‹ Traité d'hygiène [electronic resource]Chapitre 9 sur 326 · AGE DU BRONZE · texte numérisé non relu

AGE DU BRONZE

le fer fut entré dans les usages de la vie, la force humaine fut immensément multipliée ; les Grecs devant Troie approchaient de l'âge de fer, de même que les Gau-

Fig. 11. — Tronc blanc (i^'ucdois). Fig. 12. — Tronc jaune (Chinois).

[Collection du Muséum d'hist. nat.^ [Collection du Muséum dliist. nat-l

lois y étaient arrivés quand César les conquit; il n'est pas besoin de dire combien fut grande la révolution que le fer, comme instrument et comme arme, produisit dans

ANTHROPOLOGIE GÉNÉRALE 7 les affaires du monde. » (Littré). Ce fut là la plus grande et la plus décisive des étapes accomplies par l'humanité.

Ce qui se dégage de cette vue d'ensemble, c'est la notion d'une marche progressive des hommes dans une voie déterminée, et l'immense durée d'une période de tâtonnements et d'essais devant aboutir à l'étabhssement final de sociétés civilisées. La modeste hache en silex est le premier témoin archéologique de ces luttes obscures, de ces premiers débuts sur la terre de l'activité et de l'industrie humaines. Les différentes étapes que nous avons esquissées n'ont pas été accomplies simultanément et ne sont pas synchrones partout; les races privilégiées et les peuplades d'éhte ont devancé les autres, puis, dans leurs expansions ultérieures, les ont subjuguées ou détruites. L'Egypte, la plus anciennement civilisée des nations, était déjà couverte de somptueux édifices et le siège d'une culture très avancée, alors que l'Europe en était encore à la période du silex ou du bronze. De nos jours encore, les Australiens et les Esquimaux vivent à peu près de la vie que menaient les Européens pendant l'âge de la pierre.

Pour la connaissance de la répartition actuelle des races, de leur filiation et de leurs migrations successives, un nouvel élément d'étude

a été introduit, élément très instruC- ^^jg Tronc noir (Nègre du Soudan),

tif, grâce surtout aux beaux travaux [Collection du Muséum d'hist. mit.]

des frères Grimm, de Max Mùller,

de Burnouf, de Bopp, de Bréal, de Schleicher, etc., nous voulons parler delà linguistique, de ce que l'on a appelé, avec un certain bonheur, la paléontologie linguistique. Les mots, en effet, ou les racines élémentaires des mots, sont comparables aux matériaux fossiles qui servent à déterminer les âges des générations, et c'est par la confrontation des documents fournis par l'archéologie, par la tradition, par la linguistique et par l'anatomie, que l'on a pu tenter, non seulement la classification méthodique des différentes races humaines, mais encore, pour l'une d'entre elles du moins, la race blanche, l'histoire de ses plus lointaines origines.

Actuellement l'espèce humaine se répartit en trois grands groupes ou troncs principaux : le tronc blanc ou caucasique, le tronc jaune ou mongolique et le tronc nègre ou éthiopique (fig. 11, 12, 13). Comme le fait remarquer de Quatrefages, ces dénominations sont défectueuses : « Il y a des blancs parfaitement noirs, et le type blanc n'est jamais sorti du Caucase. » Mais ces désignations sont rerues dans la science et il y aurait inconvénient à les remplacer. Nous n'insisterons pas ici sur les caractères distinctifs de ces grandes divisions humaines, caractères empruntés

8 DE l'homme considéré EN GÉNÉRAL

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