‹ Traité d'hygiène [electronic resource]Chapitre 264 sur 326 · Vitruve, Architectura, liv. Il, chap. viii · texte numérisé non relu

Vitruve, Architectura, liv. Il, chap. viii

leur guérison, faisaient représenter, dit Sprengel, en or, en argent, en ivoire, ou autre matière précieuse, le modèle de la partie du corps où ils avaient souffert, et cette offrande, à laquelle on donnait le nom de avaQ-^ixara, était conservée dans le temple avec soin. Dans d'autres endroits, on avait coutume de graver sur des tablettes de métal ou sur des colonnes les noms des malades, le genre de maladie et les médicaments qui leur avaient procuré la guérison ^

Les Asiatiques eurent les premiers des espèces d'hôpitaux qui portaient le nom de marastins. Rhazès était à la tête de celui de Bagdad. Mais ces hôpitaux, quoique très remarquables pour le temps, étaient loin de ressemblera ceux du nôtre. C'étaient des sortes de caravansérails dans lesquels, excepté quelques voyageurs et indigents, les malades n'étaient admis qu'en payant. La ville fournissait l'édifice, qui alors, comme de nos jours encore, était un palais et que l'on continue d'appeler en Perse le Palais de la santé et quelquefois, à cause de l'infidélité et de l'avarice des administrateurs, le Palais de la mort ^.

C'est à l'ère chrétienne que remonte véritablement la fondation des hôpitaux proprement dits, ainsi que des autres maisons de charité; et on conçoit combien de tels établissements étaient devenus nécessaires à cette foule de prosélytes et de catéchumènes qui, ayant renoncé aux biens périssables d'un monde auquel ils ne voulaient plus appartenir, non seulement dédaignaient tout moyen d'acquérir des richesses, mais encore négligeaient de pourvoir à leur subsistance et à celle de leurs familles, se reposant de ce soin sur les secours des fidèles, sur les abondantes aumônes des souverains devenus chrétiens et des grands de la terre convertis à la foi ^

En 330, l'empereur Constantin fit construire un hospice à Byzance. L'empereur Justinien fonda â Jérusalem, en 350, le fameux hôpital de Saint-Jean. Cet exemple fut suivi avec tant d'émulation par ses successeurs, qu'on voyait à Constantinople, selon Ducange, dans son commentaire sur ï Histoire byzantine^ jusqu'à trente-cinq établissements de charité. Aucune espèce d'hospice ou d'hôpital n'avait été oubliée* : les malades, les pauvres, les vieillards sains ou infirmes, les étrangers, tout âge, en un mot, et tout sexe y trouvaient des soulagements et des remèdes.

Julien, neveu de Constantin, fit non seulement reconstruire les deux magnifiques hôpitaux fondés par Sampron et Eubule, et qui avaient été brûlés ; mais encore il en fit bâtir deux autres. Il consulta, disent Percy et Willaume, sur le projet et sur la distribution de ces deux pieux édifices, Oribase, son médecin, qui, l'ayant accompagné à Lutèce, était retourné avec lui en Asie, s'en rapportant bien plus aux lumières de ce savant qu'aux talents de l'architecte, pour tout ce qui concernait la salubrité : en quoi il montra, sur les siècles futurs, une grande supériorité de raison et de sagesse.

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