‹ Traité d'hygiène industrielle à l'usage des médecins et des membres des conseils d'hygièneChapitre 90 sur 101 · COMMERCIAUX · texte numérisé non relu

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Sommaire technique. — On retire le mercure cl un minerai formé de bisulfure (le mercure ou cinabre natuiel. Celle extraction s’exécute presque exclusivement à Almaclcn, à Id ria (Frioul) et dans le Palatinat. La grande volatilité du mercure fait que le cinabre se décompose facilement par la chaleur et qu’il suffit par conséquent de distiller le minerai. Les appareils cl extraction diffèrent dans les trois localités indiquées.

A Almaden on se sert de l’appareil de la figure 204.

Fig. 20-i. — Extraction du mercure à Almaden.

AB est un four sur la voûte duquel on charge le minerai; dans le foyer, on brûle des fagots. Le soufre se transforme en acide sulfureux, le mercure volatilisé sort par des ouvertures O, se rend dans six séries d’allonges en terre, abc, engagées les unes dans les autres et aboutissant à une grande chambre C, qui sert à la fois de condensateur et dé récipient. La terrasse forme deux plans inclinés qui engendrent la rigole b. Celte rigole recueille et verse dans les bassins dd le mercure échappé des allonges qui sont simplement lutées avec de la terre.

A Id ria, les allonges en terre sont remplacées par deux

TRAITÉ D’IIŸÜIÉNK INDUSTRIELLE.

séries de eliambres de condensalionjplacées des deux côtés

Fig. 205. — Extraction du mercure à Idria.

du fourneau, et communiquant entre elles par des ouvertures pratiquées alternativement en haut et en bas.

Dans le Palatinat, où le minerai a une gangue calcaire, la distillation se fait dans des cornues.

F, fourneau de galère.

— C, cornues auxquelles sont adaptés des récipients en terre R, contenant de l’eau. Le mercure se volatilise et il reste un résidu solide composé de sulfure de calcium et de sulfate de chaux.

Fig. 20G. — Extraction du mercure dans le Palatinat.

Le mercure obtenu

par les trois procédés esl expédié dans des bouteilles en fer. Il renferme du plomb, de l’élain, du zinc. Aussi a-l-il besoin d’être purifié! La purification s'effectue souvent dans les pays de destination. C’est donc à tort que le classement français ne s’en est pas occupé. On le purifie en le

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distillant dans des bouteilles d’envoi qu’on prolonge par une allonge venant plonger dans un récipient d’eau et entouré d’un linge sur lequel tombe un blet d’eau.

Le bioxyde de mercure se prépare habituellement en décomposant par la chaleur le nitrate de mercure. O11 chauffe dans un matras jusqu’à cessation de vapeurs rutilantes.

Pour obtenir le cinabre artificiel on chauffe dans une chaudière de fer du mercure et du soufre. Le produit appelé

Fig. 207. — Purification du mercure par distillation.

éthiops minéral est ensuite distillé. Le cinabre se sublime et cristallise.

Le prolochlorure de mercure s'obtient parla calcination de sel marin et de sulfate de protoxyde de mercure; le bichlorure, en remplaçant le sulfate de protoxyde par du sulfate de bioxyde.

Toutes ces préparations mercurielles, quoique s’effectuant en France, ont été négligées dans le tableau de 186(5.

Hygiénologie. — Nous avons indiqué dans les généralités les symptômes habituels de l’intoxication mercu-

PoiiNOAKK. — llyg. industr. 40

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fiolle. Nous n’avons donc, ici qu’à signaler quelques particularités relatives à l’industrie qui nous occupe.

11 parait que ce sont surtout les vapeurs du mercure métallique qui produisent cette intoxication, car les mineurs qui sont couverts de poussières de cinabre et qui en absorbent inévitablement parles voies pulmonaires et digestives, ne présentent que des gingivites très légères. Ils sont plutôt sujets àdes irritations locales de la peau cl du cuir chevelu, à des blépharites, et des angines granuleuses, absolument comme avec des poussières de toute autre nature. 11 n'en est plus de même pour les ouvriers employés à la distillation. C’est chez eux qu'on retrouve réellement le triste tableau que nous avons tracé. Malheureusement ce résultat est presque inévitable parce que le mercure est d’une excessive volatilité. On a beau attendre un refroidissement complet ponr pénétrer dans les chambres de condensation, pour nettoyer les tubes et les appareils, les ouvriers sont encore très exposés. En outre, l’atmosphère des ateliers est aussi presque saturée de vapeurs, malgré les soins pris pour éviter les fuites, mais celles-ci sont certainement beaucoup plus à craindre avec le système de distillation d'Almaden qu’avec ceux d’Idria et du Palatinat. Aussi est-ce dans la première localité que les désastres se font le plus sentir. Toute la population ouvrière y perd la totalité des dents en très peu de temps. En quelques années elle a acquis tous les attributs de la vieillesse et de la décrépitude, et bientôt l’incapacité la plus absolue. La mort est des plus prématurées. Les effets se font sentir, mais à un moindre degré, chez les habitants ne prenant aucune part à l’industrie.

