‹ Traité d'hygiène [electronic resource]Chapitre 283 sur 326 · NAIS · texte numérisé non relu

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Augmentation.

Poids moyen..

En divisant par 30 l'augmentation de chaque mois, on aura pour l'augmentation quotidienne :

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Odier a fait remarquer que les résultats obtenus par d'autres auteurs et par lui-même, n'étaient pas semblables à ceux de Bouchaud» Les chiffres d'accroisse-

PROUST, TRAITÉ D'hYGIÈNE* §6

ment donnés par ce dernier sont beaucoup trop faibles, et il n'est pas rare de trouver des enfants qui augmentent de 30 ou de 40 grammes par jour pendant les cinq premiers mois, de !20 grammes jusqu'au huitième mois et de 10 grammes jusqu'au douzième mois.

Les faits ont été bien vus par Bouchaud, mais il observait à l'hôpital de la Maternité, et l'on sait combien les jeunes enfants, et les nouveau-nés en particulier, sont peu aptes à supporter les effets désastreux de l'influence nosocomiale. En vdie, et surtout à la campagne, la moyenne devra donc être un peu plus élevée, et nous considérons avec Odier les chiffres de 25 grammes et de 15 grammes comme des minima au-dessous desquels il est imprudent de descendre sans compromettre le développement de l'enfant.

De Vallaitement mixte et du sevrage. — Nous avons établi qu'on ne doit donner à l'enfant pendant les huit premiers mois que du lait; il nous reste à examiner les questions suivantes : A quelle époque est-il nécessaire d'ajouter à la nourriture de l'enfant d'autres aliments? A quelle époque l'allaitement doit-il cesser d'une façon définitive?

Pour résoudre le premier point, nous devons envisager nécessairement l'état de la nourrice naturelle ou mercenaire et l'état de l'enfant. Il est des femmes qui peuvent, sans aucun inconvénient pour leur santé, fournir exclusivement pendant un an et même dix-huit mois la nourriture d'un enfant. Il en est d'autres, au contraire, qui ont besoin d'être aidées plus tôt, en raison de la fatigue, de la dépression qu'éprouve leur organisme par le fait de l'allaitement. Dans ce dernier cas, du lait de vache stérilisé sera donné pur dans la journée; le sein ne sera offert que cinq ou six fois dans les vingt-quatre heures.

Quelle que soit la petite (quantité de lait fournie par l'appareil mammaire, il faut la conserver, car c'est une ressource qui devient très précieuse en cas de maladie de l'enfant.

Règle générale, on peut commencer à donner à l'enfant quelques ahments après la première année. Mais encore le lait, la panade, les bouilhes, les œufs devront-ils former la base de cette ahmentalion. La viande ne constitue une nourriture convenable que vers la deuxième année. Quant au vin, toujours mélangé d'eau, il doit être donné avec la plus grande parcimonie pendant les premières années.

L'époque qui doit marquer la fin de l'allaitement n'a rien à faire, ainsi que bien des personnes le croient, avec le calendrier, mais elle sera subordonnée à l'état des facteurs en cause. Du côté de la mère, on voit la sécrétion lactée diminuer progressivement; du côté de l'enfant, les dents apparaissent : telles sont les véritables causes qui doivent amener la séparation véritable et définitive de la mère et de l'enfant; séparation que la section du cordon ombihcal n'avait rendue qu'incomplète. L'allaitement, en résumé, doit se terminer d'une façon graduelle et la transition entre l'allaitement et le régime nouveau sera bien ménagée. Il est bon aussi, quand on le peut , de ne sevrer les enfants que dans l'intervalle qui sépare l'évolution de deux groupes dentaires, mais il n'est pas nécessaire d'attendre l'apparition des dernières molaires.

Sommeil. — Veille. — Exercice. — Dans les premiers temps de son existence, le sommeil de la nuit ne suffit pas à l'enfant; il doit encore dormir pendant la

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journée : on peut même dire qu'alors il ne l'ait que teter et dormir. L'enfant doit avoir sa couche à lui (berceau ou lit) ; il ne doit pas être placé aux côtés de sa mère, de sa nourrice ou d'autres enfants. Les matériaux sur lesquels il repose doivent être entretenus avec la plus grande propreté ; de plus, ils doivent être disposés de telle façon que l'enfant, qui est en ce moment presque entièrement passif, ne puisse tomber.

