FABRIQUES D ACIER OU ACIÉRIES
Sommaire technique. — L’acier, qui a pour propriété d’être à la fois plus dur et plus cassant que le fer, est chimiquement constitué par du fer combiné avec un demi à deux pour cent de carbone. Ce carbure particulier peut être obtenu soit en enlevant du carbone à la fonte ordinaire, soit en carburant du fer. Dans le premier cas l’acier est dit acier de forge , dans le second acier de cémentation.
Pour l 'acier de forge , on obtient la décarburation en faisant fondre des plaques de fonte avec des scories qui s’emparent de la plus grande partie de son carbone. La fusion est suivie de Y étirage qui s’opère avec des marteaux, et enfin de la trempe qui consiste à porter le métal au rouge et à le refroidir brusquement en le plongeant dans l’eau froide.
Pour Y acier de cémentation , on se sert de caisses en briques réfractaires, rangées dans un espace voûté avec ouvertures de dégagement et sous lesquelles circulent les flammes d’un foyer puissant. Dans ces caisses on dispose des couches alternatives de barres de fer et d’un cément formé de charbon de bois dur pulvérisé, d’un dixième de cendres do bois et d’un peu de chlorure de sodium. On chauffe pendant huit jours; on laisse refroidir et on détourne. L’acier cémenté ainsi obtenu peut être affiné
INDUSTRIES DE TROISIÈME CLASSE
ensuite par une fusion dans un creuset. On termine comme précédemment par l’étirage et la trempe. Mais suivant les destinations et la nature de l’acier obtenu, on se sert, comme bain de trempe, tantôt d’eau, tantôt d’huile de colza. La trempe à l’eau donne plus de dureté, celle à l’huile plus de souplesse.
La consommation excessive d’acier qui se fait aujourd’hui dans les constructions maritimes a fait chercher des procédés de fabrication permettant de produire de grandes masses et à bon marché. Deux procédés, celui de M. Ressemer et celui de M. Martin, sont actuellement adoptés, et on ne fait plus guère d'acier de cémentation qu’en Angleterre pour la fabrication des rasoirs. Nous ne décrirons que le procédé Bessemer, qui est le plus répandu.
a est l’ouverture par laquelle on introduit la fonte en fusion.
Près du fond du cubilot p sont Eig. UI5.
fixées sept tuyères c en terre
réfractaire percées chacune de sept peLites ouvertures par lesquelles le vent est lancé par une machine soufflante. L’air ressort par l’ouverture a.
On fait arriver de la fonte en fusion dans l’appareil. On peut meme e vi ter une fusion préalable spéciale, en at amenant directement la coulée du haut fourneau quand celui-ci est très proche. L’appareil consiste en une sorte de cubilot mobile autour d’un axe horizontal ; il est formé de plaques de tôles boulonnées et garni intérieurement de terre réfractaire. Malgré son poids énorme, un mécanisme permet de 1 incliner et mémo de le renverser avec la plus grande facilité.
Ici donc la décarburation de la fonte se fait par une oxv-
3GÜ
génation active, et cette combustion du carbone entretient la fusion sans qu’il soit besoin d’un combustible.
Hygiénologie. — Jordan (1) a fait une étude particulière des ouvriers des aciéries. Pour eux l’étiologie relève des brusques alternatives de température, de la fumée, des vapeurs, des poussières, des attitudes forcées, des diverses circonstances qui favorisent les lésions traumatiques. Ils sont sujets à toutes les maladies kfrigore. Ils ont particulièrement de la dyspnée, des bronchites catarrhales, des pneumonies, de l’emphysème. Jordan accuse particulièrement l’air brûlant qu’ils inspirent. Ils ont fréquemment des engorgements de la veine porte, des conjonctivites, des rétinites.
Aujourd’hui l’industrie se prononce pour le système Bessemer. L’hygiène doit aussi se prononçer dans le même sens, mais à deux conditions : c’est que l’aciérie sera toujours annexée à un haut fourneau et qu’on évitera ainsi aux ouvriers le transport et le travail de fusions intermédiaires; c’est, en outre, que le cubilot sera placé sous une hotte pour recevoir le dégagement d'oxyde de carbone et d’acide carbonique qu’entraîne le courant d’air. Il reste le travail pénible de la trempe pour lequel, j’espère, les ingénieurs arriveront facilement à diminuer la main-d'œuvre.