chaleur (laine de scories, terre d'infusoires, ou débris de liège); ou encore d'élever extérieurement un mur, dont l'épaisseur serait réduite au minimum compatible avec la soKdité de la construction et d'appliquer sur sa paroi interne un revêtement de terre d'infusoires ou un mortier renfermant des plaques de liège ou des débris d'amiante. Ce mode de construction semble devoir être plus onéreux que l'édification de murailles d'une épaisseur satisfaisante.

Nous avons indiqué plus haut que des souillures pouvaient pénétrer les murailles. On a même signalé la présence de microbes dans les matériaux qui les constituertt (Layet, Poincaré, Serafini, Sanfelice, de Bovet, etc.). Le mortier de chaux jouit cependant de propriétés bactéricides qui ont été bien mises en lumière par Pettenkofer et Montefusco. Il n'y a d'ailleurs guère lieu de se préoccuper de la présence des microbes dans les matériaux de construction, car il ne s'agit en général que de saprophytes; c'est à peine si quelques pathogènes (vibrion septique, bacille, du tétanos, bacille de Friedlander) y ont été rencontrés à titre exceptionnel. Il faut cependant signaler que si les murailles humides se salpêtrent, c'est grâce à l'intervention des nitrobactéries.

Lorsque la maçonnerie est suffisamment sèche il faut la protéger extérieurement et intérieurement par des revêtements.

A l'extérieur on emploie toujours des revêtements aussi imperméables que pos-

sible, pour éviter Tabsorplion de l'humidité provenant du dehors. On donnera en même temps une coloration claire à ces revêtements pour hmiter Tabsorption du calorique extérieur pendant la saison chaude. Les crépis au mortier de chaux hydraulique sont les plus usités. Dans les pays où il pleut beaucoup on est parfois obligé de revêtir la façade la plus exposée à l'humidité de briques vernissées ou d'ardoises.

La face interne des murs doit être recouverte d'une couche de plâtre qui, grâce à sa faible conductibilité, conservera bien la température intérieure; au-dessus on étendra un enduit lisse et imperméable pour en permettre le lavage. Mais il faut compter avec la mode et aussi avec l'économie, et si Ton accepte généralement la suppression des étoffes tendues, qui s'imprègnent si aisément des poussières et des souillures de toutes sortes, il est probable qu'on couvrira encore pendant longtemps de papiers peints les murs de nombre d'habitations, bien qu'ils absorbent l'humidité, se salissent aisément et soient impossibles à nettoyer. Les papiers vernis n'offrent pas les mêmes inconvénients, mais ils sont d'un prix élevé et ne résistent d'ailleurs

Fig. 124. — Plancher sur entrevous. — frises Fig. 125. — Carrelage ou parquet sur entrevous pleins,

du plancher; l, lambourdes; s, solives en fer; /", frises de parquet ou carrelage; a, asphalte; b,

e, entrevous; A, hourdis en briques creuses; béton de pouzzolane; h, hourdis en briques creu-

p, enduit de plâtre. ses ; enduit de plâtre.

pas à quelques lavages sérieux. On peut en dire autant des revêtements de peinture à l'huile.

Le mieux serait d'avoir recours aux peintures vernissées, qui sont d'une application facile, se lavent aisément et restent imperméables. Dans la pratique on pourrait se contenter d'appliquer ces peintures vernissées sur la partie des murs la plus exposée aux souillures, jusqu'à une hauteur de 1 m. 50 à 2 mètres seulement.

Les badigeonnages des murs au lait de chaux constituent un bon moyen de les entretenir propres et à peu de frais, à condition qu'ils soient renouvelés très souvent.

Dans les pièces nécessitant des lavages très fréquents, comme les cuisines, ou encore dans celles où les parois sont fréquemment mouillées, comme dans les salles de bains ou les cabinets de toilette, il est utile de recouvrir les parois sur une certaine hauteur d'un revêtement de carreaux de faïence ou de grès émaillés, plus durables que le ciment ou le stuc qui se crevassent rapidement.

Pour éviter les dépôts de poussière sur toutes les parois, on arrondira les angles par des gorges et on suppprimera les moulures.

