INCONNU
TOTAL
POUR
30 Professions exposant V homme à respirer des poussières dures, mais à Vair libre. — Tels sont les tailleurs de pierre, marbriers, praticiens-sculpteurs, etc., les carriers, dont la mortalité est très élevée. Les maçons, les couvreurs en tuile et ardoise, etc., qui se rattachant jusqu'à un certain point à cette catégorie, ont une mortalité un peu moindre que les précédents.
40 Professions exposant l'homme à respirer des poussières dures, mais dans Vair con finé. — Ces professions exposent à une mortalité au moins aussi élevée que celle de la catégorie précédente, quelle que soit la nature de la poussière respirée, que celle-ci soit métallique (machines et outils, serruriers, armuriers, instruments de précision ou de chirurgie, couteliers, fabricants d'aiguilles, etc.), ou qu'elle soit^ rocheuse (potiers, etc.), ou qu'elle soit d'origine animale (brossiers, poils et crins, coiffeurs, etc.).
50 Professions exposant Vhomme à respirer des poussières molles . — Ces professions sont généralement moins insalubres que les précédentes (meuniers, boulangers, filateurs, ramoneurs, etc.).
6° Professions exposant Vhomme à une chaleur exagérée., à la fumée, à la vapeur, etc. — Les forgerons jouissent d'un état sanitaire satisfaisant à Paris, moins satisfaisant en Angleterre et surtout en Suisse. Les mécaniciens ont une mortalité moyenne. Les boulangers doivent sans doute leur mortalité un peu élevée aux poussières qu'ils respirent; les verriers et cristalliers aux substances qu'ils travaillent;
7° Professions exposant Vhomme à absorber des substances nuisibles. — Telles sont les professions qui exposent au saturnisme (telles sont, suivant la fréquence des empoisonnements : les fabricants de limes, les peintres, les potiers, les plombiers, les imprimeurs, etc.), les professions qui exposent à l'absorption du phosphore, du mercure et autres poisons minéraux ou à l'absorption de poisons végétaux (tabac, etc.), ou encore celles qui mettent l'homme au contact avec des matières corrompues (bouchers, tanneurs, etc.). La mortalité dans ces différentes professions est généralement considérable.
8° Professions exposant Vhomme à la tentation de Valcool. — En premier lieu, il faut classer ici les marchands de vins et hôteliers, dont la mortalité, à Paris, paraît moindre qu'en Suisse ou en Angleterre. Les brasseurs anglais ont une mortalité moindre.
go Professions exposant Vhomme à de nombreux accidents. — Les, mineurs de charbon ou de fer auraient une mortalité extrêmement favorable sans les nombreux accidents qui les déciment. Il en est de même des pêcheurs sur mer. Les mineurs cornouans et les carriers sont très exposés aux accidents, mais d'autres causes de mort très actives élèvent leur mortalité.
10° Professions sédentaires. — Parmi elles, il en est de très favorisées et d'autres, au contraire, qui sont très frappées par la mort. L'état sanitaire de ces professions paraît dépendre notamment de ce que beaucoup d'entre elles sont exercées dans l'air confiné; il dépend aussi de ce que ceux qui les exercent sont recrutés parmi les plus faibles de la population. Parmi les professions sédentaires où la mortaUté est faible, il faut citer les fruitiers, les épiciers, etc. ; au contraire les marchands de nouveautés, les marchands de poisson, etc., sont soumis à une mortalité | moyenne. Les tailleurs sont soumis à une mortahté élevée; elle paraît moindre pour les cordonniers, les horlogers, les graveurs, etc.
Les banquiers, changeurs et leurs employés seraient soumis à une mortalité supérieure à la moyenne.
11° Professions libérales. — En général l'exercice de ces professions suppose une certaine aisance; aussi sont-elles presque toutes soumises à une mortalité faible. Les prêtres, les magistrats, les instituteurs publics, ont une mortalité des plus modérées. Les avocats, les officiers ministériels, les architectes, les ingénieurs ont une mortalité inférieure à la moyenne. Les médecins de Paris ont une mortaUté très faible, tandis qu'en Suisse et en Angleterre la mortalité dépasse la moyenne.
Bien que les résultats obtenus par le docteur J. Bertillon soient presque en tous points comparables à ceux fournis par les documents anglais et suisses, ils ne peuvent cependant être acceptés qu'avec réserve, car ils prêtent à de notables chances d'erreur; ils sont néanmoins fort intéressants, et c'est pourquoi nous avons tenu à les reproduire.
Le tableau ci-joint (p. 62 et 63) nous donne un aperçu de la mortahté à Paris par 100 000 habitants, par âge, suivant le sexe, et d'après la maladie qui a causé la mort.
