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I. P.iul Fabrc, De Vanoj^hémie fies houilleurs, Paris

ordinairement au développement dans Tintestin de lankylostome ou uncinaire duodénai.

Découvert par Dulnni, qui, en 1838 lui donna le nom de Uncinarie, le parasite, plus fréquemment dénommé ankylostome, est un ver de l'ordre des Nématodes, de la famille Strongylus du genre Dochmius. Le mâle a 6 à 8 milimètres de long, la femelle est un peu plus grande.

Le parasite a pour siège habituel non le duodénum, mais la partie inférieure de

l'intestin grêle. Fixé sur la muqueuse au moyen d'une bouche munie de huit dents puissantes, il détermine une hémorragie incessante qui devient surtout dangereuse quand les vers sont nombreux. On les a vus dépasser le chiffre de 1000 quand le sujet est débilité. Il est probable qu'à la perte de sang s'ajoute Faction de poisons sécrétés par le parasite.

Fig. 202. — Uncinaria duodenalis, d'après R. Lcuchart.

Fi!

■2013. — Extrémité antérieure à.' Uncinaria duodenalis, vue par la face dorsale, d'après Schultess.

La relation fut établie pour la ])remicre fois chez les ouvriers travaillant au percement du Saint- Gotliard, par Graziadei et Perroncito.

L ankylostome a été constaté depuis à Saint-Étienne (Trossat, Héraud), à Valenciennes (Lesage, Manouvrier), à Gommentry (Favre et Dransart), dans les charbonnages belges, chez les mineurs de la Sardaigne, de Hongrie, etc.

Dans certains charbonnages belges, lankylostomasie a pris un développement extrême, frappant dans Tun 849 mineurs sur 504, dans un autre 63i2 sur 1 144.

L'ankylostome, introduit par la bouche, se dévelo])pe et est fécondé dans rinlestin grêle. Les œufs sont expulsés avec les matières fécales. Déposés sur le sol, ils donnent lieu à des larves qui, après être restées en latence pendant une période de deux semaines à plusieurs mois, passent directement, sans Tintermédiaire d'aucun animal, dans le corps humain, où elles acquièrent l'état adulte.

Le développement se fait à une température qui varie entre 19^ et 37°. Le minimum de température nécessaire au développement du parasite n'est généralement j>as atteint

à la surface du sol, même en été ; en revanche, on le trouve sous le sol à partir d'une certaine profondeur, 325 mètres dans les charbonnages l)elges.

On s'explique ainsi comment ranlvvlostomasie respia-lc les ouvriers travaillant à la surface du sol et atteint surtout ceux qui travaillent dans la profondeur.

Les œufs et les larves de rankylostome sont très résistants aux antiseptiques généralement employés, ainsi qu a la dessiccation.

Il convient d'instruite le mineur des modes de transmission, lui indiquer que le danger réside dans les matières fécales, (jue la propreté est le meilleur moyen de défense.

Il devra s'efforcer le plus [»ossible de ne pas s'exonérer dans la mine, de ne le faire, si cela est indispensable, que dans des baquets spéciaux proprement entretenus, de ne boire ipie de l'eau pure conteinu; dans des récipients à l'abri de toute souillure, de prendre douche par aspersion et changer de vêlements au sortir de la mine.

Fi^'. v'Ol. — (Eut' irankylostonio k ses dirtéronts stados.

Les vèteuienl< soiiilli-s air\ chai lxjnnages seront lavi's et séchés par les soins de l'entreprise.

L'examen microscopique des déjections (mi faisant reconnaître les œufs de rankylostome peruiellia de déceler les travailleurs atteints, de ne leur permettre la reprise (lu lia\ail qu a|»rès guérison. On ne laissera arriver dans une fosse non infectée de nouveaux ouvriers si l'examen de leurs déjections prouve l'absence d'oeufs d'ankyloslome. Au moyen d'une ventilation énergique il sera souvent possible de réaliser dans le fond de la mine une température inférieure à 22°, ce qui suffira à faire disparaît i-e l'ankylostomasie.

Schiujer, dans son travail sur les mines de Gruiiberg, a insisté sur la fréquence des affections rhumatismales chez les mineurs.

D'apiès un relevé de Moll, dans les mines de la haute Silésie, ])endant la période de 1(S()2-18G7, il y a eu 48 malades sur 100 ouvriers. Les affections internes sont dans le rapport de 26, les affections externes de 17 p. 100. Les maladies internes les jdus frériucnles furent : les rlniinalismes, 29 p. 100; les affections catarrhales, 16 p. 100.

Il faut encore signaler chez les mineurs la scrofule et la phtisie, maladies qui sont dues à un séjoui- dans un endroit souterrain, entraînant la jirivalion de soleil et d'un air suffisamment renouvelé.