Nous préférons un petit lit privé de rideaux au berceau, car ce dernier, quoique plus coquet, et par cela même préféré par les mères et presque exclusivement employé, offre de nombreux inconvénients. Les rideaux surtout empêchent l'air de circuler librement; de plus, le berceau expose l'enfant à des chutes plus ou moins malheureuses. L'usage de bercer les enfants, qui remonte bien haut, puisque, dit Béclard, Martial, dans ses Épigrammes, fait allusion à un certain Glaridème qui était son berceur, a le grand inconvénient de faire contracter à l'enfant une habitude qu'il devient difficile plus tard de détruire. Au fur et à mesure que l'enfant grandit et se développe, le sommeil du jour devient moins nécessaire, et à l'âge de deux ans, il peut, sans porter préjudice à la santé de l'enfant, être supprimé tout à fait. Quant à l'exercice, on peut formuler le précepte suivant : Depuis le moment de sa naissance, l'enfant doit posséder la pleine et entière Hberté de ses mouvements. Porté dans les bras de sa mère ou de sa nourrice jusqu'à l'âge de cinq ou six mois, il doit être, à cette époque, placé sur un tapis ou une couverture, et laissé en liberté. Il commence alors à exécuter certains mouvements, il exerce son appareil musculaire. On le voit se retourner d'abord, puis, après bien des efforts, tôt ou tard couronnés de succès, parvenir à s'asseoir, et enfin, après une période d'équilibre instable, se tenir debout, quitter tout point d'appui et marcher seul, fait qui se produit généralement de un an à dix-huit mois.

Hygiène de V enfance. — L'hygiène de la première enfance consiste presque exclusivement dans l'éducation physique du nouvel être, et il est d'autant plus important d'apporter à cette éducation tous les soins, que la meilleure partie des années qui vont suivre doit être employée à l'éducation proprement dite, c'est-àdire au développement des facultés intellectuelles. Dans la première enfance, l'ensemble des modificateurs dits hygiéniques, ou la matière de l'hygiène, ne s'adresse guère qu'aux fonctions de nutrition, car celles de relation ne sont qu'ébauchées et les fonctions de reproduction sommeillent et sommeilleront longtemps encore. L hygiène scolaire qui résume l'hygiène de l'adolescence et de la puberté a été ou sera étudiée dans les chapitres consacrés aux exercices physiques, à l'habitation en commun et aux maladies professionnelles.

Pathologie du nouveau-né et de Venfant. — C'est aux troubles apportés aux fonctions respiratoire d'une part, digestive de l'autre, doubles fonctions nouvelles et auxquelles le petit enfant ne fait, en quelque sorte, que s'essayer, que tient la formidable mortalité que l'on constate à cet âge. La moindre bronchite, le plus léger coryza, peut être mortel pour le nouveau-né, en entravant l'hématose, en produisant l'asphyxie lente, le refroidissement graduel et la mort. De même, un lait altéré ou insuffisant, l'usage du biberon malpropre, déterminent des diarrhées et des vomissements incessants, l'amaigrissement progressif, l'acidité des premières voies, le

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développement du muguet, enfin cet état de cachexie et d'inanition graduelle dont Parrot a retracé de main de maître, sous le nom collectif à'athrepsie^ le tableau à la fois clinique et anatomo-pathologique ^

En un mot, si l'on voulait caractériser d'un trait unique la physionomie de cette pathologie du nouveau-né et de la première enfance, on pourrait dire qu'elle frappe surtout par le peu de résistance des sujets, qui fait que la moindre atteinte, portée à l'économie et surtout aux fonctions respiratoire et digestive, peut être rapidement fatale; toute bronchite peut promptement mener à l'asphyxie; toute indigestion, toute alimentation défectueuse peut entraîner une diarrhée colliquative et la déchéance rapide et finale qui constitue l'athrepsie.

