‹ Traité d'hygiène industrielle à l'usage des médecins et des membres des conseils d'hygièneChapitre 72 sur 101 · FABRICATION DO COKE · texte numérisé non relu

FABRICATION DO COKE

Sommaire technique. — Le coke donnant moins de fumée, moins de poussière et moins d’odeur que la houille, il s’en fait une consommation considérable, à laquelle les fabriques de gaz ne sauraient suffire. Aussi, existe-t-il des établissements qui ont pour objectif la production du coke lui-même.

Dans ces fabriques, l’opération initiale est un criblage qui a pour but de débarrasser la bouille du poussier non utilisable qui l’accompagne. On procède ensuite à un broyage dans des moulins, afin d’obtenir des morceaux aussi égaux que possible. Ces morceaux passent au lavage dans des fosses où des ouvriers dirigent la bouille avec des râteaux. Vient enfin la carbonisation qui peut se faire en meules, comme pour le bois, soit dans des fours dont on a créé des types très variés, mais qui se rapportent à deux méthodes essentiellement différentes au point de vue hygiénique, comme au point de vue industriel. Dans rune les matières volatiles de la bouille ne sont point utilisées et sont abandonnées à l’atmosphère. Dans l’autre ils sont pour ainsi dire usés dans un rendement utile. Tantôt on utilise la chaleur des gaz en leur faisant chauffer les chaudières d’une autre industrie mariée, dans ce but, à celle du coke. Tantôt on emploie cette chaleur à chauffer l'air des tuyères de hauts fourneaux, tantôt on utilise la chaleur entraînée par les gaz en la faisant contribuer à la carbonisation d’autres masses de houille. Complétons ce soin-

INDUSTRIES A CLASSEMENT VARIABLE OU MIXTE, maire en représentant le dispositif généralement adopte pour la combustion en four.

La figure 181 représente les fours adoptés au Crcusot, à Saint-Étienne et à Anzin. Les fours sont réunis par grou-

pes de douze ou de vingt-quatre, dans un même massif de maçonnerie. Ils sont surmontés d’une voûte cintrée et fermés aux deux extrémités par des portes en fonte.

Hygiénologie. — Ce qui rend dangereux le voisinage des usines à coke, c’est l'énorme quantité d’acide carbonique, d’oxyde de carbone, de parcelles de charbon et de produits goudronnés qu’elles déversent dans l’atmosphère. C’est donc dans ce sens que doivent être dirigées les mesures de salubrité publique. Malheureusement toutes celles qui ont été prises jusqu’à présent ont pour but d’éviter une perte de calorique et non la pollution de l’atmosphère. On s’est contenté do créer des dispositifs qui forçaient ces gaz encore enflammés à passer sous la sole des fours et à ne sortir qu’après avoir contribué à chauffer celle-ci. Tout ce que l’hygiène y gagne, c’est que la fumée sort moins chargée de parcelles de houille, qui ont achevé de se brûler en partie pendant ce trajet. Il est regrettable qu’on ne puisse sans quelques frais, qui sont perdus au point de vue industriel, faire traverser à cette fumée un condensateur à eau, puis un lait de chaux et peut-être même de l’oxychlorure de cuivre, afin de fixer l’acide carbonique et l’oxyde de carbone. Toutefois l’amélioration obtenue par la combustion plus complète de la fumée a paru, en France, suffisante pour

accorder le bénéfice de la deuxième classe aux usines munies de fours fumivorcs.

Pour les ouvriers, le danger de celle industrie résidant surtout dans les poussières et celles-ci se dégageant surtout pendant le triage qui a pour but de débarrasser la bouille de ses parties schisteuses et pyriteuscs, il est évident qu’il y a intérêt à rendre cette opération à peu près mécanique. Le but peut être atteint par la machine Bérard, dont nous ne décrirons et reproduirons que les grands traits. Les wagonnets amènent directement la bouille de la mine dans une trémie qui la verse sur des grilles superposées,

offrant des trous do plus en plus petits et animées de secousses. Le poussier qui passe à travers toutes les grilles tombe directement dans une fosse. Les morceaux qui n’ont pas traversé sont conduits par la pente même des grilles entre des cylindres broyeurs et arrivent ensuite dans la même fosse. Une noria élève le contenu de la fosse et le déverse, fraction par fraction, sur une autre grille reposant sur la masse liquide d’un bassin d’eau. Un piston refoule l’eau au-dessus de la grille. Celte eau lave la bouille et redescend lorsque le piston se relève. La bouille la suit dans son reirait; mais comme les schistes et les pyrites sont plus denses, elles retombent les premières, tendant

NDUSTRIES A CLASSEMENT VARIABLE OU MIXTE

ainsi à se concentrer dans les couches inférieures. C’est ainsi qu’il se fait un triage spontané basé sur la différence de densité des parties à séparer. Les couches supérieures formées de houille pure tombent de la grille dans une autre fosse où une seconde noria en charge des wagons qui la conduisent aux fours de distillation. 11 n’y a plus de véritable main-d’œuvre qu’à un seul moment. Parmi les gros morceaux qui ne traversent pas la première grille, il en est qui apparaissent purs. Des ouvriers les choisissent et les mettent de côté sans les faire passer par le reste de l’ap-

pareil. Les autres sont lancés vers les broyeurs.

Quant à la carbonisation, elle ne devrait jamais se faire à l’air libre et toujours dans des fours sur le choix desquels l’hygiène n’a pas à se prononcer.

Le chargement et le détournement soumettent les ouvriers à un travail d’autant plus pénible que la plupart des fours sont longs et étroits. Cette condition prolonge le temps pendant lequel les ouvriers sont obligés de rester en face de cette fournaise béante pour retirer et briser des morceaux de coke encore rouges. Aux inconvénients de la chaleur vient se joindre un danger beaucoup plus considérable dù au refoulement des émanations gazeuses. Pour abréger cette opération il faut conseiller l’emploi d’un instrument permettant de retirer le coke en masse. Tel est entre autres un instrument appelé ancre. Il est formé de deux tiges portant à l’une de leurs extrémités une large plaque pliée dans son milieu à angle droit et pouvant être réunie à volonté à leur autre extrémité par une entretoise et une chaîne. Elles sont introduites l’une après l’autre, de façon à ce que leurs plaques emboîtent la face postérieure de la masse de coke. Au moment du détournement, on réunit extérieurement les deux tiges et on tire avec la chaîne.

Un instrument plus parfait, mais plus coûteux, cstlcreponssoir à coke de Hirschbach, qui est employé par la Compagnie de l’Est. Il consiste en une plaque mobile ayant les proportions do la section du four et qu’on peut faire progresser d’une extrémité à l’autre, à l’aide d’une crémaillère

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mise en mouvement par une manivelle extérieure. Quatre hommes suffisent pour le défournement de 4,000 kilogrammes.

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