Simon, chef du service sanitaire anglais, établit fjue les 300000 mineurs du Royaume-Uni succombent général(;ment de bonne h(!ure à des bronchites et des pneumonies occasioimées j)ar l'atmosphère impure qu'ils respirent. Mais il signale une exception très importante à la règle. Les mineurs des comtés de Durliam et de

Northiimberland, où les mines jouissent d'une ventilation excellente, ne sont pas atteints d'affections pulmonaires dans une proportion supérieure à celle des autres classes de la population ^

On ne saurait trop insister sur la nécessité de bien ventiler les mines ^, d'y pratiquer des percements larges et assez nombreux, de faire mastiquer les fissures qui laissent échapper les vapeurs, de multiplier les puits d'aérage et les communications entre les galeries; enfin de s'opposer, par tous les moyens, à la stagnation de l'air et de l'eau.

Le mauvais air produit par la destruction lente des bois qui servent à étançonner, et les accidents qui résultent des éboulements, devraient aussi imposer l'obligation de n'étançonner qu'avec la pierre même du minerai, lorsque sa consistance le permet, et d'y suppléer dans les terrains mobiles par des colonnes de fonte.

D'après Hirt, les émanations provenant des mines de sel gemme sont sans influence nuisible pour la santé. Les maladies des poumons sont très rares chez ces ouvriers. Les affections qu'on observe sont dues à la position pénible du corps, à la dépense considérable de forces, à l'humidité; les ouvriers des sahnes, occupés, les uns dans les bâtiments de graduation, les autres à épurer le sel ])ar l'évaporation, se trouvent aussi dans de très bonnes conditions. Les uns atteignent en moyenne soixante-quatorze ans, les seconds soixante-sept ans.

Emanations provenant de inaltérés animales. — Les professions exposant aux émanations provenant de matières animales font respirer aux ouvriers certains acides, acide sulfhych-iqne, acide volalil propionique, butyrique, etc. Malgré l'odeur extrêmement repoussante de ces gaz, ces professions paraisseni (Mre généralement salubres. Parent-DuchrUelet et Warren ont adopté cette conclusion.

Dans les épidémies de fièvre jaune (h Boston et de Pliiladelphie, qui dépeuplèrent presque ces cités, les bouchers, bien que placés au cenlre des quartiers infectés, n'eurent qu'un seul cas dans la première de ces villes, et trois dans la seconde.

Les matelots (jui forment l'équipage des navires baleiniers sont d'une santé pins vigonrense (|ue les marins (b's autres batimenis, et cependant leurs bateaux sont toujours imprégnés d'émanations de poussières animales d'une fétidité repoussante.

La colle désignée sous le nom de colle forte se prépare avec les matières animales

d. Fourth report of tlie médical officer of the privy council, 1862, p. 15.

2. Le système actuel de ventilation ascensionnelle des houillères, dit Manouvrier préconisé par la science contre le grisou et d'autres gaz plus légers que l'air, reste impuissant, dans les fosses infectées d'anémie, à remonter au jour, par le puits d'appel; la totalité des vapeurs des dérivés de la houille, beaucoup plus lourdes que l'air, tendent à s'accumuler et à stagner dans les bas-fonds. Il appartient aux ingénieurs de trouver un système de ventilation approprié, qui satisfasse aux indications spéciales tirées de cette nouvelle notion.

Quoi qu'il en soit, la ventilation devra être d'autant plus active que l'extraction de la houille sera plus considérable en un temps donné; enfin, il faudra éviter que le courant d'air en retour des tailles en exploitation remonte par le puits servant à la descente et à l'ascension des ouvriers. D'une manière générale, on préférera l'aérage par aspiration à celui par refoulement, et en particulier, l'aspiration par des ventilateurs et non par des foyers. Dès l'apparition des premiers symptômes, on interdira au mineur le travail du fond, dans la fosse où il aura contracté sa maladie, pour l'employer au jour, et désormais il ne devra descendre que dans les fosses où l'anémie ne règne pas.

plus ou moius riches en gélatine, lelles que membranes, peaux, aponévroses, tendons, cartilages, os. On emploie les raclures de peau des mégissiers, les peaux d'emballage et les rognures de peau venant du Brésil, les résidus de fabrication des buftles, les gros tendons de banif, les rognures de parclieminerie, les oreilles de mouton, les pieds de veau, les queues rejelées \)ar les lanneurs, etc.

Cette fabrication donne lieu a une odeur infecte, qui empêche d'établir de semblables usines dans les lieux habités; cependant les ouvriers qui y travaillent ne sont sujets à aucune uialadie.