Le bois est de moins en moins employé dans la construction des parois de l'habitation ; en revanche il est d'un usage courant pour les planchers et la charpente. Il est mauvais conducteur de la chaleur, mais absorbe trop l'humidité, qui

le disjoint et le fend. De plus il se laisse aisément envahir et détruire par les parasites. Les meilleurs bois pour la construction sont les plus durs (chêne, bois de teck, pitchpin), car ce sont ceux qui résistent le mieux à l'humidité.

Le fer qui tend à remplacer le bois dans la charpente, n absorbe pas l'humidité, mais présente une très grande conductibilité à la chaleur.

Le plancher (fig. 124) comprend de haut en bas les frises, les lambourdes, des solives en fer remplaçant les anciennes poutres en bois, un entrevous, enfin un hourdis en briques creuses qui rejoint les extrémités inférieures des solives et sur la face inférieure duquel on étend l'enduit de plâtre du plafond. L'entre vous et le hourdis en briques creuses sont destinés à former obstacle aux échanges d'air et de calorique entre les pièces placées au-dessus et celles placées au-dessous.

L'entrevous peut rester creux, mais il devient alors un véritable réceptacle de souillures, de poussière et d'humidité. Or ces poussières contiennent fréquemment des germes pathogènes et le plancher, toujours insuffisamment étanche, devient un foyer d'infection menaçant. Mieux vaut donc au point de vue hygiénique combler l'entrevous avec des matériaux légers, peu hygroscopiques, mauvais conducteurs de la chaleur et imputrescibles (laine de scories, aggloméré de liège ou d'amiante, béton de pierre ponce ou de sable volcanique, terre d'infusoires) (fig. 125).

Au rez-de-chaussée, on pourra remplir l'entrevous d'une couche de béton. Pour assurer l'étanchéité du plancher, il sera bon d'appliquer les frises sur une lame imperméable de ciment ou d'asphalte.

Les frises doivent être soigneusement assemblées, puis imperméabilisées au moyen d'huile de lin bouillante ou de paraffine. On peut ainsi pratiquer à leur surface le balayage humide et les laver.

Pour parer à la difficulté de maintenir étanches des planchers en bois, on remplace les frises par des dalles en ciment armé, par un carrelage, ou par une mosaïque, qui ont l'inconvénient d'être plus froids que le bois et plus lourds.

Les carrelages se font en grès de cérame, en asphalte ou en ciment comprimé. Les carreaux se posent sur un bain de ciment. On emploie depuis quelques années un aggloméré de magnésie et de sciure de bois ou d'autres substances (xylolithe, stucolithe, prismalilhe, etc.) qui forme des surfaces unies, bien imperméables. Il y a lieu d'expérimenter ces agglomérés, dont le prix n'est pas plus élevé que celui d'un plancher en bois de chêne.

De toutes façons les planchers ne doivent pas rejoindre les murailles à angle droit; sinon les poussières s'accumuleraient en ces points. On arrondit les angles de raccord au moyen de gorges en grès cérame.

Les plafonds doivent être unis sans poutrelles saillantes, sans moulures ni rosaces qui emmagasineraient les poussières. On supprimera les corniches qui présentent le même inconvénient et l§s plafonds seront reliés au mur par des surfaces concaves et unies.

Les porter et leurs chambranles, généralement en bois et aussi dépourvus que possible de rainures et de moulures, seront recouverts de peinture vernissée.

Les croisées seront disposées de façon à affleurer à la paroi interne du mur, afin de supprimer les recoins des embrasures. Leurs châssis et les croisillons seront recouverts de peinture vernissée.

La toiture est formée d'une charpente en bois qui supporte les matériaux de

couverture. Elle est composée de pans plus ou moins inclinés pour faciliter l'écoulement des eaux pluviales, ces pans se réunissent au faîte de l'habitation. Plus les matériaux de couverture sont lisses, mieux les eaux s'écoulent à leur surface. Mais ce n'est pas là la considération la plus importante à envisager; il faut surtout donner la préférence aux matériaux mauvais conducteurs de la chaleur. A ce point de vue les tuiles sont supérieures aux ardoises et surtout aux couvertures métalliques.

Lorsque l'étage immédiatement placé sous la couverture n'est pas réservé à des greniers et comprend des pièces d'habitation, il sera prudent de protéger celles-ci contre les grands écarts de température, dont elles se trouvent mal défendues par la toiture seule, en appliquant entre les chevrons de la couverture une couche suffisante de matières isolantes (terre d'infusoires, laine de scories, etc.).

