COQUELUCHE
La coqueluche est une maladie spécifique, contagieuse, cliniquement caractérisée par des quintes de toux, suivies d'une reprise longue et sifflante.
Sa gravité est très variable suivant les épidémies. Pendant Tannée 1883, en Autriche, elle déterminait 19 décès pour 10 000 habitants, tandis qu'à Paris, de 1889 à 1899, la mortalité annuelle par coqueluche a donné une moyenne de 1,51 décès par 10 000 habitants.
C'est essentiellement une maladie de l'enfance. Sur 1367 cas, West en a relevé plus de la moitié avant la fin de la troisième année et n'a observé que 11 cas au-dessus de dix ans.
Voici la répartition de la coqueluche suivant l'âge d'après la statistique de Zzabo (de Buda-Pesth) :
De 0 à 1 an 1028 cas De 3 à 4 ans 904 cas
De 1 à 2 ans 1008 — De 4 à 7 ans 803 —
De 2 à 3 ans 659 — Au-dessus de 7 ans... 189 —
On a vu, bien que rarement, la coqueluche frapper des nouveau-nés, dont les mères étaient atteintes de cette maladie. Elle est exceptionnelle chez les adultes.
Cette affection ne se montrait guère autrefois que sous forme épidémique. Aujourd'hui elle est endémo-épidémique dans la plupart des grandes villes. Les épidémies en sont particuHèrement fréquentes au printemps et à l'automne; on a noté parfois leur coïncidence avec des épidémies de rougeole.
La coqueluche est extrêmement contagieuse. Elle se transmet surtout par contagion directe, par contact avec le malade. Il est probable que les particules de crachats projetées pendant les quintes jouent un rôle capital dans la transmission. On conçoit d'autre part que les produits d'expectoration, qui paraissent bien être les véhicules du contage, puissent se fixer en se desséchant sur les linges ou les vêtements, ou encore se mêler aux poussières et devenir ainsi une source de contagion indirecte.
La transmission peut se produire à toutes les périodes de la maladie. On l'observe tout à fait au début, alors que les quintes caractéristiques ne se sont pas encore établies; mais la coqueluche se dissémine surtout à sa période d'état. La durée pendant laquelle elle reste contagieuse n'a pu encore être fixée, on estime qu'elle ne dépasse guère un mois et demi ou deux mois.
Le contage de la maladie est certainement renfermé dans les produits de sécrétion des voies aériennes. C'est là que les bactériologistes se sont efforcés de retrouver et d'isoler l'agent spécifique de la maladie. Les bacilles décrits par Affanassieff et par Ritter, les protozoaires aperçus par Deichler n'ont pas été retrouvés par d'autres expérimentateurs. En 1897, Czaplevvski et Hensel ont isolé des crachats, lavés à l'eau stériUsée, d'un grand nombre de cas de coqueluche, de petits bacilles très analogues à celui décrit dans la grippe par Pfeiffer, mais en différant surtout par la facilité avec laquelle ces organismes se développaient sur les milieux de culture ordinaire. Le bacille de Czaplewski et Hensel ne s'est pas montré pathogène poulies animaux.
Depuis, Otto Zusch (1898) a retrouvé le même bacille dans tous les cas de coqueluche non compliqués qu'il a examinés. Il a tenté d'obtenir une agglutination de ces bacilles, avec le sang des malades; tous les essais sont restés négatifs.
Bans un travail très récent (1901), Georges Jochmann et Paul Krause ont bien retrouvé dans les crachats de la coqueluche des microbes voisins du bacille de Pfeiffer. Mais ils prétendent avoir rencontré le bacille d'Eppendorf, qui ne se développe que sur la gélose au sang, beaucoup plus fréquemment que le microorganisme décrit par Czaplewski et Hensel.
On voit donc que la nature du contage de la coqueluche n'est pas encore déterminée.
La durée de l'incubation de la maladie est difficile à préciser, à cause de FimpossibiUté qu'il y a généralement à fixer la date exacte du début. On s'accorde à admettre que les premiers signes de catarrhe des voies aériennes se montrent d'habitude au bout d'une semaine et qu'un enfant, qui est resté indemne quinze jours après avoir été exposé à la contagion, n'est vraisemblablement pas infecté.
Les rechutes de la maladie sont très fréquentes. On prétend même que si les malades bénéficient si fréquemment d'un changement d'air, c'est qu'ils sont soustraits par un déplacement aux causes incessantes de réinfection, auxquelles ils auraient été exposés en demeurant dans le local qu'ils ont contaminé dès le début.
En revanche les récidives sont exceptionnelles. Une première atteinte confère en