‹ Traité d'hygiène industrielle à l'usage des médecins et des membres des conseils d'hygièneChapitre 14 sur 101 · POUVANT DÉTERMINER LA MORT · texte numérisé non relu

POUVANT DÉTERMINER LA MORT

Le sulfonaphtalate de calcium, Le bleu de méthyle,

La chrysoïne,

L’acide sulfonilique,

Le naphtol,

Le bleu d’aniline,

Le jaune,

L’orange,

Le cachou,

Le brun,

L’indigo de Java,

La rosa,

La rocelline,

La méthyléosine,

L’érythrosine,

La fluorescéine,

Le sulfo-naphtol,

L’acide naphtionique.

L’éosine, L’anthracène, Le ponceau.

La safranine,

Le violet d’Hoffmann , La paratoluidine, L’acétanilide,

Le violet,

L’acide phtalique,

La diphénylamine, L’orthotolùidine,

La naphtylamine,

La binitro-benzine, Le binitro-toluène, La résorcine,

Le vert,

La chrysoïdine.

Le diméthyl aniline, Le toluène.

Ainsi dans la fabrication de l’aniline on doit, pour la ré-

duction, se servir d’un appareil se rapprochant du type représenté dans le schéma 75.

Il consiste en un cylindre vertical en fonte muni d’un couvercle parfaitement hermétique, à travers lequel passe la tige d’un agitateur mu par une manivelle extérieure à main d’homme, ou mieux, par un engrenage obéissant à la vapeur. De ce même couvercle part un tuyau de dégagement conduisant les vapeurs et les gaz dans un réfrigérant susceptible de les condenser. Enfin il présente en un autre point une ouverture, pouvant être fermée hermétiquement après avoir servi à l’introduction des matières. Celles-ci peuvent même être amenées par un tuyau surmonté d’un réservoir où l’ouvrier peut les verser sans se rapprocher autant du foyer de la réaction. D’autre part, il existe à la partie inférieure du cylindre une porte permettant d’extraire l’aniline en pâte.

Pour la distillation de l’aniline, il faut aussi des cornues

hermétiques avec un tuyau abducteur conduisant à un réfrigérant. Ce tuyau présentera avant le réfrigérateur une bifurcation servant au dégagement des produits non condensables et les conduisant dans une cheminée d’appel. Pour la fuchsine qui s’obtient en faisant agir l’acide arsénique sur l’aniline, il convient, afin de mettre 1 ouvrier autant que possible à 1 abri des émanations arsenicales, d’employer l’appareil représenté parle schéma 77.

La chaudière est cylindro-conique et munie d’un agitateur mécanique, ainsi que de deux tuyaux dont l’un s'arrête à la partie supérieure du récipient, tandis que 1 autre descend jusqu’au fond. Le premier peut être mis en communication,

INDUSTRIES APPARTENANT A LA DEUXIÈME CLASSE. l'Jl

soit avec un serpentin réfrigérateur, soit avec un générateur de vapeur. Le second est destiné à conduire les parties liquides dans un autre récipient où doit s’achever l’opération. A côté de ce second tube est en outre disposée une soupape de sûreté. Pendant la durée de la réaction s effectuant dans la première chaudière le premier tube est maintenu en rapport avec le serpentin, où viennent se condenser les vapeurs dégagées. Quand la réaction est terminée, ce

Fig. 77. — Préparation de la fuschine.

tube est démanché et adapté au tuyau du générateur. La vapeur venant presser la surface du contenu du récipient, le fait passer mécaniquement par le second tube dans le deuxième récipient, sans que l’ouvrier ait à intervenir dans ce transport. Le déplacement effectué, la vapeur qui continue à arriver dans cette seconde chaudière parfaitement close vient y opérer sous pression la dissolution du rouge brut. Un agitateur mécanique y assure aussi cette dissolution.