L'eau des toits sera recueillie au bord libre des pans dans des chéneaux et des gouttières métaUiques, qui les déverseront dans des tuyaux de décharge bien étanches. On évitera ainsi l'écoulement direct des eaux de pluie sur le sol autour de la maison et on préservera son sous-sol d'une des principales causes d'humidité.

Il est indispensable de renouveler, par la ventilation, l'air des habitations. Les besoins de la santé exigent une certaine somme d'oxygène, au-dessous de laquelle, si la vie est possible, l'organisme s'étiole et dépérit. Il est incontestable que, même dans les pays les plus civihsés, le renouvellement de l'air laisse à désirer dans un grand nombre d'habitations privées et môme dans certains édifices publics. Nous nous proposons d'étudier ici les principaux moyens dont on dispose dans l'Europe occidentale, et spécialement en France, pour remplir ce but.

Le moyen le plus simple, et en même temps le plus efficace, pour opérer la ventilation, consiste à percer une maison de larges fenêtres et à les ouvrir libéralement. Par ce moyen on réduit presque immédiatement l'excès d'acide carbonique à la proportion normale. Mais, dans nos climats à moitié froids, il faut pourvoir à la ventilation par d'autres moyens que l'ouverture des fenêtres, et le problème à résoudre peut se résumer en deux mots : renouveler l'air sans abaisser la température.

Dans les maisons privées, les cheminées à feu ouvert et possédant un bon tirage sont l'un des meilleurs moyens de ventilation que l'on puisse employer, à la condition cependant que la prise d'air se fasse par les interstices des portes et des fenêtres, créant ainsi des courants d'air qui traversent l'atmosphère de l'appartement. Quand la prise d'air se fait directement à l'extérieur, par des tuyaux qui, perçant le mur, aboutissent d'un côté au foyer de combustion, de l'autre à la rue, la ventilation ne s'opère pas, à moins que, par un système de canaux, l'air échauffé parle feu ne soit rejeté par des bouches de chaleur au dedans de l'appartement, or ces courants d'air chaud contractent presque toujours une odeur désagréable par la combustion des matières organiques qui flottent toujours dans l'atmosphère des lieux habités. Il faut aussi nous occuper des moyens de ventilation artificielle qui suppléent à l'insuffisance des conditions ordinaires; et ces moyens, qui peuvent

être employés dans les habitations privées, seront étudiés avec bien plus d'avantages dans les édifices publics où ils prennent leur entier développement.

Commençons par nous occuper de la quantité d'air nécessaire pour maintenir Tatmosphère dans un état de pureté suffisant D'après Parkes, on pourrait prendre la quantité d'acide carbonique que contient l'air d'une pièce pour mesure de l'impureté générale de l'atmosphère. En effet, la quantité des matières organiques suspendues dans l'air d'une chambre habitée est, en général, proportionnelle à la quantité d'acide carbonique que renferme l'air; et si cette règle est loin d'être sans exception, elle est du moins applicable à la grande majorité des cas. Or, comme il est très facile d'apprécier la proportion d'acide carbonique, très difficile, au contraire, de doser les matières organiques, il est extrêmement commode, en pratique, de réduire ces deux opérations à une seule.

D'après l'observateur que nous venons de citer on peut tolérer, sans inconvénient une proportion de 0,6 d'acide carbonique par 1000, dans l'atmosphère d'une chambre habitée. Au delà de ce point, l'air commence à prendre une odeur de renfermé. Quand on arrive à la proportion de un millième, l'odeur devient positivement désagréable. Il est bien entendu que pour percevoir cette sensation, il faut arriver de l'extérieur car dès qu'on a séjourné quelques instants dans une pièce, on est acclimaté.

Il faudrait donc se tenir dans les limites que nous venons d'indiquer. Pour atteindre ce but, d'après de nombreuses expériences et des calculs que nous ne rapportons pas ici, Parkes établit le chiffre de 2 000 pieds cubes d'air frais par tête et par heure (environ 59 mètres cubes).

Le général Morin donne les chiffres suivants :

Casernes, de jour 30 mètres cubes.