Cette vulnérabilité, ce défaut de résistance, se retrouve encore dans l'histoire pathologique de l'enfance proprement dite; la peau délicate, les muqueuses sensibles à l'extrême présentent volontiers des éruptions, des inflammations catarrhales interminables, avec tendance aux récidives et à la chronicité. La tuberculose, exceptionnelle dans les premiers mois, frappe ensuite cruellement le premier âge, et dans ses formes les plus graves, les plus généralisées et les plus rapidement destructives.

L'enfance est aussi singuhèrement prédisposée aux affections du système nerveux, surtout aux inflammations aiguës du cerveau et de ses enveloppes (méningite simple ou tuberculeuse, encéphalite, etc.). On a expliqué celte fréquence par le rapide développement que subit l'appareil céphalo-rachidien après la naissance (il double de volume de un an à deux ans. Ch. West), et par la prédominance que tend de plus en plus à acquérir la vie de relation sur l'existence jusque-là purement végétative de l'enfant. Même quand les centres nerveux ne sont pas directement atteints dans les maladies infantiles, ils souffrent presque toujours, par voie sympathique ou réflexe, et traduisent leur souffrance par un symptôme capital, les convulsions. Dans une pneumonie, dans une pleurésie, dans l'affection la plus simple et la plus franche, dans une angine, là où l'adulte frissonne à peine, la maladie s'annonce chez l'enfant par des convulsions d'une violence souvent extrême. Ces convulsions naissent quelquefois à la suite du simple réflexe développé par le travail sourd de la dentition ou par la présence de vers dans l'intestin. De sorte que l'on peut dire que ce n'est pas seulement le délire, mais le simple frisson fébrile de l'adulte, qui, chez l'enfant, est remplacé par des convulsions; preuve de l'activité extrême du pouvoir excito-moteur de la moelle et aussi des centres moteurs cervicaux, à cet âge de la vie.

Tous les auteurs s'accordent à répéter que l'enfance est particulièrement prédisposée aux maladies contagieuses, aux lièvres éruptives notamment ; ainsi formulée, la proposition n'est peut-être pas vraie absolument; si les enfants payent surtout leur tribut à ces maladies, cela tient peut-être moins à une prédisposition spéciale qu'à ce fait que les adultes, ayant déjà subi la maladie dans leur enfance, ont ainsi acquis l'immunité vis-à-vis une nouvelle atteinte. L'histoire des épidémies de rougeole observées aux îles Feroë par Panum est bien instructive à cet égard.

Age adulte. — Vieillesse. — C'est l'être humain arrivé à Vâge adulte et à la période de maturité que les physiologistes aussi bien que les médecins ont surtout

1. Voir Parrot, Leçons sur l'athrepsie {Progrès médical, 1874).

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envisagé dans leurs études et dans leurs descriptions; c'est aussi particulièrement au point de vue de l'homme fait que l'hygiéniste se place; nous n'avons donc pas à insister ici sur celte époque définitive de la vie, pendant laquelle l'homme jouit de ses activités et où sa pathologie est la pathologie courante et classique.

La vieillesse constitue une période d'involution et qui touche de si près, sinon à la maladie, du moins à l'imminence morbide, que rien n'est juste comme l'antique dicton : Senectus ipsa morbus. Si l'enfance est surtout remarquable par l'extrême mollesse et l'impressionnabilité excessive des tissus et des organes, la vieillesse présente les caractères diamétralement opposés. Tout est excitant pour l'enfant, disait Bichat excellemment, tout s'émousse chez le vieillard; et un coup d'œil jeté sur les modifications éprouvées par l'économie à cette période de la vie en rend compte aisément.

