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FABRIQUES DE SAVON

TRAITÉ DTIYG1ÈNE INDUSTRIELLE.

simple lil de cuivre. Le savon découpé csl enfin soumis à la dessiccation. Dans les peliles fabriques, on se contente de séchoirs à air libre. Dans d’autres on établit un simple fourneau à coke et en même temps une cheminée d’appel. Enfin dans les grandes fabriques, les séchoirs sont chauffés à la vapeur et munis de ventilateurs.

Il est à côté de cela un certain nombre d’opérations secondaires ayant pour but de colorer ou de parfumer le savon.

Les marbrures s’obtiennent en disséminant dans le savon blanc des savons d’albumine et de fer. C’est là l’opération qu’on appelle le madrage.

Les diverses colorations s’obtiennent par l’addition au savon encore liquide de bleu d’outre-mer, de vermillon, de rouge d’aniline, de jaune de chrome. Pour la couleur verte, on se sert souvent d’un mélange dangereux de bleu de Prusse et de jaune de chrome.

En général, c’est dans la fabrique elle-même qu’on prépare les parfums, et suivant leurs natures, on les extrait soit par pression, soit par distillation, soit par macération dans de l’huile.

Quand le parfum n’est pas très volatil on l’ajoute à chaud, c’est-à-dire lorsque le savon n’est pas encore solidifié. Dans le cas contraire, l’application se fait à froid. Pour cela il est nécessaire de découper le savon en copeaux, à la main ; on arrose ces copeaux avec le parfum et on les fusionne entre eux dans des moules.

Hygiénologie. — Quoique la fusion des matières grasses en présence des alcalis donne toujours lieu à des odeurs nauséabondes et irritantes, on peut dire cependant que les fabriques de savon incommodent peu, de ce chef, les voisins. Mais la plupart des savonneries infectent des quartiers entiers par le fait même des impuretés des soudes qu’elles emploient. Cela tient à ce que les savonniers achètent (les soudes brutes encore imprégnées de leurs marcs et veulent se charger eux-mêmes de les débarrasser des matières étrangères qu’elles renferment. En cet état, la soude,

INDUSTRIES DE TROISIÈME CLASSE

pendant son emmagasinement et son transport, dégage une grande quantité d’acide sulfhydrique. Cette odeur dégagée par les amas de soude brute est difficile à éviter. On a proposé d’emmaganiser cette matière dans des locaux fermés en communication avec le cendrier des foyers. Mais l’odeur qui se produit au moment du chargement et du transport existerait toujours. Le mélange de la soude avec des poussières inertes et désinfectantes coûterait trop cher. Il serait plus radical de ne permettre aux savonneries que l’emploi de soudes nettoyées.

Les chances d’incendie peuvent être éloignées, ici comme partout où l'on soumet des graisses à la coction, en substituant le chauffage à la vapeur au chauffage à feu nu. On peut même réaliser du même coup un autre avantage hygiénique, en se servant d’un serpentin mobile qui en exécutant une rotation continuelle brasse mécaniquement le mélange et dispense du brassage à bras si fatigant pour les ouvriers. L’emploi de la vapeur sera désormais d’autant plus facilement accepté par les industriels, qu’il procure de grands avantages pour la production. En effet, l’ébullition se produit plus vite et plus régulièrement. On n’a plus à redouter les dépôts de chaux sur la chaudière.

Le découpage à la main peut facilement être exécuté par des machines. Le coupage des blocs en copeaux doit être remplacé par un broyage mécanique qui, du reste, répartit mieux le parfum.

La coloration n’offre que le danger commun à tous les emplois de couleurs toxiques. On possède assez de couleurs non nocives pour ne pas faire courir même l’apparence d’un danger aux ouvriers et aux consommateurs. Pourquoi entre autres donner la coloration verte en mélangeant le bleu de Prusse avec le jaune de chrome, quand il est si facile d’employer le vert de chrome qui est innocent. La distillation des huiles essentielles destinées à parfumer les savons, qui peut parfois engendrer de la céphalalgie, des vertiges, doit être pratiquée de manière

à. donner le moins de perles possible. C’est, du reste, l’intérêt de l’industriel. Pour les parfums 'délicats, il convient de supprimer la distillation et d’emprunter directement le parfum aux fleurs ellesmêmes à l’aide de l’appareil ci-contre.

On imbibe d’huile d’olives des draps de laine qui sont étendus sur des cadres garnis de fils de fer. On recouvre d’une couche de fleurs B. On empile ces cadres les uns sur les aulres A. — On renouvelle les fleurs de douze heures en douze heures. Puis quand l’huile s’est bien chargée du parfum, on soumet à une forte presse hydraulique.

La glycérine qui, longtemps, n’a été qu’un résidu utilisé de la fabrication des bougies est aujourd’hui extraite surtout des résidus des savonneries. Elle se trouve, presque sans altération, dans les lessives salées sur lesquelles surnage le savon. On salure les alcalis libres par les acides sulfurique ou cblorbydrique.il se dégage beaucoup d’acide carbonique et d’acide sulfureux. On filtre et on évapore. Cette évaporation peut s’effectuer dans de bonnes conditions hygiéniques à l’aide du cylindre de Dron qui permet d’agir à une basse température. C’est un cylindre rotatif dans lequel circule de la vapeur et qui plonge à moitié dans la glycérine. En tournant, le cylindre l’amène en nappe au contact de l’air.

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