Sous le nom di» hoijauderies^ on com}»rend : la fabrication, à Taide des intestins de bteuf, de mouton et de cheval, de divers produits employés dans les arls. On fait (Taboid subir aux boyaux une putréfaction assez avancée. D'après Parent-D;:cliûtelet, il n'en résulterait pour les ouvriers aucun inconvénient; mais Chevallier et Guérard ont remarqué que ces ouvriers, au début de leur travail dans ces établissements, ont souvent de la fièvre et quelques troubles digestifs.

Les savonniers, uialgré l'état de |)utréfaction avancée dans le([uel se trouve la graisse dont ils se servent, jouissent d'une santé parfaite, et ne sont sujets ni aux fièvres, ni aux alïections é]tid(''miqu('s (Bancrofl). Cej)eudant on a classé leurs établissements couimc insalul)i('s, en raison de l'odeur et de la lumée désagréables qu'ils répandent. On peut éviter la dissémination de ces vapeurs éj)aisses et nauséabondes par la combustion des gaz, ou |>ai' ieni- expulsion au moyen de cheminées d'a])pel très élevées.

En outre, la nature des lésiihis solides et li(pii(b's ([ui en piovicMinent, et qui sont facilement décomi»osables, pourrait, si on les abaïubjunait sur la voie publique, donner lieu à un (b'-gagement considérable de vapeurs infectes et d'hydrogène sulfuré. Dans le i»iit dObvier à cet inconvénient, on devra placer provisoirement sous des hangars les résidus solides provenant de la saponification, afin que les eaux fiuviales ne puissent les délayer et les répandre sur la voie publique. Les résidus licjuides devront être recueillis avec soin dans une fosse ou dans un récipient parfaitement étanche, pour être enlevés ultérieurement avec les résidus solides.

Pirondi a constaté dans les savonneries une disposition très défectueuse et qui expose les ouvriers à un grand danger : la cuve dans laquelle bout la pâte de savon est entourée d'un parapet dont la hauteur ne dé|)asse jamais un mètre; sur ce })arapet en maçonnerie mince et à boids arrondis, on place en travers, à certains moments, une planche très épaisse, large de 70 à 75 centimètres, et mobile; un ouvrier, monté debout sur cette planche, remue sans cesse la pâte à l'aide d'une longue perche terminée en sj)alule plate et carrée; c'est l'opération du madrage qui exige que l'homme se penche et se redresse pour saisir et soulever la pâte que l'instrument doit battre d'un coup sec, à la fin de sa course, pour l'éparpiller. Il doit aussi parcourir toute l'aire de la cuve; il faut donc que la planche soit successivement poussée sur tous les points de la circonférence sans que l'ouvrier en descende; enfin lorsque la pâte est cuite, un homme, également debout sur la i)lanche et armé d'une vaste cuiller, plonge cet instrument dans la pâte, le remplit, le soulève et le vide dans une gouttière en bois qui conduit la pâte aux moules où elle doit se solidifier. Il est facile de concevoir quel i)eut être parfois le résultat de ces diverses manœuvres. Que l'ouvrier glisse et perde l'équilibre pendant qu'il puise la pâte, ou que le manche de la spatule ou de la cuiller casse, l'homme tombe dans la cuve, d'où il ne sort qu'atteint des

plus horribles brûlures. Or, jusqu'à présent, que fait-on pour prévenir ce terrible accident? On jette du plâtre sur la planche et on en frotte la plante des pieds des ouvriers qui s'y tiennent debout; mais, peu à peu le plâtre s'iiumecte de la lessive ghssante qui tombe des outils et rien ne préserve l'ouvrier que la crainte môme du danger qui devrait le tenir, mais ne le tient pas toujours en éveil. Il faudrait substituer aux bras de l'homme quelque moyen mécanique, ou au moins, si les conditions d'une bonne fabrication exigent que le madrage soit fait à la main, munir la planche d'un rebord assez élevé pour retenir le pied et pas assez pour gêner le travail.

D'après Bancrofl, les clianddierf^ ont une bonne santé, malgré l'odeur fétide et nauséabonde qu'entraîne leur profession.

La fabrication des hougies avec la dre et le blanc de baleine est exemj^te d'inconvénients. Il n'en est pas de môme de la fabrication avec Vacide siéarique.

La graisse est soumise d'abord à l'action de la chaux vive, qui transforme en acides gras les deux princi])aux éléments, la stéarine et l'oléine; puis on décompose, tà l'aide de l'acide chlorliydrique ou de l'aciik^ sulfhydrique, le stéarate et l'oléate de chaux formés. Le principal danger réside dans le maniement de ces acides.

Autrefois, pour rendre les graisses plus combustibles, on y ajoutait de l'acide arsénieux qui, en se volatilisant au moment de la combustion, pouvait occasionner des accidents chez les personnes qui se servaient de ces bougies.