D’une manière générale, le travail doit se faire au grand

air ou bien dans des locaux bien ventilés; les manipulations s’effectuant en dehors des appareils doivent se faire dans des cages vitrées. Des instructions contenant l'énumération des substances nuisibles seront affichées dans les ateliers. On se montrera excessivement sévère pour l’exécution des prescriptions habituelles qui concernent les vêtements d’atelier, les soins de propreté et la défense de prendre des aliments dans l’usine. Tout ouvrier incommodé doit être porté au grand air. S’il y a coma, cyanose, suffocation, il faut pratiquer des frictions avec de l’eau ammoniacale, envelopper le malade dans des couvertures de laine, lui administrer un vomitif, puis du café et de l’eaude-vie.

Indiquons en outre que, d’une part, on peut, dans la manipulation des têtes de benzine, se mettre à l’abri des effets si dangereux des iso-cyanures en traitant préalablement cette matière première par un acide; que d’autre part, d’après Napias, l’hyperesthésie, les contractures et l’hyperhydrose des mains observées chez les ouvriers qui manipulent l’éosine, seraient plutôt dues à ce qu’ils se lavent avec du chlorure de chaux qu’à cette manipulation elle-même, et que par conséquent il serait très simple d’interdire ces lotions.

Enfin, il est une voie qui satisferait beaucoup mieux encore l’hygiène, dans laquelle on est déjà entré et dans laquelle il faut s’engager de plus en plus. Le plus grand danger étant dans l’intervention de l’arsenic dans presque toutes les préparations, il faut chercher à s’affranchir de plus en plus de cet agent. M. Croupier est déjà parvenu à obtenir ainsi d’excellentes matières colorantes rouges, telles que la rosotoluidine, le rouge de Loluidine , le rouge de xylidine.

FABRICATION DE MÜREXIDE OU PURPURATE d’aMMONIAQUE.

Sommaire technique. — Cette couleur si fréquemment employée dans la teinture delà soie, de la laine et des

plumes, se prépare en général avec le guano. Celle substance est délayée dans de l’eau chaude avec de la polasse du commerce ou dans de la soude caustique. Les cuves en bois où se fait cette opération sont maintenues chaudes par des tubes amenant de la vapeur. Un brassage continu est indispensable. On soutire la dissolution qui est formée avant tout par de l’urate de soude ou de potasse. On la traite par de l’acide chlorhydrique, d’où précipité d’acide urique qu’on lave et qu’on fait sécher. Quant aux résidus des cuves, ils sont cédés aux fabricants d’engrais.

L’acide urique est transformé en alloxane dans un autre atelier en le traitant par de l’acide azotique froid. Enfin l’alloxane est traitée par l’ammoniaque qui en fait du murexide.

Les teintes produites par le murexide sont vives et résistent à la lumière, mais elles sont très altérées par l’acide sulfureux. Du reste, depuis la découverte des couleurs de goudron, cette substance n’est plus guère employée ni fabriquée.

Hygiénologie. — Cette fabrication est très incommode tant pour la salubrité publique que pour les ouvriers. Elle donne lieu à des buées épaisses, irritantes, d’une odeur ammoniacale désagréable, qui se propagent en dehors de la fabrique. Le guano lui-même et surtout le résidu des cuves, mis en dépôt, donnent lieu à des émanations de même nature. Les eaux résiduaires ont les mêmes inconvénients. L’intervention de l’acide azotique, quoique se faisant à froid, est aussi à considérer en raison des propriétés caustiques et irritantes de cette substance.

La législation place cette industrie dans la première classe, lorsque les vapeurs d’ammoniaque sont abandonnées à la diffusion naturelle, et dans la deuxième lorsqu’on -prend des dispositifs pour les condenser. Il serait plus rationnel d’exiger toujours cette condensation, qui donnerait une ressource de plus pour la fabrication de la soude. Du reste c’est en la sous-entendant que le tableau annexé au décret de 1866 place cette industrie exclusivement dans la deuxième classe.

Poincaré. — Hyg. induslr.

En tous cas, le guano en réserve doit toujours rester enfermé dans des tonneaux jusqu'au moment de son utilisation. Les résidus destinés aux engrais doivent être aussi embarillés immédiatement. De même les eaux résiduaires ne seront pas écoulées par des canaux, même fermés, elles seront mises en tonneaux pour être expédiées aux agriculteurs. Quant au sol de toute l’usine, il devra être parfaitement dallé ou bitumé.

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