— de nuit 60 —

Ateliers 60 —

Écoles 30 —

Hôpitaux 80 —

en temps d'épidémie 160 —

Dans les mines, on introduit environ 40 mètres cubes par tête et par heure, et, lorsqu'on craint le feu grisou, ce chiffre est quelquefois porté à 160 mètres. Notons en passant que les animaux consomment aussi une quantité d'air proportionnée à leur masse. Un cheval exige environ 70 mètres cubes d'air par heure; mais il est évident que ce chiffre doit varier avec la taille. Il faut aussi tenir compte de l'éclairage et du chauffage qui absorbent de l'oxygène.

Les proportions que nous venons d'indiquer ne s'appliquent qu'aux hommes et aux animaux en bonne santé. Les conditions sont tellement changées en cas de maladies, qu'il est à peu près impossible de fixer un minimum. Tout ce que l'on peut dire, c'est que l'on n'a jamais assez d'air, à moins d'en avoir trop.

Il est évident, d'après ce qui précède, que la quantité d'air nécessaire à chaque individu étant toujours la même dans un temps déterminé, plus l'espace dans lequel

1. Rapport de la Commission sur le chauffage et la ventilation du Palais de justice, Paris, 1860. Voyez aussi Wazon : GhaufTage et ventilation des édifices publics et privés, 1878, et F. et E. Putzeys : l'hygiène dans la construction des habitations privées, 1885.

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il est enfermé sera grand, moins il sera nécessaire de renouveler Tair, et réciproquement. Or le renouvellement rapide de l'atmosphère d'une chambre produit nécessairement des courants daii\ Leur intensité est proportionnelle à la rapidité du mouvement, à Tétroitesse de l'ouverture, et, au point de vue de la sensation perçue, à la différence de température entre l'intérieur et l'extérieur.

On peut admettre qu'à une température de lo'', un courant d'air dont la vitesse est de 50 centimètres par seconde est imperceptible. Quand la vitesse est doublée, on commence à le percevoir. Toute vitesse supérieure à 1 mètre par seconde détermine une sensation plus ou moins pénible.

On le voit, trois éléments concourent à la production du phénomène. Aussi, pour avoir une ventilation parfaite, il faut des chambres spacieuses, un appel d'air régulier et une bonne température.

Une étude, qui a pris dans ces derniers temps un intérêt capital depuis qu'on a appris à connaître le mode de transmission des germes de certaines maladies par l'air, c'est celle de l'influence de la ventilation sur les poussières de l'air d'un local. Une partie des poussières reste maintenue en suspension dans l'atmosphère par l'agitation de l'air, ce sont les poussières flottantes. Mais la partie de beaucoup la plus considérable reste déposée sur les planchers, les parois et les meubles, ce sont les poussières dormantes.

Lorsqu'on vient de balayera sec une pièce, de battre les meubles ou les tentures, la proportion des poussières flottantes atteint son maximum. Mais bientôt si l'air n'est pas agité, les particules solides en suspension dans l'air obéissent aux lois de la pesanteur et se déposent. H. Kœniger ^ a étudié cette question à propos des fines particules de crachats que les tuberculeux projettent dans l'air en toussant. Dans ses expériences multipliées il a constaté que ces particules étaient toujours déposées au bout d'une heure et même qu'elles ne restaient pas plus de 10 minutes en suspension dans l'air, si l'air du local n'était que faiblement agité, les portes et les fenêtres restant closes.

Ces faits démontrent combien la proportion des poussières dormantes doit habituellement dépasser celle des poussières flottantes. Or examinons l'action de la ventilation sur les unes et sur les autres.

Il faut que la ventilation soit extrêmement répétée ou mieux encore très violente pour entraîner au dehors les poussières flottantes.

Les expériences de Stern montrent que dans une pièce ayant une capacité de 58 mètres cubes, on n'obtenait aucune diminution des germes de l'atmosphère en renouvelant l'air trois ou quatre fois par heure; la diminution ne devenait appréciable qu'en répétant cette opération de ventilation six ou sept fois par heure. En revanche la proportion des germes en suspension tombait de 100 à 1 avec une ventilation énergique de 2 minutes, toutes les baies étant ouvertes. Il faut donc de véritables chasses d'air pour débarrasser l'atmosphère d'une chambre des poussières flottantes.

Mais si la ventilation a quelque action sur celles-ci, son influence sur la diminution des poussières dormantes reste à peu près nulle. La ventilation permanente naturelle qui se fait par les joints des portes et des fenêtres et par les cheminées,

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