OREILLONS
Les oreillons constituent une maladie spécifique et contagieuse, généralement caractérisée par un engorgement des glandes salivaires, particulièrement des parotides.
C'est une affection qui atteint surtout la seconde enfance et l'adolescence et qui s'observe le plus souvent entre cinq et quinze ans. Cependant on en trouve des cas à tous les âges de la vie : chez le nouveau-né (V. Gautier), chez le nourrisson (Merklen) et même chez le vieillard (Bilhet, Bonet). Elle est assez fréquente chez les jeunes soldats.
Le sexe masculin semble plus particulièrement prédisposé. Cependant, dans certaines épidémies, le nombre des cas est plus élevé parmi les femmes.
Les oreillons se développent principalement quand la température est basse, pendant l'hiver.
La contagion de celle maladie est généralement admise depuis fort longtemps. Elle est le plus souvent directe, mais lé contage peut parfois aussi être transporté par une tierce personne, un médecin par exemple, ou par des objets inertes souillés par un malade. On a noté dans quelques cas que le contage s'était montré très résistant à l'action des agents désinfectants.
La contagiosité de la maladie est plus faible que pour les fièvres éruptives, la rougeole et la variole notamment. Dans la plupart des cas un contact assez prolongé est nécessaire pour que la maladie soit transmise. Le moindre obstacle, une porte vitrée par exemple, limite une épidémie.
L'agent infectieux est contenu dans la salive; c'est donc dans la bouche des malades que séjourne le contage.
Les oreillons sont certainement contagieux dès la période prodromique (Rendu, Sevestre, Feulard) ; ils le sont également au début de la maladie. Mais l'opinion de Rendu, que cette affection cesse d'être contagieuse au bout de quatre ou cinq jours, est trop absolue, car Bernutz, Comby, Antony ont cité des cas de transmission par des malades atteints depuis cinq à six semaines et déjà convalescents.
L'agent spécifique des oreillons paraît être un diplocoque isolé par Laveran et
Galrin (1893) 67 fois sur 9i dans le sang et les sérosités de la parotide, de la vaginale et des articiilalioiis. Ce microcoqiie ne reste pas coloré par la méthode de Gram et liquéfie lentement la gélatine. Il est pathogène pour la souris et détermine par injection intra-tesliculaire une orchite chez le lapin et le chien.
Laveran et Catrin ont encore retrouvé ce microcoque dans le sang et les exsudais des malades, plus de trois semaines après l'apparilion des premiers symptômes; ce qui exphquerait comment la maladie est encore transmissible pendant la convalescence.
Michaelis et Bein (1897) ont trouvé, dans la sécrétion parolidienne de cinq cas d'oreillons, un diplocoque ressemblant beaucoup au gonocoque qui a été injecté sans résultat dans la parotide ou le testicule de différents animaux.
D'après Busquet, le chien peut contracter la maladie au contact d'un homme atteint.
Les oreillons se montrent sous forme épidémique et sont endémo-épidémiques dans quelques grandes villes, notamment à Paris. La dissémination se fait lentement, la maladie restant longtemps limitée à certains groupes (familles, asiles, écoles). Ces épidémies ont parfois coïncidé avec des épidémies de fièvres éruptives et même de méningite cérébro-spinale (exemple de Bromberg en Suède).
Une première atteinte de la maladie confère en général une immunité définitive. Les récidives sont plus exceptionnelles que dans les fièvres éruptives.
En général la durée de l'incubation des oreillons est de dix-huit à vingt-deux jours (Roth, Cadet de Gassicourt, Henoch). Elle peut exceptionnellement être beaucoup plus courte (quatre jours d'après d'Espine et Picot, Demme; huit jours d'après Bilhet et Lombard). On a signalé des cas où l'incubation a été particuhèrement prolongée (de vingt-trois à trente-trois jours, Dukes, Antony, Merklen).
Ldi prophylaxie par l'isolement s'impose particulièrement dans les agglomérations d'adultes, à cause des comphcations testiculaires qui peuvent déterminer l'atrophie définitive de ces glandes. On n'oubliera pas de plus qu'on a signalé des orchites à douze, à huit, à six et même à quatre ans.
Les élèves des écoles en France ne peuvent rentrer que seize jours après le début des oreillons. Cette limite de temps ne serait pas suffisante pour les cas, rares il est vrai, où la maladie reste contagieuse pendant trois semaines et plus.
On fera désinfecter, autant que possible, à la vapeur humide sous pression les objets contaminés par les malades, le soufre et les pulvérisations de sublimé s'étant trop souvent montrés insuffisants en pareils cas.
SUETTE IVIILIAIRE
La suette miliaire est une maladie infectieuse et contagieuse, endémo-épidémique, qui est caractérisée par des sueuis profuses, des accidents nerveux et une éruption polymorphe.
On a généralement admis jusqu'ici que cette affection était d'origine récente et qu'elle ne se voyait pour ainsi dire pas au dehors de la France. La présence constante de l'éruption, la bénignité de la maladie distinguent en effet la suette française du morbus cardiacus du début de Tère chrétienne et de la suette anglaise, connue