G; Rives, La ckamhre cVhôlel au point de vue de Vhygiene
Les tentures, rideaux de lit ou de fenêtres, portières, etc., seront impitoyablement supprimés. La partie inférieure des fenêtres sera garnie de petits rideaux de vitrage (dits brise-bise) en toile ou en mousseline, qu'on renouvellera et lavera très fréquemment. S'il devient nécessaire de mieux s'abriter de regards indiscrets, on placera aux fenêtres des rideaux blancs les garnissant de haut en bas.
Les parquets seront lavés si on hésite à faire les frais du paraffinage, ou d'applications d'encaustiques antiseptiques.
On n'y placera pas de tapis cloués. La carpette présente l'avantage d'être amovible, de pouvoir être secouée et battue chaque jour et de ne pas empêcher le nettoyage du plancher qui est au-dessous. Le mieux serait de se contenter de descentes de Ht.
Les parois et les décorations en bois, aussi lisses que possible, seront recouvertes de peinture. Les murs recevront un revêtement semblable ou seront tendus de papier vernissé et lavable.
Dans le cabinet de toilette disposé dans son ensemble suivant les mêmes principes on placera la table de toilette. Celle-ci sera simplement une grande table de bois blanc, entourée de rideaux légers et amovibles pour dissimuler les accessoires (bidet, bain de pied, seau hygiénique, vase de nuit). Le dessus de cette table sera recouvert d'une plaque de marbre blanc sur laquelle seront posés la cuvette, le broc et la garniture. On construit aussi des tables de toilette plus luxueuses en grès vernissé ou en lave, qui sont très hygéniques. Un tub et un grand broc en métal compléteront ce mobiher. 11 est toujours avantageux de placer dans chaque cabinet de toilette un poste d'eau avec vidoir en grès vernissé à tuyau siphonné pour fournir de l'eau propre à volonté et évacuer les eaux de toilette. Dans les tables de toilette perfectionnées la cuvette se déverse directement dans un tuyau siphonné.
Le nettoyage de l'habitation doit avoir pour but de supprimer les poussières déposées sur le sol, les parois et les meubles et non de transformer la poussière dormante en poussière flottante, comme on l'obtient si aisément en employant à sec le balai, la brosse et le plumeau. On a bien construit des balayeuses mécaniques qui ont pour but d'emmagasiner les poussières soulevées. Un manche en bois actionne une brosse rotative qui rejette la poussière dans un récipient métallique; celui-ci est vidé après le balayage. Mais cet instrument a le grand défaut de ne pouvoir pénétrer dans les angles, où s'accumule justement le plus de poussière. On emploie aussi pour le nettoyage des tapis et des tentures des appareils dans lesquels un moteur fait le vide et qui aspirent toutes les poussières des surfaces sur lesquelles ils sont promenés.
Le meilleur nettoyage du parquet se fait au moyen d'une poudre humide (sciure de bois, graine de lin ou de moutarde pulvérisée) ou d'une serpilUère légèrement humide. La poussière est ainsi retenue.
Les nettoyages à grande eau sont encore plus efficaces, mais ne conviennent que dans les pièces dont le sol est recouvert d'un carrelage.
Quant aux meubles, ils doivent être nettoyés aussi avec un linge humide. On n'oubliera pas que le dessus des gros meubles, particulièrement des armoires et des buffets, difficilement accessible à la vue et à la main, constitue une réserve pour les poussières On en fera pratiquer soigneusement le nettoyage au moins une fois par semaine.
Dans une chambre où on a supprimé les tentures, les couvertures du lit deviennent les derniers refuges de poussières qui s'y emmagasinent aisément, si on n'a le soin de secouer et de battre chaque jour à l'extérieur ces parties de la literie.
L'homme en se fixant en un point y accumule nécessairement les souillures. Celles-ci ne tarderaient pas à rendre impossible le séjour dans l'habitation, si les ordures et les déchets n'en étaient pas éloignés régulièrement et le plus promi)tement possible.
Nous diviserons ces matières usées en deux catégories : celles qui sont à l'état soUde et celles qui sont à l'état liquide ou peuvent être entraînées par dilution dans l'eau. Le mode d'évacuation diffère en effet sensiblement pour les ordures de l'une et l'autre catégorie.
Les matières usées de la première catégorie comprennent les ordures ménagères, c'est-à-dire les déchets de la cuisine, les cendres des foyers, les poussières collectées par le balayage des pièces. Pettenkofer évalue le poids moyen par tête et par an à 90 kilogrammes de déchets de cuisine et de balayures et 45 kilogrammes de cendres (chauffage à la houille). La matière organique représente un peu plus du quart du poids total.
On sait que les poussières servent fréquemment de véhicule aux microbes pathogènes, notamment à l'agent de la tuberculose. D'autre part, les résidus de cuisine entrent très rapidement en putréfaction et dégagent des odeurs et des gaz nuisibles à la santé. Les ordures ménagères sont donc une cause importante de souillure de l'habitation qu'il convient d'éloigner.
Quant aux matières usées de la deuxième catégorie, elles comprennent d'une part des liquides (eaux de cuisine, eaux de lavages, eaux de pluie, urines) et d'autre part des matières solides (matières fécales) qui sont aisément dissociées et entraînées par Teau.
Les eaux de cuisine et de lavage représentent un volume très variable suivant l'importance de l'alimentation d'eau réservée aux habitants de chaque ville et peuvent varier de 11 à 33 mètres cubes par tête et par an. Ce chiffre ne tient pas compte de l'eau utiHsée par les cabinets d'aisance, essentiellement variable suivant le système d'évacuation des matières fécales adopté. Il ne comprend pas non plus les eaux pluviales, dont l'importance varie suivant les chmats, les localités et les années. Quant aux excréments ils représentent en moyenne, suivant Pettenkofer, par an et par personne, 428 kilogrammes d'urine et 34 kilogrammes de matières fécales. La quantité quotidienne des fèces ne dépasse pas en général 150 grammes pour les adultes et 40 grammes pour les enfants ; celle des urines, 1 500 grammes pour les adultes et 500 grammes pour les enfants.
Ce sont assurément les excréta humains qui représentent la souillure la plus dangereuse pour l'habitation. En dehors des matières putrescibles et des gaz méphitiques, ils renferment des quantités extraordinaires de microbes dont la plupart sont saprophytes, mais dont quelques-uns sont pathogènes et peuvent transmettre des maladies graves, soit directement, soit indirectement, en souillant les eaux superfi-
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l'habitation
cielles et la nappe d'eau souterraine utilisées pour Falimentation. Certaines maladies épidémiques, la fièvre typhoïde, la dysenterie, le choléra, sont bien connues pour transmettre leurs germes par Tintermédiaire des matières fécales, qui leur servent de véhicule.
On voit donc que les matières usées représentent dans l'habitation autant de facteurs de souillure redoutables du sol, des eaux et de l'atmosphère elle-même. Le souci de la salubrité la plus élémentaire commande donc leur évacuation complète et immédiate avant qu'elles entrent en fermentation.