Traité des maladies des artisans, Paris
préparation du gaz portatif) et au ponsif.
Ouvriers en étoffes et gazes chargées de substances minérales desséchées et en poussières (arsénite de cuivre).
Plâtriers (chaux).
Polisseurs d'acier.
Polisseurs à l'émeri.
Porcelainiers (silice).
Poudre de guerre et autres (fabricants de),
mixte.
Salpêtriers.
Satineurs de papiers peints (sels d'arsenic).
Sécréteurs de poils de lapin (sels de mercure), mixte.
Tourneurs en cuivre, en fer, en zinc.
Tamiseurs de vert de Schweinfurth pour papiers peints.
Les affections respiratoires que peut provoquer l'inhalation des poussières sont : le catarrhe des voies aériennes, 1 emphysème pulmonaire, la dilatation bronchique, diverses variétés de pneumonie, enfin des formes particulières de phtisie.
Le catarrhe peut envahir successivement le larynx, la trachée, les bronches jusqu a leurs dernières ramifications. Il est aigu ou chronique. Le catarrhe chronique est beaucoup plus fréquent que le catarrhe aigu, observable surtout chez les ouvriers qui débutent dans leur profession.
L'emphysème succède habituellement à la bronchite chronique; sur dix ouvriers atteints de bronchite chronique, un au moins deviendra emphysémateux dans la seconde moitié de sa vie. L'emphysème est le résultat de la respiration supplémentaire dans les parties du poumon qui ne sont point altérées ; c'est donc un emph)^scme par compensation, dit aussi emphysème vicariant. La dilatation bronchique, comme l'emphysème est une conséquence de la bronchite chronique. Les poussières dont les éléments lins, irréguliers, sont le plus difficilement éliminés, prédisposent surtout à cette affection.
Diverses formes de pneumonie chronique peuvent apparaître à la suite d'inhalation de poussière. D'après Hirt, la pneumonie aiguë serait également provoquée dans certaines circonstances. 11 cite le cas d'un jeune homme, fileur de coton, chez l(!quel une pneumonie aiguë se serait déclarée quatre fois, à quatre reprises différentes de son travail. Sans s'étayer d'un plus grand nombre d'observations, ou nous faire connaître les statistiques sur lesquelles il appuie l'existence même de la pneumonie aiguë par inhalation de poussière, l'auteur établit le diagnostic différentiel de la pneumonie aiguë commune et de la pneumonie aiguë produite par l'inhalation des poussières, remarquant que, dans ce dernier cas, le sommet du poumon est plus souvent atteint. Dans un ouvrage où il y a un grand nombre de chiffres, cette statistique n'eût cependant point été superflue.
Une des altérations les plus intéressantes qui succèdent à l'absorption des poussières consiste dans la présence même du corps étranger dont les molécules pénètrent le tissu du poumon, en écartant les divers éléments anatomiques qui le constituent. Ce sont là les pneumoconioses (Trveujxwv, poumon, et xoviç, poussière). Nous aurons, chemin faisant, l'occasion d'étudier les diverses pneumoconioses, aiithracosis, siderosis, chalicosis et byssinosis. Ces pneumoconioses chroniques offrent comme caractère commun l'élément inflammatoire et, comme phénomène différentiel, la variété de la substance inhalée.
L'inhalation de poussières peut aussi évidemment jouer un rôle dans la production de la tubercuhsation pulmonaire, surtout en tenant compte des mauvaises conditions hygiéniques auxquelles sont soumis les ouvriers dans les ateliers; mais, jusqu'ici, on a trop souvent confondu la tubercuhsation pulmonaire avec les pneumonies
chroniques succédant à l'inhalation poussiéreuse et Ton a réuni sous la dénomination commune de phtisie des lésions anatomiques multiples, parmi lesquelles les pneumoconioses acquerront un rôle toujours plus important, à mesure que les études deviendront plus complètes. Le tableau de Hirt (p. 149), qui a pour titre : La fréquence relative de la phtisie chez les ouvriers à poussière^ doit indiquer, avec les réserves que nous venons d'exposer, la présence, non pas de la phtisie commune, mais des affections pulmonaires chroniques. En tenant compte de ces restrictions, ce tableau est intéressant.
Les expériences d'Arnold ont singulièrement élucidé l'histoire des altérations consécutives à l'inhalation des poussières. Il a d'abord montré, comme il y avait heu de le prévoir, que les accidents sont beaucoup plus marqués chez les animaux qui respirent par la bouche. Les chiens sont bien plus souvent atteints que les lapins. 50 p. 100 des premiers, 14,2 des seconds, succombent à des pneumonies aiguës, alors que les premiers sont moins sujets aux affections spontanées du poumon. La respiration du lapin se fait essentiellement par les narines, celle du chien souvent par la bouche.
Le premier effet de la pénétration de poussières dans les voies aériennes consiste dans la production de cellules qui se chargent de poussières et qui viennent du sang et de la prolifération cellulaire. Les altérations coïncident, quand il s'agit de poussières irritantes (émeri ou grès), avec des exsudais muqueux ou iibrineux et une infiltration sous-jacente. Ainsi se développe le catarrhe bronchique avec ses conséquences possibles, dilatation des bronches, ulcération, emphysème.
Les poussières arrivées dans les alvéoles pulmonaires amènent à leur tour une prolifération avec desquamation cellulaire. S'agit-il de poussières irritantes comme l'émeri, il y a en même temps prolifération des tissus conjonctifs, induration pulmonaire, qui peut revêtir dans certains cas l'apparence nodulaire.
Arnold a suivi la migration des poussières et les altérations consécutives dans les ganglions lymphatiques, dans la plèvre, dans les viscères.
La pneumonie est plus ou moins commune suivant la nature des poussières.
28,0 p. 100 après les inhalations de suie. 40 — — bleu d'outremer
60 — — émeri
100 — — poussière de grès.
Les mêmes influences se font sentir chez l'homme. Nous verrons combien la pneumonie est commune chez les ouvriers exposés à inhaler les poussières dégagées au cours du broyage des scories provenant de la déphosphatation des scories.
On considérait autrefois la tuberculose comme pouvant être une conséquence directe de l'inhalation professionnelle du processus, et de fait nous trouverons en diverses occasions la fréquence de ces tuberculoses professionnelles.
Sans doute la poussière ne peut directement amener la tuberculose que si elle est bacilUfère, ce qui n'est pas impossible, les poussières pouvant se charger de bacilles, du fait de la présence dans la pièce de tuberculeux qui crachent.
Il convient aussi de remarquer que les traumatismes des muqueuses bronchiques et des alvéoles pulmonaires peuvent servir de porte d'entrée au bacille.
La statistique suivante de Sommerfeld montre avec plus de précision encore l'in-
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