DE CHAUX
Sommaire technique. — Le chlorure de chaux est l’objet d’un commerce assez important comme étant le meilleur décolorant pour obtenir ce qu’on appelle le blanchiment des tissus et comme pouvant servir en outre à la désinfection, sans nuire à la santé autant que le chlore lui-même.
Chimiquement , sa fabrication comprend deux phases distinctes : la production du chlore gazeux et la combinaison de ce chlore avec la chaux éteinte. Mais, en pratique, ces deux réactions s’effectuent dans un seul appareil complexe représenté par la figure 81.
Fig. 81.
Quelle que soit son origine, l’acide chlorhydrique est placé dans des bonbonnes en grès A, qui sont plongées elles-mêmes dans une cuve T, T qui contient de l’eau. La cuve se pose sur un foyer. Dans la bonbonne plonge un cylindre en grès J percé de trou et contenant des fragments de peroxyde de manganèse. Le chlore produit s’échappe par le tube B, C, et va traverser les flacons laveurs D, D. De là il est conduit par le tube G, à la partie supérieure de la chambre où doit s'effectuer la combinaison avec la chaux.
Le chlore s’obtient en faisant agir un oxyde de manganèse sur de l’acide chlorhydrique. Comme ce dernier acide se dégage en grande quantité dans la fabrication de la soude par le procédé Leblanc, on l’utilise de cette façon sur place, et c’est ainsi que la production de la soude et celle du chlorure de chaux deviennent parfois complémentaires l’une de l’autre et se trouvent ainsi associées dans une seule et même usine. Mais il existe des fabriques de chlorure de chaux spéciales et tout à fait indépendantes de celles de soude. Dans ce cas on prépare l’acide chlorhydrique en faisant agir de l’acide sulfurique sur du chlorure de sodium.
La chaux à employer doit être préparée avec du calcaire d’une grande pureté. On la soumet au triage afin d’enlever toutes les parties qui n’ont pas été suffisamment cuites. Puis on procède à Y extinction d’une manière tout à fait spéciale. Pour cela on la place dans une pelle à bords relevés et percée de trous, et on la plonge dans un réservoir d’eau jusqu’à ce qu’il se produise un grand dégagement do huiles. On la retire et on l’étale sur le sol où elle se sèche. Ainsi préparée, elle est étalée sur les tablettes de la chambre dite cV absorption. Celle-ci est en maçonnerie, tapissée à l’intérieur de feuilles de plomb. Une porte permet d’introduire la chaux et de retirer le chlorure de chaux. Autrefois on croyait devoir agiter la chaux pendant toute la durée de l’opération à l’aide de rateaux dont les manches sortaient à l’extérieur par des trous ménagés dans les parois. On a heureusement renoncé presque partout à ce procédé non indispensable. On n’ouvre la porte pour retirer le chlorure que deux heures après la cessation du courant de chlore et, pendant ces deux heures, on laisse la porte ouverte.
Hygiénologîe. — Le triage delà chaux expose à des poussières qui, en dehors de leur action mécanique, exercent un effet caustique sur les muqueuses où elles se sont déposées. Malheureusement, le triage est indispensable et ne peut se faire que par main-d’œuvre. En tout cas, si pour
une opération aussi grossière et portant d’aussi grandes masses, on ne saurait exiger l’emploi de tables à ventilation partielle, il faut du moins qu’elle se fasse sous des hangars.
Au moment de l’extinction de la chaux, il se dégage des vapeurs irritantes pour les yeux et les voies pulmonaires. Toutefois, comme il se produit en même temps un dégagement d’une grande quantité de vapeur d’eau, celle-ci, en diluant l’agent caustique, en atténue considérablement les effets.
Mais dans cette industrie l’opération la plus nuisible est incontestablement celle du travail des chambres. En pénétrant dans celles-ci pour en retirer le chlorure de chaux formé, les ouvriers sont exposés à une atmosphère fortement chargée de chlore (Voir Généralités , page 80). On recommande, il est vrai, d’ouvrir largement les portes des chambres à l’avance. Mais alors le chlore se répand en se diluant dans tous les ateliers. D’ailleurs, comme on n’aime pas les pertes de temps, on ne lient jamais compte de la recommandation que d’une façon fort incomplète. Une amélioration heureuse consiste à mettre les chambres en communication avec la cheminée par un tuyau de plomb muni d’un registre. Un peu avant d’entrer dans les chambres, on ouvre ce registre et on entr’ ouvre la porte. Il s’établit alors un courant d’air actif qui entraîne le chlore dans la cheminée.
Une disposition, heureuse aussi, consiste à annexer à la grande chambre une petite chambre contenant de la chaux neuve. On met celle-ci en communication avec la première quand on cesse d’y faire arriver du chlore. Le chlore resté libre trouve de quoi être fixé à son tour dans la seconde chambre. Toutefois, comme le gaz peut être en excès, on lui ménage une ouverture de sortie qui le conduit dans un tuyau où il rencontre un courant inverse d’hydrogène sulfuré. Celui-ci le transforme en acide chlorhydrique qui va se condenser dans une cuve.:. Mais Me mieux est certainement de construire dos chambres que Mes ou-
TRAITÉ D’JIYGIÈNE INDUSTRIELLE.
vriers pouvcnl charger cl décharger du dehors avec des instruments appropriés.
2° Industries avec interdiction conditionnelle des enfants.