AUDOISIÈKES.

Sommaire technique. — Les carrières d’ardoises sont, les unes à ciel ouvert, les autres en galeries souterraines. La mise en œuvre exige, dans le premier cas, l'enlèvement préalable des couches de terre végétale et

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d’argile qui recouvrent le terrain ardoisicr ; dans le second cas, le percement de puits et de galeries.

Dans l’un et l’autre cas l’exploitation journalière s’effectue de la manière suivante :

Les ouvriers commencent par circonscrire un certain ilôt en creusant des rigoles verticales à l’aide d’un pic ou de dynamite. Ils établissent ensuite des mines, dites horizontales, pour détacher la partie circonscrite. Iis enfoncent dans ces mines des coins sur lesquels ils frappent avec de lourds marteaux. Ils renversent le bloc avec des leviers. Us divisent ce bloc en fragments transportables en enfonçant de petits coins, appelés alignoirs , dans quelques-uns des interstices qui séparent les divers plans d’ardoise. Ils régularisent la cassure de ces fragments. Ceux-ci sont placés dans des caisses que la vapeur élève à la surface du sol et conduits sur un chariot à l’atelier où l’ardoise doit être travaillée. Là les fragments sont séparés successivement en feuilles de plus en plus minces à l'aide de ciseaux de plus en plus lins. Enfin on régularise, à l’aide d’un lourd couteau en fer, les bords de ces feuilles.

Hygiénologie. — Le danger le plus grand résulte de l’introduction des poussières d’ardoise dans les voies pulmonaires. Ce sont elles qui engendrent l’affection que les populations appellent la maladie des ardoisiers, qui n est qu'une phthisie apparente due à l’ anthracosis des ardoisiers. Pour tous les ouvriers l'absorption des poussières est très active et peut même porter sur des morceaux volumineux.

Duchene et Michel (!) rapportent le fait d’un ouvrier qui cracha un fragment gros comme la pulpe du petit doigt. Celte expulsion fut suivie d’une hémoptysie. C’est aussi a la poussière d’ardoise qu’on doit attribuer la fréquence des eczémas, de l’intertrigo, des furoncles et des conjonctivites. Les éclats plus considérables amènent souvent des blessures graves du globe oculaire.

(1; Revue d'hi/giène , 1382, p. 287.

L’attitude et le mouvement professionnels, de leur côté, exposent les arcloisiers aux hernies, aux varices, à des callosités, à des incurvations de la colonne, et à des traumatismes variés. Enfin l’enlèvement des couches de terre végétale et d’argile qui masquent les carrières, les expose à l’intoxication paludéenne.

Pour atténuer les effets des poussières on a recommandé aux ardoisiers de porter des moustaches qui tamisent toujours un peu l’air avant son introduction dans la cavité buccale. On a aussi cherché à ventiler les galeries et les ateliers. Cette ventilation est toujours utile, surtout dans les galeries où l'air est fréquemment altéré par les coups de mine. Mais le meilleur moyen dô prévenir les effets de la poussière, est de diminuer le plus possible la main d’œuvre, d’autant plus qu’on diminue du même coup les causes de" déformation. 11 existe bien une machine composée de scies circulaires sectionnant nettement l’ardoise. Un lilet d’eau suit le trait de la scie et entraîne la poussière produite. Elle a fonctionné pendant quelque temps à Fumay. Mais une grève des ouvriers a fait y renoncer et depuis, elle n’a été acceptée nulle part sous prétexte que les produits laissaient à désirer. C’est regrettable, car il est bien certain qu’on serait arrivé à de bons résultats en la perfectionnant.

D’autre part, on ne comprend pas que dans beaucoup d’ardoisières, le transport des blocs se fasse encore à dos d’homme, quand le transport mécanique est plus avantageux, même au point de vue industriel.

L’exploitation des mines d’ardoises expose plus que les autres aux chutes de bloc, en raison de la moindre coliétion du terrain. Il importe donc de visiter avec soin les parois des excavations pour faire tomber toutes les parties de roches menaçant de se détacher.

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