L'odeur repoussante que produisent la putréfaction, la cuisson, la calcination à l'air des os, n'est pas malsaine. Les ouvriers des fabriques de phosphate de chaux sont exposés à inhaler des vapeurs sulfureuses, qui offrent peu d'inconvénients.

La distillation des matières animales pour la préparation de Vammoniaque répand une odeur infecte, mais n'est pas dangereuse. Il en est de même de la p?^eparation du ferra-cyanure de potassium, à l'aide de matières azotées (cornes, sang, vieux cuir, etc.), que l'on traite par la potasse de fer. Les accidents que l'on peut redouter dans cette opération et dans les mélanges subséquents consistent dans des détonations et dans le dégagement d'une grande quantité d'hydrogène sulfuré. Darcet a indiqué, comme moyen propliylactique, la construction de cheminées à chaque chaudière venant aboutir à la cheminée centrale.

Bien que le broiement des graines oléagineuses dégage des vapeurs d'huile grasse ou essentielle désagréables, et malgré les fréquents changements de température, ces ouvriers jouissent d'une santé relativement très bonne. On n'observe chez eux (pie 3 }>. 100 de phtisiques. Il y a également un dégagement de poussière, mais il est combattu, ainsi que la production des vapeurs, par une ventilation énergique.

Poudre et amorces fulminantes. — Les conditions d'explosibilité du fulminate de mercure sont très importantes à étudier au point de vue des questions de salubrité. Aussi il faut remarquer que l'explosion est d'autant plus facile sous l'inlluence du choc, que les corps choqués présentent plus de dureté. Le choc du bois contre du bois, ou môme du fer contre (hi bois, n'amène pas l'explosion; elle ne se produit que très rarement entre le fer et le plomb; plus souvent, quoique cependant avec difficulté, entre le verre et le verre, le marbre et le marbre; elle se détermine toujours entre le fer et le fer, un peu moins facilement entre le fer et le bronze, le fer

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et le cuivre. Par le frottement, au contraire, on la provoque aisément entre deux plaques de bois; plus diflicilement entre deux plaques de marbre ou de fer, ou entre le fer et le marbre ou le bois. Tardieu fait observer que toutes ces circonstances doivent être bien connues des fabricants, des contremaîtres et, s'il se peut, des ouvriers, parce qu'elles lournissent des enseignements pour diminuer les dangers de la fabrication des poudres fulminantes.

Le fulminate de mercure présente dans sa j)i éparation le doul)le danger des émannliotis nuisibles et des explosions. En effet, lorsqu'on ajoute l'alcool à la solution de nitrate acide de mercure, il se })roduil dans la masse liquide une forte agitation qui s'accompagne d'un dégagement abondant de vapeurs d'éther nitreux. Ce sont ces vapeurs qui, d'une |)art, en raison de leur inflammabilité extrême, ont donné lieu plusieurs fois à des incendies terribles, et, de l'autre, exercent sur ceux qui s'y exposent une action des plus funestes, caractérisée par un mal de tête subit et violent, des vertiges, la perte de connaissance, un engourdissement des membres et un sentiment p/nible de constriction à la poitrine, avec cyanose de la face.

Roussel fait observer que les accidents provenant de l'action des vapeurs sont devenus de plus eu plus rares à mesure (pie la préparation du fulminate de mercun» s'est perfectionnée. Cbandelon (de Liège) a imaginé un appareil spécial destiné à empèclier la dilînsion de ces vapeurs délétères. Tardieu conseille, comme moyen de prévenir les accidents, en premier lieu, une bonne disposition des ateliers, qui doivent être comj)lètement isolés, construits en matériaux très légers, tels que des toiles et des plancbes, de manière à éviter, en cas d'explosion, la projection de masses très lourdes, et, enfin, cbaulTés ])ar une circulation d'eau cliaude. Il est bon que l'endroit où l'on fabricjue le fulminate de mercure soit séparé des autres ateliers, mais il ne faudrait pas que ce corps fût transporté, après dessiccation, à grande dislance, à moins de précautions toutes spéciales. Tardieu insiste sur l'attention extrême qu'exigent les procédés de conservation de la ])Oudre et signale dans la dernière o|)ération, qui a pour but la cbarge des capsules, l'importance qu'il y a à préserver les mains dv> ouvriers tpii iiiaii(i'U\ rml, a t aide d un i)Oucliei' de tôle (jui les protège contre les exjthtsions.

Les fabrifpies de fulminate de mercure, amorces fulminantes et autres matières, dans la préjtaralion des(pielles entre le fulminate de mercure, ont été, par ordonnances des âi) juin \Hi?> et />0 octobie 1836, rangées dans les établissements insalubres, en raison des dangers d'explosion et d'incendi(; (pi'elles présentent*.

