‹ Traité d'hygiène industrielle à l'usage des médecins et des membres des conseils d'hygièneChapitre 91 sur 101 · DORAX ET ACIDE BORIQUE · texte numérisé non relu

DORAX ET ACIDE BORIQUE

Sommaire technique. — Il existe en Amérique d’immenses gisements de borates de chaux et de magnésie. En Toscane, il s’échappe de certaines fissures de la terre des vapeurs épaisses chargées d’acide borique.

C’est avec cet acide borique brut fourni par la Toscane ou en isolant d’abord cet acide des borates de chaux et de magnésie naturels, qu’en France on fabrique le borax industrie/. On l’obtient en faisant dissoudre par ébullition des cristaux de soude, puis en projetant dans la dissolution de l’acide borique brut. Au bout de trois ou quatre jours le borax est cristallisé. On le raffine en le mettant en présence de l’eau bouillante avec de la soude et en faisant cristalliser de nouveau.

Hygiénologie. — Le travail d’exploitation directe des soffioni de la Toscane est dangereux, car ils projettent constamment dans l’atmosphère des torrents d’acide carbonique, de carbonate d’ammoniaque et d’hydrogène sulfuré. Los habitants de la contrée évitent avec soin de passer près de ces volcans. Du reste, c’est pour les ouvriers un danger qu’on ne saurait éviter, ni même atténuer. Quant aux inconvénients attachés à la fabrication et au raffinage, ils résultent de la manipulation des cristaux de soude et d’acide borique. Cette dernière substance est généralement regardée comme à peu près inoffensive. Le professeur Artiming de Florence (1) assure avoir pu en faire absorber impunément dans de fortes proportions à toutes les espèces animales. Il a pu s’en ingérer à lui-même 4 grammes par jour, pendant deux mois, sans en être le moins du monde, incommodé. Il a pu de même, sans le plus léger inconvénient, séjourner des journées entières dans une atmosphère chargée d’épaisses vapeurs boriques. Le Dr Pidi a eu les mêmes résultats négatifs. Mais Sclilenker, après avoir

(1) Gustaf Johnson, de Stockholm, Nordiskt mediciniskt arkirv t XVJ1I T)0,i 9 à 13. ’

fi:)0 TRAITÉ D’HYfilÉNE INDUSTRIELLE.

introduit l'acide borique dans son alimentation, a constaté que cette substance diminue l’absorption, qu’elle amène

Fig. 208. — Fabrication du borax artificiel.

une desquammation exagérée de l’épithélium intestinal et une sécrétion plus abondante d’acide phosphorique. Par

Fig 200. — Raffinage du borax brut.

contre, elle a l’avantage de paralyser les fermentations putrides dans le tube digestif.

INDUSTRIES NON CLASSÉES

Ces effets peuvent être atténués par l’emploi des appareils suivants qui, du reste, sont d’un usage général en France.

La première figure représente l’appareil de fabrication.

La cuve A est doublée en plomb et est le théâtre do la réaction. On la ferme, d’où absence de buées. Son contenu est amené à ébullition par la vapeur que le tuyau tt emprunte au générateur B. Les cristaux d’acide borique sont introduits, sans ouvrir la chaudière, par l’ouverture O. On arrête la vapeur, et après douze heures de repos on fait couler par le robinet R dans les cristallisoires CC. On fait passer les eaux-mères des cristallisoires dans les réservoirs D et les cristaux sont mis à sécher sur le plan incliné F.

Le second appareil est relatif au raffinage. Il y a encore une énorme cuve A, chauffée à la vapeur tt. La solution passe dans le cristallisoire C. Le borax à raffiner est placé dans le panier P qui plonge à moitié dans le bain de cuve.

L’extraction des minerais d’étain, d’antimoine, de cobalt, etc., ne donnant lieu à aucune considération d’ordre hygiénique, n’a aucun droit à être indiquée ici, même au -point de vue exclusivement technique. 11 en est de même des modes d utilisation de ces diverses espèces de minerais. Quant aux industries de l’alun et du chlorate de potasse, la première pierre de leur histoire hvgiénolog'ique n’est pas encore posée.

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