12° Morbidité et mortalité militaires. — La question de la morbidité et de la mortalité militaires mérite de nous arrêter un instant. L'hygiène mihtaire, a, en effet, réalisé en France, depuis quelques années, des progrès considérables qui se traduisent par un abaissement progressif de la mortalité dans l'armée.
De 1862 à 1890 inclus, un effectif moyen annuel de 348 128 hommes présents a fourni, pour 1000 hommes d'effectif, environ 500 malades traités dans les hôpitaux ou les infirmeries.
En comparant ces chiffres à ceux qui sont fournis par des groupes similaires : usines, compagnies de chemin de fer, etc., on constate que les malades sont un peu plus nombreux dans l'armée que dans la population civile.
La morbidité pèse surtout sur les jeunes soldats, c'est-à-dire sur ceux qui ont moins d'un an de service.
Les maladies les plus fréquentes sont la fièvre typhoïde, la tuberculose, les maladies de l'appareil respiratoire et les fièvres éruptives. En ce qui concerne la fièvre typhoïde, la morbidité a diminué d'une façon considérable et graduelle depuis l'application des mesures datant delà fin de 1887 et tendant à l'amélioration de l'eau potable des casernes. Elle a été
En 1896 de 7,42 p. 1000
En 1897 de 9,80 —
En 1898 de 8,02 —
Si l'on étudie séparément la morbidité pour la fièvre typhoïde en France, en Algérie et en Tunisie, on trouve les chiffres suivants :
En 1896 0,73 p. 1000 à l'intérieur et \
' * i 17,56 en Tunisie.
En 1897 7,01 — — et
En 1898 5,99 — — et
PROUST, TRAITÉ d'hYGIÈNE.
29,36 en Algérie.
30,45 en Tunisie.
22,29 en Algérie 29,19 en Tunisie.
Pour les mêmes amiées, on a trouvé la mortalité suivante :
En 1896 En 1897, En 1898
soil :
En 1896,
0,95 p. 1000 à l'intérieur et
2,80 en Algérie.
5,01 en Tunisie.
et
4,19 en Algérie.
5,98 en Tunisie.
En 1898,
et
3,52 en Algérie.
3,84 en Tunisie.
En France, c'est le XV® corps d'armée (Marseille) qui est le plus éprouvé. Les maladies vénériennes sont en décroissance ininterrompue depuis plusieurs années. Leur morbidité totale a été de :
Il importe de constater que les cas traités sont plus nombreux que les hommes atteints, la même affection pouvant ramener le même homme en traitement plusieurs fois dans l'année. Aussi les chiffres précédents sont-ils plus élevés qu'ils ne le seraient en réalité, si on ne tenait compte que du nombre des hommes atteints.
Mais ce sont surtout les chiffres fournis par la mortalité qui sont intéressants. De 1846 à 1858 elle était de 16 p. 1000. Elle a diminué graduellement, ainsi que le montre le tableau ci-contre, pour ne plus atteindre en 1898 que le chiffre de 4,98 p. 1000. Celui-ci, qui est le dernier publié, est le plus bas qui ait été observé. Il comprend les décès qui se sont produits aussi bien à l'intérieur, en France, qu'en Algérie et en Tunisie. Si l'on supprime de ce chiffre général les décès constatés en Algérie et en Tunisie, la mortaUté de l'armée de l'intérieur en 1898 n'a été que de 4,41 p. 1000.
D'une façon générale, à l'intérieur, les armes les plus favorisées sont celles à effectifs faibles et disséminés (à l'exception de ce qui concerne les sections d'infirmiers qui, en 1898, ont eu une mortalité de 8,52). Les plus éprouvées appartiennent à l'Algérie-Tunisie, où les régiments étrangers sont toujours fortement atteints (14,40 en 1898). Il faut d'ailleurs remarquer que durant les expéditions dans les pays chauds ce sont les troupes composées de soldats de 20 à 23 ans (infanterie de marine) qui sont les plus éprouvées. C'est ainsi que, pendant la campagne du Dahomey (D. Rangé), les rapatriements pour cause de maladie ont été de :
45 p. 100 pour la légion étrangère ; '
51 p. 100 pour l'artillerie de marine;
80 p. 100 pour l'infanterie de marine.
Rien ne saurait mieux démontrer l'utilité qu'il y a pour la France à organiser une armée coloniale.
Parmi les causes de décès, on relève en première hgne la fièvre typhoïde, qui en assume toujours le quart; la tuberculose vient en seconde ligne. C'est enfin de janvier à mars que la mortalité est le plus élevée.
En 1896 En 1897 En 1898
MORTALITÉ GÉNÉRALE DE LARMÉE FRANÇAISE DE 1872 A 1898, CALCULÉE PAR RAPPORT A l'eFFECTIF TOTAL.
MORTALITÉ
MORTALITÉ
MORTALITÉ
ANNÉES
TOTALE