La peau du vieillard est sèche et flétrie ; les sécrétions des muqueuses se tarissent; le tissu musculaire et le cœur ne font pas exception, participant de l'affaibUssement général; le cerveau et la moelle perdent leur activité et leur énergie; les fonctions digestives, quoique plus longtemps épargnées, languissent à leur tour, compromises qu'elles sont par la perte des dents et par la diminution des sécrétions gastrique et intestinale. De là un amoindrissement parallèle des fonctions hématopoiétiques et une anémie véritable. En même temps que la masse du sang s'altère, sa distribution à son tour devient défectueuse ; les artères perdent leur élasticité par la transformation graisseuse ou calcaire de leur tunique moyenne. En un mot, l'organisme tout entier subit une déchéance lente et progressive dont le dernier terme est le marasme sénile. La pathologie sénile en découle tout naturellement et trouve, pour ainsi dire, ses voies toutes préparées sur un tel terrain. Le système nerveux, le cerveau surtout, est souvent' frappé chez le vieillard, mais non pas, comme chez l'enfant, de maladies protopathiques, intlammatoires, mais d'altérations consécutives aux lésions vasculaires que celles-ci engendrent, la rupture et l'hémorragie (dégénérescence graisseuse, anévrismes miliaires), ou bien, au contraire, la mort locale par ischémie, le ramollissement, par suite du rétrécissement athéromaleux ou calcaire de ces mêmes vaisseaux. L'asthme et l'emphysème, pour ce qui est du poumon; les anévrismes de l'aorte, les dégénérescences cardiaques, pour ce qui est des organes de la circulation ; les lésions carcinomateuses de l'estomac, du foie, des organes génito-urinaires constituent des affections fréquentes chez le vieillard.

D'un autre côté la vieillesse crée certaines' immunités pathologiques. « Les fièvres éruptives, la fièvre typhoïde, la phtisie sont peut communes à cet âge; cependant il ne faut pas s'exagérer l'importance de ces immunités, qui sont loin d'être absolues, ainsi que Rayer l'a montré pour la fièvre typhoïde, Murchison pour le typhus et d'autres auteurs pour diverses maladies. Qui ne sait, d'ailleurs, que Louis XY est mort de la variole à l'âge de soixante-cinq ans ^ ? »

Même quand les vieillards sont frappés d'une maladie ordinaire, commune, d'une pneumonie par exemple, cette affection chez eux évolue d'une façon différente de celle qu'on observe chez l'adulte. L'âge sénile se caractérise par le défaut de réaction, et, selon l'expression heureuse de Gharcot, les organes chez eux semblent souffrir isolément; de là la fréquence, chez le vieillard, des maladies que les anciens

1. Gtiarcot, Leçons cliniques sur les maladies des vieillards. Paris, 1866, p. 13.

appelaient latentes, voulant alléguer par là, non pas qu'elles passent absolument inaperçues, mais qu'elles se dissimulent en quelque sorte et qu'il faut savoir les chercher pour les découvrir. La pneumonie lobaire, si solennelle, si franche dans son début et dans sa marche chez Fadulte, procède tout autrement chez le vieillard; là, pas de frisson initial, pas de point de côté, pas de dyspnée apparente, pas d'expectoration, à peine un peu de malaise, de la sécheresse de la langue et de la perte d'appétit; les malades vont et viennent quelques heures avant de succomber; et le médecin, peu au fait de ces allures insohtes du mal, est alors étonné de trouver, à l'autopsie, une énorme pneumonie en pleine suppuration grise.

D'autres exemples sont encore à signaler : la lithiase biliaire, si fréquente chez le vieillard, au lieu de se traduire par le tableau formidable de la colique hépatique, ne s'accuse chez lui, le plus souvent, que par un peu d'endolorissement du foie, quelques vomissements, une teinte subictérique, quelquefois par un mouvement fébrile intermittent, plutôt fait pour donner le change que pour mettre sur la voie du diagnostic. Le cancer de l'estomac, du foie, sont également souvent latents chez le vieillard, sans douleurs violentes, sans vomissements (Gillette); le diabète sucré peut exister sans polyurie, sans soif exagérée (Bence Jones, Gharcot). Le mouvement fébrile lui-même, alors même qu'il existe, ne présente pas cette turgescence de la peau, cette accélération de la circulation, cette soif vive, cette sueur intense qui le caractérisent normalement pour ainsi dire, et c'est chez le vieillard surtout, qu'il importe de recourir à l'exploration thermométrique, pratiquée autant que possible dans les cavités centrales, pour s'assurer de l'existence et de l'intensité du mouvement fébrile.

Ainsi, ce qui caractérise surtout la pathologie sénile et qui découle directement de la physiologie propre à cet âge, c'est la faiblesse, l'atonie de la réaction, en un mot, la torpeur générale de l'économie.