Mécaniciens, — Chauffeurs. — Forgerons. — Cbez les mécaniciens et chauffeurs de locomotives, il faut noter surtout la fatigue résultant du mouvement continu rlu corps, de l'attenlion soutenue de la vue, de l'ouïe, des courants d'air, de la position debout, des cbangements de température ; aussi les affections les plus fréquentes, chez eux, sont-(dles les maladies ])roduiles })arle froid, comme le i bumatisme. Sur la ligne »le Fribourg-Breslau, la durée de leur vie n'est que de trente-cinq ans (Hirt).

D'après Labslorff, la durée moyeiuie de la vie des mécaniciens et des chauffeurs des haleaux à vapeur serait de cin(}uante-sept ans. Ils sont donc, d'ai)rès cette sla-

1. Voir le i'ai)[)ort de .Inrriuol à propos de l'explosion survenue elipz Fontaine, rue de la Sorbonne (picrate de fjotas'^e). [Conseil de salubrilé du déparLement de la Seine de 1807 à 1871, p. 265.)

tislique, dans des conditions beaucoup plus favorables que les chauffeurs des locomotives.

Frank Smith a signalé chez les forgerom une paralysie liée à une altération des centres nerveux. Elle a toujours affecté la forme hémiplégique et s'est montrée du côté exposé à une fatigue exagérée par l'action professionnelle. Elle a été souvent compliquée d'aphasie, de plosis, d'alrophie, de paralysie faciale et de surdité. L'auteur que nous venons de citer refuse de considérer celte affection comme une hémiplégie d'origine vulgaire : car, dit-il, dans la plupart des cas (son travail ne repose que sur dix observations), ni l'âge, ni les habitudes, ni une syphilis antérieure, ni une prédisposition héréditaire ne pouvaient confirmer cette manière de voir. Nous n'avons pas besoin de dire que de nouveaux faits sont nécessaires pour permettre d'accepter l'opinion de Frank Smith K

Accidents camés par les niacJiines. — Nous n'avons }ias à parler ici de ces accidents qui ressortissent surtout à la chirurgie. Nous ferons remarquer cependant, au point de vue de l'hygiène, (juc l'ûge trop peu avancé des ouvriei s rend les accidents plus fréquents. Ce fait s'explique lorsque l'on sait que, par la nature de leurs travaux, les enfants sont souvent en ra])port avec les parties dangereuses des appareils.

La i)roportion des accidents au-dessous de treize ans est de 41 p. 100; de quinze à vingt-cinq ans, de 36,4; de vingt-cinq à quarante ans, de 13,1; de quarante à soixante ans, de 9,13.

Les membres supérieurs sont souvent atteints (87,1); les lésions des membres inférieurs sont rejjrésentées i)ar le chiffre 7,4; et celles de la tcte, du tronc, par le chiffre 5,4.

Pour combattre de pareils accidents, il est imi)éricusement nécessaire d'entourer d'étuis de bois ou de grillages les parties dangereuses des appareils avec lesquelles les ouvriers n'ont pas affaire.

On doit proscrire d'une façon absolue de placer des courroies pendant la marche des machines, ou bien ne les })lacei' qu'à l'aide d'un long bâton armé d'un crochet. Il faut également prescrire des vêtements particuliers, courts, collants sur le corps de façon à donner le moins de prise possible aux roues des machines.

Le décret du 1'''' mai 1880 a édicté des épreuves très minutieuses auxquelles devront être soumis les appareils à vapeur.

Ces épreuves sont confiées au service des mines. Elles sont valables pour dix ans au plus. La cliaudière doit être soumise à une i)ression supérieure à la pression effective qui ne doit point être dépassée dans le service. Un timbre apposé après l'épreuve indique en kilogiammes par centimètre carré la pression que la vapeur ne doit pas dépasser.

Les timbres sont poinçonnés et reçoivent trois nombres indiquant le jour, le mois et l'année de l'épreuve.

La chaudière doit être munie d'un manomètre en bon état. Une marque très apparente indique sur l'échelle de ce manomètre la limite que la pression effective ne doit pas (lé})asser.

1. lîrit. mcd. Assoc. — Brit. med. Journ., p. 27i, 2G août 1870.

Chaque chaudière est munie d'un appareil de retenue, soupape ou clapets, fonctionnant automatiquement et placé au point d'insertion du tuyau d'alimentation qui lui est propre.

Cha(]uo chaudière est munie d'une soupape et d'un ro]))net d'arrêt de va})eur, placé autant ipic possitile à l'origine du tuyau de conduite de vapeur sur la chaudière même.

Deux appareils indicateurs du niveau de l'eau indépendants l'un de l'autre sont placés en vue de l'ouvrier chargé de l'alimentation. Ce dernier devra toujours maintenir le niveau de l'eau h une hauteur de marche telle que la paroi en contact par une de ses faces avec la llamme soit haignée d'eau sur sa face opposée et que l'eau soit à 0 m. 06 au moins au-dessus du plan pour lequel cette condition cesserait d'être remplie.

Le même décret indicpie la distance des maisons d'hahitation qu'il faut imposer aux cliaudières.

Établissements insalubres. — Les exigences de l'hygiène publique ohligenl l'autorité à surveiller cl à éloigner des habitations particulières certains établissements industriels. Ces mesures ne sont pas exclusivement dictées par des considérations hygiéniques; elles peuvent être également appliquées à des industries que l'on juge incommodes et dangereuses. Il est évident que les établissements autrefois autorisés peuvent acquérir cette dernière qualité. On se rappelle l'épouvantable explosion produite chez un fabricant célèbre de produits chimiques par une masse peu considérable de picrate de ])otasse, qui coûta la vie à un grand nombre de personnes et failUt détruire plusieurs maisons du quartier de la Sorbonne. Il est donc évident qu'une industrie autrefois jugée inoffensive peut, à un moment donné, devenir dangereuse et forcer l'autorité à jirendre des mesures de précaution.

Les établissements dangereux., insalubres ou incommodes ont été divisés en trois classes ; ceux de première classe doivent être éloignés des habitations particulières, mais il n'est pas absolument nécessaire qu'ils soient à une grande distance de Tenceinle des villes. C'est à l'autorité qu'il appartient d'examiner si l'isolement est suffisant, eu égard aux circonstances. La demande en autorisation doit être affichée pendant un mois dans toutes les communes, à cinq kilomètres de rayon. Enfin, une enquête de commodo et incommodo doit être faite auprès des plus proches voisins. L'autorisation une fois obtenue peut être annulée en cas de besoin ^

Les établissements de seconde classe sont ceux dont féloignement n'est pas rigoureusement nécessaire, mais qui ne doivent fonctionner que lorsque les opérations qu'on y pratique sont exécutées de manière à ne plus incommoder le voisinage.

Quant aux établissements de troisième classe, ils peuvent rester sans inconvénient auprès des maisons ; mais ils doivent être constamment soumis à la surveillance de la police.

Les appareils qui sont mus par des machines à vapeur font rentrer les établissements qui les emploient dans la deuxième classe. La police est appelée à surveiller la pression maximum de la vapeur, la force des machines et les autres conditions du fonctionnement.

i. Drouineau, Note sur l'industrie des l)uandiers et la législation actuelle concernant les établissements insalubres, in Rev. cV/iyg., 1879, n" 8.

On comprend sans peine toute Futilité de ces précautions sanitaires et Fimmense intérêt qui s'attache à une honne exécution des règlements K

Explosifs. — Le règlement général sur les explosifs range ces produits en cinq catégories : les poudres nitratées, les poudres nitrées détonantes, les poudres chloratées, les poudres fulminantes, les munitions et artifices.

Les poudres nitratées comprennent tous les mélanges de nitrate à base minérale avec des substances quelconques susceptibles de faire explosion par inllammalion ou par choc.

Les poudres nitrées sont la nitroglycérine et le nitrate de méthyle, leurs dérivés à base inerte ou active, comme les dynamites, le fulmicoton (nitrocellulose) et ses dérivés, les combinaisons de nitroglycérine et de fulmicoton, les picrates et poudres picratées.

Les produits chloratés ont pour base le chlorate de potasse combiné à des corps divers inertes ou actifs.

Les poudres fulminantes sont particulièrement dangereuses en raison de leur facilité d'explosion par inflammation directe ou par choc et de leur grande instabilité. A cette catégorie appartiennent les fulminates de mercure, d'argent, le fulminate Gaupillat (mélange de chlorate de potasse, de ferrocyanure et de sulfocyanure de plomb), les poudres formées d\in mélange de chlorate avec du phosphore, du soufre ou des sulfures, le chlorure et Fiodure d'azote, For et l'argent, fulminants ammoniacaux, etc.

Hygiène militaire. — Hygiène navale. — Hygiène des professions cérébrales. — Il nous resterait à parler de Vhygiène militaire et navale, ainsi que des professions dites libérales. Mais, il est à peine besoin de le faire observer, Vhygiène militaire est une question tellement spéciale et qui nous offre des horizons tellement étendus, qu'il faudrait écrire un traité à part pour lui rendre pleinement justice. Aussi préférons-nous renvoyer à l'excellent ouvrage de Morache ou à celui de Laveran, où cette étude a reçu son développement complet. D'ailleurs nous avons eu l'occasion d'y toucher à propos de Varmée, du recrutement et de quelques autres points qui se rattachent à la santé des miUtaires (aUmentation, boissons, vêtements, bains, gymnastique, etc.).