Notre but ici n'est pas de répéter le banal parallèle entre les deux sexes et les différences qui les séparent, non seulement au point de vue des organes sexuels eux-mêmes, mais aussi à celui de la taille, du développement du système osseux, musculaire, de l'activité des fonctions digestive, respiratoire et aussi intellectuelle, etc., notions qui appartiennent à la physiologie courante et que nous devons supposer connues. Ge que nous tenons surtout à esquisser rapidement, ce sont les aptitudes et les particularités morbides qui découlent de ces conditions physiologiques chez les individus de sexe différent.

Jusqu'à l'époque de la puberté, les deux sexes se confondent, pour ainsi dire, au point de vue pathologique aussi bien que physiologique; mais, au moment de la puberté, brusquement, les différences s'installent et s'accusent.

Pour la femme, \d. puberté est une période déhcate et périlleuse; son organisme subit à ce moment une révolution plus profonde. La vie végétative et les fonctions hématopoiétiques éprouvent souvent une atteinte grave qui se traduit par une dimi-

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nution dans le nombre des globules rouges telle qu'on ne la retrouve dans aucune autre maladie, par une langueur et une paresse musculaire et intellectuelle extrêmes, par un découragement profond et de véritables troubles psychiques, par l'absence ou la dépravation de l'appétit ; en un mot, par l'ensemble des symptômes qui caractérisent cette maladie d'évolution que l'on appelle la chlorose et qui se rattache elle-même étroitement aux divers troubles hystériques si fréquents à cette même période de l'existence.

A partir de ce moment, jusqu'à l'époque de la ménopause, l'histoire pathologique aussi bien que physiologique de la femme est surtouj. caractérisée par la prédominance extrême de l'influence génitale; la ponte ovulaire périodique, la menstruation, la gestation, l'allaitement, constituent pour la femme une manière d'être toute spéciale et surtout une hygiène toute spéciale.

L'hygiène de la femme grosse doit particulièrement nous arrêter ^

La gestation imprime à l'organisme maternel des modifications qui intéressent, pour ainsi dire, tous les organes et toutes les fonctions. Quelques-unes de ces modifications ne dépassent jamais les limites physiologiques; il y a suractivité fonctionnelle et voilà tout; mais d'autres vont au delà du but et empiètent sur le domaine pathologique. Nous nous occuperons particulièrement de ces dernières.

Du côté de l'appareil de la circulation, nous avons à examiner le cœur et le sang. Quand le cœur est sain, le ventricule gauche est le siège d'une hypertrophie en rapport avec la fonction plus intense de l'organe. Cette hypertrophie de circonstance n'est que passagère, et on n'a jamais observé, croyons-nous, des symptômes morbides résultant de cet état. Lorsque le cœur est malade avant la grossesse on sait, depuis les travaux de Peter ^, Durosier^ combien la femme peut être exposée à de graves accidents. Mais ces faits relèvent de la pathologie. Relativement aux qualités du sang, les auteurs sont encore loin d'être d'accord. Autrefois, la femme enceinte était réputée pléthorique par tous les accoucheurs ; aussi pratiquaient-ils de larges et de nombreuses saignées pendant toute la durée de la gestation. Mais après les recherches de Gavarret et Andral, Becquerel et Rodier, la femme enceinte fut considérée comme anémique, ou plutôt comme présentant une diminution de la densité du sang, des globules, de l'albumine et une augmentation de fibrine, surtout dans les derniers mois. Naturellement la thérapeutique ne fut plus la même, on renversa la médication et, au lieu de pratiquer des saignées, on administra aux femmes enceintes des toniques et en particuUer du fer. Aujourd'hui, une nouvelle réaction commence à se produire et on tend à admettre que, pendant la grossesse, il y a augmentation de la masse totale du sang, mais avec hypoglobulie. Aussi, sans revenir encore à la saignée, a-t-on des tendances à moins administrer le fer.

Parmi les modifications de l'urine, il en est qui doivent nous arrêter spécialement. Souvent, ainsi que l'a démontré le premier Rayer, et depuis Blot et Imbert-Gourbeyre, les urines des femmes enceintes, et en particulier des primipares, renferment de l'albumine. Le mécanisme suivant lequel cette albuminurie

1. Le bassin de la femme n'ayant qu'à vingt ans son développement complet, c'est seulement à cet âge que la femme peut se marier.

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