Quant à Vhygiène navale, les problèmes qu'elle comporte se rapportent surtout à la Climatologie^ à laquelle nous avons consacré un chapitre spécial. Pour toutes les autres questions, nous renvoyons à l'article publié par le professeur Fonssagrives, dans le Dictionnaire encyclopédique des sciences médicales, ainsi qu'au Traité de Mahé.

Les professions cérébrales, dites souvent à tort libérales, ont incontestablement des caractères qui, au point de vue de Fhygiène, en font une famille dans laquelle on peut distinguer des espèces et des variétés, mais qui possèdent un fond commun devant lequel toutes les différences s'effacent. Un illustre homme d'État disait autre-

1. Nous renvoyons, pour la législation qui a trait à l'iiygiène professionnelle, au rapport déjà cité de Gubler et Napias. La législation française et les législations étrangères sont très complètement étudiées dans cet important travail. Voir aussi G. Jourdan : Traité pratique de la législation sur les logements insalubres.

fois que l'amour des helles-lellres était la franc-maçonnerie de tous les gens bien élevés. S'il existe un lien commun, une sorte de franc-maçonnerie entre les gens de bon ton, quel que soit le parti, quelle que soit la profession à laquelle ils appartiennent, il existe évidemment un lien non moins solide, une ressemblance tout aussi générale entre tous ceux qui, de près ou de loin, ont touché à Texercice des professions cérébrales.

Remarquons d'abord f[ue, dès le principe, il s'établit une sorte de sélection naturelle, un triage préparatoire qui sépare les hommes doués d'une intelligence un peu supérieure à celle de leurs pareils, des autres hommes destinés à former les industriels, les commerçants et les producteurs.

Nous sommes loin de prétendre que l'intelligence littéraire et scientifique soit absolument supérieure à celle que développe un grand industriel, un habile financier ou un commerçant heureux; mais il est incontestable que ce genre d'intelligence sup|)ose des piédispositions spéciales, des penchants innés et surtout une persévérance dans l élude qui ne se rencontre point en dehors des professions cérébrales.

Une fois entrés dans la carrière, les avocats, les médecins, les professeurs, les lettrés de toute espèce, contractent nécessairement des habitudes (|ui diffèi-ent, dans une certaine mesure, de celles de la i)opulalion qui les entoure. Le travail de la journée n'est jxiint suivi d'une période de rei)Os, l'esprit reste constamment tendu, et l'exercice perpétuel des facultés cérébrales fait acquérir aux centres iulellecluels une activité toute spéciale et, en même temps, une susceptibiHté particulière.

Il en résulte non seulement un accroissement incontestable des foi'ces vives de l'esprit, mais aussi une diminution sensible de la vie végétative et de la force musculaire. De même (pie l'ouvrier ou le paysan, })ar un travail manuel de tous les jours, dévelopjte et fortifie son système musculaire, de môme le lettré développe son intelligence aux dépens de ses muscles.

Presque toujours les grandes fonctions de la vie végétative, la digestion, la respiration, les sécrétions, s'accomi»lissent avec moins de vigueur ({ue chez l'homme vivant d'une existence moins cérébrale. Aussi la plupart des lettrés sont-ils dyspeptiques; aussi plusieurs d'entre eux sont-ils atteints d'alTeclions des voies urinaires et des autres inlirmités (ju'entraîne l'abus de la vie sédentaire. Il est d'ailleurs certain (pie l'exercice des professions cérébrales prédispose d'une façon toute particulière aux maladies organi(|ues des centres nerveux et à l'aliénation mentale. Les hémorragies, les ramollissements, les lésions de la moelle épinière, sont proportionnellement beaucoup plus fréquents chez les hommes de cette classe que chez les autres. Il en est de même de la folie proprement dite, ainsi que de la paralysie générale, qui frappe si souvent des cerveaux surmenés, au moment même de leur plus beau développement intellectuel. Mais, il faut en convenir, à tous ces inconvénients il est des com[)ensations. La vie intellectuelle convient à certaines natures, et Ion a vu d'illustres savants, après une laborieuse; existence, atteindre les limites extrêmes de la vieillesse. On peut citer les noms d'Arago, de; Biot, de Thénard, de Thiers, de Chevreiil, etc., (|ui avaient conservé, malgré les années, une vigueur d'esprit peu commune. C'est qu'en elîet, parmi les avantages d'une vie consacrée à la culture de l'inlelfigence, il faut placer, en première ligne, la lonqévité inlpMccliœlle; car il

est incontestable que les savants, lorsqu'ils survivent aux inconvénients de la carrière qu'ils ont adoptée, ne subissent point cet affaissement moral qui marque Texistence de la plupart des hommes, lorsqu'ils ont dépassé la cinquantaine, et que, vivant sur un fonds d'idées acquises, inca})ables d'accepter ou même de comprendre des idées nouvelles, ils ne se guident que par la routine et deviennent des obstacles au progrès.

Toutefois, il faut bien le reconnaître, il existe à cet égard une profonde différence entre les habitudes et la vie d'hommes à la fois intelligents et instruits qui exercent des professions, en a})parence identiques. Un ingénieur qui descend dans les mines, qui circule sur les voies ferrées, qui s'occupe des travaux d'art, mène une vie essentiellement différente de celle d'un savant professeur dont la carrière sera couronnée par un siège à l'Institut. Un praticien de campagne, qui emploie sa journée à se fatiguer les jambes, n'est point })lacé dans les mêmes conditions, ne jouit point des mêmes immunités, n'est point exposé aux mêmes maladies que le médecin scientifique, dont le tem[)s est surtout consacré à l'étude et chez qui l'esprit supporte une charge bien [)lus lourde ({ue le corps.

Ces })rincipes une fois établis, il faut se rendre à l'évidence et reconnaître que l'exercice habituel, prépondérant, excessif, de l'intelligence, abrège la vie chez la plupart de ceux qui s'y livrent avec persévérance. Quelques chiffres peuvent être invoqués à l'appui de ces propositions. L'École polylechni([ue est formée de jeunes gens nommés au concours et qui ])résentent, en vertu des traditions de l'école, une ressemblance des plus reman{uables au point de vue de l'esprit. Sur ce nombre, il en est quelques-inis qui embrassent les carrières civiles, d'autres qui entrent dans l'armée. Les civils sont infiniment moins nombreux que les militaires. La proportion est d'environ 1 à 10. Et cependant la mort frappe un i)ombrc à peu près égal de têtes dans ces deux divisions, ainsi (jue le prouve la statistique suivante :

Promotion de 1837 : 180 élèves. — Morts en 1877 : 49. — Dont 26 civils, 53 militaires

Promotion de 1838 : 130 élèves. — Morts en 1877 : 40. — Dont 19 civils, 21 militaires.

Promotion de 1854 : 169 élèves. — Moris en 1877 : 47. — Dont 16 civils et 31 militaiies.

11 faut renianpier (jue, dans cette année 1854, il n'y avait que 30 civils sur 169 élèves, ce ([ui établit une pro[)orlion de 2 sur 11.

Ainsi, malgré bîs chances défavorables de la guerre, la morlalilé qui règne sur les civils paraît être quatre fois plus forte que celle des mihlaires. On ne peut guère invocjucr ici la différence de conslilulion, le i)oint de départ étant le même pour tous. Il semble donc nalurel d'attribuer la différence aux conditions spéciales qui caractérisent les carrières ({u'ils avaient embrassées.

Nous pourrions en dire autant pour les médecins, chez (jui la moyenne de la vie est sensiblcnicnl inférieure, et cette infériorité s'accuse surtout chez les médecins scientifiques, les professeurs et les agrégés des facultés, les médecins des hôpitaux civils et tous ceux en gém-ral qui, victimes de concours prolongés, se sont laissé surmener par suile d'un entraînement fatal. Tous ceux en effet qui ont suivi celte carrière à Paris ont conservé le souvenir de ceux qui, à peine arrivés, succombaicnl

aux fatigues qui avaient débilité leur constitution et de ceux qui, avant de toucher le but, sont tombés épuisés sur la route \

Il nous paraît inutile de poursuivre plus loin cette démonstration. Contentons-nous d'indiquer d'une façon sommaire les précautions ({u'il convient de prendre pour éviter les dangers que peut avoir Tabus des forces intellectuelles.

Il est absolument nécessaire, pour ceux que la nature n'a point doués d'une vigueur à toute épreuve, de maintenir un certain équilibre entre les diverses fonctions de l'organisme. Il faut donc, autant que possible, corriger les abus intellectuels par des exercices corporels sagement distribués. On ne saurait assez louer l'usage adopté dans toutes les universités anglaises de mêler les exercices physiques aux travaux de l'esprit.

La natation, la g}mnasti(|ue, les jeux athlétiques, sont d'excellentes et utiles diversions qui empêchent le cerveau fatigué d'attirer à lui loules les forces de la vie- Des excursions champéti'es, des voyages à i)ied, ])euvent dans une certaine mesure les remplacer, et cette salutaire habitude, depuis si longtemps ado|)lée en Suisse, Iciid anjourd'liui à se nalnialiser parmi nons. xMais il ne sulTit pas de fournir à reniant, à l'écolier (jui grandil, un exercice utile au développement de ses forces : il faut aussi que l'adulte, fatigué par un travail incessant, trouve également le moyen

1. Celte supériorité de la iiiorlalilé des médecins ressort des cliilîres suivants, dus à Bertillon. La niorlalilé moyenne de tous les hommes réunis étant, pour i 000 vivants, pour cliaque groupe d'âges, de :

ET

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